Chapitre 252
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 252 : Applaudissements (1)
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…… Oswin travaillait avec Adria.
Ils suivirent toutes les pistes qu’ils purent trouver, de l’imprimerie qui avait produit les tracts à la liste de noms divulguée, sans oublier d’innombrables autres éléments de preuve. Parfois, ils envoyaient des gens enquêter. D’autres fois, ils s’en chargeaient eux-mêmes.
Après des jours de recherches, d’enquêtes et de filatures, ils finirent par aboutir à un seul endroit.
Une filature abandonnée, à la périphérie de Zestpol. En fouillant les lieux, ils découvrirent un passage suspect.
« Chevalier Adria ! C’est… c’est forcément là ! »
Oswin souleva une dalle carrée dissimulée sous un tas de paille. Un nuage de poussière s’éleva, révélant un escalier.
« …… Allons-y. »
Oswin lui fit un geste digne, lui signifiant clairement de passer devant.
Adria s’apprêtait à descendre lorsqu’elle se retourna vers lui.
« Hum… »
Sous son regard, Oswin toussota, embarrassé.
« …… Vous êtes chevalier, après tout. »
Ils descendirent donc lentement l’escalier.
« …… Attendez. »
Adria tendit le bras pour arrêter Oswin. Sa main se referma fermement sur la garde à sa taille.
« Il y a quelqu’un. »
Ils avancèrent sans bruit.
En bas des marches, une porte de bois leur barrait le passage.
Ils l’entrouvrirent avec précaution.
« …… »
La respiration d’Adria se suspendit un instant.
Une erreur flagrante pour une chevalière. Si une lame ennemie avait foncé sur elle à cet instant, elle serait morte.
Et l’homme qui se trouvait de l’autre côté avait largement les compétences nécessaires pour le faire.
Adria prononça son nom.
« …… Yulian. »
Yulian était assis sur une chaise, au centre de la pièce, et lisait un rouleau. Des cadavres jonchaient le sol autour de lui.
« Que faites-vous ici ? »
« Je lis les preuves. »
Yulian répondit brièvement, sans quitter le rouleau des yeux.
« …… Et ces corps ? »
Ils étaient morts depuis un bon moment. La rigidité cadavérique avait même disparu, laissant leurs membres flasques et tordus.
« Qui sait. »
Frouf. Yulian tourna une nouvelle page.
« C’étaient peut-être des membres de la Société de la Rose bleue. »
Peut-être.
Ni tout à fait au passé, ni vraiment une supposition, sa formulation était étrangement ambiguë.
« …… Maximilian vous a envoyé ? »
Comme il ne répondait pas, Adria baissa son épée d’une demi-paume et ajouta :
« Si vous songez à altérer ou à fabriquer des preuves… »
Yulian leva alors les yeux vers Adria. Du mana s’amassait autour de sa lame, et la même lueur apparut dans les yeux de Yulian.
Un face-à-face silencieux et tendu.
Gloups.
Oswin déglutit.
Toc.
Yulian reposa le rouleau.
Un pas, puis un autre.
Il se leva et s’en alla.
Il n’endommagea rien, n’emporta rien et ne donna aucune explication sur ses actes.
« …… »
« …… »
Les deux restèrent un moment figés, déconcertés par cette étrange situation.
« Allons-y. »
« O-oui. Allons-y. »
Ils se mirent à fouiller la pièce. Adria ramassa d’abord le rouleau que Yulian avait reposé.
Il s’agissait d’un échange écrit, un compte rendu des conversations tenues dans cette salle souterraine.
En l’examinant, une idée lui traversa l’esprit.
« …… L’écriture. »
« Hum ? »
« Si c’est bien le véritable quartier général de la Société de la Rose bleue, ces échanges écrits sont les originaux. Il faut comparer toutes les écritures. »
La liste affirmait que des dizaines de personnes étaient impliquées.
Mais si tous ces documents avaient été écrits par seulement trois ou quatre personnes ?
« Le fait qu’autant de gens n’aient pas pu se succéder dans cet endroit exigu constituera une preuve en soi. »
« …… Vous avez raison ! »
Oswin applaudit, puis se couvrit aussitôt le nez avec sa manche lorsque l’odeur des cadavres en décomposition l’assaillit.
« Alors… et ces corps ? »
« C’est probablement ça. »
Le visage d’Adria s’assombrit.
« Ils sont venus fabriquer des preuves. »
Les corps étaient morts depuis longtemps. Yulian était probablement arrivé avant eux.
