Chapitre 254
Traductions WeTried
Traducteur : Coughing Baby
Relecteur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 254 : Descente du ciel (1)
──────
Maximilian expliqua l’opération à laquelle les chevaliers de l’Ordre des Sentinelles allaient prendre part, dans leur salle sécurisée.
Ils sauveraient la monarchie de Zerpa. Ils abattraient les traîtres qui avaient fomenté le coup d’État et rétabliraient l’ordre en maîtres du continent. Ils viendraient en aide aux innocents écrasés par la pauvreté et l’oppression au milieu de la guerre civile.
Leur justification était une lettre manuscrite envoyée directement par le prince héritier Alonso.
Quant aux bénéfices, ils étaient plus que suffisants.
L’Empire finirait immanquablement par réclamer le prix de cette faveur, et l’opération constituerait également une épreuve importante pour les chevaliers de l’Ordre des Sentinelles.
L’éveil des chevaliers. Ce serait le premier champ de bataille où l’on pourrait vérifier son efficacité et son potentiel en situation réelle.
« L’offensive de la faction républicaine se concentre actuellement sur Gandela. »
C’était là que se jouait le destin de la faction républicaine comme celui de la faction royaliste.
Gandela était un carrefour où convergeaient les routes et les voies ferrées menant à la capitale de Zerpa. Si la ville tombait, le front royaliste serait coupé en deux. Celui de la faction républicaine, en revanche, deviendrait une ligne continue.
La faction républicaine avait déjà pris plusieurs places fortes le long du fleuve grâce à des traversées nocturnes. Mais, grâce au redéploiement opportun des troupes royalistes, son avance avait été stoppée devant la crête Pannel, dernier rempart de Gandela.
C’était un champ de roches calcaires où même une pelle ne pouvait s’enfoncer. La faction républicaine y envoyait ses soldats, les faisant gravir ce terrain dénudé, tandis que la faction royaliste tenait la crête.
Dans tous les cas, la bataille ne pourrait pas durer longtemps.
« Voici donc le cœur de l’opération. Nous allons nous coordonner avec nos alliés au sein de la faction royaliste… »
Tandis que l’armée royaliste affrontait l’ennemi de front sur la crête et accaparait son attention…
« … nous descendrons derrière ses lignes et frapperons en plein cœur. »
Les chevaliers se disperseraient en formations réduites dans les profondeurs du territoire ennemi, avec pour cibles le quartier général et les points de traversée du fleuve. Là-bas, ils mettraient à l’épreuve l’épée de l’Empire.
À quel point notre lame est-elle acérée ? À quelle vitesse nos jambes nous portent-elles ?
« Cette opération repose sur le volontariat. Que tout chevalier qui ne souhaite pas y participer lève la main maintenant. Il n’y aura ni inscription ni sanction. Si vous ne voulez pas prendre part à l’opération, levez la main. »
Il eut beau attendre, personne ne leva la main.
« Très bien. »
Tous ceux qui se trouvaient dans la salle s’étaient donc portés volontaires.
« Pour des raisons de sécurité, les points de descente individuels seront communiqués directement à chaque chevalier ultérieurement. Les cartes du champ de bataille seront distribuées dès aujourd’hui. Quiconque ne les aura pas entièrement mémorisées avant l’inspection précédant le déploiement sera exclu de l’opération, quelle qu’en soit la raison. »
Le briefing prit fin.
Le silence retomba sur la salle.
La tension était à son comble. Pourtant, sous cette tension coulait une excitation discrète, tout autre chose que de la pression.
« … »
Tous jetèrent un regard circulaire dans la salle. Certains des plus jeunes chevaliers avaient l’impression de rêver.
Des noms et des visages qu’ils n’avaient connus que dans les manuels de la section d’élite de l’Empire, les revues scolaires de leurs années de cadets ou les articles universitaires.
Ils se trouvaient dans la même pièce que ces gens-là, et allaient participer à la même opération.
Et eux-mêmes figuraient sur cette liste.
C’était une sensation étrange.
Ils avaient peur, mais étaient exaltés. Ils se sentaient écrasés, et pourtant se redressaient.
