Chapitre 243
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 243 : Fleur
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Après être rentré de Prozen dans l’Empire, je parcourus les ateliers et les studios du pays.
C’étaient les artistes que j’avais personnellement recrutés pour l’Exposition universelle, cette scène sur laquelle ils allaient se produire. Dans l’histoire que j’avais connue avant mon retour, la plupart s’étaient enfuis à l’étranger pour échapper à l’oppression de l’Empire, ou n’avaient été reconnus qu’après la chute de celui-ci, une fois rentrés au pays. Cette fois, je comptais mettre leur génie à l’abri avant tout le monde.
« Je suis Max Riefenstahl. »
Le sculpteur d’âge mûr, ciseau à la main, se présenta et me tendit la main.
« J’ai entendu dire que vous vous appeliez Max, vous aussi. Nous sommes donc homonymes. »
C’était un artiste excentrique. Dès qu’il m’appela Max, les membres du personnel se raidirent, mais je répondis avec calme.
« Oui. Enchanté de vous rencontrer, monsieur Riefenstahl. »
Je lui serrai la main, rugueuse au toucher. Riefenstahl haussa les sourcils, comme si ma réaction l’avait pris au dépourvu.
Cela m’était égal. Tant qu’il n’était pas Izenheim, tout m’allait. Après tout, un artiste devait avoir un ego de cette taille. Et Riefenstahl avait assez de talent pour que son attitude ne soit pas qu’une vaine prétention.
« Vos gens sont toujours venus ici en empruntant votre nom. Je pensais donc ne jamais rencontrer le véritable Max en personne. »
« Comment cela se pourrait-il ? »
Bien sûr, Max Riefenstahl était encore un artiste connu des seuls initiés. Pourtant, bientôt, la sculpture fusionnerait avec l’ingénierie des pierres de mana, la magie et la morphologie, pour donner naissance à une industrie gigantesque.
Dans mes souvenirs, peu avant mon incarcération, Max Riefenstahl était une sommité révérée dans tout le continent.
« Hmph. J’ai réalisé une sculpture selon votre commande, mais… »
Il retira le tissu qui la recouvrait.
Froufrou.
Une statue inachevée apparut.
Son esthétique était l’exact opposé des abstractions torturées de Pablo Sovakin.
Des muscles tendus, comme si l’être humain prisonnier du marbre tentait d’en sortir de lui-même. Des tendons qui semblaient prêts à palpiter d’un instant à l’autre. Une peau qui faisait oublier qu’elle était de pierre.
Une présence si imposante qu’elle semblait écraser l’espace même, presque sacrée.
« Mais le délai est beaucoup trop court. Deux mois, ce n’est qu’un instant. »
« Ce n’est pas grave. On pourra l’exposer après l’inauguration. Même s’il vous faut plus de temps pour la terminer, cela ne me dérange pas. »
Je levai les yeux vers la sculpture de marbre. Elle semblait contenir la majesté d’un Empire qui se redressait lentement, ainsi que le grondement d’une guerre qui allait bientôt ébranler la terre.
« Parfois, une œuvre inachevée reste plus longtemps en mémoire qu’une œuvre achevée. Je veux seulement que vous montriez la détermination qui se trouve au bout de vos doigts… »
…
La personne que je rencontrai ensuite était un homme avec un appareil photo.
Il s’appelait Lenny Lant. Son studio empestait les produits de développement ; des milliers de bandes de pellicule et des supports visuels étranges s’y entassaient en désordre.
« Est-ce que je pourrais… vous prendre en photo, monsieur ? »
Dès le départ, il me demanda la permission avec précaution. J’acquiesçai sans hésiter.
« Merci ! Je vous jure que ces photos ne sortiront jamais de mon studio ! »
Lenny fixa mon image sur la pellicule alors que je circulais entre les ombres et les rais de lumière de son atelier.
« En ce moment, je réfléchis à la façon de filmer l’Exposition, et à la manière d’améliorer le résultat. J’ai aussi terminé les entretiens avec les artistes qui y participeront. »
Puis il sortit avec précaution un grand cylindre enveloppé dans du papier doré.