« Yulian… les a arrêtés. »
Une légère tristesse passa sur le visage d’Adria.
« Ils n’ont donc pas pu détruire ni fabriquer de preuves. »
Yulian les avait arrêtés, puis avait laissé toutes les preuves intactes, bien qu’il sût tout.
Au lieu de s’en emparer au nom de l’Ordre des Sentinelles, il avait veillé à ce qu’elles soient découvertes par quelqu’un qui n’avait aucun lien avec eux.
C’était sa façon de faire. Prouver ses convictions par ses actes plutôt que par ses paroles.
« Commençons par mettre ces preuves en sûreté. Les corps constitueront également d’excellentes preuves. »
« Où ça ? Peut-on faire confiance à quelqu’un dans une situation pareille ? »
Adria baissa les yeux vers les cadavres avant de répondre à Oswin.
« …… Conseiller. Je suis toujours chevalière. »
Un cabinet de chevalier privé était pratiquement une institution à lui seul. Il y avait largement assez de place pour entreposer toutes ces preuves.
* * *
C’est ainsi qu’Oswin Mason se porta volontaire pour assurer la défense de Joshua devant l’Ordre des Sentinelles.
Tous les chevaliers le regardèrent comme s’il avait perdu la raison, mais Oswin débordait d’assurance. Maximilian approuva même sa nomination.
« Joshua ! »
« …… Monsieur Oswin ? »
Dans la salle d’interrogatoire, Oswin se précipita vers Joshua pour examiner son état. Il avait le visage épuisé, mais, heureusement, ne semblait pas blessé physiquement.
« Je vous en prie, asseyez-vous. »
Maximilian lui désigna la chaise en face de lui. Oswin ne se laissa pas intimider. Avant même de s’asseoir, il prit la parole.
« Avant cela, j’aimerais poser une question à Joshua. »
« …… À moi ? »
Oswin hésita un instant.
S’il posait cette question, Joshua risquait de ne jamais ressortir vivant. Sa culpabilité deviendrait certaine.
Joshua acquiesça, comme pour lui dire que ça ne le dérangeait pas, et Oswin le regarda droit dans les yeux.
« La filature de la maison Reclover, à l’extrémité ouest de Zestpol. Est-ce que le sous-sol vous servait de repaire ? »
« …… »
Joshua fixa Oswin un instant, puis répondit avec un léger sourire.
« Oui. C’était bien ça. »
« Haaa… »
Oswin inspira profondément et se tourna vers Maximilian.
« J’y ai trouvé des preuves. »
Des échanges écrits entre Joshua et la Société de la Rose bleue. Pourtant, tous ces documents ne contenaient que trois écritures distinctes.
Une liste de dizaines de personnes, et trois écritures.
Le chevalier Adria avait obtenu ces preuves en vertu de son autorité de chevalière.
« S’il y a un procès, le chevalier Adria rejoindra l’équipe de la défense et présentera les preuves. »
Il réclamait un procès.
Maximilian demanda soudain :
« Alors, d’où venait cette liste ? »
« …… »
Allait-il encore nier ?
Oswin garda son calme en répondant.
« Quelqu’un est derrière tout ça, j’imagine. Quelqu’un qui veut voir Zestpol sombrer. »
« Qui cela pourrait-il être ? »
Maximilian sourit. Cette expression tordue fit serrer les dents à Oswin. Il tenta de se retenir, mais finit par répondre :
« Vous. »
Le silence retomba.
Joshua et Oswin observèrent la bouche de Maximilian. On aurait dit qu’il allait répondre quelque chose comme : « Exactement », ou : « Et alors ? »
« Non. Ce n’était pas moi. »
Au lieu de cela, il nia avec un calme presque déconcertant.
Il ne se fâcha pas contre Oswin de l’avoir soupçonné, et ne sembla pas troublé par sa déduction. Il était aussi immobile qu’un air sans vent.
« …… Ha. »
Oswin, lui, se sentit glacé.
« Maximilian. Vous comptiez envoyer des gens là-bas pour y déposer de fausses preuves. »
« Non. C’était tout le contraire. »
« Comment ça ? »
« Le chevalier Yulian s’y trouvait probablement. »
Les épaules d’Oswin tressaillirent. Sa réaction constituait une réponse en soi.
Maximilian poursuivit d’une voix calme :
« J’ai beaucoup de respect pour lui. Et s’il était dans ce sous-sol, c’était probablement… »
Le regard de Maximilian glissa lentement vers Joshua.
