Chapitre 266
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Traducteur : Coughing Baby
Réviseur : Coughing Baby
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Chapitre 266 : Préparatifs…
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L’incident était clos.
Jamie Blake avait été félicitée pour avoir récupéré les obligations et éliminé les terroristes, en anéantissant tous les hommes sous les ordres d’Illich. Elle était rentrée à Hailand en tant qu’agente de Black.
Elle n’avait reçu aucune médaille.
Les exploits d’un agent de Black se résumaient toujours à une ligne de plus dans un document qui ne serait jamais rendu public.
« J’ai reçu le rapport, mais… »
Le directeur Z du Bureau du renseignement posa la question en refermant le dossier. Au-delà de la fenêtre, la pluie grise, si caractéristique de Hailand, ruisselait, mêlée de grésil.
« Que s’est-il passé, exactement ? »
Le directeur savait déjà que Blake lui cachait quelque chose.
« … »
Elle ne put répondre sur-le-champ. Kaven hantait ses pensées.
Un homme qui chérissait les Écritures et sa cause, et qui lui avait demandé de garder secrète la mort de ses camarades.
« Là-bas… »
Mais cette forme grotesque n’avait-elle été qu’une hallucination ?
Une ombre née du manque d’oxygène, tandis qu’Illich m’étranglait ?
« J’ai vu Maximilian. »
Ce chevalier, Maximilian, croyait que tous les Izenheim ressemblaient à Kaven.
« Et… »
Même si ce que j’avais vu était réel, je ne pouvais pas en conclure que tous les Izenheim étaient pareils.
On ne pouvait pas juger toute une espèce à partir d’un seul individu.
« …Une personne qui se transforme en monstre. »
Pourtant, l’expression du directeur ne changea pas.
« J’ai vu soit une mutation provoquée par une nouvelle drogue de mana, soit quelqu’un doté d’un tel pouvoir. »
Le directeur ne doutait pas d’elle. Blake n’était pas du genre à mentir ; il se contenta donc d’accepter son récit et de l’interpréter.
« …Un peuple acculé est capable de tout. »
Z tendit quelque chose à Blake.
C’était un résumé de renseignements.
« Des camps sont en construction dans l’Empire. Les Izenheim doivent savoir qui sera enfermé à l’intérieur. »
De nombreux camps inexplicables avaient été bâtis dans tout l’Empire. On avait d’abord posé les voies ferrées, puis élevé les murs.
« B. Que pensez-vous que Maximilian compte faire ? »
À la question du directeur, Blake se remémora soudain le visage qu’elle avait aperçu ce jour-là.
« …Il va probablement… »
Un homme sans émotion. Le visage qui l’avait observée après avoir tué l’Izenheim. Celui qui avait semblé presque heureux de rencontrer quelqu’un ayant vu « la même chose » que lui…
« Non, il le fera sans aucun doute. »
Tout chez Maximilian. Ses gestes assurés. Le regard d’un homme lié par un devoir précis, plus dangereux que n’importe quelle idéologie.
« Il va massacrer les Izenheim. »
…
Studio Outcast, dans la cité souterraine de l’Empire.
« … »
Filty fixait la page d’un air absent.
L’encre du manuscrit n’avait pas encore séché. La lampe de son bureau l’éclairait, tandis que tout le reste baignait dans l’obscurité.
« … »
Elle l’avait bel et bien dessinée elle-même.
Et pourtant, elle n’arrivait pas à y croire.
« … »
Les mots lui manquaient. Elle ne pouvait que suivre le dessin du bout des doigts.
Des motifs noirs qui s’étendaient depuis le cou. Des muscles inversés. Des articulations pliées dans des directions impossibles. Les endroits où le blanc des yeux avait été englouti.
« … »
Chaque hachure. Chaque strie sur les tendons déchirés. Tout était rendu avec une telle précision qu’on aurait dit qu’elle l’avait recopié d’après nature.
« … »
Pourquoi avais-je… ?
Non, comment avais-je pu voir des scènes pareilles ?
