Chapitre 250
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Traducteur : Bébé qui tousse
Éditeur : Bébé qui tousse
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Chapitre 250 : La poursuite (1)
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Au cinquième étage du nouveau quartier général des chevaliers sentinelles se trouvait la « Salle d’opérations Maximilian ».
« …… »
Yan Novak promena un regard hébété dans la pièce.
Elle était spacieuse et propre. Chaque agent avait son propre bureau, et les fenêtres donnaient sur le parc au bord du lac et ses arbres verdoyants.
« Voici ton bureau. »
Yukia, sa supérieure directe, lui désigna l’un des bureaux.
Cheffe de l’administration des chevaliers sentinelles, elle supervisait tous les agents yaken. Elle avait gravi les échelons jusqu’à atteindre ce qui était, en pratique, le poste le plus élevé qu’un Yaken pouvait espérer obtenir, faisant d’elle une véritable légende vivante.
« Oui. »
Yan s’assit et Yukia posa une feuille sur son bureau.
« Note le matériel, les fournitures et les fonds opérationnels qu’il te faut. On te les fournira plus tard. »
Sa liberté était totale. Lorsqu’il lui demanda s’il y avait une limite, elle répondit simplement :
« Autant que tu estimes valoir ta vie. »
Yan réfléchissait au montant à inscrire quand Yukia reprit la parole.
« À une condition. »
Elle plissa les yeux.
« Ne t’attends pas à ce que je te ménage sous prétexte que tu es Yaken. »
Au sein de l’Ordre des Sentinelles, les Yaken étaient connus comme les partenaires de terrain des chevaliers.
Leurs capacités physiques exceptionnelles, leur talent particulier pour le mana et surtout leurs sens aiguisés, qui leur permettaient de pister et de repérer des cibles, étaient très appréciés.
Cela ne leur donnait pas pour autant le droit de prendre la grosse tête.
« Tu dois toujours te rappeler que l’honneur de ton peuple repose sur tes épaules. »
« Oui. Je m’en souviendrai. »
Yukia observa Novak un instant, puis demanda :
« Tu as l’odorat développé ? »
Elle lança quelque chose sur le bureau. Une poignée de cailloux s’éparpillèrent sur le plateau, treize environ.
Sans même les porter à son nez, Yan en choisit trois, les seuls qui dégageaient une odeur de sang.
« Trois. Ceux-là. »
« …… Montre-moi ton autre talent. »
Yan ouvrit sa main vide. Le mana sembla s’y rassembler, puis, fwoosh ! Un caillou posé à l’autre bout du bureau fendit l’air et atterrit dans sa paume.
C’était une aptitude liée à l’espace.
« Je comprends pourquoi tu as réussi. »
Yukia hocha la tête, satisfaite. Maximilian lui avait déjà donné les grandes lignes.
Un Yaken qui avait l’étoffe d’un fidèle vassal.
« À partir de maintenant, tu seras sous mes ordres directs. »
Elle déplia quelque chose sur le bureau.
Une carte de tout l’Empire, couverte de points rouges et noirs tracés à la main.
« …… Une carte ? »
« C’est ça. »
Yukia posa le doigt sur l’un des points.
« Nous allons établir une carte. »
Les repaires et les lieux d’inhumation utilisés par ces ordures d’Izenheim. Les endroits où ils dissimulaient leurs autels.
Ils se déplaceraient dans l’ombre et marqueraient sur la carte chaque lieu qui leur était lié.
« Nous trouverons le nid de la révolution. »
Yukia avait autrefois appartenu à la Faction révolutionnaire, avant que celle-ci ne la trahisse. Sa voix était sombre comme de la cendre.
« Et nous découvrirons le dessein des Izenheim. »
« Leur dessein… ? »
À la question de Yan, Yukia le dévisagea comme si elle le jaugeait.
« Nous n’en connaissons pas encore les détails. Mais leur objectif est lié au sol. Au rite silencieux. Tu connais l’affaire Nico Beber ? »
« Oui. »
Les Izenheim et la Faction révolutionnaire avaient monté des sociétés-écrans pour saigner l’Empire à blanc, avant d’être punis par Nico Beber, un héros de l’Empire.
