Chapitre 242
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Traducteur : Coughing Baby
Relecteur : Coughing Baby
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Chapitre 242 : Exposition (3)
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Salle de conférence des opérations de l’Exposition universelle.
« Les retombées économiques, ainsi que la valeur matérielle et immatérielle de cette Exposition, seront considérables. »
Les membres du parti au pouvoir de Prozen débattaient avec passion de l’avenir radieux qu’apporterait la prochaine Exposition.
« Toute l’attention et tous les capitaux du continent afflueront vers Prozen. »
Prozen était depuis longtemps réputée comme destination touristique et haut lieu de la culture et des arts. On disait même que les gens fortunés des autres pays, une fois leur réussite acquise, finissaient toujours par s’installer à Prozen.
« Tout à fait. Le professeur Tydur n’a-t-il pas publié un article similaire récemment ? »
Les parlementaires étaient convaincus que la consommation stimulée par l’Exposition et la résorption du chômage guériraient tous les maux de la République.
Ou peut-être voulaient-ils simplement le croire.
« Même les éternels râleurs devront se taire, cette fois. »
Jean Pierre trouvait leur attitude décevante.
Ils se trompaient.
Les problèmes intérieurs de Prozen ne pouvaient se régler en créant simplement des emplois. Ses conflits chroniques entre factions, ses querelles idéologiques et le fossé grandissant entre riches et pauvres avaient déjà atteint un point de rupture. Pourtant, les parlementaires ignoraient ces plaies purulentes et ne lançaient que de grandiloquents slogans.
« Paix et liberté modernes, art et technologie »
Le professeur Jean Pierre, invité comme conseiller de l’Exposition, écoutait leur conversation en silence.
Il ne pouvait guère faire autre chose.
« Ha ha ha ! Le prestige de Prozen n’a vraiment pas d’égal. »
Bientôt, les parlementaires tournèrent leur attention vers l’Empire, l’Union orientale et Lobrus.
« Ces salauds de Lobrus n’ont pas laissé filtrer la moindre information sur ce qu’ils fabriquent là-bas. Ils ont même laissé leur pavillon national complètement vide. »
« Ils doivent être occupés à couper la tête des réactionnaires. Comment dire… c’est inférieur, peut-être ? Barbare ? »
Les politiciens de Prozen ignoraient l’ampleur exacte des purges à l’Est, mais ils n’en raillaient pas moins les massacres qui s’y déroulaient.
« … J’ai entendu dire que Maximilian Ebenholtz était venu représenter l’Empire. »
Le nom de Maximilian suscita des rires moqueurs.
« Ah oui, je sais. Le jeune chevalier de l’Empire se tient parmi les ouvriers qui transportent des briques. »
« L’héritier de la maison Ebenholtz joue les contremaîtres sur un chantier ? L’Empire doit vraiment manquer de talents, ces temps-ci. »
« Ils ont perdu leur superbe depuis belle lurette. Regardez donc une nation entière se faire mener par le bout du nez par un gamin comme lui. »
« Ce n’est pas juste un enfant devenu adulte qui porte un uniforme de chevalier grâce à l’influence de son père ? Qu’a-t-il donc accompli de ses propres mains… ? »
Jean Pierre se demanda ce qu’ils avaient vraiment en tête. Pourquoi ressentaient-ils le besoin de dire de telles choses à voix haute ?
« À mes yeux, Maximilian est le signe annonciateur de la chute de l’Empire. »
« Ha ha, exactement. Son autobiographie, ou je ne sais quoi, transpire le narcissisme. Un ouvrage qui n’est qu’un tissu de haine, sans le moindre argument valable… »
« C’est exagéré. Il y a aussi de l’exagération, en plus de la haine. Vous avez lu le premier chapitre ? Il semble se prendre pour l’un des Hommes d’Acier qui représentent ce continent, un chevalier de la justice. Ha, franchement… Je ne sais pas combien de fois j’ai ri en le lisant. »
La plupart de ces gens n’avaient probablement jamais rencontré Maximilian en personne.
Était-ce de la peur ?
Cherchaient-ils inconsciemment à le rabaisser parce qu’ils le craignaient ?
Si c’était le cas, il restait encore de l’espoir. La peur signifiait au moins qu’ils voyaient clairement leur adversaire.
