Chapitre 249
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 249 : Là où pointe la lumière (4)
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L’Exposition universelle de Prozen avait été un succès.
C’était peut-être la plus grande réussite de toute l’histoire des expositions universelles.
La fréquentation avait depuis longtemps dépassé les prévisions. Depuis que le spectacle nocturne du pavillon impérial était devenu un sujet de conversation, des foules traversaient chaque jour les frontières, rien que pour admirer cette lumière, et les gares ne désemplissaient pas.
Tous les hôtels de la capitale affichaient complet pour les six mois à venir. Les lignes ferroviaires et les navires de passagers multipliaient les rotations, tandis que toutes les entreprises de la ville, des restaurants aux théâtres en passant par les ateliers de couture, profitaient de l’essor de l’exposition.
Les usines fermées à la suite de grèves avaient repris leur activité pour produire des souvenirs, tandis que l’assemblée brandissait les chiffres du chômage en baisse et se félicitait de son travail.
Mais Jean Pierre savait ce qui se cachait derrière ces chiffres éblouissants.
Quel beau-frère avait décroché les contrats de construction des pavillons et de leur démolition après l’exposition ? Quel neveu de député avait obtenu le droit d’exploiter les stands de restauration et le quartier des divertissements sur le site ? Pourquoi le contrat exclusif d’impression des timbres commémoratifs était-il revenu à l’imprimerie dirigée par un proche du conseiller financier du parti au pouvoir ?
La corruption profitait exclusivement aux familles du parti au pouvoir et à leurs relations.
Rien n’avait changé pour les citoyens ordinaires de Prozen.
Jean Pierre ne pouvait qu’espérer que le pays ne se retrouverait pas couvert de dettes.
« … Ah. »
En tant que professeur, il se sentait impuissant. Pourtant, à lui seul, il ne pouvait rien faire.
Sa famille passait pour respectable, mais son influence ne s’étendait pas au-delà. Il possédait quelques biens dans la capitale, mais sa fortune s’arrêtait là.
Il n’était pas Maximilian.
Il n’avait ni le poids nécessaire pour changer un pays, ni le désir de le faire. Il n’était qu’un érudit.
« Nous allons vous aider à entrer dans le pavillon impérial ! »
Jean Pierre se tenait à l’entrée du pavillon impérial, au milieu de la foule. Même en pleine journée, la file était longue.
« Vous pouvez entrer ! »
Guidé par un employé, il s’engagea dans le passage.
« À partir de maintenant, veuillez garder le silence. »
Puis, dès qu’il franchit un seuil intérieur, les bruits du monde s’évanouirent.
L’espace fut plongé dans l’obscurité. Au moment où ses yeux commençaient à s’y habituer, une aurore de lumière jaillit des pierres de mana, du plafond jusqu’au sol.
« Waouh. »
« Ouah. »
« … C’est complètement fou. »
La lumière de l’Empire brillait aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Au-delà du corridor onirique s’étendait une galerie consacrée à l’art impérial. La salle était bondée, et toutes les langues du continent résonnaient dans l’air.
Le pavillon le plus réussi de l’exposition universelle la plus réussie de l’histoire.
L’Empire avait écrasé Lobrus sur tous les plans, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Après avoir passé un peu de temps dans le pavillon impérial, Jean Pierre retourna sur le site de l’exposition et en fit le tour.
Les pavillons des Izenheim et des Mer attirèrent son attention. Chacun distribuait des articles promotionnels et organisait quelques modestes animations. Les citoyens impériaux les regardaient comme des animaux répugnants, mais n’allaient pas plus loin.
Le contrôle de Maximilian s’étendait jusque-là.
Tout comme il limitait les pertes civiles lors des opérations militaires, il considérait les actes qui s’écartaient de l’objectif et les hostilités gratuites comme du gaspillage.
Maximilian n’irait jamais jusqu’à persécuter des minorités avec assez de maladresse pour en faire des martyrs.
Jean Pierre entendait sans cesse dire que Maximilian avait aidé le pavillon du Mekerel ravagé par la guerre et soutenu « ce peintre » de Zerpa.
En tant qu’érudit spécialisé dans les peuples, il finissait toujours par recevoir le moindre écho à leur sujet.