« Égouts. Mines abandonnées. Sous-sols. Puits. Ils sont obsédés par les endroits souterrains. Ils font clairement quelque chose sous terre, et c’est lié à leur religion et aux valeurs horriblement corrompues qu’ils vénèrent. »
La Communion silencieuse, où ils écrasaient à coups de pierre la tête des leurs. Un rite démoniaque au cours duquel ils offraient jusqu’à leur propre vie en sacrifice.
Leur foi ne s’élevait pas vers le ciel. Elle s’enfonçait sous leurs pieds.
« Nous relierons leurs lieux de culte. Dès que nous aurons suffisamment de points, nous saurons exactement vers quel endroit, sous cette terre, ils rampent. »
Yukia retira sa main de la carte et regarda Yan droit dans les yeux.
« Retiens bien ceci. Ils sont les ennemis des Yaken et de l’Empire. »
* * *
Georgen me fit parvenir plusieurs éléments de « preuve ».
Je ne leur avais jamais demandé leur coopération. Quelqu’un, au sein de leur organisation, avait transmis des informations à l’un de nos agents.
Trop inquiétantes pour être gratuites, trop précieuses pour servir d’appât.
« …… Il y en a un paquet. »
Une liste de personnes liées à la Société de la Rose bleue.
Des professeurs éminents de Zestpol, des employés de bureau, des éditorialistes, des gens de lettres et des érudits. La liste comptait de nombreux noms, accompagnés de motifs évidents et de preuves. S’ils voulaient incriminer quelqu’un, ils n’avaient que l’embarras du choix.
Grâce à cela, je commençais à comprendre leur objectif.
Pourquoi ils s’étaient fait passer pour la Société de la Rose bleue et avaient dénoncé Joshua. Pourquoi ils avaient préparé cette liste avec tant de soin.
C’était une liste de condamnés à mort, composée uniquement de l’élite intellectuelle de Zestpol.
Cela ne s’était pas produit avant mon retour.
C’était probablement l’une de ces « synergies » qui m’inquiétaient.
À mesure que je devenais plus fort, leurs méthodes se faisaient plus insistantes.
Plus infâmes. Plus répugnantes.
Je me rendis au quartier général de Gennen.
C’était une opération de grande envergure. Avec autant de noms, il me faudrait mobiliser beaucoup de monde.
« Vous voilà. »
La directrice Schatz se tenait aux côtés de Zendo et des autres agents, tous alignés.
L’incident de Gennen remontait déjà à plusieurs années. Depuis, ils s’étaient aguerris et étaient devenus des agents d’élite.
Je les avais tous convoqués.
« Mémorisez cette liste. »
Pas besoin de longues explications. On distribua des copies de la liste aux agents du quartier général de Gennen.
« Les noms et les visages de toutes les personnes qui y figurent. »
Chacun prit une feuille et parcourut les noms, les yeux tranchants comme des lames, les gestes rapides et précis.
« Et poursuivez-les tous. »
Un bref silence tomba, si total qu’on n’entendit même plus le froissement du papier.
« Partez à leur poursuite. »
* * *
Une liste était parvenue à Georgen.
Elle recensait les personnes liées à la Société de la Rose bleue.
Ou celles qui les avaient aidés, ne serait-ce qu’un peu.
Le problème, c’était l’interprétation de ce « ne serait-ce qu’un peu ».
Ceux qui avaient imprimé des tracts. Ceux qui avaient fourni du papier aux imprimeries. Ceux qui avaient échangé des lettres avec la Société de la Rose bleue.
Les employeurs des lieux où un membre de la Société de la Rose bleue avait travaillé. Même les professeurs qui lui avaient enseigné quelque chose, à un moment ou à un autre.
Le filet pouvait être tissé aussi serré qu’on le souhaitait, et l’Empire ne manquerait pas de le faire.
La Société de la Rose bleue avait insulté la personne la plus dangereuse de l’Empire.
« Ça vient de quelqu’un de l’intérieur. »
Un salon de réception dans une demeure de Zestpol.
Un soir, un jeune homme au visage et aux vêtements ordinaires arriva sans bruit. Il annonça la nouvelle à Alfred, un professeur âgé de la faculté de mana de l’Université Zestpol.
« Votre nom figure désormais sur la liste de Georgen, professeur. »
Un érudit renommé de l’Empire.