« Et, monsieur ! Regardez ça. C’est de la pellicule couleur, que j’ai pu obtenir grâce à vous. Nous pouvons désormais restituer leurs vraies couleurs aux images animées. C’est extrêmement cher et difficile à fabriquer, cela dit. »
Je comptais laisser derrière moi des images de la grandeur de l’Empire à l’Exposition universelle.
Ce serait le point de départ de ce qu’on appellerait plus tard le documentaire.
« Ce n’est pas grave. Un instant en couleur suffira. »
En le regardant à travers l’objectif, j’ajoutai : « La couleur n’a besoin d’apparaître que l’instant où la lumière fend l’espace. Pour le reste, le noir et blanc fera l’affaire. »
La beauté de cet instant s’imprimerait ainsi dans les esprits, comme si elle était éternelle.
…
Le dernier endroit que je visitai fut la propriété de Richard, le maître musicien.
C’était un vieil homme déjà considéré comme une légende dans le monde musical de l’Empire.
« Une pièce à interpréter à l’Exposition, dites-vous ? »
Richard lâcha un petit grognement, une longue pipe entre les lèvres.
« Oui. Je suis venu vous demander de composer de la musique de chambre, qui sera jouée doucement dans toute l’enceinte de l’Exposition, ainsi que l’hymne impérial. »
Je voulais qu’il réarrange l’hymne impérial pour le rendre plus sacré et grandiose.
« Cela ne devrait pas être difficile. Et voilà qui me donnera une raison de voyager. »
Il exhala un long filet de fumée, puis demanda : « Alors, quel genre de représentation souhaitez-vous, jeune homme ? »
Il me fallait une musique capable de couper le souffle quand des piliers de lumière dessineraient un espace dans le ciel.
La musique était le meilleur moyen d’élever l’humanité. C’était pour cela que j’étais allé trouver ce maître chevronné.
« Le jour de l’inauguration de l’Exposition universelle, je ferai venir un orchestre. Veuillez convier tous ceux qui ont travaillé avec vous jusqu’à présent, maître Richard. »
« … Expliquez-moi cela plus en détail. La configuration des lieux est importante. »
« Bien sûr. Pour commencer, les musiciens prendront place dans l’obscurité de la salle, hors de vue du public. »
Le regard de Richard se perdit un instant dans le vide.
Il semblait se représenter mes paroles.
« Le son sera transmis par des dispositifs d’amplification en pierre de mana et se répandra dans toute l’enceinte de l’Exposition. Pour les centaines de milliers de personnes réunies sur la place, tout l’espace résonnera comme un seul instrument. »
Des dizaines d’instruments d’orchestre empliraient l’air grâce à la résonance des pierres de mana.
Bientôt, on ne saurait plus distinguer la musique sans source visible d’une mélodie descendue du ciel.
« Je veux que ces notes atteignent les cieux. »
L’essentiel était de donner l’impression qu’elles s’élevaient jusqu’au ciel.
Les piliers de lumière et la musique devaient jaillir ensemble vers les hauteurs, pour que tous ceux qui seraient là y croient.
« Hmm… »
Richard demeura un instant silencieux, la pipe toujours entre les lèvres.
Puis un sourire s’épanouit sur son visage, comme celui d’un homme qui accueillait avec joie un problème difficile, inédit depuis longtemps.
« … Voilà une demande intéressante. Très bien. »
Son visage prit un air juvénile lorsqu’il acquiesça.
…
Sur le chemin du retour, je pris un stylo.
Gratt, gratt.
J’écrivis.
C’était peut-être ma propre forme d’art, inspirée par les artistes de tout le continent, Empire compris. Cette fois, je n’écrivais pas un savoir venu du futur.
J’avais toujours emprunté ou volé des connaissances d’avant mon retour pour façonner le présent.
Mais le pinceau de Pablo, le ciseau de Riefenstahl, l’appareil photo de Lenny et le papier à musique de Richard n’appartenaient qu’à eux.
Alors, qu’est-ce qui m’appartenait, à moi ?
… Le massacre ?
Au bruit de la plume grattant le papier, j’écrivis quelque chose qui n’appartenait qu’à moi.
J’ignorais ce que ces esquisses — non, ces gribouillages à peine dignes de ce nom — deviendraient aux yeux des générations futures.
