Chapitre 265
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 265 : Aller de l’avant (5)
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[Casino de Roderbach, sous-sol]
Un membre des Izenheim et une agente de Black de Hailand.
Ils étaient assis sur des chaises de pierre, devant une table de fortune, et discutaient.
« … Ça devrait aller. »
Kaven acquiesça, comme s’il était convaincu.
« Oui. Le ministère des Finances de Hailand annoncera officiellement l’existence des obligations au porteur, mais elles seront présentées comme datant de plusieurs années. »
Les sociétés-écrans qui avaient acheté les obligations seraient présentées comme des victimes civiles à qui on les avait volées des années plus tôt. Autrement dit, ils donneraient vie à des fantômes et leur attribueraient rétroactivement un nom.
« Illich deviendra le coupable qui les a volées. Pour rendre cela plus crédible, il serait préférable que vous puissiez laisser des preuves de son appartenance à la faction révolutionnaire. Pouvez-vous entrer en contact avec Veil ? »
Kaven se raidit, apparemment surpris que l’agente de Black de Hailand connaisse l’existence de Veil.
« … Comme on pouvait s’y attendre du Bureau du renseignement de Hailand. Vous avez aussi des agents au sein de la faction révolutionnaire ? »
« Il nous faut au moins comprendre votre idéologie. »
La pensée orientale et l’idéologie occidentale étaient radicalement différentes. À certains égards, l’Empire faisait office de tampon entre les deux.
Sans l’Empire, nous nous serions probablement affrontés.
« Vous n’avez pas à vous en inquiéter. »
Kaven esquissa un sourire.
« Notre idéologie, c’est simplement la survie. Ce que tout le monde désire… »
Boum. Boum. Boum.
Une sourde vibration descendit soudain d’en haut. Au moment où Kaven et Blake levèrent les yeux, l’un des camarades de Kaven fit irruption.
« … Kaven ! Illich est devenu fou, tout à coup ! »
L’expression de Kaven changea. Tous deux se levèrent rapidement.
« Mademoiselle Blake, partez la première, je vous prie. Nous allons nous en occuper. Tout au fond, à droite, il y a un passage qui remonte. »
« Je reste aussi. »
« Non. »
Blake voulut aider, mais Kaven secoua la tête.
« C’est notre cause. Elle n’a de valeur que si nous la menons à bien de nos propres mains. »
« … »
Il n’imposerait pas ce fardeau à Blake jusqu’au bout. Kaven savait que c’était mieux ainsi. Accepter l’aide d’autrui ne ferait qu’ajouter une dette à leur passif.
Aux yeux de l’Empire, Kaven était un criminel. Pourtant, il possédait à bien des égards les qualités d’un saint.
Kaven sourit doucement, puis poursuivit :
« Les esclaves n’ont pas besoin que leurs maîtres les libèrent. Ils doivent briser leurs propres chaînes. Accepter l’aide de quelqu’un d’autre, c’est seulement se voir passer une nouvelle paire de chaînes. »
Blake comprit. Elle respectait les Izenheim.
« … Oui. Si telle est votre cause. »
Elle ne pouvait pas bafouer leur fierté.
« Mademoiselle Blake ! Par ici ! Je vais vous guider ! »
Blake partit sous la conduite de l’un des camarades, tandis que Kaven se retourna lentement.
« Allons-y. »
Kaven reprit le chemin du tunnel de la mine avec ses camarades, la main serrée sur l’épée à sa taille tandis qu’il faisait circuler son mana pour s’échauffer.
Une bataille pouvait éclater…
Viiiiiiing.
Bientôt, il s’immobilisa.
Ceux d’en face aussi s’étaient arrêtés.
Dans le tunnel, les lampes se balançaient au gré d’un vent chargé d’une odeur de sang, et deux ombres se faisaient face sur les murs.
« Monsieur Illich. Que faites-vous ? L’installation de la base est toujours en cours. »
Kaven l’interpella.
« Hm. »
Illich marmonna en tapotant le mur du tunnel avec son poing.
« Vous avez creusé profond. »
Toc. Toc.
