Chapitre 263
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Traducteur : Coughing Baby
Relecteur : Coughing Baby
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Chapitre 263 : Aller de l’avant (3)
──────
[LE NOIR]
C’était un roman d’espionnage paru avant ma régression. Publié à Hailand comme une « histoire vraie », il était devenu un best-seller dans tout le continent.
Le roman se présentait sous la forme d’un recueil de nouvelles, dont j’avais moi-même lu quelques épisodes. Le seul qui se déroulait dans l’Empire avait pour cadre les lieux où je me trouvais : « Le chaos de Roderbach ».
Cela dit, les événements pouvaient changer à tout moment. Je ne pouvais pas me fier à mes souvenirs.
Toc. Toc.
Déguisé en vieillard, je marchais avec une canne.
L’étage VIP de Roderbach. J’avais fréquenté plusieurs fois ce casino privé, aussi les lieux m’étaient-ils assez familiers.
À l’époque, j’étais au milieu de la vingtaine et entièrement voué aux plaisirs et au luxe.
« Hum… »
La scène formait un mélange saisissant de whisky, de fumée de cigare, de musique douce pour cordes, de nobles impériaux et de nouveaux riches, de hauts gradés de la Garde impériale, d’armateurs de Kanillan, de nobles de Zerpa, d’hommes d’affaires de Prozen, de cadres de Hailand et de simples hommes et femmes fortunés…
Leurs nationalités et leurs langues différaient, mais chacun d’entre eux était considéré comme un personnage important dans son pays.
Et, parmi eux, je perçus soudain la présence d’Izenheim.
Ils n’étaient pas qu’un ou deux.
Toc. Toc.
J’atteignis la salle des paris. Un immense panneau recouvrait l’un des murs.
──[Classement des joueurs]──
1. Comte : Rutger
2. Croissant : Selim
3. Goliath : Bruno
4. Tailleur…
28. Novice : Ann
[Les résultats des parties du jour seront pris en compte dans les cotes de paiement combinées.]
─────
Les noms des joueurs de poker étaient affichés. Les VIP pouvaient miser des jetons sur le vainqueur de leur choix.
Pour reprendre les mots de [LE NOIR], c’était un colisée du jeu où s’affrontaient des gladiateurs du poker.
La dernière partie de l’avis correspondait parfaitement à ce surnom.
[ Les VIP peuvent miser sur la victoire d’un joueur de poker en particulier. ]
[ Les joueurs de poker peuvent miser tout ce qu’ils possèdent. ]
« Monsieur ? »
Une voix m’interpella derrière moi. Je me retournai et un homme s’approcha.
Gewald Pfalz. Le propriétaire du casino, accompagné d’une ribambelle de gardes.
« Bienvenue. J’ai appris qu’un invité de marque était arrivé, alors je suis venu vous saluer. »
« Un invité de marque ? Moi ? »
Je lui répondis de ma voix de vieillard, que j’avais travaillé d’arrache-pied à perfectionner.
Gewald m’adressa un sourire mielleux.
« Vous êtes un proche de messire chevalier Maximilian, n’est-ce pas ? »
« Ah, vous parlez de ça ? »
Je lui tendis le document. Gewald le parcourut rapidement, puis reprit :
« Oui, c’est exact. Puis-je vous demander votre nom ? »
« Wilhelm Fran. »
« Hum. Ce n’est pas que je doute de vous, monsieur, mais il y a eu tant de faux documents ces derniers temps… »
Tandis qu’il parlait, l’agente Black passa derrière lui.
« Vérifiez comme bon vous semble. Si vous le souhaitez, je peux même vous mettre directement en relation avec Max. »
Les yeux de Gewald tressaillirent légèrement au nom de Max.
« Nous allons nous renseigner auprès de l’Ordre des Sentinelles. »
« Je vous en prie. »
« Alors, je vais vous laisser. Je vous souhaite une agréable journée… »
« Ah, attendez. »
Je l’arrêtai alors qu’il s’apprêtait à partir.
« Vous voyez, je n’ai pas apporté d’argent aujourd’hui. Alors… »
Gewald garda les yeux fixés sur moi et pencha légèrement la tête sans cesser de sourire.