« Tiens ? Jean ! »
Il croisa Arthur Winston de Hailand dans une rue. L’expression d’Arthur n’était pas particulièrement enjouée, elle non plus.
Ce qui semblait lui déplaire, plus encore que la réussite de l’Empire, c’était que tout le continent eût assimilé cette réussite à la paix et s’en fût trouvé soulagé.
« Ah, messire Arthur. Vous tombez bien. Je voulais vous montrer quelque chose. »
Le pavillon de Zerpa avait d’abord été désert, mais ces derniers temps, bon nombre de visiteurs s’y attardaient. Jean conduisit Arthur à l’intérieur et s’arrêta devant « Guernica ».
Arthur esquissa un sourire.
« Il semblerait que nous ayons les mêmes goûts. Je suis venu l’admirer, moi aussi. »
« Je vois. »
Du noir et du blanc. Un puits de mine effondré, des silhouettes brisées. Des bouches ouvertes dans un cri, des bras tendus vers le vide qui s’immobilisaient avant de l’atteindre.
Un tableau de gens fracassés, qui hurlaient dans leur détresse, comme s’il frappait le spectateur au creux de l’estomac.
Le massacre et la destruction.
Beaucoup avaient autrefois écarté cette toile abstraite, la jugeant étrange, avant de passer leur chemin. Mais, ces derniers temps, elle commençait à susciter un vif intérêt à Prozen.
Ceux-là mêmes qui avaient ri en demandant : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? », ainsi que les critiques et les peintres, revenaient jour après jour.
« Pablo Sovakin. Vous le connaissez ? »
« Oui. C’est un peintre très célèbre. »
Un peintre unique en son genre, enfanté par Zerpa. Prodige auquel les juges du Salon royal de Zerpa avaient accordé à l’unanimité leur approbation alors qu’il n’avait que quinze ans. Monstre du réalisme traditionnel, il était loué non seulement pour reproduire à la perfection le style des grands maîtres, mais aussi pour saisir toute une vie dans un seul portrait.
Puis, un jour, ce génie avait détruit sa propre technique parfaite et était enfin parvenu à ce stade.
Les générations futures décideraient sans doute s’il s’agissait d’un désastre ou d’un accomplissement.
« Excusez-nous. Veuillez vous écarter. »
À cet instant, des représentants de Zerpa fendirent la foule. Ils portaient avec précaution une toile enveloppée dans un tissu blanc.
Ils l’accrochèrent sur un pan de mur laissé libre à cet effet dans le pavillon, puis retirèrent le tissu.
Arthur et Jean tournèrent naturellement les yeux vers elle.
« Allons-y. »
« Oui. »
Ils se rapprochèrent pour mieux voir la toile.
Elle avait pour titre « Là où pointe la lumière ».
La toile n’était pas aussi grande que « Guernica », mais dépassait nettement les dimensions d’une peinture à l’huile ordinaire.
Elle représentait le visage d’un homme.
Ou ce qui avait été un visage.
« … »
Le tableau était coupé exactement en deux par l’arête du nez. Une moitié était engloutie dans les ténèbres, l’autre baignait dans une lumière blanche.
Les deux moitiés regardaient au-delà de la toile, vers un lieu que les spectateurs ne pourraient jamais voir.
Des cheveux blonds et des yeux dorés. Ses traits, déformés et superposés par la déconstruction si particulière de Pablo, demeuraient reconnaissables.
Le pinceau s’était arrêté juste avant l’abstraction totale.
Comme si le peintre lui-même n’avait pas réussi à se résoudre à détruire complètement ce visage.
« Il y a quelque chose d’étrange dans ce tableau. Comme s’il se tenait entre les ténèbres et la lumière… »
Entre la réalité et la forme. Entre la représentation et l’abstraction. Entre les ténèbres et la lumière.
Le tableau se tenait à chacune de ces frontières, sans basculer d’un côté ni de l’autre.
« … »
Jean Pierre l’observa longuement. La peinture ne l’intéressait pas, mais peut-être parce qu’elle représentait une personne, il essaya d’en saisir le sens.
Arthur Winston se tenait à ses côtés.