Ses coups se firent peu à peu plus violents.
Boum !
Des filets de poussière de pierre tombèrent du plafond.
Boum !
Les lampes fixées aux murs tremblèrent. Des nuages de poussière s’élevèrent.
Kaven serra les dents.
« Arrêtez. »
« Va te faire foutre. »
Un hailandais parfaitement fluide.
La raison pour laquelle Illich avait employé cette langue était sans doute…
« … Vous avez installé des micros ? »
La voix de Kaven se fit plus grave.
« On ne peut décidément pas faire confiance aux gens de votre espèce. »
Illich s’avança lentement dans le tunnel.
« Izenheim. Une race de traîtres, sournoise et répugnante. Vous vous remplissez le ventre tout en poignardant les autres dans le dos. »
Il passa devant les piliers de soutènement et les piles de matériaux, appuyant sur le sol à chaque pas comme s’il en vérifiait la solidité.
« Dans l’Empire, on vous traite de traîtres à votre peuple. »
« … Monsieur Illich, c’est vous qui avez fait échouer le plan, au départ. »
Kaven l’avait déjà compris. Illich se positionnait, jaugeait les piliers, les alliés et les ennemis. Avec l’air de quelqu’un qui se promenait, il repérait les endroits les plus avantageux où livrer bataille.
« On ne m’avait jamais dit que vous comptiez creuser un trou pareil. »
Du mana s’accumula dans la main d’Illich. De la vapeur siffla par toutes les jointures de son gantelet, répandant une odeur de fer chauffé.
« … Alors laissez-moi vous poser une question. Quand la guerre éclatera, que voudrez-vous ? »
« Massacrer. »
Illich répondit sans hésiter.
« Bientôt, il y aura un moment où chacun pourra tuer n’importe qui. Un temps où personne ne sera puni pour avoir tué. »
Le sourire d’Illich était contre nature.
Les fous de ce genre étaient difficiles à gérer.
C’était une erreur de calcul.
« … »
Kaven ferma les yeux.
Une tension à fleur de peau. Le moindre contact pouvait la faire éclater.
Personne ne bougeait, mais l’atmosphère était tendue à rompre. De part et d’autre, on leva silencieusement les armes à mi-hauteur…
Quelqu’un déguisé en subordonné d’Illich pressa la détente.
Bang !
Un coup de feu sec.
Personne ne sut qui avait tiré.
Le coup destiné à réduire les Izenheim au silence donna le signal de la guerre.
Klong !
Illich prit appui et bondit. Son immense corps s’envola comme un oiseau.
Kragagagagoum !
Son gantelet transperça le sol de pierre. Le terrain s’affaissa en étoile, éventrant toute la zone où Kaven s’était tenu.
« Ha ! »
Kaven avait déjà disparu. Il tira une arme de sa ceinture.
Une fine rapière. Du mana se condensait sur sa lame sans ornement ; son tranchant vibrait comme un mirage de chaleur en accrochant la lumière.
Une épée qui tenait par sa seule densité.
Kraaac !
Le poing lancé à l’assaut heurta la lame.
Paaang !
Une onde de choc circulaire éclata. Toutes les lampes s’éteignirent, puis se rallumèrent en vacillant.
Boum ! Kraaang !
Chaque passage du poing d’Illich faisait exploser tout le tunnel. La rapière de Kaven fendait la force en son centre comme du papier et la déviait.
La force contre la technique.
Comme une excavatrice face à une aiguille à coudre.
À chaque choc, la durée de vie du tunnel de la mine diminuait à vue d’œil.
Bang !
Une fusillade éclata derrière eux.
Bang ! Tatatatang !
À couvert derrière les piliers et les piles de matériaux, les Izenheim rassemblés et les soldats d’Illich s’abattirent mutuellement.
Bang bang !
Chaque fois que des éclairs de bouche à feu trouaient l’obscurité, quelqu’un tombait et quelqu’un d’autre traînait un cadavre pour s’en servir de bouclier.
Tatatatatang !
Des coups de feu innombrables résonnèrent. En un instant, le tunnel fut saturé d’odeurs de poudre, de mana et de sang.