« Vous pourriez me donner un peu d’argent ? »
Pas me prêter. Me donner.
Ce choix de mots était délibéré.
J’avais oublié d’emporter la chose la plus importante.
* * *
La rambarde de l’étage supérieur de l’étage VIP de Roderbach.
« …C’est vrai ? »
« Oui. »
Gewald avait reçu presque aussitôt une réponse de l’Ordre des Sentinelles.
« Nous avons reçu une réponse directe du bureau de Maximilian, à l’Ordre des Sentinelles… »
──[ Ordre des Sentinelles : Bureau de Maximilian ]──
Nous avons vérifié l’authenticité du document détenu par lord Wilhelm Fran, conformément à la demande de vérification de votre établissement. Le document a été délivré directement par le chevalier Maximilian de ce bureau, et nous confirmons que son contenu est exact.
Cet individu entretenant des liens particulièrement étroits avec le bureau du chevalier Maximilian, nous vous prions de coopérer afin qu’il bénéficie de toutes les marques d’égard et de toutes les commodités durant son séjour…
──────
Gewald posa la réponse et ricana.
« Au fond, ils sont tous pareils. »
Obsédés par l’argent, prompts à s’abriter derrière l’autorité d’autrui et indulgents envers ceux qui l’empruntaient.
Maximilian ne faisait pas exception. En creusant suffisamment, impossible qu’il n’ait rien de sale à cacher. L’intégrité n’était qu’un parfum dont se parait le plus grand des voleurs.
« Donnez-lui environ un million de dollars. »
« Oui. »
Un homme qui se servait du nom de Maximilian pour réclamer de l’argent. Quelle scène ridicule.
« Ça suffit… Hé, Illich. C’est elle. »
Gewald désigna une table à l’étage inférieur.
Ann Keller était déjà assise à l’une des tables de poker VIP et recevait ses cartes.
Illich baissa les yeux vers elle et hocha la tête.
« Combien de temps te faudra-t-il pour repérer ses habitudes, sa façon de tenir ses cartes et son style de mise ? »
« …Trois jours. »
« C’est si long ? »
Sans la quitter des yeux, Illich répondit :
« Elle a l’air plutôt douée. »
« …On dirait qu’elle va atteindre le “Final Nine”. Essaie d’en finir rapidement, si tu peux. »
Gewald tapota plusieurs fois l’épaule d’Illich, puis s’en alla.
« … »
Appuyé contre la rambarde, Illich observait Ann Keller.
Un serveur qui passait glissa alors un billet dans la poche arrière d’Illich.
Illich le déplia. On pouvait y lire :
[ Progression de l’installation de la base : 93 % ]
L’installation de la base.
Les hommes d’Illich s’étaient infiltrés dans Roderbach. Des membres qu’Illich et un associé avaient placés parmi le personnel du casino : gardes, cuisiniers, femmes de chambre et autres employés.
En ce moment même, ils installaient des pierres de mana dans tout le casino.
Une fois la « barrière » achevée, le casino tout entier deviendrait leur base.
Roderbach sombrerait dans le chaos. Les vies de ces gens qui se croyaient importants seraient fauchées, et la magie de la barrière remonterait jusqu’à Hailand.
Les fonds destinés à financer toute l’opération provenaient d’obligations au porteur qu’Illich avait volées au Bureau du renseignement de Hailand.
« Un massacre. La fureur de l’Empire. Un conflit diplomatique. Un prétexte pour précipiter la guerre. »
Illich voulait plonger le continent dans le chaos.
Illich voulait que la guerre que l’Empire cherchait à déclencher éclate bien plus tôt et avec une violence bien plus grande…
…
Ann Keller n’arrêtait pas de gagner.
Partie de la vingt-huitième place, elle était montée à la dix-huitième, puis à la dixième… Ses jetons avaient fini par frôler les vingt millions, et elle avait enfin été invitée à un événement appelé « le Final Nine ».