Non, ils n’étaient pas seuls.
Un visiteur, puis deux, puis quatre, puis huit. Bientôt, des centaines de personnes se rassemblèrent lentement devant la toile et la contemplèrent en silence.
Même ceux qui, d’ordinaire, haussaient les épaules ou fronçaient les sourcils devant les tableaux difficiles avant de passer leur chemin s’arrêtèrent devant celui-ci.
« … Ah. »
Soudain, Jean Pierre saisit l’impression familière qui traversait son esprit.
Les ténèbres et la lumière.
L’être qui incarnait l’idéologie la plus sombre de l’Empire actuel, tout en devenant sa raison la plus lumineuse.
« … Maximilian. »
Il prononça le nom à voix haute.
À cette voix basse qui tombait dans le silence, plusieurs visiteurs proches tressaillirent et regardèrent de nouveau le tableau.
* * *
l’« examen de recrutement de l’Ordre des Sentinelles » passait pour l’épreuve la plus difficile et la plus prestigieuse de l’Empire.
C’était l’examen par lequel les chevaliers de l’Ordre des Sentinelles sélectionnaient eux-mêmes les officiers d’état-major, les employés de bureau et les agents qui travailleraient sous leurs ordres.
Pour certains, il comptait des dizaines, voire des centaines de fois plus que l’Exposition universelle.
C’était presque la seule échelle permettant à un citoyen ordinaire d’atteindre le cœur de l’Empire, le sommet de la promotion sociale.
Et, parmi ces examens, Maximilian avait annoncé pour la première fois depuis fort longtemps un recrutement ouvert au public.
Tout le monde dans l’Empire savait à quel point les officiers d’état-major de Maximilian étaient bien traités. À eux seuls, leurs salaires de base atteignaient prétendument plusieurs centaines de milliers de dollars impériaux.
Des centaines de milliers de candidatures avaient été déposées, mais après la première épreuve écrite organisée dans tout l’Empire, la deuxième, une dissertation accompagnée d’un test idéologique, puis la troisième, un détecteur de mensonges, il n’en restait plus qu’un millier à peine.
Puis vint la dernière étape.
Aujourd’hui se tenait la quatrième épreuve de recrutement de Maximilian : les entretiens.
Des centaines de candidats et leurs familles s’entassaient devant le quartier général de l’Ordre des Sentinelles.
« Bonne chance ! Tu vas réussir, c’est sûr ! »
« Si tu es pris ici, ta famille sera tranquille pour trois générations ! »
« Ne sois pas nerveux. Être arrivé jusqu’ici, c’est déjà une victoire… »
Une mère rajusta plusieurs fois le col de son fils, tandis que son père lui tapota deux fois l’épaule en silence. Sa petite sœur glissa dans la poche de son grand frère un mot plié comme un porte-bonheur.
Un groupe d’hommes qui avaient l’air d’anciens soldats encourageaient leurs amis à grands cris.
La scène devant cette porte vers la réussite était toujours la même.
« … Ouf. »
Un homme se fraya un chemin dans la foule.
Après avoir dit au revoir à sa famille, il entra dans l’annexe de l’Ordre des Sentinelles.
« Ouf… »
Une étiquette portant le numéro « 37 » épinglée sur la poitrine, il s’assit sur l’un des longs bancs de la salle d’attente et prit plusieurs grandes inspirations.
« Les numéros un à dix, veuillez entrer. »
Les candidats entraient et ressortaient par groupes de dix.
La plupart en ressortaient plus pâles qu’en entrant.
« … Ah. »
La salle d’attente était saturée de tension.
« Excusez-moi… Vous êtes un Yaken ? »
À cet instant, un candidat assis à côté de lui lui posa prudemment la question.
« Oui. Je suis un Yaken. »
« Ouf… Tant mieux. Je m’en doutais. Vous avez l’air plutôt robuste. »
« Merci. »
Maximilian avait vite compris les réactions négatives que susciterait l’idée que les chevaliers préféraient les Yaken.
Les candidats Aran finiraient par se dire : « Moi, un Aran pur, j’ai échoué à cause des Yaken. »
À force de s’accumuler, ce sentiment deviendrait de la haine, et la haine rongerait l’organisation de l’intérieur.