« … »
Elle baissa les yeux vers le stylo serré dans sa main. L’encre avait séché, noire, sur le bout de ses doigts.
« Ah… »
Filty inspira en tremblant et releva les yeux.
Elle tira d’un tiroir une chemise coincée sur l’étagère.
Elle portait l’étiquette [Izenheim] et contenait les manuscrits de toutes les choses « suspectes » qu’elle avait dessinées jusque-là.
Elle en sortit plusieurs pages, les aligna, puis plaça la toute dernière à la fin.
« … »
Ceux qui avaient réagi de manière inhabituelle chaque fois que Maximilian dispersait des ondes non identifiées,
[Kaven]
s’étaient clairement révélés face à un Izenheim du nom de Kaven.
* * *
La nouvelle année arriva. Le banquet régimentaire de l’Armée régulière impériale eut lieu.
Autrefois, faute de budget, ils avaient eu du mal à trouver un lieu convenable pour se réunir. À présent, ils avaient loué la grande salle de bal du plus bel hôtel récemment construit dans la capitale.
« …Par conséquent, seuls ceux qui sont prêts à répondre à l’appel de l’Empire méritent de lever leur verre aujourd’hui. »
Le Lieutenant général Litruman acheva son toast.
« À l’Empire ! »
Tous levèrent leur verre.
« À l’Empire ! »
Le cri résonna dans la salle de bal. Même les serveurs semblaient étrangement émus par la puissance de ces voix.
Peut-être parce que tous les présents étaient des Aran, comme en attestaient leurs registres familiaux.
Ensuite, tous les hommes en uniforme discutèrent, fiers comme des paons. Bernhardt et Adel arpentèrent la salle sans même avoir le temps de s’asseoir, buvant chaque verre que leur tendaient les officiers généraux.
Le traitement réservé à l’Armée régulière avait radicalement changé.
L’économie impériale se redressait — du moins en apparence — et les dons des entreprises qui profitaient des contrats militaires affluaient. Chaque dollar était dépensé pour les soldats.
C’était un système où la corruption et le détournement de fonds auraient facilement pu s’installer, mais, sous le regard glacial de l’Ordre des Sentinelles, aucun officier n’osait s’y risquer. La fosse de la frontière orientale, où des centaines de personnes avaient été fusillées puis enterrées, n’avait même pas encore séché.
Mais surtout, ils étaient désormais assez bien payés et récompensés pour n’avoir pas besoin de se laisser corrompre.
Résidences de fonction. Véhicules militaires et chauffeurs. Hôpitaux réservés aux militaires. Parcours de golf militaires. Internats pour leurs enfants. Des choses peu coûteuses lorsque l’État les achetait en gros, mais hors de prix pour un particulier.
Le régime des pensions militaires avait lui aussi été réformé.
Leurs années de service leur garantiraient une retraite ; renoncer à l’uniforme pour un pot-de-vin leur ferait perdre une fortune.
La division Ditter, soutenue par Maximilian, gérait les pensions.
…Bien entendu, tout le monde le savait : les cadeaux des chevaliers ne comptaient pas comme des pots-de-vin.
Ce qu’offrait un chevalier n’était pas considéré comme un pot-de-vin par la loi…
Ce printemps-là, des radios furent distribuées gratuitement dans tout l’Empire. On installa des appareils identiques dans chaque village, chaque usine et sur le comptoir de chaque taverne.
Toutes les stations locales diffusaient des émissions censurées et contrôlées par l’État, propageant les mêmes idées et la même idéologie.
Leurs reportages déformaient et exagéraient certains faits, ou racontaient les mêmes événements sous différents angles.
La plupart traitaient du terrorisme des Izenheim, de leurs crimes, de l’incitation aux grèves et de la chute de ceux qui les protégeaient.
Johann Georg créa aussi une émission intitulée [Émission culturelle], sans doute le premier divertissement radiophonique. Elle présentait des histoires sensationnelles qui servaient la propagande, envoyées par les auditeurs ou écrites pour l’occasion.