Son crime était d’avoir enseigné à un étudiant nommé Joshua, de l’avoir apprécié, d’avoir partagé des repas avec lui et d’avoir discuté avec lui pendant des années.
Alfred demanda d’une voix grave :
« Même si je n’ai rien à voir avec la Société de la Rose bleue ? »
« L’Empire ne s’est jamais soucié des faits de ce genre. Vous connaissez Maximilian. »
Même s’il ne partageait pas les idées de la Société de la Rose bleue, l’Empire ne cherchait qu’un prétexte pour écraser la classe instruite de Zestpol.
C’était le raisonnement du jeune homme.
« …… Vous devez fuir. Le doyen est déjà retenu. »
« Le doyen n’est pas retenu. Il reste là-bas de son plein gré. »
Pour leur fils Joshua, peut-être. Ou pour leur famille.
« C’est pareil. »
Le jeune homme répondit brièvement et rabattit sa casquette sur son front.
« Je vous ai dit ce que j’étais venu vous dire. Il me reste beaucoup de gens à prévenir. »
D’autres enseignants, érudits et mages de Zestpol. Les noms inscrits sur cette liste.
« …… »
Le professeur Alfred observa le jeune homme, qui risquait sa vie pour avertir les autres. Il poussa un profond soupir et réfléchit un instant.
« Je vous en prie. J’espère que vous ferez aussi le choix qui vous convient le mieux. »
« Attendez. »
Comme le jeune homme se hâtait de partir, le professeur lui tendit quelque chose.
Du pain et de l’eau.
« …… Je ne peux pas laisser repartir un invité les mains vides. »
Le jeune homme les prit et sourit pour la première fois.
« Merci. »
En le regardant s’éloigner, le vieux professeur pria pour sa sécurité plus encore que pour la sienne.
……
Le bureau de Theodore Brandt, professeur au département d’études des ondes de mana de l’Université Zestpol.
« Professeur. »
Theodore contempla en silence l’homme assis devant lui.
« Ce sont des tracts qui insultent les Sentinelles. C’est plus grave que la loi sur les citoyens impériaux. Non, ça va devenir encore plus grave à cause de cette loi. »
Zestpol s’était déjà rendue particulièrement impopulaire pendant l’affaire de la loi sur les citoyens impériaux. En se servant de cet incident comme prétexte, on allait infliger un désastre encore plus grand aux intellectuels de la ville.
« Et puis, l’adversaire, c’est Maximilian. »
Même parmi les Sentinelles, qui se vantaient d’être l’épée de l’Empire, il était le monstre le plus tranchant et le plus impitoyable, animé d’une certitude insensée.
« Savez-vous combien de soldats il a fait fusiller à la frontière orientale ? »
Des centaines.
On ignorait toujours le nombre exact de soldats réguliers qu’il avait alignés et exécutés sans leur accorder la moindre chance de se défendre.
« Et ceux qu’il a fait écraser sous ses ordres à Guernica ? »
« Guernica. »
À travers les œuvres exposées à Prozen, la vérité sur cette journée commençait tout juste à se répandre dans le monde.
« Le Titan. Vous en avez forcément entendu parler. »
Un nom qui demeurait, pour le peuple de l’Empire, à la fois un chagrin et un conte de fées.
L’amour entre un roturier aran qui avait miraculeusement survécu à la catastrophe de ce jour-là et une jeune femme issue d’une noble maison illustre.
Les deux amoureux avaient célébré un grand mariage, et Maximilian avait même convié le couple et sa maison noble au pavillon impérial de Prozen.
« Mais vous ne connaissez pas ce qui se cache derrière cette histoire. »
La voix de l’homme s’assombrit.
« Des membres de minorités avaient embarqué à bord du Titan pour fuir l’Empire. Ils tentaient de s’échapper en enfreignant la loi impériale. »
La suite du conte de fées.
« Eux aussi ont survécu à la catastrophe, mais Maximilian ne les a pas choisis. Alors… »
Les invités se tenaient dans la Salle de la Lumière.
« Il n’en reste aucun dans ce monde. Pas un seul. »
Les autres avaient disparu dans l’au-delà.
« Et surtout… »
Le visage grave, l’homme écarta légèrement les rideaux du bureau.