« Au fond, ce n’est qu’un homme qui imite son père. Une marionnette de l’Empereur. »
Mais s’ils le pensaient réellement incapable d’être autre chose, c’était le pire scénario possible.
Une guerre engagée sur la base d’une évaluation erronée de l’adversaire avait déjà son issue toute tracée.
« Enfin, je n’avais pas l’intention d’aborder le sujet. »
Quelqu’un marqua une pause pour ménager son effet, puis étala sur la table une épaisse pile de documents.
« J’ai entendu dire que Maximilian avait repris des dizaines de créances douteuses pour le compte de l’Empereur. Des dizaines. Des instituts de recherche, des entreprises au bord de la faillite… On raconte toutes sortes de choses sur son immense fortune, mais ce n’est qu’un château de sable : il rembourse une dette avec une autre. »
« Ah, vraiment ? »
« Oui. Ce n’est qu’une belle façade. En réalité, il sert de portefeuille à l’Empereur. »
« Ho. Comme on pouvait s’y attendre, notre conseiller financier a vraiment un œil exceptionnel. »
Arrogant, hautain, rongé par la vanité : un aristocrate à peine digne de ce nom.
Voilà comment ils dépeignaient Maximilian.
« Ce salaud prétend construire un pavillon impérial plus haut que notre Tour de Prozen ? Ha ha ha ha ! »
« Il compte peut-être dresser un pilier tout maigre vers le ciel, comme un cure-dent. »
« Vous croyez que ces salauds d’impériaux ont jamais imaginé une esthétique architecturale comme celle de la Tour de Prozen ? Ils sont obsédés par la hauteur, comme de vulgaires nouveaux riches. C’est bien digne d’un Ebenholtz. »
Les dirigeants de Prozen regardaient l’Empire et l’Est de haut.
À leurs yeux, ils n’étaient que des bêtes énormes et dépourvues de raffinement, tandis qu’eux-mêmes se prélassaient dans le sentiment de leur supériorité.
« Quelle élégance, quel avenir pourraient bien avoir ces impérialistes fous ? Ha ha ha ha ! »
Les rires frivoles de l’assemblée épuisèrent Jean Pierre.
… Des singes trop occupés à se toiletter à l’entrée de la gueule d’un lion.
« Je crois que je vais prendre congé. Je dois préparer mon cours. »
Il se leva.
Quoi qu’il dise, ils ne l’écouteraient pas.
« Ah, professeur. Bien sûr. Merci pour votre travail. »
Jean Pierre quitta la salle de conférence comme s’il prenait la fuite.
En traversant la capitale de Prozen, il leva les yeux vers le centre-ville. La Tour de Prozen, symbole de la cité, s’élevait vers le ciel.
Une structure capable de s’élever encore plus haut.
Quelle pouvait bien être la « plus grande hauteur » que le chevalier de l’Empire allait créer au cœur de la République ?
Les politiciens balayaient les propos de Maximilian, les prenant pour de simples vantardises, mais Jean Pierre n’en était pas capable.
Le Maximilian qu’il avait rencontré n’était pas homme à faire des promesses en l’air.
« … »
Alors qu’il marchait dans le vent hivernal, il se retrouva soudain ailleurs.
« Hall d’exposition des Izenheim »
Le pavillon construit par les Izenheim. En face se dressait un petit pavillon édifié par les Mer.
Puisque l’Exposition se présentait comme une « scène de paix », les nations faibles, et même les minorités ethniques sans État, avaient été autorisées à participer dans une certaine mesure.
« … »
Jean Pierre contempla en silence le Hall d’exposition des Izenheim, encore en construction.
« C’est intéressant, n’est-ce pas ? »
Une voix s’éleva derrière lui.
Quelqu’un s’approcha lentement de Jean Pierre.
« Cela fait longtemps, professeur Jean Pierre. »
Les poils de la nuque de Jean Pierre se hérissèrent légèrement, mais il força un sourire.
« … C’est un plaisir de vous revoir, messire Maximilian. »
Maximilian laissa échapper un rire grave en regardant le pavillon des Izenheim.
Ses yeux ne souriaient pas. Ils étaient clairs, froids et perçants.
Un raciste qui haïssait les Izenheim plus que quiconque et réclamait leur ségrégation.
