Chapitre 224
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 224
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L’atmosphère à Lobrus était sinistre. Tout le pays devait avoir l’impression de marcher sur une glace fragile.
La tempête de sang ordonnée par Varmil et orchestrée par Zerof, la Grande Purge, battait toujours son plein.
Des généraux qui aboyaient des ordres la veille encore, des ingénieurs compétents, des érudits, de simples fermiers et des étudiants vaquant à leurs occupations : tous se retrouvaient qualifiés de réactionnaires sans même s’en rendre compte, puis expédiés dans des camps de rééducation par le travail pour creuser des tunnels.
L’homme à la tête de cette purge absurde, c’était Zerof.
Le même homme qui avait trébuché en marchant et s’était étalé sur les rails.
« … »
Zerof, qui avait lourdement chuté, se releva en silence et se tourna vers moi. Du moins, il en eut l’air. Je ne l’avais pas vu. Je lui tournais le dos, faisant semblant d’admirer le ciel.
« … Messire chevalier. »
Zerof m’interpella.
« Ah. »
Je me retournai alors et lui adressai un sourire.
« Je vous prie de m’excuser. La vue est magnifique. La lune brille de mille feux ce soir. »
— « … J’ai entendu dire que la lune était le symbole des Ebenholtz. »
— « C’est exact. Par une nuit de pleine lune comme celle-ci, le regard est irrésistiblement attiré vers elle. »
Zerof tenta de dissimuler le sang sur sa lèvre et tira la porte du train pour l’ouvrir.
« Messire chevalier. Regardez. »
Il pointa son arme sur la tempe d’un prisonnier qu’on venait d’extraire du train.
Bang !
Il tira sans hésiter.
« Le suivant ! »
Zerof cria ces mots. Je me penchai alors vers ses adjudants et leur glissai quelques mots à voix basse.
Bang !
Le coup de feu retentit. Les épaules des adjudants tressaillirent.
« Le commissaire Zerof vous demandera probablement, à vous aussi, si vous l’avez “vu”. »
S’ils l’avaient vu trébucher sur les rails.
Zerof était rongé par son complexe d’infériorité. Ce n’était pas le genre d’homme à laisser vivre un témoin de sa plus petite et plus mesquine humiliation.
« Alors, quand il vous le demandera, dites-lui que vous l’avez vu. Dites-lui que le spectacle de cet homme abattant les traîtres à son peuple était très… »
Bang !
Le pistolet n’arrêtait pas de tirer, au rythme de chaque prisonnier qu’on faisait sortir.
« … élégant. »
Bang !
« Et s’il vous demande à quoi cela ressemblait exactement… »
Bang !
« Dites-lui que toute la séquence précédant le tir ressemblait à un seul mouvement de ballet. »
Zerof était passionné de ballet. Une phrase tirée d’une biographie que j’avais lue me revint en mémoire.
[ Zerof. Il n’avait reçu aucune instruction digne de ce nom. Il n’avait été à l’école que trois ans et, jusqu’à la fin de sa vie, il avait mal orthographié des mots dans les documents officiels… Le ballet était le seul art dans lequel il ne se sentait jamais inférieur. Le corps sur scène ne cite aucune expression étrangère. Il n’ajoute aucune note de bas de page. Il est simplement beau, ou ne l’est pas… ]
Extrait de « L’autre visage du monstre », récit consacré à la Grande Purge de Lobrus.
Bang !
La tête du prisonnier éclata.
« Répondez-lui comme ça, et il vous laissera tranquilles. »
Je tapotai doucement les épaules des adjudants.
Ils n’étaient pas Izenheim. Ils méritaient donc au moins cette petite marque de clémence.
Bang !
Sérieusement, combien de personnes ce salaud allait-il tuer ?
Bang !
Pas étonnant qu’on l’appelle le Gobelin sanguinaire.
Bang !
« Hff… »
Ce ne fut qu’après avoir vidé son chargeur qu’il sembla enfin calmer sa colère.
« Kuh ! »
Zerof expira bruyamment et baissa son pistolet. Son front éclaboussé de sang tressaillit, animé d’une joie délirante.
Cet homme aussi avait perdu la raison.
« Alors ? Qu’en avez-vous pensé ? »
À cette question insensée, j’applaudis comme si j’étais réellement impressionné.
« On dirait que vous avez véritablement trempé votre résolution et votre volonté dans l’acier. »
Zerof était de toute façon un homme dont la vie avait une date de péremption.
Un chien de chasse élevé par son maître pouvait se convaincre qu’il vivrait éternellement, baigné dans les faveurs de celui-ci ; mais une fois la chasse terminée, c’était le premier qu’on mettait à mijoter.