« Argh ! »
L’homme déguisé en subordonné reçut une balle dans la poitrine. Profitant du coup, il exécuta une chute digne d’un manuel et s’effondra à la perfection.
Il fit discrètement le mort.
Même alors, au cœur du tunnel de la mine, les deux monstres continuaient à s’entredéchirer.
Boum ! Klong !
Kaven et Illich s’étaient déjà déplacés. Kaven entraînait Illich plus loin afin que les répercussions du combat ne détruisent ni n’effondrent le tunnel.
Kraaac !
Le poing d’Illich frôla un pilier. Les éclats qui ricochèrent foncèrent vers Kaven, mais il les fendit et les dévia d’un coup de rapière.
Kaven se rapprocha, écartant chaque morceau de sa lame. Le tranchant entailla tour à tour le flanc, l’épaule, la cuisse et la poitrine d’Illich.
Une lame fine et précise.
Une épée qui abattait un grand arbre non pas d’un seul coup, mais en le tranchant cent fois.
Pourtant, Illich souriait à travers le sang.
Boum. Boum.
Illich offrait à Kaven des endroits où le frapper, avançant en retour d’un demi-pas à la fois.
Endurer cent blessures pour saisir une seule occasion.
Tac !
Enfin, la rapière de Kaven s’enfonça dans le muscle pectoral d’Illich.
Crac !
Illich ouvrit grand les yeux. Il tendit la main en tordant toutes les articulations de son corps. Ses doigts se refermèrent sur le cou de Kaven.
Il aurait pu le briser sur-le-champ.
Fchhh !
Une lance surgit de nulle part et se ficha dans la poitrine d’Illich.
« … Kugh ! »
Illich cracha du sang. Kaven et les camarades encore en vie se tournèrent vers la lance.
« Désolée, mais… »
L’agente de Black de Hailand sortit de l’ombre, une lance de mana bleu à la main.
« J’ai oublié quelque chose. »
Blake sourit et haussa un sourcil.
« J’ai oublié de récupérer le billet à ordre de cent millions de dollars impériaux. »
« … »
Illich relâcha Kaven et s’effondra lentement.
Kaven épousseta ses vêtements et regarda Blake. Elle soutint son regard.
Pouf.
À peine un sourire leur était-il venu aux lèvres qu’Illich se releva.
Kaven pointa son épée. Blake empoigna sa lance.
« Encore… ? »
Blake s’interrompit. Illich tenait une seringue.
Paf !
Il se l’enfonça dans la carotide.
« … Khehehehe. »
Ses pupilles se troublèrent et ses veines noircirent. Ses muscles gonflèrent en un instant. Toute raison semblait avoir déserté son visage.
Un corps animé par la drogue à la place du cœur.
Un sourire de mort déjà figé sur les lèvres, il se mit en mouvement.
« Kaven ! Fuyez ! »
Ses camarades s’interposèrent devant Kaven, mais…
Kraaaaa !
Illich écrasa la tête de l’un d’eux. Il en broya un autre comme une poupée. La lame de Kaven fut bloquée, puis pulvérisée.
Bang ! Bang ! Bang !
Tous ses circuits de la douleur avaient grillé, mais la lance était toujours fichée dans sa poitrine.
Bang ! Bang ! Bang !
Il chargea comme un char d’assaut.
Fchhh.
Blake se hâta de lui lancer sa lance de mana.
Paf !
La pointe pénétra le cœur d’Illich. Même alors qu’elle s’enfonçait, il continua d’avancer, poussant le manche plus profondément dans son corps jusqu’à ce que la base y disparaisse.
Crac !
Illich saisit Blake à la gorge.
Krrrcrac !
Sous la pression, les os de son cou se brisèrent et sa vision vira au rouge.
Les sons disparurent. Alors que sa conscience semblait s’éloigner du monde…
…
Un mana d’origine inconnue afflua silencieusement.
Kraaaac !
Une épée longue jaillit de la poitrine d’Illich. La lame, qui l’avait transpercé par-derrière en plein cœur, brilla d’un éclat blanc. Personne ne vit d’où elle venait ni quand elle avait surgi.