« Puisque le thème de cette Exposition est une scène de paix… »
Pierre tenta de changer de sujet.
« La Balkanie a aussi protesté contre la participation du Mekerel, mais nous n’y pouvions rien. »
Maximilian sourit.
« Ce n’est pas grave. C’est même une bonne chose. »
Une bonne chose.
La phrase qui suivit avait quelque chose de glaçant.
« Leurs noms ne seront-ils pas inscrits dans le livre d’or ? »
« … »
Jean Pierre le regarda du coin de l’œil.
Au coucher du soleil, le profil de Maximilian, teinté de rouge, n’avait rien à envier à une sculpture.
Il possédait l’« apparence Aran » que l’Empire tenait en si haute estime.
C’était injuste, et regrettable.
L’homme qui portait l’idéologie la plus dangereuse de l’Empire était né dans l’une de ses plus illustres lignées, avec un statut des plus élevés. Comme si une fortune et une autorité incommensurables ne suffisaient pas, il possédait toute l’allure, la dignité et l’éducation attendues d’un aristocrate. Il avait aussi cette aura raffinée, élégante, soigneusement cultivée, ainsi qu’un physique saisissant de star idéale…
On aurait presque pu parler de comédie.
Jean Pierre avait entendu d’innombrables récits sur les massacres perpétrés par Maximilian dans l’Empire et les avait cités en exemple dans ses cours.
Pourtant, à la faculté des lettres et des sciences de l’Université nationale de Prozen, le sujet qui suscitait encore les débats les plus houleux était son livre, « Clair de lune en contrebas ».
Qu’on le critique, le loue, le condamne ou l’analyse, on finissait toujours par parler de lui.
Même Jean Pierre, debout juste à côté de lui et l’observant, se surprenait parfois à se laisser gagner par une pensée.
Cet homme avait-il vraiment été choisi par son époque, ou par le diable ?
« … J’ai entendu dire que vous supervisez personnellement le pavillon impérial. »
Pierre chassa ces pensées.
Il ne voulait pas devenir quelqu’un qui défendait un meurtrier de masse et un impérialiste, ni rester fasciné devant lui. Surtout, ses travaux devaient se garder de tout préjugé personnel.
« Oui. Je suis responsable de l’ensemble du projet. Je l’ai également conçu moi-même. »
« Peut-il… vraiment être plus haut que la Tour de Prozen ? »
C’était de la pure curiosité.
Maximilian esquissa un sourire amer.
« Oui. D’une manière ou d’une autre, il le sera. »
D’une manière ou d’une autre…
Pierre médita sa réponse, puis hocha lentement la tête.
« J’attends votre œuvre avec impatience, messire chevalier. »
Puis il s’éloigna.
Un pas. Puis un autre.
Le regret qui accompagnait chacun de ses pas venait peut-être de ce que la discipline qu’il avait étudiée toute sa vie était l’étude des hommes.
Leur première rencontre, au Musée impérial des beaux-arts. Les jours qui suivirent, où il n’entendit de l’autre côté de la frontière que des portraits superficiels de Maximilian. Puis ces retrouvailles fortuites avec l’homme qui se tenait juste devant lui.
Jean Pierre eut une intuition.
Maximilian entrait dans l’Histoire.
Non, peut-être Maximilian était-il lui-même le pavillon national de l’Empire.
Peut-être était-il le seul sujet de l’Exposition qui méritât vraiment d’être vu.
Pierre prit une profonde inspiration et réfléchit.
L’homme connu sous le nom de Maximilian serait peut-être inscrit comme un être sans égal dans la longue histoire de l’Empire millénaire.
… Pour le meilleur ou pour le pire.
* * *
L’Exposition universelle, considérée comme la plus grande fête et le plus grand événement du continent, obéissait elle aussi à la loi du plus fort.
Le fait que le continent lui-même revînt à une époque dominée par la force était une bonne chose, pour moi comme pour l’humanité.
J’observai discrètement les coulisses du chantier animé.
« Pavillon national du Mekerel »
Ils étaient venus en représentants d’une nation faible, noyée dans les fumées de la guerre, avec une immense responsabilité sur les épaules.