« Ha. Oui. J’ai beaucoup réfléchi à ce que vous m’avez dit ce jour-là, messire chevalier. Moi aussi, j’ai l’intention d’apporter mon propre genre de changement et de révolution… »
Zerof s’éternisa, mais ses paroles entrèrent par une oreille et ressortirent par l’autre.
« Ah, au fait. Ce terroriste impérial dont vous m’avez parlé, “Nigelsmann”. »
Voilà une information qui méritait vraiment mon attention.
« Il est dans le train, lui aussi. »
Zerof sourit en désignant le train d’un geste.
* * *
Clac-clac. Clac-clac.
Le train militaire, bondé de prisonniers, filait sur les rails en direction du centre impérial.
Clac-clac. Clac-clac.
J’étais assis dans un wagon, face à un homme.
« Commençons par manger. »
Nigelsmann. L’homme qui avait posé une bombe au Quartier général de la Garde impériale six ans plus tôt et tué un général de brigade.
Il ne répondit pas.
« Vous n’avez pas faim ? »
Une table se dressait entre nous. Un steak, une salade : un vrai repas.
« … Saviez-vous que cela finirait ainsi, quand vous avez pris la fuite ? »
Son visage portait déjà les marques d’innombrables séances de torture. Desséché, émacié, il ne disait rien.
Boum.
Mon cœur battait lourdement.
Boum.
Cette chose était Izenheim.
« Eh bien… »
En le voyant ne même pas toucher à sa fourchette, je pris la parole.
【Vous ne pensiez vraiment pas que cela finirait ainsi, n’est-ce pas ?】
Ni la langue impériale, ni celle de Lobrus. Une langue d’une tout autre origine.
Sa bouche remua et un son en sortit, mais dès que les mots franchirent ses lèvres, leur fréquence était trop étrange pour appartenir à une langue humaine.
« … ! »
Les yeux de Nigelsmann, ternes comme ceux d’un poisson mort, s’écarquillèrent. Sa réaction était sans équivoque différente de celles qu’il avait eues jusque-là.
« Je sais ce que vous voulez. »
Plongeant mon regard au fond de ses pupilles, je poursuivis dans cette langue venue d’un autre monde.
【La fin du monde.】
Boum.
Le virus s’agita violemment. Il me secoua les côtes.
Un sourire s’étira sur mes lèvres.
« Mais je le jure sur mon âme. Je vous anéantirai à tout prix, vous, votre espèce qui cherche à nous détruire… »
【Je vous exterminerai.】
L’un des yeux de Nigelsmann se tordit de façon grotesque. Pendant un instant, sa rétine se remplit d’une obscurité semblable au vide spatial, puis elle redevint une pupille ordinaire.
« … »
Était-ce de la rage ? Ou simplement une réaction de son corps affaibli ?
Ils imitent tout des humains. Ils portent donc forcément en eux leurs aspects les plus négatifs.
À mon sens, cet « aspect négatif », c’était l’émotion.
Cela m’amena à ma septième hypothèse.
7. Ils éprouvent de véritables émotions et sont parfois sensibles à la douleur.
« … Nous ne sommes coupables de rien. »
— « Ah. Vraiment ? »
— « Nous ne sommes coupables de rien. »
Nous ne sommes coupables de rien. Nous ne sommes coupables de rien. Nous ne sommes coupables de rien.
Je l’observai sans réaction tandis qu’il répétait ces mots encore et encore, comme s’il avait déjà renoncé à sa propre vie, puis…
Bang !
Je sortis mon pistolet et lui tirai dessus.
« … »
Le cadavre à la tête éclatée s’effondra sous la table. Le sang rouge imbiba le tapis, mais je pris ma fourchette et mon couteau sans un mot.
Scritch.
Je coupai un morceau de steak et le portai à ma bouche. La texture et le goût de la viande étaient très bons.
Couic !
Le coup de feu avait peut-être donné l’alerte. Des soldats se précipitèrent à l’intérieur et ouvrirent la porte à la volée.
« Ah… ! »
Un cadavre, la tête percée, et l’intérieur du wagon baigné de sang. Leurs yeux s’emplirent de stupeur.
Je continuai simplement à mâcher lentement le steak et à l’avaler.
Je m’essuyai les lèvres avec une serviette et donnai un ordre.
« Débarrassez-moi de ça. »
* * *
Après le départ de Maximilian, les soldats de l’Alliance orientale s’apprêtèrent à monter dans le train pour rentrer à Lobrus.
« Attendez un instant. »
Zerof s’essuya les mains couvertes de sang et s’éloigna quelques instants. Il se dirigea vers le groupe d’Adversaires qui le surveillaient de loin.