« … »
La main d’Illich se desserra lentement.
Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’il mourait debout.
Hum.
Kaven et ses camarades se précipitèrent vers Blake, qui cracha du sang.
« Vous allez bien ? »
« … »
Blake fixa silencieusement le lointain.
Non loin de là, dans l’obscurité d’où l’épée longue avait jailli, elle fendit de nouveau l’air comme le vent et retourna vers son propriétaire.
Kaven regarda dans la même direction.
Pas. Pas.
Des pas approchaient.
Pas. Pas.
Au-delà de la portée des lampes, quelqu’un avançait sans se presser ni chercher à dissimuler sa présence.
Comme hypnotisés, les camarades levèrent leurs armes.
Pas. Pas.
Quelqu’un s’avança, déchirant l’étoffe des ténèbres.
« … Qui êtes-vous ? »
À la question de Kaven, l’inconnu répondit :
« Un chevalier de l’Empire. »
Rien de plus.
…
L’épée longue dans la main du chevalier fendit de nouveau l’air. Sa lame balaya les environs comme un tourbillon.
Kraaaac !
La lame volante trancha le cou des camarades. L’homme qui se prétendait chevalier de l’Empire regarda les deux survivants.
Non. À vrai dire, il ne fixait que l’Izenheim.
Le moment était venu de vérifier une hypothèse. De voir comment la créature réagirait lorsqu’il emploierait le « langage ».
【Ça ne s’est pas bien passé.】
Le regard de la créature trembla. Ses cheveux se hérissèrent légèrement, puis retombèrent.
Le mécanisme s’était enclenché.
« … Partez. Je m’occupe de la suite. »
Malheureusement, ce fut tout ce qu’il obtint comme réaction.
« Maintenant ! »
Il n’y avait rien de plus à voir.
Réprimant un soupir, le chevalier concentra son mana dans ses pieds.
Tac.
Il prit appui sur la lumière de la lune et bondit vers le haut, comme s’il descendait des cieux, tranchant le cou de Kaven.
Le corps et les capacités de mana des Izenheim ne différaient pas beaucoup de ceux des humains. Sauf s’ils subissaient une mutation semblable à celle de Jacob.
Par conséquent…
Crac.
Ça avait résisté ?
La lame avait heurté l’os du cou de la créature.
Elle n’avait pas réussi à le trancher, comme si quelque chose d’étranger faisait obstacle.
Tic.
Le regard du chevalier s’inclina. Le cou qui aurait dû être sectionné était devenu noir.
La plaie guérissait.
Non. Elle se retissait.
Des filaments noirs cousaient la blessure, tandis qu’un tissu entièrement différent se gonflait dessous.
Prrrrouik !
Les yeux de la créature devinrent noirs et injectés de sang, leurs blancs engloutis. Ses muscles et ses vaisseaux sanguins se tordirent et mutèrent dans tout son corps.
Krrrdrdr.
D’innombrables choses remuaient sous sa peau, et ses articulations s’étiraient dans des directions impossibles. Crac, crac. Elles se plièrent de façon grotesque, jusqu’à former des angles démesurés.
La coque de forme humaine se déchirait de l’intérieur.
Tic.
Seconde Aiguille de l’âme.
Le chevalier sourit.
Il aurait aimé contempler ce spectacle plus longtemps.
Un spectacle d’une beauté absolue.
Oui. Tu es à ton apogée lorsque tu révèles ta vraie nature.
Tic.
Malheureusement, il n’avait pas le temps de s’attarder. Les créatures pleinement mutées étaient puissantes, au point que même moi, je ne pouvais pas baisser ma garde.
Tic.
Plus important encore, il était facile de comprendre le but de cette mutation.
Pas survivre, mais tuer.
Tic.
L’autodestruction.
Tic.
Le chevalier concentra du mana dans son épée. La lumière de la lune se déversa sur la lame.
… !
Un mana raffiné jaillit.
Il trancha la créature d’un seul mouvement, avec une pureté parfaite.
Kraaaac !