Le Mekerel était arrivé à Prozen un an entier auparavant pour préparer l’Exposition, résolu à faire connaître son pays et à réclamer le soutien de la communauté internationale face à l’agression de la Balkanie.
« Ha. Regardez-les, serrés les uns contre les autres comme du bétail. De loin, ils sont presque mignons, non ? »
Les fonctionnaires impériaux semblaient les trouver amusants.
Pourquoi ces gens n’arrêtaient-ils pas de l’ouvrir quand j’étais dans les parages ?
Ça faisait sans doute partie du dispositif de surveillance de la princesse.
« C’est arrivé ! »
« Par ici, par ici ! »
Un camion chargé de matériaux de construction arriva alors devant le pavillon national du Mekerel.
« Les matériaux sont arrivés ! »
Les gens du Mekerel se précipitèrent vers le camion, comme si les travaux étaient à l’arrêt depuis un bon moment en attendant la livraison.
« Euh… ces matériaux ne correspondent pas tout à fait à ce que nous avions demandé… »
« Et alors, qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? »
« Les spécifications sont légèrement… »
« Contentez-vous de ce qu’on vous donne. Et tenez-vous correctement. »
Les fonctionnaires de Prozen leur aboyèrent dessus, manifestement agacés.
« O-oui. Merci. »
Les gens du Mekerel transportèrent les matériaux à la hâte. Ils désespéraient de pouvoir poursuivre les travaux, d’une manière ou d’une autre.
Je me rendis un instant ailleurs.
« Hall d’exposition des Izenheim »
Le pavillon des Izenheim.
Leur chantier ne rencontrait aucun problème particulier. Ces salauds avaient de l’argent, pour commencer.
Les autorités de Prozen ne pouvaient pas officiellement leur fournir de matériaux, puisqu’elles surveillaient l’Empire et l’opinion publique intérieure. Mais les Izenheim achetaient leur matériel avec leurs propres fonds et construisaient tranquillement ce qu’ils voulaient.
Si j’avais fait comme bon me semblait, j’aurais immédiatement fait sauter une bombe et les aurais tous tués jusqu’au dernier.
… Une mesure aussi extrême n’aurait fait que les transformer en martyrs pitoyables.
Le moment de les exterminer viendrait, et il n’était plus très loin.
Pour l’instant, je devais prendre mon mal en patience.
« Regardez-moi ces salauds. C’est révoltant. »
Les ministres qui m’avaient suivi grommelaient en regardant le pavillon des Izenheim, mais je retournai vers celui du Mekerel.
« A-attendez ! Pourquoi faites-vous ça ? »
Le chaos régnait déjà du côté du Mekerel.
« Ah, nous avons fait une erreur ! Il y a eu une erreur de livraison ! »
Les fonctionnaires de Prozen rechargeaient dans le camion les matériaux qu’ils venaient tout juste de livrer.
Ils les leur avaient donnés uniquement pour les leur reprendre.
« Je vous avais dit qu’ils ne vous appartenaient pas. Vous l’avez dit vous-mêmes tout à l’heure : ils ne correspondaient pas à ce que vous aviez demandé. »
« Alors… alors ! Excusez-moi, mais puis-je vous demander une seule chose ? Quand pourrons-nous reprendre les travaux… ? »
« Ah, je n’en sais rien. Attendez votre tour ! Hé ! Chargez tout ! »
Prozen fit même venir la police pour confisquer les matériaux par la force. Les gens du Mekerel se retrouvèrent de nouveau rassemblés dans leur ossature vide, abasourdis et impuissants.
« … »
Parfois, certains événements remuaient quelque chose en moi.
Il existait bien des spectacles douloureux, mais si celui-ci prouvait qu’il me restait encore une part d’humanité, j’étais prêt à l’endurer.
J’appelai le fonctionnaire qui se tenait à côté de moi.
« Procurez-vous les matériaux dont le Mekerel a besoin et faites-les livrer. »
« Bien. Je m’en occupe tout de suite. »
Bien sûr, ils ne me seraient probablement pas d’une grande aide à l’avenir.
Malgré tout, si je voulais déraciner les Izenheim, répandus comme de mauvaises herbes dans les moindres recoins du continent, il serait profitable à long terme de faire naître, même ainsi, une petite dette de reconnaissance.
* * *
Deux mois avant l’ouverture de l’Exposition universelle.