« À notre arrivée… les ingénieurs… »
Les consignes de Zerof se glissèrent à voix basse dans les oreilles de ses adjudants.
Les ingénieurs.
Un mot de code que le commissaire aimait employer.
Les adjudants échangèrent un regard.
« Allons-y. »
Zerof revint et monta le premier dans le train. Ses adjudants le suivirent.
« En route. »
Le train se mit en branle dans un fracas métallique. Une épaisse odeur de sang et un lourd silence s’installèrent à bord.
Zerof contempla le paysage par la fenêtre, puis se tourna brusquement vers ses adjudants.
« … Aujourd’hui. »
À sa voix mouchetée de sang, leurs épaules se raidirent malgré eux.
« Vous l’avez vu ? »
Ces mots firent surgir Maximilian dans leur esprit. Les conseils que le chevalier de l’Empire leur avait laissés.
L’un des adjudants déglutit avec difficulté.
« Oui. Nous l’avons vu. »
Il reprit exactement la phrase que Maximilian leur avait enseignée : « Le spectacle de vous voyant abattre les traîtres à votre peuple était… vraiment très élégant. »
« … »
Zerof plissa les yeux. Il fixa l’adjudant avec insistance et demanda à nouveau :
« … À quoi cela ressemblait-il, exactement ? »
L’adjudant maîtrisa son souffle tremblant. Sans rien laisser paraître, il répondit d’une voix pleine d’admiration.
« Toute la séquence, du moment où vous avez sorti votre arme jusqu’au tir… ressemblait à un seul mouvement de ballet. »
Ballet. À ces mots, le visage de Zerof tressaillit. Un rire creux et léger s’y dessina bientôt.
« Hmm, oui. Le ballet. Vous avez donc l’œil, vous aussi. »
N’arrivant plus à se retenir, il éclata de rire et s’adossa à son siège.
« … Le ballet. J’imagine. Bien sûr que ça devait y ressembler. Ha ha ha. »
Zerof contempla paisiblement le paysage par la fenêtre jusqu’à l’arrivée du train.
Couic !
L’aube se levait quelque part en chemin.
Le train arriva en gare. Zerof et ses adjudants descendirent ensemble.
« Monsieur le commissaire. »
Un homme en civil, le fameux « ingénieur », les attendait sur le quai.
Zerof regarda tour à tour l’homme et ses deux adjudants.
« Ah, laissez tomber. Ce n’était rien d’important. Vous pouvez rentrer. »
« … »
L’ingénieur quitta le quai sans un mot.
« Bon, allons-y, nous aussi. »
« … Oui. »
Les adjudants suivirent Zerof, un étrange vertige tourbillonnant en eux.
… Probablement.
Ils devaient leur survie à ce chevalier de l’Empire.
* * *
Sur un mont anonyme du centre impérial, je me tenais seul au sommet silencieux.
« Reconnais-le. »
La voix calme de Freya me parvint, portée par le vent de la montagne.
« À présent, tu projettes ton cœur dans le monde. »
Projeter mon cœur hors de moi.
Au début, cela m’avait semblé être une énigme à laquelle je ne pourrais répondre.
Mais c’était justement pour cela que Freya avait tant insisté sur la méditation.
Apaiser et vider l’esprit, puis accorder parfaitement le calme intérieur au monde extérieur.
Tout comme le mana de la « Finnomia » du Nord portait en lui un froid mordant, cet entraînement devait me permettre de demeurer dans mon propre mana.
« Aucune épée des Ebenholtz ne ressemble à une autre. Pas plus que deux personnes ne se ressemblent. »
Freya poursuivit en tournant autour de moi, les mains jointes derrière le dos.
« Comment Sebestian utilise-t-il son mana ? Même si on le considère comme l’aboutissement des Ebenholtz, l’art secret de la maison n’est pas une technique uniforme. »
Fouuu…
Un vent puissant balaya ma joue.
« Manieras-tu le mana comme un clair de lune acéré ? »
L’épée longue de Sebestian s’était brisée comme si elle avait été faite de lumière. Son mana s’était épanoui en une multitude d’éclats, fauchant sans exception tous les ennemis au sol.
« Ou le manieras-tu comme le ciel nocturne, qui embrasse toute chose ? »
À la question de Freya, je levai la tête et regardai le ciel lointain.
« La lune… est dans le ciel, après tout. »
— « Bien. Alors, quelle est ton identité ? »
Mon identité.
Celle du chevalier Maximilian, ou celle d’un être humain.
Moi…
« Le vent. »
Quand je suis dans le ciel. Quand je laisse mon corps se laisser porter par le vent.