La tête de la créature fut entièrement tranchée. Au moment où le mana blanc argenté s’apprêtait à incinérer le reste du corps, le chevalier regarda Blake.
En espérant qu’elle eût les yeux ouverts.
« … »
Bien.
La forme de la créature se reflétait aussi dans ses rétines.
Même si cela n’avait duré qu’un instant, elle l’avait bien observée.
Elle avait vu ce qui se cachait dans un Izenheim.
…
L’Izenheim fut réduit en morceaux. En moins d’une seconde, le chevalier lança des dizaines de coups. Le Lien d’Ebenholtz. La créature fut hachée menu par l’épée, jusqu’à ce qu’il n’en reste pas même un fragment capable de s’autodétruire.
« … »
Un profond silence retomba.
Le chevalier s’approcha de Blake sans un mot.
« Hm. »
Il s’accroupit et ramassa les obligations au porteur éparpillées sur le sol.
Les faisant légèrement claquer entre ses doigts, il s’adressa à Blake :
« Vous pouvez repartir par le passage. »
Le chevalier ajouta d’un ton calme :
« J’ai compris l’essentiel de la situation. Vous avez désormais accompli une mission pour votre pays : l’exécution d’un terroriste et la récupération des obligations. »
On aurait dit les termes d’un rapport officiel.
« Emportez ce résultat plutôt que leur fausse cause. À partir de maintenant, cette affaire relève de l’Empire. Le chevalier prendra les choses en main. »
« … Fausse ? »
Blake posa la question sans réfléchir. Le chevalier hocha la tête, comme si cela allait de soi.
« Oui. »
« Parce que les Izenheim seraient des traîtres à leur peuple ? »
« Vous l’avez vu. »
« … »
La brièveté de sa réponse laissa Blake sans voix un instant.
Elle avait bien vu quelque chose, elle aussi.
Une forme plus effroyable que celle de toutes les bêtes magiques qu’elle avait vues de sa vie.
« Ce que vous venez de voir chez cet Izenheim n’était pas une illusion. Ce n’était ni une inversion du mana ni une déviation du mana. »
Maximilian pointa l’épée longue vers les restes de ce qui avait été Kaven.
« Avez-vous déjà vu des humains comme ça, d’abord ? »
La voix du chevalier était calme, comme s’il donnait un cours.
« Le mana représente le potentiel humain. Il renforce le corps tel qu’il est ou élargit le réceptacle dont on hérite à la naissance. Il agit à l’intérieur des limites de la forme humaine. »
Les cadavres à ses pieds, dans un tunnel de mine imprégné de l’odeur du sang, il parlait comme s’il commentait le temps qu’il faisait.
« La mutation n’est pas notre pouvoir. »
« … »
Blake contempla les traces de Kaven, éparpillées comme de la poussière.
Le corps de l’homme qui, quelques instants plus tôt, serrait des écritures contre sa poitrine et demandait que le sacrifice de ses camarades reste secret.
Un instant, Kaven avait pris une forme grotesque, avant de s’évanouir comme si tout cela n’avait été qu’une illusion.
« Par conséquent, abandonner cette forme signifie qu’un être qui se faisait passer pour un humain a cessé de jouer la comédie. »
Le chevalier tendit quelque chose à Blake.
Les obligations au porteur.
« C’est pour cela que je vous laisse vivre. »
J’avais d’abord prévu de vous tuer, malgré toute l’aide que vous pourriez apporter à Hailand.
Quelqu’un qui avait vu la même chose que moi, ne serait-ce qu’un instant.
Blake leva lentement les yeux vers lui.
« Vous êtes devenue une personne très rare. »
L’image du chevalier se refléta dans ses pupilles assombries.
Des yeux dorés et froids. Pas un pli sur ses vêtements. Un visage qu’elle avait déjà vu sur des centaines de photographies.
Dans les dossiers, Maximilian était décrit comme un chevalier et un homme d’affaires ; les rumeurs, elles, le qualifiaient de monstre…
Il semblait que les deux descriptions lui correspondaient.
« Estimez-vous chanceuse, agente de Black de Hailand. »
Maximilian Ebenholtz.
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