« Hum. Est-ce que je dois vraiment participer à un événement pareil ? Je pourrais m’arrêter là et vivre confortablement à Hailand jusqu’à la fin de mes jours. »
À ces mots, le gérant esquissa un sourire.
« En vertu de la loi impériale sur le contrôle des changes, votre demande d’exportation des fonds pourrait être rejetée. Vous pourriez également avoir du mal à quitter le pays. »
« …Pardon ? »
« C’est la loi impériale. Toutefois… »
Frouf. Il fit glisser une feuille de papier vers elle.
« Lors de cet événement, vous pouvez obtenir non seulement des jetons, mais aussi des droits comme celui-ci. »
Un document établi au nom du ministre de l’Intérieur, qui accordait une autorisation spéciale d’exportation de devises étrangères.
« À la table du Final Nine, mademoiselle Ann peut miser tout ce qu’elle possède, et repartir avec tout ce qu’elle aura gagné. »
« …Tout. »
« Oui. »
Blake croisa les bras, faisant mine d’y réfléchir. Dans son esprit, le mot « tout » prit une autre forme.
Les obligations au porteur qu’Illich avait volées au Bureau du renseignement de Hailand.
« …D’accord. »
« Excellent choix. »
Le gérant lui tendit un stylo et une feuille.
« Il vous suffit de signer le formulaire d’inscription. Avez-vous un surnom de joueuse en tête ? »
« Je garderai Novice. »
« Très bien. »
Plus tard, Blake rejoignit l’étage VIP en début de soirée.
L’endroit était toujours saturé d’excitation, de jeu et de débauche.
« … »
Elle examina discrètement chaque recoin des couloirs.
Certains objets attiraient sans cesse son regard. Était-ce des pierres de détection destinées à empêcher l’usage de la magie ? Ou autre chose qui en avait l’apparence ?
« Combien de mains sans une seule paire, putain… »
« Vous voulez miser ? »
« Suivre… Non, relancer. Cent mille de plus. »
« Du champagne par ici ! Apportez une autre bouteille à cette table ! »
« Madame, vous devriez peut-être vous arrêter là… »
Alors qu’elle traversait cette salle bruyante, emplie de voix pareilles…
« Merci. »
Une voix claire lui parvint soudain.
Blake tressaillit et se retourna.
« …Qui êtes-vous ? »
Dans un angle mort, à l’abri des lumières, l’obscurité était trop profonde pour qu’elle distingue clairement les traits de l’homme. Elle vit néanmoins un vieillard appuyé sur une canne.
« Ann Keller. J’ai gagné beaucoup d’argent grâce à vous. »
« Oh, vraiment ? J’en suis ravi. »
Le vieil homme lui tendit un verre où flottaient des glaçons.
« Vous voulez un peu de cola ? »
« Ah… C’est donc cette boisson qui serait venue de Hailand. »
Pour une native de Hailand, c’était une invention regrettable. Une boisson créée par l’un des leurs était devenue celle de l’Empire avant de se répandre dans tout le continent.
« C’est bien ça. »
« Merci, mais je n’aime pas beaucoup les boissons gazeuses. »
Elle déclina avec un sourire.
Elle ne buvait jamais ce qu’on lui tendait. C’était une règle élémentaire.
« Quel dommage. Alors… prenez ceci. »
Le vieil homme sortit un bijou.
« …Qu’est-ce que c’est ? »
« Un jeune ami me l’a offert. Et je vous suis tellement reconnaissant, vous savez. »
Une boucle d’oreille qu’il lui tendit de sa main ridée.
« Non, ce n’est pas néce— »
« J’ai entendu dire que vous aviez été sélectionnée pour le Final Nine. »
La voix du vieil homme se fit calme et grave.
« On ne sait jamais ce qui peut arriver là-bas. »
Les sourcils de Blake tressaillirent. Elle examina de nouveau le bijou et comprit alors qu’il était loin d’être ordinaire.
« …On dirait un artefact. À quoi sert-il ? »
« Qui sait ? »
Le vieil homme posa ses deux mains sur le pommeau de sa canne et haussa les épaules.