« Vous le voyez ? »
Une ruelle sombre.
À la limite de la lumière d’un réverbère, une ombre indistincte vacilla.
« Professeur. Ils sont déjà là. Ils vous surveillent. »
« …… »
Le professeur Theodore l’écouta, se mordit la lèvre et se couvrit le visage des deux mains.
……
Université Zestpol, bâtiment de recherche en études de la résonance critique des pierres de mana.
Dans le domaine de la résonance en chaîne des pierres de mana, un sujet que seuls quelques spécialistes étudiaient dans le monde universitaire, le professeur Erich Salzmann passait pour la plus grande autorité du continent.
Il avait achevé ses préparatifs de départ.
Heureusement, c’était la saison de l’Exposition. Comme de nombreux voyageurs se rendaient à Prozen, les contrôles aux frontières seraient sûrement moins stricts.
Sa décision n’avait pas été difficile à prendre.
Son nom figurait sur la liste de la Société de la Rose bleue obtenue par Georgen. Et il n’avait personne d’autre que lui-même à prendre en considération.
Enfin, presque personne…
« …… Ne t’inquiète pas. »
Sa mère, qui approchait des quatre-vingts ans, fut la première à sourire.
« Qu’est-ce qu’ils pourraient bien faire à ce vieux corps ? Je vivrai jusqu’au bout de mes jours. »
Le professeur Salzmann ne parvint pas à prononcer un mot. Retenant ses larmes, il se pencha et enfouit le visage contre la poitrine de sa mère.
« Mère… »
Soudain, les jours d’autrefois lui revinrent en mémoire.
Ils se déployèrent devant lui comme un panorama.
Il avait été son rêve. Il avait été son espoir aussi, depuis le jour où son père, dont il n’avait même aucun souvenir, les avait quittés.
La joie qu’elle avait éprouvée quand il était entré à l’Université impériale centrale. Son visage rayonnant lorsqu’il était devenu professeur. Son bonheur quand son article avait paru dans une revue universitaire du continent, et à chaque fois que l’Empire lui avait remis une médaille.
Tout cela avait tenu dans l’étreinte étroite de sa mère.
« Si jamais tu as besoin d’un pot-de-vin… »
Elle retira une bague de son doigt noueux et la déposa dans la main de son fils.
« Prends-la. »
Il ne pouvait emporter que ce qu’il pouvait porter sur lui. Trop de bagages le trahiraient.
Cette bague était donc tout ce qu’elle pouvait donner à son fils, toute sa fortune.
« …… Oui. »
Salzmann essuya ses larmes et accepta la bague.
Dans les bras de sa mère, malgré son âge, il se sentit redevenir un enfant.
« Ne reviens pas. »
À ces mots d’adieu, son fils ne put rien ajouter. N’emportant avec lui que son amour, il franchit le seuil.
Le jeune homme venu pour le guider l’attendait dehors.
Salzmann hocha la tête.
« Allons-y. »
« Vous avez pris la seule décision possible, professeur. »
« …… C’est grâce à vous. »
« Oui. Faites-moi confiance. »
Le voyage lui sembla irréel.
Chaque fois qu’il fermait puis rouvrait les yeux, il avait avancé d’un pas.
La maison.
La rue.
La voiture.
Le quai.
Le train.
Le siège.
Clac, clac.
Quand il reprit ses esprits, des champs défilaient déjà devant la fenêtre.
Le paysage de l’Empire s’éloignait de plus en plus.
« Notre première destination est Prozen. Heureusement, c’est la saison de l’Exposition. Il sera plus facile de passer les contrôles si nous nous mêlons aux touristes. »
Les mots du jeune homme, assis en face de lui, lui firent tressaillir les épaules.
Il avait l’impression de revenir à la réalité.
« Faisons comme ça. »
Salzmann hocha la tête. Le jeune homme lui demanda avec inquiétude :
« …… Vous allez bien ? »
« Ça va. »
Son visage disait le contraire. Il était pâle, accablé de chagrin.
Le jeune homme ajouta prudemment :
« …… Tout ira bien. Votre savoir sera apprécié dans n’importe quel pays. C’est aussi ce que votre mère souhaiterait. »
« Vous le savez, n’est-ce pas ? L’Empire n’est pas un pays assez généreux pour accueillir les intellectuels… »
À cet instant, quelque chose vibra doucement sous le manteau du jeune homme.