De la philosophie, de la littérature, de la culture, des détritus, ou peut-être le testament d’un perdant.
Gratt, gratt.
Pour une raison ou une autre, je sentais que je devais continuer à écrire sans fin ces jours-ci, car des pensées qui s’entre-dévoraient vivaient en moi.
Gratt, gratt.
Les calculs qui tuaient des gens au nom de l’humanité, et les visages qui pesaient sur ma poitrine chaque nuit, alors même que je savais ces calculs justes.
La conclusion selon laquelle l’Empire devait l’emporter, et les yeux qui savaient mieux que quiconque ce qu’était cet Empire.
Ma haine pure envers les Izenheim, et les gens qu’il fallait sacrifier pour les tuer.
Le bout de mes doigts qui avait tremblé devant eux, ne serait-ce qu’un instant.
Gratt, gratt.
J’avais une justification. J’avais une cause. J’avais un objectif à atteindre.
Mais rien de tout cela ne trouvait facilement sa place en moi.
Impossible de trancher net avec une lame.
C’était pour cela que j’écrivais.
Si je ne le maintenais pas sous l’encre, ce flot boueux finirait un jour par m’engloutir de l’intérieur.
Gratt, gratt…
Puis, à mon arrivée à la propriété, quelques salauds de la Garde impériale m’attendaient.
* * *
« Excusez-nous de vous déranger alors que vous êtes si occupé par les préparatifs de l’Exposition. »
Le colonel Gehmann, de la Garde impériale, et deux majors entrèrent dans la propriété, parcourant les couloirs tout en regardant sans cesse autour d’eux. Leurs expressions, tandis qu’ils examinaient l’intérieur, étaient plutôt étranges.
« Ce n’est rien. Il s’agit d’une affaire officielle. »
Cet endroit reflétait pleinement mon sens de l’esthétique.
J’avais beau ne pas en avoir l’air, je venais du futur. Cette propriété renfermait l’essence d’une esthétique qui n’était pas encore née.
« Hmm… »
« Euh… »
Les membres de la Garde impériale promenaient leur regard sur les lieux comme s’ils les évaluaient.
Les nobles de cette époque raffolaient des décorations excessives et des meubles ouvragés. Ils estimaient que remplir chaque centimètre d’un espace, c’était cela, la beauté.
Les membres de la Garde impériale avaient probablement eux aussi baigné dans ce luxe, obsédés par les couches d’ornements et de fioritures.
« Tout de même, monsieur, c’est assez… »
Les lieux ne ressemblaient en rien à ce qu’ils s’étaient imaginé. Déconcertés, ils choisirent leurs mots avec soin.
« Ah, vous êtes en train de refaire la décoration ? Il semble que tous les meubles ne soient pas encore arrivés. »
C’était une question formulée de façon à ne pas offenser.
Je souris légèrement et répondis : « Non. La décoration est terminée. »
« Ah… »
Leur regard balaya de nouveau la pièce.
Les murs blancs, lisses et enduits, ne comportaient pas la moindre moulure décorative. Seules des lignes droites, soigneusement calculées, y dessinaient leur ombre.
Le sol était en pierre noire, sans joint apparent. À chaque pas, les veines de la pierre reflétaient la lumière à ras de la surface.
Il y avait à peine quelques meubles. Quelques chaises dont des artisans avaient travaillé pendant des mois le dossier, courbe après courbe ; une table en bois massif façonnée en fonction des qualités du matériau ; et, près de la porte, un vase de porcelaine blanche sans nom.
« Remplir un espace, c’est trop facile. N’importe qui peut le faire s’il est avide. »
Je les conduisis au milieu du salon de réception.
« Le plus difficile, c’est de se débarrasser des choses. »
Ils avaient toujours l’air de ne pas comprendre.
C’était naturel. Cette sensibilité avait trop d’avance sur son temps.
Pourtant, la véritable beauté finirait par sauter aux yeux, même des plus vieux jeux.
Lorsque nous atteignîmes le fond du salon de réception, un domestique qui attendait en silence repoussa l’écran de bois couvrant tout le mur.
Le mur disparut.