« Si vous vous retrouvez en danger, peut-être qu’un chevalier de l’Empire viendra vous sauver. »
« … »
Blake cligna des yeux, puis esquissa un sourire.
« Eh bien, merci. Mais combien avez-vous gagné, au juste ? »
Le vieil homme lui murmura le montant à l’oreille.
« …Waouh. »
S’il avait gagné une telle somme en misant uniquement sur elle, ce cadeau était largement mérité.
« Donnez-vous encore à fond cette fois, mademoiselle Novice. »
Il comptait sans doute miser sur elle pour cet événement aussi.
« Oui. Vous verrez. »
« Parfait. »
Il lâcha un petit rire rauque et disparut dans la foule.
« Mademoiselle Ann Keller ? »
Un autre employé apparut à cet instant.
« Je vais vous conduire à la table du Final Nine. »
Tandis qu’elle le suivait, elle passa la boucle d’oreille dans son lobe droit.
Tac. Tac.
Lorsqu’elle gravit les marches menant à la table de l’étage le plus élevé, huit autres joueurs l’y attendaient.
Le visage le plus remarquable du groupe était, comme prévu, celui du terroriste Illich.
Je t’ai trouvé.
Blake sourit en silence.
* * *
« Le Final Nine »
Le plus grand événement du Casino de Roderbach venait de commencer.
Ah. On ne pouvait pas suivre la partie en direct. Les VIP de très grand prestige avaient leurs propres sièges, mais tous les autres devaient rester ici, dans la salle des paris.
[ Le joueur 1, Comte, se couche. ]
[ Le joueur 3, Croissant, relance. ]
Tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était suivre la retransmission écrite sur le panneau mural.
Voilà pourquoi chacun tenait un ticket de pari à la main.
Je misai tout sur le joueur 9, Novice.
[ Le joueur 8 est éliminé. ]
Le joueur 8 venait d’être éliminé.
La partie allait reprendre avec le « Final Eight ».
« Qu’arrive-t-il aux joueurs éliminés ? »
Je posai la question à la personne à côté de moi.
« Ça dépend de ce qu’ils ont misé. S’il leur reste assez pour rembourser leurs dettes, ils peuvent retenter leur chance. Mais s’ils se sont fait plumer au point de ne même plus pouvoir payer les frais d’inscription… »
Il passa un doigt en travers de sa gorge.
« Ils meurent. »
[ Le joueur 3 est éliminé. ]
« Ah, merde ! »
« Espèce d’enfoiré ! »
Plusieurs personnes froissèrent leur ticket de pari et le jetèrent à terre lorsque le joueur 3 fut éliminé.
Je jetai un coup d’œil autour de moi, l’air de rien.
Les étranges pierres de mana installées dans tout le casino. Les événements à venir du « chaos de Roderbach ».
J’en connaissais vaguement les grandes lignes, mais je n’avais pas l’intention d’intervenir tout de suite.
Il s’agissait manifestement d’un jeu monté par Izenheim. Je devais découvrir ce qu’ils cherchaient vraiment.
[ Le joueur 5 est éliminé. ]
[ Le joueur 7 est éliminé. ]
[ Le joueur 2 est éliminé. ]
Les joueurs continuèrent d’être éliminés pendant un bon moment.
[ Dernier duel ]
[ Tête-à-tête entre le joueur 1, Comte, et le joueur 9, Novice ]
Finalement, il ne resta que deux joueurs.
« Waouh. Novice est arrivé jusque-là ? »
« Novice ne peut quand même pas battre Comte. »
La cote de Comte était de 3,3.
Dans une partie à neuf joueurs, cela signifiait que Comte était sans doute le plus fort d’entre eux.
[ Comte suit. ]
[ Révélation des cartes. ]
[ Comte : deux paires. Novice : carte haute. ]
[ Comte gagne. ]
Le tête-à-tête entre les deux joueurs, un duel en un contre un, commença.
[ Comte suit. ]
[ Révélation des cartes. ]
[ Comte : brelan de trois. Novice : couleur à la dame. ]
[ Novice gagne. ]
Un échange acharné, chacun repoussant l’autre.