« Le nom de l’opération est… »
Kairon, commandant des chevaliers de l’Ordre des Sentinelles, prit la parole.
« Lance céleste. »
Le pouvoir royal était un don du ciel. Ce nom était à la fois un châtiment pour les chefs qui avaient osé défier ce mandat céleste et une description littérale de l’opération.
Bientôt, une lance tomberait du ciel nocturne de Zerpa.
* * *
L’Exposition universelle battait toujours son plein à Prozen. Le pavillon impérial restait bondé chaque soir, tout comme le pavillon oriental, et les deux géants continuaient d’attirer les touristes.
Pourtant, à l’ombre de ces deux pavillons, la salle d’exposition d’un autre pays commençait à attirer discrètement les regards.
Au début, seuls s’y rendaient des peintres, des critiques, des collectionneurs et des intellectuels autoproclamés soucieux de se distinguer. Ces derniers temps, même les touristes ordinaires la repéraient sur leur plan avant de s’y rendre.
« Pavillon national de Zerpa »
« C’est quoi, ce pavillon ? Zerpa ? C’est où, ce pays ? »
« Oh… Cet endroit a l’air intéressant. »
« On peut prendre des photos ici ? »
Les visiteurs avançaient lentement entre les fresques gigantesques et les sculptures de fer, mais la plupart s’arrêtaient net devant un tableau en particulier.
« Guernica »
Une immense peinture à l’huile en noir et blanc. Sa hauteur seule était écrasante.
Après l’avoir longuement contemplée, les visiteurs passaient au tableau d’en face et se retrouvaient saisis par une sensation encore plus étrange.
« Là où pointe la lumière »
Certains critiques d’art l’avaient déjà qualifiée de chef-d’œuvre parmi les chefs-d’œuvre. C’était la plus grande œuvre de Pablo, louée encore et encore par la galerie la plus prestigieuse de Prozen.
Les interprétations de la silhouette sur la toile variaient.
Certains y voyaient le portrait d’un saint. D’autres, un présage de catastrophe. Certains prétendaient qu’elle révélait les ténèbres que les Aran de l’Empire abritaient en eux, tandis que d’autres y voyaient l’image d’un être humain accompli, celui que chacun imaginait au fond de son cœur sans jamais pouvoir l’atteindre.
Pablo ne répondit à aucune de ces interprétations. Il se contenta de dire : « C’est une personne, non ? »
Au moment où le nom de Pablo Sovakin commença à circuler sur tout le continent, son agent montait quatre à quatre les marches de l’atelier situé à la périphérie de la ville, non loin de la salle d’exposition.
« Pablo ! Pablo~ ! »
Ses pas résonnaient dans l’escalier et sa voix tremblait de joie.
« Pablo~ ! »
C’était son agent. Pablo fronça les sourcils, le pinceau à la main.
« Qu’est-ce qu’il y a, cette fois ? »
« Regardez ça ! »
L’agent lui tendit une pile d’offres de différentes galeries.
« Tout le continent veut vos tableaux ! »
« … »
Pablo laissa retomber ses sourcils, sans le moindre intérêt.
Les tableaux qu’il avait peints dans sa jeunesse valaient désormais plus d’un an de dépenses courantes à l’époque, tandis qu’on avait déjà fixé un prix encore plus élevé à la toile, encore humide, posée sur son chevalet.
« Ce ne sont que les premières offres ! Si les acheteurs se mettent à surenchérir, le prix va encore grimper. »
Les marchands d’art rivalisaient désormais en ajoutant des primes, et certains, trop impatients, avaient déjà versé des acomptes.
« Vendez-les comme vous voulez. »
« Et pour « Là où pointe la lumière »… »
« Celui-là n’est pas à vendre. »
Pablo l’avait peint de ses propres mains, mais c’était une œuvre qui ne se prêtait pas à l’idée que quelqu’un puisse la posséder.
Peut-être qu’un jour, bien plus tard, son futur lui aurait honte d’avoir peint cet homme, tout simplement.
« … Bien sûr que je leur ai dit ça. Pourquoi vendre quelque chose qui va manifestement prendre de la valeur avec le temps ? »
L’agent lui tendit alors autre chose avec prudence.