« Joshua. »
Ses yeux s’inclinèrent légèrement, avec une expression qui semblait, d’une certaine façon, pleine de compassion.
« Pour vous protéger d’une trahison. »
« …… ? »
Le visage de Joshua se figea.
« …… Qu’avez-vous dit ? »
Oswin posa lui aussi la question, d’un air hébété.
Maximilian prit un instant pour remettre ses vêtements en ordre.
« L’idéologie est une chose dangereuse. Certains en abandonnent le sens pour n’en garder que la coquille. »
Il sortit un document de sa poche intérieure et le posa sur la table. C’était la preuve la plus accablante qui avait conduit à l’arrestation de Joshua : une déposition.
« Ils ne se sont jamais souciés du sens. Ce qu’ils désirent, c’est la fracture qu’une idéologie peut provoquer. Et ils font tout leur possible pour y parvenir. »
Son doigt désigna un nom sur la déposition.
« Vous vous souvenez, Joshua ? Du concierge qui prétendait vous avoir vu à l’aube. »
Les yeux de Joshua vacillèrent.
« J’ai d’abord retrouvé ce concierge. »
Toc. Toc.
Du bout du doigt, il tapota légèrement le nom.
« Son registre familial avait été falsifié. »
Un registre familial falsifié.
« Cela signifie qu’il n’est pas Aran. »
À cet instant, la déposition changea complètement de valeur.
« Vous avez affirmé ne pas avoir dessiné ni distribué ces caricatures. »
Maximilian prit ensuite plusieurs gravures.
Des dessins grossiers qui se moquaient de lui. Il se contenta de sourire en les regardant. Rien n’indiquait qu’il se sentait insulté ou qu’il réprimait sa colère.
Comme si les humiliations ne l’atteignaient pas le moins du monde.
« Joshua, je vous crois. »
Les yeux de Joshua s’écarquillèrent. Les gravures étalées par Maximilian tombèrent sur la table.
« Parce que vous êtes Aran. »
Plusieurs feuilles glissèrent sur la table jusqu’à Joshua.
« Le cancer de l’Empire, ce sont ceux qui veulent exploiter cette situation. Ceux qui grossissent des détails insignifiants, sèment le trouble au sein de l’Empire et sapent son intellect. »
Son regard passa d’Oswin à Joshua.
« Je suis venu ici pour les arrêter. »
« …… »
Les lèvres sèches d’Oswin remuèrent, mais aucun mot ne parvint à en sortir.
Joshua prit la parole à sa place.
« …… Vous m’avez cru depuis le début ? »
Sa voix tremblait.
Maximilian sembla y réfléchir un instant, puis secoua doucement la tête.
« J’ai cru au Joshua auquel Yulian croyait. »
* * *
Plic, ploc.
Par une nuit pluvieuse, le lieutenant Georgen Gewin conduisait en sifflotant.
Il fondait de grands espoirs sur cette affaire. Il pourrait sans doute devenir inspecteur en un rien de temps. Et la prime serait énorme.
Hé hé hé.
Tout à ses pensées, il tourna dans une ruelle.
« Quoi ?! »
Scriiiiitch !
Il écrasa le frein.
« Putain… C’est quoi, ça ?! »
Un camion bloquait l’étroite route devant lui.
Il tenta de reculer, mais une voiture s’était déjà engagée derrière lui.
« Ah, merde. »
Gewin baissa sa vitre, passa la tête dehors et cria :
« Hé ! Vous, derrière ! Bougez votre voiture ! »
Aucune réponse.
« Vous m’entendez ? Bougez votre voiture ! »
La pluie lui tapota l’arête du nez.
« Putain, sérieux. Hé ! Vous savez qui je suis ?! »
Toujours le silence. Pas même le bruit d’un moteur, devant ou derrière lui.
« C’est quoi, ce connard… »
Gewin finit par sortir de la voiture.
Au moment où il se dirigea à grands pas vers celle qui le bloquait derrière…
Grondement !
Des assaillants jaillirent des deux côtés de la ruelle, sortant des ténèbres. Six… huit ? Dix ?
« C’est quoi, ce bordel… Urk ! »
Un poing fusa vers Gewin tandis qu’il reculait.
Clac !
Le coup lui frappa la tempe de plein fouet et le fit tituber. Des bras surgirent de toutes parts pour le saisir.