C’était un petit appareil, une radio qui ne communiquait qu’en morse.
Après avoir vérifié le message, le jeune homme se rembrunit légèrement.
« …… Excusez-moi. Essayez de vous reposer. »
« Très bien. »
Le jeune homme quitta son siège, et le professeur Salzmann ferma les yeux un instant.
Clac, clac.
Le roulis du train le berçait comme une berceuse.
Au-delà de ses paupières closes, les champs défilaient. Puis les rivières. Et les lumières de gares sans nom passaient par la fenêtre, l’une après l’autre.
Clac, clac.
La frontière approchait.
Froufrou.
Puis, soudain…
Quelqu’un s’assit en face de lui.
« Vous êtes en retard… ? »
Lorsque le professeur Salzmann rouvrit les yeux,
« …… ! »
son cœur fit un bond violent.
Non. Il avait l’impression que tout son corps avait déjà explosé.
Clac, clac.
La lumière du soleil qui traversait la fenêtre effleura les cheveux blonds d’un homme.
Son visage semblait découpé dans un tableau, un léger sourire aux lèvres.
Clac, clac.
L’homme qui aurait dû se trouver au pavillon impérial était apparu sans prévenir, assis à portée de main et le regardant droit dans les yeux.
Clac, clac.
…… Maximilian.
Une catastrophe sous une forme magnifique.
« Ravi de faire votre connaissance. »
Sa voix était étonnamment douce.
« Vous êtes bien le professeur Erich Salzmann de l’Université Zestpol, spécialiste des études de la résonance critique des pierres de mana ? »
Il n’était pas pressé. Il poursuivit d’un ton calme, comme s’il prenait des nouvelles d’une vieille connaissance.
« La résonance en chaîne des pierres de mana. Les conditions critiques du mana. Les articles que vous avez publiés, respectivement, il y a dix et cinq ans. »
Une sueur froide coula dans le dos du professeur.
« Je les ai lus avec beaucoup d’admiration. Jusqu’à la dernière note de bas de page. »
Il laissa échapper un léger soupir et regarda autour de lui.
Le professeur suivit son regard.
Il n’y avait personne.
Pas une âme ne se trouvait encore dans le train.
« Quelle coïncidence de vous rencontrer ici. »
Une coïncidence.
Pourtant, de légères taches de sang marquaient les chaussures de l’homme.
Des traces s’étiraient depuis le couloir.
Il avait marché jusqu’ici après avoir foulé du sang.
« …… »
Sans s’en rendre compte, Salzmann serra la bague dans sa poche.
Le silence s’étira.
« …… »
L’homme ne le pressa pas. Il se contenta de l’observer et d’attendre.
Qu’attendait-il ?
Que voulait-il ?
Le professeur avait consacré sa vie à l’érudition, et ne comprenait donc pas les gens. Puis, quand l’attente eut dépassé un certain seuil, l’expression de l’homme s’assombrit brusquement.
Quand la douceur s’effaça, il ne resta ni colère ni menace.
Rien.
« Vous devriez répondre. »
Ces mots n’étaient même pas une question, mais dès qu’ils franchirent ses lèvres, ils se muèrent en un interrogatoire insoutenable.
L’instinct d’érudit du professeur lui fit comprendre que le silence n’avait jamais été une option.
« …… Je vois. Quelle coïncidence de nous rencontrer pour la première fois dans ces circonstances. »
« À vrai dire, ce n’est pas notre première rencontre. Je vous ai déjà vu. Vous étiez venu protester auprès des Sentinelles pendant l’affaire de la loi sur les citoyens impériaux. »
« Ah bon ? »
« Oui. Mais je n’étais pas le chevalier chargé de vous. »
Le doux sourire reparut sur le visage de Maximilian.
« Alors, où allez-vous si vite ? »
Il avait marché jusqu’ici sur des pieds qui avaient effacé des vies, puis demanda à un autre homme où il allait, d’une voix parfaitement humaine.
L’être humain le plus craint de tout le continent.
Le monstre de l’Empire.
Ce n’est qu’alors que le professeur accepta cette épithète comme une description d’une grande précision.
Notes de bas de page :
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