« Aujourd’hui, notre première histoire nous vient d’Helga, du district de Schwarz. »
Dans un orphelinat du district impérial 42, Entikkan écoutait [Émission culturelle] tout en remplissant les registres.
« Un jour, la clé de la maison d’Helga disparut… »
Ces derniers temps, ils recevaient quantité de machines et d’équipements parce qu’ils étaient Yaken, mais Entikkan préférait toujours tenir ses registres à la main.
Toc. Toc.
Puis, tard dans la nuit, on frappa à la porte.
« Entrez. »
« Directeur. »
Un employé entra et lui murmura quelques mots.
« …Allons-y. »
Entikkan sortit.
À l’entrée de l’orphelinat, un garde Yaken se tenait à côté d’un nouveau-né dans un berceau.
Reniflement. Reniflement.
Le garde huma l’air avant de parler.
« Je le sens. Sans aucun doute. »
Il parlait d’un Izenheim.
« Qui l’a laissé là ? »
« Ça, je l’ignore… »
Entikkan baissa les yeux vers l’enfant un instant. Le bébé lui rendit son regard et lui sourit, l’air parfaitement innocent.
« …Qu’est-ce qui se passe ? »
Un autre Yaken apparut derrière eux. C’était sa nièce Erka, qui avait réussi le concours d’entrée de l’ordre des chevaliers l’année précédente.
« Quelqu’un a abandonné un enfant Izenheim. »
Le bébé ne semblait pas avoir un an. Erka se frotta les yeux en le regardant, visiblement épuisée d’avoir veillé toute la nuit.
« Quel gâchis. »
« Quoi donc ? »
« On aurait dû attraper les parents. »
Elle poursuivit d’un ton calme :
« Abandonner un enfant est un crime. »
« … »
« Vous saviez, mon oncle ? À Zerpa, il y avait des salauds qui faisaient passer les Yaken pour des membres du Parti républicain avant de les massacrer. Ils prétendaient qu’ils étaient tous des Izenheim. »
Les Yaken de l’ordre des chevaliers pouvaient accéder sans difficulté à ce genre d’informations pourtant dissimulées.
Entikkan garda le silence un instant, puis prit la parole.
« …Va te reposer. Tu as du travail demain aussi. »
« D’accord. »
Erka s’éloigna. Pas lourds. Pas lourds.
Il ne s’en était pas rendu compte, mais la jeune fille qui regagnait sa chambre était devenue très fiable.
Peut-être que l’ordre des chevaliers faisait ça aux gens.
Entikkan s’adressa au garde.
« Emmène-le loin d’ici et abandonne-le. Puis cache-toi pour surveiller les alentours. »
« On se contente de surveiller ? »
Entikkan avait engagé un garde Yaken particulièrement fort. Il y avait d’ailleurs déjà eu plusieurs signes suspects d’activités terroristes à l’orphelinat.
« Oui. S’ils l’ont abandonné uniquement pour que quelqu’un l’adopte, il restera là. Sinon… »
Si l’enfant avait été abandonné pour une tout autre raison.
« Ils viendront le récupérer. Repère leur odeur. »
* * *
…Un tel incident se produisit.
Je repris l’affaire à la police.
Le Yaken d’âge mûr transféré à l’Ordre des Sentinelles avait apparemment déjà reçu beaucoup de choses. Du cola, des cigarettes et même un bol de repas vide se trouvaient devant lui, de l’autre côté de la vitre de la salle d’interrogatoire.
J’entrai.
« Enchanté. »
Je souris et lui fis signe de rester assis alors qu’il sursautait et tentait de se lever.
« Je vous en prie, restez assis. »
« Ah, oui… »
Le Yaken se rassit.
« Monsieur Orban ? »
« C’est bien ça. Orban Denkun. »
Je pris sa déposition.
« Pourriez-vous me raconter une nouvelle fois ce qui s’est passé ? »
« Oui, eh bien, un enfant suspect a été abandonné devant l’orphelinat où je travaille… »
Le bébé dégageait une odeur humide et poissonneuse.