« Bande de fils de pute ! »
Je suis enquêteur, j’ai une formation militaire. Je sais me battre !
« Approchez, bande d’enfoirés ! »
Il enfonça son coude dans le menton d’un assaillant, puis donna un coup de pied dans le tibia d’un autre.
Clac ! Un autre coup de poing lui fracassa le visage.
« Aaah ! Je me rends ! »
Clac ! Clac ! Crac !
« Je me rends ! »
Il tomba précipitamment à genoux. Il crut qu’ils le laisseraient tranquille, mais quelqu’un lui décocha un coup de pied dans les côtes. Un poing lui écrasa l’arrière du crâne.
Combien de dizaines de fois le frappèrent-ils comme un chien ?
« Ça suffit. »
Fffffou !
Une voix familière se mêla au bruit de la pluie.
Floc. Floc.
Quelqu’un s’avança vers eux à travers les flaques.
« Vous pourriez au moins voir qui vous envoie ad patres. »
« Haa… Haa… »
Gewin leva les yeux à travers une paupière gonflée, noire et bleue.
Un homme masqué par le déluge : l’inspecteur Fried.
« …… Ha. »
Un rire creux s’échappa des lèvres ensanglantées de Gewin.
« Inspecteur. Qu’est-ce que ça signifie ? »
« Tch. Voilà pourquoi il faut savoir quand s’arrêter. »
Fried s’accroupit lentement devant Gewin.
Derrière ses dents tordues, il parla d’une voix calme, comme s’il lisait un rapport d’interrogatoire.
« Pourquoi avez-vous fait ça, détective Gavin ? »
« Je vous ai dit que j’étais lieutenant. »
« Pourquoi avez-vous accepté des pots-de-vin de l’imprimerie, puis volé et vendu les preuves que vous aviez saisies ? »
« …… Quoi ? »
Fried attrapa Gewin par les cheveux et lui releva le visage jusqu’à ce que leurs yeux soient à la même hauteur. L’un des assaillants à ses côtés sortit un poignard.
« Voilà ce que dira le rapport. Le sergent Gewin, corrompu et aveuglé par son ambition, qui a falsifié son dossier avant de mourir dans une bagarre avec des voyous de ruelle. »
Gewin le regarda à travers son visage ensanglanté.
Chacun des mots que Fried marmonnait ainsi constituait une preuve.
« Hum… C’est drôle. »
Un sourire s’étira sur son visage.
« Tout s’est passé exactement comme ce chevalier l’avait prédit. »
Sa voix basse bouillonnait de sang.
Fried fronça les sourcils.
« …… Un chevalier ? »
Fffuit !
Une lueur d’épée traversa la ruelle.
Le cœur d’un assaillant fut transpercé. La lame se dégagea en projetant du sang comme de l’eau de pluie. Des gens accoururent les uns après les autres. Parmi eux, la silhouette la plus discrète plaqua Fried au sol.
« Urk ! »
Gewin regarda Yulian menotter Fried, puis marmonna, mécontent :
« …… Vous êtes en retard. J’ai sacrément mal. »
Le chevalier Yulian.
Il appuya fermement sur la nuque de Fried. Le visage de celui-ci pâlit, puis il perdit connaissance.
Aaah ! Argh ! Urk !
Les autres assaillants n’eurent droit à aucune pitié. Ils avaient tous été pris sur le fait ; les agents filèrent donc sous la pluie et les abattirent.
« Ouf. »
Gewin se remit péniblement debout.
« Alors, l’indicateur, c’était l’inspecteur Fried. Je m’en doutais. Je l’avais compris dès qu’il avait frappé Nico. »
Une opération conjointe.
Yulian avait soupçonné dès le début la présence d’une taupe à Georgen. La liste avait fuité de là.
Yulian avait donc donné une seule consigne à Gewin.
Lorsqu’il arrêterait l’un des professeurs figurant sur la liste, il ne devait pas se contenter de l’arrêter lui : il devait aussi embarquer ses assistants et ses domestiques. Autrement dit, il fallait arrêter des personnes qui ne figuraient pas sur la liste.
Le scénariste détestait les variables qu’il ne pouvait pas contrôler.
Il finirait sans aucun doute par agir en personne.
« …… Tape-m’en cinq ? »
Gewin leva la main. Yulian se contenta de le regarder en silence.
Hum. Gêné, Gewin baissa discrètement la main. Il ramassa un parapluie et le tint au-dessus de Yulian.