Il avait donc prévu dès le départ des postes distincts pour les Yaken.
Les Yaken n’étaient en concurrence qu’entre eux.
Autrement dit, avoir un Yaken dans le même groupe d’entretien signifiait un concurrent de moins pour les autres Aran.
« Bonne chance ! »
« Merci. Vous aussi. »
Tandis qu’ils parlaient, la porte s’ouvrit.
« Les numéros trente et un à quarante. »
L’homme entra.
À la table d’entretien étaient assis Hans, le premier officier d’état-major de Maximilian, Otto et un employé que le candidat ne connaissait pas.
Parmi les candidats qui rêvaient de travailler pour l’Ordre des Sentinelles, Hans et Otto étaient des figures assez connues.
« Voyons… Le numéro trente-sept est un Yaken ? »
Hans s’adressa au numéro trente-sept.
« Oui, c’est exact ! »
« Alors, vous êtes fait pour la filière des agents. »
« Oui ! »
À sa réponse pleine d’entrain, les neuf autres candidats, qui n’étaient pas des Yaken, poussèrent un discret soupir de soulagement.
« À en juger par vos réponses à la dissertation… on dirait que vous avez presque appris par cœur « Clair de lune en contrebas ». »
« Oui, c’est exact ! Je l’ai appris en entier ! »
C’est ainsi que se déroulaient les entretiens des agents de Maximilian.
* * *
Je regagnai le quartier de l’Ordre des Sentinelles, où tous m’accueillirent chaleureusement. À vrai dire, j’eus toutes les peines du monde à empêcher Kairon de tirer une salve commémorative.
Je regagnai les chevaliers sentinelles sous les chaleureuses acclamations de tout l’ordre. En vérité, j’avais à peine réussi à empêcher Kairon de tirer une salve pour fêter mon retour.
« Tout le monde prend des congés à tour de rôle en ce moment. Ils partent à Prozen. »
J’esquissai un sourire en entendant le rapport de l’officier d’état-major.
« Dites aux agents d’y aller aussi. Ça vaut le détour. »
« Oui, je m’en occupe. Mais, pour l’instant… »
L’officier d’état-major baissa la voix et m’annonça la nouvelle.
Hanna avait arrêté neuf Izenheim suspects dans un égout tout aussi suspect, et ils semblaient liés à la Société de la Rose bleue.
« Des Izenheim. Vous en êtes sûr ? »
« Les Yaken l’ont confirmé. »
L’officier d’état-major Milan me répondit. Lui aussi était un Yaken.
« Alors… »
Je commençai à me lever pour vérifier moi-même, puis m’arrêtai.
« … »
Une idée me traversa soudain l’esprit.
Jusqu’ici, je n’avais jamais laissé à quelqu’un d’autre le dernier contrôle. Quand il s’agissait des Izenheim, j’avais toujours été la dernière paire d’yeux.
Mais à présent, d’autres que moi étaient capables de les reconnaître.
Les Yaken et Leo.
Ils allégeaient ma charge écrasante, ma solitude et mon isolement.
Et pourtant, avais-je une raison de me méfier d’eux et de tout inspecter moi-même, jusqu’au dernier ?
Non, avant tout, avais-je seulement le temps de tout vérifier une nouvelle fois ?
Je me rassis.
« Si les Yaken l’ont confirmé, c’est que c’est certain. »
« Alors, qu’est-ce qu’on en fait ? »
Fouiller leurs autres crimes aurait été une corvée. C’était compliqué et ça demandait du travail.
« Établissez un lien avec la Société de la Rose bleue. Faites en sorte qu’il soit crédible et évident. »
« Oui. »
La solution de facilité consistait à fabriquer des preuves et à les tuer.
Tous les Izenheim ne se valaient pas. Ces petits poissons ne méritaient pas qu’on y consacre du temps.
« Par ailleurs, un candidat Yaken au poste d’agent a réussi l’entretien final. L’évaluation des candidats Aran restants se poursuit. »
Je pouvais déléguer les autres évaluations, mais je m’occupais toujours moi-même des entretiens finaux.
« Faites-le entrer. »
« Oui. »
L’officier d’état-major sortit le premier.