Sur ordre d’Entikkan, Orban avait discrètement abandonné l’enfant ailleurs et l’avait surveillé de loin. Vers l’aube, deux hommes Izenheim étaient venus le récupérer.
C’était suspect.
« C’est effectivement étrange. Qu’ils soient venus récupérer un enfant qu’ils avaient déjà abandonné… »
« Oui. Alors j’ai essayé de leur demander pourquoi. »
Les hommes avaient réagi avec violence, et une bagarre avait éclaté.
Le Yaken, Orban, les avait tués tous les deux en légitime défense, puis la police l’avait arrêté.
« Ils sentaient eux aussi l’Izenheim ? »
« Oui. »
Orban était un Yaken capable de les sentir. L’un des rares : environ une personne sur deux ou trois mille. Certains ne sentaient rien mais prétendaient le contraire, bien sûr. Mais cet homme, lui, en était capable.
« Je vois. »
L’autopsie avait établi que les hommes tués par le Yaken étaient des sous-espèces. C’étaient bel et bien des Izenheim.
Ils n’étaient toutefois pas armés. Il serait donc difficile d’établir qu’Orban avait agi en légitime défense.
…À vrai dire, le récit de ce Yaken ne tenait pas tout à fait debout.
Il avait probablement menti sur bien des points.
Il était plus vraisemblable qu’il n’ait pas réussi à maîtriser son hostilité envers les Izenheim et les ait tués, plutôt qu’une bagarre ait éclaté par hasard alors qu’il leur demandait pourquoi ils avaient abandonné l’enfant.
Cela n’avait aucune importance.
Ta malveillance avait rendu l’humanité un peu plus prospère.
« Messire chevalier, qu’est-ce qui va m’arriver, alors… ? »
« Qu’est-ce qui devrait vous arriver ? »
Je souris faiblement.
« Vous êtes innocent. »
« V-vraiment ? »
Il ouvrit de grands yeux.
« Rentrez chez vous et reposez-vous. L’affaire sera bientôt réglée. »
« Oui, oui ! Merci… ! »
Escorté par les Yaken de l’ordre des chevaliers, Orban repartit les bras chargés de cadeaux.
Je m’adressai à l’officier chargé de l’affaire.
« Envoyez au commissariat local l’ordre de classer l’affaire. »
« Oui. »
Je détournai tranquillement le regard vers l’extérieur.
Les feuilles du printemps commençaient déjà à bourgeonner sur les branches.
« Messire chevalier ! »
Un agent du renseignement chargé des affaires étrangères accourut et me remit un rapport urgent.
« On annonce que la fin de la guerre civile de Zerpa est, est proche ! »
* * *
Le Parti républicain de Zerpa était tombé.
Badsel, le principal bastion de la faction républicaine, avait hissé le drapeau blanc après deux mois de siège. Frank et d’autres figures de premier plan s’étaient réfugiés à l’étranger, à Prozen, tandis que de nombreux autres membres de la faction républicaine avaient été emprisonnés.
Il ne restait plus que le dernier acte de cette longue guerre civile.
« Ah… »
Le général de division Schweitzer était assis devant une carte, dans sa baraque, et écrasa sa cigarette en marmonnant.
« …C’est putain de barbant. »
Il n’avait commandé directement que quelques batailles durant cette guerre. L’Empire ne pouvait pas prendre les devants ; il avait donc passé des années à se cacher derrière l’armée du royaume, à donner des conseils et à compter les obus.
Le bombardement de Guernica avait au moins été satisfaisant. Mais c’était tout.
« Putain, quelle vie de merde… »
Frouf.
Le pan de la tente de campagne s’ouvrit et quelqu’un entra.
Si cela avait été un soldat, entrer ainsi sans un mot lui aurait valu un châtiment public sévère.
« Enchanté. »
Mais c’était Maximilian.