« Vous allez être trempé, monsieur. »
Il bavardait avec un grand sourire auquel il manquait deux dents de devant.
* * *
Hanna Usar avait retrouvé et arrêté deux camarades de Joshua.
« …… »
Depuis l’autre côté de la salle d’interrogatoire, Joshua les observait à distance.
Une vitre magique spéciale.
Les personnes à l’intérieur ne pouvaient pas voir dehors, tandis que celles qui se trouvaient de l’autre côté voyaient parfaitement l’intérieur.
Il se tenait de l’autre côté de la vitre, dans la pièce où il avait lui-même été retenu peu de temps auparavant. Cette fois, c’était lui qui regardait à l’intérieur.
C’étaient des Izenheim.
Joshua savait qu’ils étaient Izenheim. Non, c’était justement parce qu’il le savait qu’il les avait considérés d’autant plus comme des camarades.
Et voilà qu’il avait fini trahi par eux.
L’endroit où les idéaux l’avaient poignardé dans le dos. Joshua fixait la vitre.
« Joshua Vanhetten. Suivez-moi. »
Un chevalier qu’il ne connaissait pas le saisit. Ce n’était ni Maximilian ni Yulian.
« Oui. »
Bien qu’il fût le chef de la Société de la Rose bleue, on lui avait promis quinze ans de prison. Officiellement, c’était parce qu’il avait contribué à résoudre une affaire plus importante.
Il semblait même qu’une réduction de peine fût possible.
« Montez. »
Le chevalier s’appelait Simon, peut-être ? Joshua monta dans la voiture avec lui. Le chevalier était encore plus jeune que lui.
Clac. Clac.
Après un certain temps de route…
« Descendez. »
Joshua obéit au chevalier.
Il regarda autour de lui. Il n’y avait rien d’autre que de hauts murs de béton séparant l’intérieur de l’extérieur.
« Vous voilà. »
Maximilian apparut d’on ne savait où. Le chevalier qui avait amené Joshua le salua précipitamment. Ils étaient entourés de gardes en armes, mais Maximilian paraissait aussi détendu que s’il était sorti se promener.
« C’est un camp spécial. Vous y séjournerez pendant dix ans. »
Maximilian désigna le mur d’un signe de tête.
Joshua demanda soudain :
« …… Les professeurs sont-ils ici aussi ? »
« Oui. »
« Ils seront bientôt libérés, n’est-ce pas ? Ils ont été emprisonnés à cause de moi… »
Maximilian esquissa un léger sourire.
« Vous pourrez le constater par vous-même à l’intérieur. »
« …… Oui. »
Escorté par des gardes, Joshua pénétra dans les lieux, menottes aux poignets, et s’engagea dans un couloir sombre.
Un pas. Un autre.
Combien de temps marcha-t-il dans ces ténèbres interminables ?
Enfin, l’espace qui s’ouvrit devant lui était…
Il leva rapidement la main pour se protéger de la lumière éclatante qui l’inondait.
« …… ? »
Les yeux de Joshua s’agrandirent lentement.
La scène était si étrange.
« C’est… »
Un chemin de gravier serpentait à travers une pelouse soigneusement entretenue, en direction d’un petit parc sur une colline basse.
Des manoirs aux toits rouges se nichaient parmi les arbres, comme dans un village. Par leurs fenêtres ouvertes, il apercevait des bureaux garnis d’étagères, des cheminées et des échiquiers laissés en pleine partie.
Il n’y avait de barreaux nulle part. Les murs étaient si loin qu’ils ne se trouvaient même pas dans son champ de vision.
Un chien traversa la pelouse, une balle dans la gueule, tandis que des chats se prélassaient sur chaque rebord de fenêtre baigné de soleil.
Sur un banc devant un manoir, deux professeurs partageaient un journal et en débattaient tout en le lisant.
Plutôt qu’une prison, l’endroit ressemblait à une paisible ville universitaire.
Un lieu où il avait étrangement l’impression d’avoir été invité.
« Joshua. »
Quelqu’un l’appela.
C’était Salzmann, son professeur, qui semblait être venu l’accueillir.
« Professeur… ? »
« J’ai tout appris sur ce qui vous est arrivé, même ici. »
Salzmann s’avança et observa son élève de la tête aux pieds. Ses yeux rougirent un instant lorsqu’il vit le visage émacié de Joshua.
« Vous avez dû terriblement souffrir. »
Joshua contempla longuement la main tendue.
Notes de bas de page :
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