Il avait été remplacé par une immense baie vitrée. Au-delà de cette frontière transparente, où l’on avait réduit autant que possible la présence des piliers et des cadres de fenêtre, le jardin enneigé et le ciel hivernal semblaient suspendus comme un tableau sans cadre.
Fouuu…
La lumière de l’après-midi pénétra profondément dans la pièce et emplit chaque recoin de cet espace qu’ils avaient cru vide.
Les murs blancs devinrent une toile où se dessinait l’angle changeant du soleil couchant. Les ombres des branches glissèrent sur le sol de pierre et oscillèrent.
« Ce n’est qu’en se débarrassant des choses qu’on fait de la place pour laisser entrer la lumière, les ombres et les saisons. »
Une vue véritablement pittoresque, redessinée à chaque instant par le passage du temps.
La bouche des membres de la Garde impériale s’entrouvrit lentement.
« C’est ainsi qu’un espace s’achève. »
Je m’assis à la place d’honneur et leur fis signe.
« Je vous en prie, asseyez-vous. »
Les membres de la Garde impériale déglutirent et prirent place avec précaution. Dans leurs yeux, au-delà de la simple admiration, se lisait maintenant le désir de posséder les lieux.
Les membres de la Garde impériale avaient la langue bien pendue et parlaient vite. Ils tenaient beaucoup à se faire valoir, convoitaient quantité de choses et excellaient à envier les biens d’autrui. Nombre d’entre eux semblaient vivre dans le seul but d’envier les autres.
La scène qu’ils venaient de découvrir se répandrait sans doute en un rien de temps dans leur cercle.
C’était pour cela que je leur avais délibérément montré ce salon de réception.
Au lieu de courir après un luxe inutile, ils feraient mieux d’apprendre à vivre avec moins.
« Euh, monsieur… Si ce n’est pas trop indiscret, pourrais-je prendre quelques photos ? Je tiens vraiment à montrer cette vue au général de division, lui aussi… »
L’un des majors toucha l’appareil photo qui pendait à son cou. Je lui adressai un petit sourire et acceptai.
« Seulement dans ce salon de réception. »
« Oui ! Bien sûr ! Merci. C’est vraiment magnifique… »
L’obturateur claqua plusieurs fois.
« Faites-les développer et envoyez-m’en quelques-unes. »
« Tirez-en des dizaines. »
« Vous avez bien fait d’apporter votre appareil. »
Après les avoir laissés bavarder entre eux, je ramenai la conversation au sérieux.
« Qu’aviez-vous à me dire ? Vous n’êtes pas venus simplement visiter ma maison. »
Ce n’est qu’alors que les membres de la Garde impériale reprirent leurs esprits, le visage soudain fermé.
« … Monsieur. Connaissez-vous un groupe appelé la Société de la Rose bleue ? »
* * *
Un mois avant l’ouverture de l’Exposition universelle.
« L’air est mauvais sous terre. Vous devriez peut-être porter un masque… »
« Ça ira. »
Guidé par la Garde impériale, je descendis dans une prison souterraine.
C’était un endroit fait de fer rouillé, sans la moindre trace de sens esthétique.
« Pour continuer, nous ignorons pourquoi ils se sont donné le nom de Rose bleue, mais… »
La Société de la Rose bleue.
Elle avait vu le jour à Zestpol.
Un groupe formé d’intellectuels, d’étudiants et d’érudits, qui se présentaient comme la conscience de l’Empire. Des éléments séditieux au sein de l’Empire, qui prônaient la liberté et l’égalité.
Zestpol était vraiment une ville à problèmes.
« Nous y sommes. »
[Salle des pièces à conviction]
Grincement.
Le colonel ouvrit la porte d’acier de la salle des pièces à conviction.
« Regardez. Ce sont les tracts que ces salauds de la Société de la Rose bleue ont semés un peu partout. Il y en a un nombre absurde. »
Des imprimés recueillis étaient éparpillés sur la table.
J’en pris un.
[ Qu’est-ce qu’un Aran ? Est-il acceptable de persécuter les autres sous prétexte qu’on est Aran ? ]
Ils rejetaient la suprématie aran, s’opposaient à la discrimination, défendaient l’égalité et demandaient si nous ne craignions pas le jugement de l’Histoire.