« Et… je me suis dit que vous devriez voir ça. »
C’était un journal venu de Zerpa même, publié dans un territoire contrôlé par la faction révolutionnaire.
« L’armée ibérienne révolutionnaire traverse le fleuve : la libération de Gandela est imminente »
… À l’aube du vingt-cinq, notre héroïque armée ibérienne a traversé le fleuve, percé les lignes ennemies, avancé de quarante kilomètres et capturé des milliers de prisonniers. La victoire de la révolution est en vue…
─────────
Pablo lut l’article en silence.
« … Pablo. La faction révolutionnaire pourrait l’emporter. »
« … »
Sans un mot, il leva les yeux et contempla un instant le ciel au-dessus de sa patrie, par la fenêtre de l’atelier.
Sous ce même ciel, quelqu’un traversait un fleuve tandis qu’un autre mourait sur une crête.
« … Rapportez-le-moi quand la guerre sera terminée. »
La faction royaliste méprisait Pablo, qu’elle tenait pour un peintre brisé, tandis que la faction révolutionnaire le condamnait comme complice de la monarchie. Pourtant, en vérité, il ne défendait qu’une seule chose.
La guerre est une erreur.
« Guernica » dépeignait ce que la guerre avait détruit, tandis que « Là où pointe la lumière » représentait celui qui allait déclencher la guerre.
Ces deux tableaux n’avaient jamais exprimé des idées différentes.
…
Boum ! Boum ! Boum ! Boum !
Les tirs et les flammes dévorantes recouvraient la crête. Les obus et les balles déchiraient la terre et la chair, tandis que des éclairs chargés de mana scintillaient entre eux.
Fiuuu !
Une lance bleue tournoya dans les airs en décrivant une courbe.
Kraaaash !
Elle explosa au milieu d’une tranchée. Des sacs de sable et des hommes furent projetés en l’air, mêlés en une seule masse.
« Merde ! Ici la cote 481, le versant gauche a été percé ! On demande du renfort ! Du renfort ! »
« Tirez ! Tirez ! »
Aux cris des officiers, toute la ligne de tranchées s’embrasa. Les fusiliers pressaient la détente jusqu’à sentir leurs épaules sur le point de se déchirer, tandis que les mitrailleurs balayaient le pied de la crête jusqu’à ce que leurs canons rougissent.
Boum ! Boum boum boum !
Au-delà de ce rideau de feu s’abattait la guerre de cette époque.
Boum ! Kraaaash !
Les obusiers rugissaient sans relâche derrière la crête, tandis que des chars montaient du bas de la pente et tiraient à bout portant sur la ligne de tranchées.
Fiuuu ! Crac !
Quand un char se renversait et prenait feu sous l’effet d’une explosion de mana, les fantassins se glissaient derrière son épave pour s’en servir de bouclier.
Les soldats se plaquaient derrière de petits murs de pierres entassées. Chaque fois qu’un obus frappait les rochers, des éclats de métal et de pierre jaillissaient dans les airs.
« Chargez ! »
« Hum… Sauvez… »
« Ne vous occupez pas d’eux ! Continuez ! Avancez ! »
Des corps dévalaient la pente. Des explosions éclataient tout autour d’eux. Des fragments d’os et de chair étaient projetés dans toutes les directions.
Personne ne savait qui avançait. Ils ne distinguaient même plus un camp de l’autre. Ce n’était qu’une bataille qui réduisait les êtres humains en poussière.
La crête de Gandela était trempée de sang.
…
Dans la nuit noire, le prince héritier Alonso se tenait devant une table, l’air soucieux.
« … »
Depuis des jours, la ligne rouge sur la carte restait bloquée aux abords de Gandela.
Mais cela signifiait-il qu’ils tenaient bon ? Ou qu’ils étaient en train de s’effondrer ?
Chaque nuit, on lui rapportait les munitions consommées et le nombre de vies sacrifiées par les défenseurs de la crête.
Le corps d’élite de la faction royaliste avait été déployé dans le sud de Zerpa, aux côtés de la Garde impériale. Il se préparait à poursuivre son avancée.
Devait-il les rappeler par décret royal ? Devait-il défendre Gandela, quitte à laisser le sud sans protection ?