« Je suis venu après avoir reçu le télégramme. »
Schweitzer n’était plus surpris. Cet homme avait toujours fait irruption ainsi.
« Félicitations, Lieutenant général Schweitzer. »
Le grade de Lieutenant général.
Voilà la récompense de cette guerre ennuyeuse.
« Kai Han deviendra colonel, alors ? »
« Oui. Vous êtes bien renseigné. »
Maximilian s’approcha de la carte.
« Vous avez fait du bon travail. Les traîtres républicains sont enfin tombés. »
Tac. Tac. Tac.
Schweitzer avait déjà repéré presque tous les points stratégiques de Zerpa et planté partout le drapeau bleu de la faction royaliste.
« Vous savez depuis combien d’années je croupis sur ce champ de bataille ennuyeux ? »
Schweitzer posa la question en affichant un sourire de travers.
Maximilian lui répondit tout autre chose.
« L’Empire fera bientôt la guerre au continent. Je ne sais pas si ce sera cette année ou l’année prochaine. »
Cela ne prendrait pas plus de deux ans.
Schweitzer dressa l’oreille. Lentement, il décroisa les bras.
« Le Lieutenant général Schweitzer sera nommé commandant du quatrième corps blindé. »
Commandant d’un corps blindé…
Il plissa les yeux.
« Là-bas, vous prendrez les meilleurs chars jamais construits et mènerez vos hommes depuis le front. »
Maximilian tendit la main et replia la carte.
Une carte de Zerpa, qui ne leur servirait plus. Une scène complètement différente, bien plus vaste que celle-ci, allait sans doute se superposer à elle.
« Vous traverserez le continent à toute allure. »
Le coin des lèvres de Schweitzer se releva lentement.
« Alors, permettez-moi de vous poser une question, messire chevalier Maximilian. »
Schweitzer était profondément contrariant. Il se méfiait de ceux que tout le monde admirait, et la loyauté avait peu de valeur à ses yeux.
Il croyait tout de même en une chose importante.
Il pouvait suivre quelqu’un jusqu’au bout si leurs tempéraments s’accordaient.
« Combien de personnes comptez-vous tuer ? »
Maximilian ne me connaît pas très bien.
Moi, Schweitzer, je suis un maniaque de la guerre, un homme qui a nourri un désir que personne ne voudrait avouer, un homme plus imprégné de sang et de poudre à canon que quiconque…
« … »
Maximilian se tut un instant, et Schweitzer attendit le nombre qui sortirait de sa bouche.
Des dizaines de milliers. Peut-être des centaines de milliers. Voire des millions ?
Non, ce chevalier allait peut-être débiter quelque vieille valeur pour dissimuler son massacre. Pour sauver les apparences.
Tu es fondamentalement différent d’un vaurien de basse extraction comme moi, et un noble tel que toi ne peut pas employer des mots aussi crus, alors…
« Des dizaines de millions. »
À ces mots, l’expression de Schweitzer se figea.
Toutes les phrases par lesquelles il avait jugé Maximilian s’interrompirent dans son esprit.
« Pour purger le continent de ses immondices. »
Maximilian ajouta cela avec un léger sourire.
« Il faudra probablement en sacrifier autant. »
Il ne dissimula pas son hostilité et ne parla pas le moins du monde comme un noble. Il énonça ces mots avec la même indifférence qu’un boucher annonçant le poids de la viande qu’il allait débiter ce jour-là.
« … »
Les lèvres de Schweitzer s’entrouvrirent. Elles remuèrent sans produire un son.
« …Ha, hahaha ! »
Il éclata de rire avant même de s’en rendre compte.
« Hahahahaha ! »
Tandis que son rire faisait trembler la baraque, le général comprit à quel point il avait sous-estimé quelqu’un.
« Kuhahahaha ! »
Un simple maniaque de la guerre ne voulait que la guerre.
L’homme devant lui, lui, voulait voir le continent tout entier brûler…
« Hahahahaha ! »
Maximilian se contenta d’observer le long rire de Schweitzer, impassible.
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