Ils n’avaient pas tort. En fait, ils avaient entièrement raison.
Mais réclamer ainsi la morale face à la réalité qui se dressait devant nous n’était que la sottise d’imbéciles qui avaient la tête pleine de fleurs.
« Vous m’avez fait venir pour me montrer des bouts de papier comme ça ? »
« Eh bien… En réalité, nous avons déjà identifié le suspect le plus probable. »
« Identifié ? »
« Oui. »
Je m’assis sur une chaise dans un coin de la salle des pièces à conviction.
« Voici le dossier personnel de ce salaud. »
Le colonel me tendit les documents, que je parcourus du regard.
La photographie représentait un jeune homme.
Il avait perdu son air d’étudiant et prenait peu à peu celui d’un érudit.
« Joshua, le fils du dirigeant de l’Université Zestpol. »
« Oui, c’est bien lui. »
Comptait-il me demander d’écraser un homme bien entouré en faisant jouer mon autorité ?
Le colonel remarqua le sens de mon regard et se racla la gorge.
« Hum. En réalité… l’Ordre des Sentinelles a déjà cet homme en détention. »
Mon sourcil tressaillit.
« L’Ordre des Sentinelles ? »
« Oui. Vous connaissez le chevalier Yulian Askar, n’est-ce pas ? »
Yulian.
À peine eus-je entendu ce nom que les souvenirs d’avant mon retour concernant le lien entre Yulian et la Société de la Rose bleue me revinrent à l’esprit.
« … C’est arrivé pendant que messire chevalier Maximilian se trouvait à Prozen. Georgen avait d’abord obtenu le témoignage d’un témoin de la distribution des tracts, puis lancé naturellement une enquête en vue d’une arrestation, mais… »
Le colonel poursuivit, en essayant de dissimuler son malaise.
« Le chevalier Yulian a emmené le suspect, presque comme s’il nous l’avait arraché des mains. »
« Que voulez-vous dire, il l’a emmené ? »
« … Il a fait usage de son pouvoir de détention. »
C’était le pouvoir que le chevalier Adria avait autrefois détourné et qui lui avait valu d’être exclue de l’Ordre des Sentinelles. C’était aussi celui dont j’avais fait usage lors de l’affaire du « Mangeur de têtes », au prix d’un risque considérable.
Bien sûr, le pouvoir de détention n’avait plus le même poids qu’à l’époque. L’autorité de l’Ordre des Sentinelles avait grandi au fil de mes actions.
Désormais, même une chevalière comme Hanna pouvait s’en servir une ou deux fois par an.
« Le chevalier Yulian semble mener l’enquête seul pour le moment, mais… »
Observant mon expression, un membre de la Garde impériale me tendit un autre tract.
« Veuillez regarder celui-ci. Il dénigre ouvertement votre livre, Clair de lune en contrebas. »
Il contenait une caricature moqueuse de moi, Maximilian, dessinée de façon grotesque.
Ce n’était pas Clair de lune en contrebas, mais un porc qui se gavait d’une lune en forme de pierre de mana. Un porc aux cheveux blonds et aux yeux dorés. Il avait même une épée longue en argent dans le dos.
« … »
Était-ce une tentative de semer la discorde entre nous ? Ou ces salauds de la Garde impériale voulaient-ils vraiment arrêter le coupable et cherchaient-ils à me rallier à leur cause ?
Dans les deux cas, cela m’était égal.
« Il faut tuer ce salaud. »
Le visage du membre de la Garde impériale s’éclaira aussitôt.
« … Oui, oui ! C’est exactement ce que je dis, monsieur ! »
La Société de la Rose bleue.
Ceux qui, au sein de l’Empire, parlaient de conscience, de paix et d’égalité ne servaient pas la cause supérieure de l’humanité.
Malheureusement, c’était le groupe qu’il fallait sacrifier en premier.
L’humanité ne pourrait suivre leurs idées qu’après avoir remporté la victoire.
« Je vais rencontrer le chevalier Yulian. »
Par conséquent, les éliminer au plus vite servirait autant l’Empire que Yulian.
Notes :
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