Ceux qui attendaient dehors semblaient prendre leurs dispositions, et bientôt un homme entra.
« … ? »
Son visage m’était familier.
Il avait quelque chose d’un peu naïf, mais ses traits étaient bien plus marqués que le visage flou dont je me souvenais. La douceur de l’enfance avait disparu, laissant place à une ossature d’homme.
« … C’est un honneur. Je m’appelle Yan Novak. »
Ce nom me fit sourire.
Les souvenirs me revinrent nettement.
Je croisai les bras sans raison particulière.
« Hmm… »
À l’époque où Gennen était au plus fort de l’instabilité, c’était un garçon Yaken qui avait participé à une manifestation, s’était fait arrêter par la police et avait frôlé la mort avant que je ne le sauve.
Il semblait avoir fidèlement suivi mon conseil : cacher sa force jusqu’à pouvoir se débrouiller seul.
« Vous avez beaucoup grandi. »
À cet instant, le regard de Novak trembla. Il se mordit discrètement la lèvre.
Il resta longtemps sans rien dire.
Il semblait bouleversé.
Bouleversé que je me souvienne encore de lui, alors que nous ne nous étions croisés qu’une fois, des années plus tôt.
« … Oui. »
La voix tremblante d’émotion, Novak baissa la tête.
« Tout cela, je vous le dois, monsieur. »
Ses épaules tressaillirent légèrement sous sa chevelure épaisse.
Le délinquant de Gennen que j’avais libéré était revenu ainsi.
Et, comble de bonheur, il avait déjà poussé sa loyauté au maximum avant même de revenir.
« Vous êtes reçu. »
* * *
Hanna arriva à l’endroit que Yulian lui avait indiqué.
Un sous-sol dans un quartier industriel à la périphérie de la capitale impériale.
L’air était vicié. Des inscriptions inconnues couvraient les murs, et des liasses de documents jonchaient le sol, piétinées.
« … Messire chevalier. »
Plusieurs corps gisaient parmi les papiers. Yulian se tenait au milieu d’eux, le dos tourné.
Hanna parcourut les inscriptions des yeux et demanda : « Vous aussi, messire, vous avez appris la façon dont les Izenheim communiquent ? »
Ces gribouillis répugnants des égouts. Yulian avait-il réussi à déchiffrer leur code ?
Il secoua la tête.
« Je ne connais pas leur code. »
« Alors, comment… ? »
« J’ai utilisé un Izenheim. L’un d’eux m’a conduit ici. »
Yulian désigna les lieux du menton.
Parmi les corps éparpillés, l’un d’eux était mort plus récemment que les autres.
« … Un traître Izenheim ? »
« Qui sait. Il s’agissait peut-être d’une trahison, ou peut-être d’un sacrifice. »
Les réponses de Yulian étaient toujours vagues.
Hanna ramassa une liste parmi les documents éparpillés sur le sol.
« … »
À mesure que ses yeux descendaient le long de la page, son regard se faisait plus étroit.
Des professeurs d’une université réputée de Zestpol, des fonctionnaires de rang intermédiaire, des éditorialistes de journaux, et même des écrivains dont tout le monde reconnaîtrait le nom.
Les signatures et les empreintes digitales de l’élite intellectuelle de Zestpol.
« … Tous ? »
À cet instant.
Crac !
La porte du sous-sol vola en éclats.
« Hein ? »
L’inspecteur Gewin.
Derrière lui, des enquêteurs de Georgen se précipitèrent à l’intérieur.
« Ravi de vous voir, chevaliers. Waouh… Alors, c’est donc vraiment ce qui s’est passé. »
Dans ce sous-sol jonché de cadavres et couvert d’inscriptions, il avança d’un pas vif, arborant un sourire étrangement radieux.
Comme s’il s’était attendu à trouver cette scène.
« Nous allons recueillir les preuves. »
Les enquêteurs se dispersèrent avec une précision parfaite.
« Hé ! Qu’est-ce que vous croyez faire… ? »
Hanna se dirigea instinctivement vers eux pour les arrêter.
Tap.
Le bras de Yulian la retint avant qu’elle n’ait pu les atteindre.
Notes :
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