« Ah… »
Le chef d’état-major et les ministres de la Défense s’adressèrent avec prudence au prince héritier, qui soupirait.
« Je vous en prie, ne vous inquiétez pas, Votre Altesse. »
« L’Empire va bientôt agir. »
« … Mais nous avons déjà reçu beaucoup trop. »
Sa voix mêlait à parts égales la gratitude et la crainte.
Ils avaient reçu des vivres, des armes et des soldats.
Si l’Empire leur accordait une armée encore plus importante, l’autoriserait-il vraiment ? Et même si c’était le cas, combien de temps faudrait-il pour lever des troupes au pays et les faire passer par-dessus les montagnes ? La crête Pannel pourrait-elle tenir jusque-là ?
Et comment pourraient-ils un jour rendre une telle faveur ?
« … Je vous en prie, attendez, Votre Altesse. »
Les ministres ne firent que répéter qu’il devait attendre.
C’était précisément l’ordre qu’ils avaient reçu de l’Empire.
« Attendez. »
Sans savoir ce qui arriverait ni comment, ils n’avaient qu’à attendre…
* * *
La demeure de Ruin, un chevalier récemment nommé.
Dans sa petite armurerie, qui appartenait pour ainsi dire à moitié à la banque, reposait une unique épée.
C’était le souvenir que lui avait laissé son père, qui avait été soldat.
L’épée de la famille.
Ruin la contempla, perdu dans ses pensées.
Il aurait déjà pu dessiner les yeux fermés le terrain autour de son point de descente. Il en avait parfaitement mémorisé non seulement l’emplacement, mais aussi la forme.
« … »
Mais quelle était cette sensation qui parcourait son corps ?
C’était à la fois chaud et froid, la sensation glaciale de sa première véritable bataille, comme s’il était entaillé par une lame.
« Tu as peur ? »
Ruin se tourna vers la voix.
C’était Bek, son serviteur Yaken.
La plupart des chevaliers de l’Ordre des Sentinelles employaient au moins un Yaken. Certains cadets commençaient même à chercher un Yaken compatible dès leurs années dans la section d’élite de l’Empire. Telle était devenue la relation entre les chevaliers et les Yaken.
« … Je ne sais pas vraiment. »
Je doutais d’en être capable.
J’étais certain que j’allais, pour la première fois, abattre des gens.
Ces émotions s’emmêlaient en moi.
« Tu n’as qu’à mettre en pratique ce que tu as appris. Suis le chemin que te dicte ta conviction. »
« … Tu as sans doute raison. »
Ruin esquissa un sourire et acquiesça.
Il fixa son épée à sa taille et glissa sous son bras le casque réservé aux chevaliers. Il avait déjà revêtu depuis longtemps sa combinaison de descente, qui servait aussi d’armure.
« Allons-y. »
« Oui. »
Ils montèrent ensemble dans la voiture.
Ils se rendaient au troisième aérodrome de l’armée de l’air impériale.
Tandis que Bek conduisait, Ruin baissa les yeux vers le casque posé sur ses genoux et se ressaisit.
Quand je l’enfilerai, le monde s’éloignera de moi.
Son instructeur lui avait dit cela.
« Ne fais plus qu’un avec l’Empire. »
Alors, même la peur ne m’appartenait pas. Je n’avais aucune raison d’avoir peur. Je suis l’Empire, un chevalier de l’Ordre des Sentinelles.
« Nous sommes arrivés. »
Sans qu’il s’en aperçoive, ils avaient atteint leur destination. Ruin posa le pied sur le bitume.
« Messire chevalier. »
Bek lui sourit derrière la vitre.
« J’ai hâte de vous retrouver au dîner de célébration. »
Ruin esquissa à son tour un sourire.
Puis il suivit le soldat qui s’approchait et le guidait.
Boum. Boum.
Il arriva à l’entrée d’un couloir.
« Loyauté. »
Les soldats qui le guidaient s’arrêtèrent net devant l’entrée. Même eux n’avaient pas le droit d’aller plus loin.
« Beau travail. »
Ruin leur répondit solennellement, puis poursuivit seul son chemin.
Boum.
L’espace était long et sombre.
L’air stagnant semblait peser sur ses épaules.