[ Novice suit. ]
[ Révélation des cartes. ]
La tension était palpable, même si je ne pouvais suivre la partie que par écrit.
[ Comte : deux paires, dame en carte haute. Novice : deux paires, as en carte haute. ]
[ Novice gagne. ]
« Oh. Novice tient bon. »
« Comte ne porte pas ce nom pour rien, quand même… »
« Les nobles finissent toujours par l’emporter. »
[ Comte : paire de huit. Novice : paire de dix. ]
[ Novice gagne. ]
« Novice continue de gagner. »
« Comte est vraiment un noble ? »
[ Comte : deux paires, trois en carte haute. Novice : brelan de dames. ]
[ Novice gagne. ]
La série de victoires de Novice était inarrêtable.
Les joueurs assis aux tables se transformèrent en spectateurs, et même les croupiers interrompirent leurs parties pour suivre la retransmission écrite.
[ Comte fait tapis. ]
Comte fit tapis le premier.
[ Novice fait tapis. ]
À l’instant où Novice suivit.
« Waouh ! »
« Putain ! »
« Chut ! Chut ! »
« Tout le monde, silence ! »
Tout le monde se tut et déglutit.
[ Révélation des cartes. ]
Les mains allaient être dévoilées.
[ Comte ]
Même le panneau semblait prendre son temps.
[ Dame ]
[ Carré ]
Un carré, une main incroyablement forte qui l’emportait presque toujours.
Dans le roman, il n’avait pas un full ?
Un mauvais pressentiment me saisit, tandis que ceux qui avaient misé sur Comte poussaient des cris de joie.
[ Novice ]
Et la main de Novice ?
[ Valet ]
[ Quinte flush ]
Une quinte flush au valet.
Une main qui battait le carré.
« Q-Quoi ? »
« …Hein ? »
« Ha ha ! Vous avez vu ça ? »
« Non, putain ! »
« C’est dingue. C’est même possible, ça ?! »
« Ahahahaha ! »
Les vivats et les cris de tous les spectateurs se mêlèrent.
Boum.
Un bruit particulièrement sinistre s’y ajouta.
La plupart semblèrent croire qu’il s’agissait de pas ou d’un bruit au milieu du tumulte et n’y prêtèrent aucune attention.
Boum.
L’impact continua, comme si une excavatrice frappait le sol.
Boum.
Lentement, tout le monde cessa de bouger…
Boum.
Ça arrive.
Crac !
Le sol s’inclina brusquement tandis que des coups de feu retentissaient.
Bang ! Tatatat !
« Aaaaaah ! »
« Q-Qu’est-ce que c’est que ça ?! »
« Argh ! »
« Ne bougez pas ! »
Un cri déchira les hurlements.
Des individus qui avaient manifestement été serveurs, femmes de ménage, gardes ou même clients plaquèrent des masques sur leur visage et pointèrent leurs armes.
« Un geste et vous êtes morts ! »
Bang ! Une balle tirée transperça la poitrine d’un noble. Glouglou. Il s’effondra, du sang moussant aux lèvres, et la salle devint silencieuse comme une tombe.
« …Si vous coopérez. »
Une voix mielleuse résonna dans le silence.
« Il ne vous arrivera rien. »
Je tournai les yeux vers celui qui parlait.
Boum.
Mon cœur tressaillit.
Boum.
Un Izenheim au visage de serpent.
Je connaissais ce visage…
« Je le répète. »
…Je le connaissais.
« Si vous restez immobiles et ne provoquez aucun incident, vous pourrez garder la vie sauve. »
Cette voix se superposa à celle du passé.
« Y a-t-il la moindre raison de laisser ce noble dégoûtant en vie ? »
Un membre du nouveau Cabinet qui avait travaillé avec Edmund au sein d’une faction révolutionnaire radicale.
« À ta place, je le pendrais. Edmund, tu te laisses trop guider par tes sentiments personnels. Ça finira forcément par freiner ta carrière un jour… »
Aceid Caven.
Tandis que je le fixais…
« Ce sont des invités de marque. Bandez-leur d’abord les yeux. »
On me passa un masque sur le visage.
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