Yulian, chevalier de l’Ordre des Sentinelles, reçut un rapport signalant la découverte de « tracts subversifs ».
« Ah, vous voilà, messire chevalier. »
Des agents de Georgen étaient déjà arrivés à Zestpol, où Yulian avait été envoyé.
Le responsable s’avança le premier et le salua.
« Je suis l’inspecteur Gewin. »
« Yulian. »
« Oui. J’ai beaucoup entendu parler de vous. Voici d’abord le tract. »
Yulian lut le tract affiché au mur.
[ … Quelle différence y a-t-il entre les citoyens et ceux qui ne le sont pas ? Quelle différence y a-t-il entre les Aran et ceux qui ne le sont pas ? Nous, membres de la Société de la Rose bleue, vous invitons à réfléchir profondément à ces questions.
Même si les ténèbres nous enveloppent aujourd’hui, le soleil finira un jour par briller sur nous.
Nos crimes seront dévoilés un à un sous la lumière éclatante du soleil.
Quelle blessure cela infligera-t-il alors à nous-mêmes et à nos enfants… ? ]
Yulian se tourna vers Gewin.
« Gewin, c’est bien ça ? »
« Oui. »
« Je crois avoir entendu votre nom lors de l’affaire Nico Beber. »
« … Oui, c’est exact. C’était moi. »
Gewin pointa un doigt vers sa propre poitrine.
« J’étais l’inspecteur de Georgen qui a pris la lettre écrite par messire Nico Beber alors qu’il était détenu par Georgen et l’a remise à l’Ordre des Sentinelles. »
« … »
Yulian le dévisagea un instant, l’air absent.
« Vous êtes donc un lanceur d’alerte au sein de votre organisation. »
« Non, non. Appelez-moi plutôt un homme d’action consciencieux. On a reconnu ma contribution et je suis passé du grade d’officier supérieur à celui d’inspecteur. »
Quel drôle de personnage.
Yulian relut le tract.
[ Ce que nous devons protéger, c’est la valeur qui distingue les humains des autres animaux. La liberté, l’égalité et la volonté… ]
« J’ai entendu dire qu’ils s’appelaient la Société de la Rose bleue. »
« C’est exactement le genre d’affaire qui plairait à Max. »
Hum !
Gewin s’étrangla avec son café.
« Ah, vraiment ? Ha ha, ha ha ha… »
« Les suspects ont-ils été identifiés ? »
« Oui. Nous avons eu un témoin, par hasard… Voulez-vous entendre sa déposition ? »
Gewin désigna un endroit. Un agent d’entretien de Zestpol semblait faire sa déposition, entouré d’agents de Georgen.
« Allez-y. »
« Hé ! Amenez-le ici ! Le chevalier des Sentinelles est là ! »
Sur les mots de Gewin, ils accoururent tous. Avant d’écouter le témoin, Yulian sortit de la poche intérieure de son uniforme un carnet et un stylo.
Les portraits-robots étaient l’une des spécialités de Yulian, puisque le dessin était son passe-temps.
« Commencez par décrire la forme du visage. »
« … Oui. »
À la vue de l’uniforme de Yulian, l’agent d’entretien déglutit, puis commença à décrire la personne qu’il avait aperçue.
« La mâchoire était plutôt étroite… Je n’aurais même pas su dire si c’était un homme ou une femme… Mais je crois que c’était un homme. »
Griffe. Griffe.
Yulian dessina un visage d’après la description.
« Il avait l’air soigné. Pas l’air pauvre. Il avait le nez bien droit et proéminent. »
Griffe. Griffe.
« Ses sourcils étaient épais et dorés. Ses yeux aussi. Et puis… je suppose qu’on pouvait le trouver beau. Ses traits étaient plutôt délicats, dans l’ensemble. »
Griffe. Griffe…
La main de Yulian s’immobilisa alors qu’il dessinait le portrait-robot.
Un visage familier commençait à apparaître.
Joshua von Alvensleben, le fils du dirigeant de l’Université Zestpol, que Yulian avait lui-même rencontré autrefois.
Joshua était quelqu’un d’important.
« … »
Yulian pencha la tête en regardant l’agent d’entretien, l’unique témoin.
« C’est bien cet homme ? »
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