Ma respiration résonnait bruyamment à mes oreilles.
Boum.
C’était étrange.
L’entraînement avait poussé son corps bien au-delà de ses limites. Il avait enduré chaque douleur et chaque nuit de désespoir.
Pourquoi ce simple couloir lui semblait-il tellement plus pesant que tout cela ?
Boum.
Alors que la tension raidissait chacun de ses nerfs, il aperçut, un peu plus loin, le dos de quelqu’un.
Le même uniforme que le sien.
Le même casque.
Une personne avançant en silence.
Un chevalier de l’Ordre des Sentinelles.
Boum.
Ruin lui emboîta le pas.
Sans même s’en rendre compte, il accéléra d’un demi-temps.
Il retrouva l’allure que la peur lui avait fait perdre.
Boum. Boum.
Les talons de deux paires de bottes militaires frappaient le sol côte à côte.
La personne devant lui ne se retourna pas. Ruin ne l’interpella pas non plus.
Boum. Boum.
Peu à peu, ils apparurent.
Un chevalier sortit d’un couloir latéral.
Deux autres apparurent au tournant suivant.
Trois surgirent d’un palier.
Boum. Boum.
Ils se joignaient au groupe naturellement, comme s’ils avaient toujours été ensemble.
Personne ne parlait. Personne ne regardait les autres. Pourtant, tous se dirigeaient vers la même destination.
Boum. Boum.
Leurs pas qui se chevauchaient résonnaient de plus en plus fort.
Un pas en entraîna cinq, puis cinq en entraînèrent dix.
Boum. Boum. Boum.
Bientôt, un grondement unique de pas emplit le couloir.
À mesure que le martèlement s’intensifiait, le cœur de Ruin semblait se gonfler.
La peur…
Boum. Boum. Boum. Boum.
La peur se faisait piétiner sous les bottes militaires et se muait en autre chose.
Un sentiment d’unité, où l’un devenait le tout et le tout devenait un.
Boum.
Puis, au bout du couloir, la lumière se mit à croître.
Vroum !
Le paysage s’ouvrit devant lui.
Ruin expira bruyamment.
Une vaste perspective.
Un hangar au plafond à charpente métallique, qui s’élevait très haut, tandis que des pierres de mana diffusaient une lumière blanche.
D’innombrables chevaliers se tenaient en formation parfaite sous cette clarté.
Cette vision lui saisit la poitrine d’un seul coup, comme une épée.
Boum.
Il tressaillit au bruit des pas et se retourna. Sans qu’il s’en aperçoive, d’autres chevaliers étaient entrés derrière lui. Il y en avait devant, derrière, à sa gauche et à sa droite.
… C’est vrai.
Il se tenait ici en chevalier de l’Ordre des Sentinelles.
Lorsqu’il s’en rendit compte, une sensation indescriptible l’enveloppa tout entier.
Ses yeux le brûlaient.
Ma peur s’était dispersée quelque part dans cette formation, puis avait disparu. À sa place, les battements de cœur des chevaliers emplissaient ma poitrine, comme s’ils étaient les miens.
« … »
Au centre du hangar flottait le drapeau de l’Empire, flanqué de part et d’autre des bannières de l’Ordre des Sentinelles, qui se balançaient lourdement dans le vent nocturne.
Pourtant, comme s’ils s’étaient tous mis d’accord à l’avance, les chevaliers regardaient dans la même direction.
Au bout de tous ces regards se tenait un homme.
La lumière de la lune qui filtrait par les portes ouvertes du hangar se posait sur ses épaules, soulignant d’un mince liseré argenté le contour de son uniforme noir de jais.
Une silhouette qui ne pliait pas sous le poids d’innombrables responsabilités, mais semblait au contraire accepter de le porter.
Un dos qui attirait l’attention des chevaliers de l’Ordre des Sentinelles par sa seule présence, sans qu’il ait besoin de prononcer un mot.
L’homme qui les avait menés jusqu’ici et qui les guiderait maintenant au-delà de ce ciel.
Son nom, alors qu’il se tenait seul, les yeux levés vers le drapeau de l’Empire.
… Maximilian Albrecht von Ebenholtz.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>