C’est là que je suis le plus libre.
« Alors fais-le. Tu en es capable. »
Je fermai les yeux. Un mana argenté s’éleva de sous mes pieds, comme un mirage de chaleur.
Mon cœur se répandit au-dehors et le mana se condensa en un doux courant d’air.
La pente où je me tenais n’était pas raide. Pas assez pour que je puisse m’élancer. Elle était bien trop courte pour servir de piste de décollage.
Mais cela n’avait aucune importance.
Il me suffisait de façonner avec mon mana le chemin que j’allais suivre, le vent sur lequel je chevaucherais.
« Vas-y. »
Au signal de Freya,
Fouuu !
Je posai le pied dans le vide, sur un vent créé par le mana.
Mon corps s’éleva, sans poids, comme si j’avais échappé à la gravité, et monta vers le ciel en suivant le fil du vent de la montagne.
Je ne m’écrasai pas au sol. Je ne chutai pas.
Fouuu !
À cet instant, je ne fis plus qu’un avec le vent que j’avais soulevé et fendis les airs.
À la limite de mon champ de vision, une autre silhouette apparut, se rapprochant en laissant derrière elle une traînée argentée.
« … »
Leo. Revêtu de son armure, il volait à mes côtés, mon berger.
« … Regarde-le, comme il est mignon. »
Je souris. Leo poursuivit son vol avec une dignité solennelle.
Nous traversâmes ensemble le ciel nocturne.
…
[ Maximilian : Regarde-le, comme il est mignon ]
Filty travaillait à son manuscrit chez elle, absorbée par son ouvrage. Elle habitait dans le meilleur complexe résidentiel de la ville souterraine. Son gérant, Yam, avait voulu la faire déménager directement dans le quartier huppé du centre impérial, mais Filty avait catégoriquement refusé et était restée ici.
C’était la ville où elle avait jadis vécu aux côtés de ses compagnons d’Outcast.
[ Maximilian : La lune… est dans le ciel, après tout. ]
Elle baissa les yeux vers la pile de pages éparpillées sur son bureau.
Le côté étrangement humain de Maximilian, qui aimait un chien. Une ambition pareille au vent.
Page après page, elle rembobina les faits fragmentaires qu’elle avait tirés de son Œil qui voit tout, des faits absents de ses propres souvenirs, et les parcourut à rebours.
[ Maximilian : Débarrasse-moi de ça ]
Maximilian découpant un steak dans une pièce baignée de sang, tandis qu’un cadavre à la tête défoncée gisait juste devant lui.
Une image dessinée sur le papier, si monstrueuse qu’elle était insoutenable rien qu’à regarder.
« Beurk. »
Filty revint rapidement à la page précédente.
[ Prisonnier : … Nous, notre peuple, ne sommes coupables de rien. Nous, notre peuple, ne sommes coupables de rien. Nous, notre peuple, ne sommes coupables de rien. ]
Un prisonnier marmonnait comme un dément qu’ils n’étaient pas coupables, tandis que Maximilian le dévisageait froidement.
Froufrou.
Elle tourna encore quelques pages en arrière, jusqu’au moment précédant le tir fatal de Maximilian.
« … »
Sa main se figea un instant. Son regard vacilla.
[ Maximilian : … ]
Maximilian avait ouvert la bouche et dit quelque chose au prisonnier.
La scène représentait clairement une conversation. Pourtant, la bulle de dialogue était complètement vide.
Son Œil qui voit tout n’avait pas capté ce que Maximilian avait prononcé, ni visuellement, ni auditivement, ni d’aucune manière.
Et la réaction du prisonnier juste après était plus étrange encore.
[ Prisonnier : … ! ]
Le prisonnier ouvrit de grands yeux, comme s’il avait compris d’une façon ou d’une autre ce que Maximilian lui avait dit.
[ Maximilian : Je sais ce que vous voulez. ]
[ Maximilian : … ]
« Mais qu’est-ce qu’il… »
… disait ?
Filty fronça profondément les sourcils.
[ Maximilian : Je le jure sur mon âme. Je vous anéantirai à tout prix, vous, votre espèce qui cherche à nous détruire… ]
La case suivante.
[ Prisonnier : … ]
Le visage du prisonnier occupait toute une page.
« … »
Elle resta sans voix un instant.
Au contraire, son attention ne fit que s’aiguiser.
Elle se pencha sur le dessin sans même s’en rendre compte.
[ Prisonnier : … ]
Un œil en gros plan. Dans cette pupille d’un noir absolu s’ouvrait un abîme inconcevable, qui lui transperçait le nerf optique comme une chose matérielle.
La chair de poule envahit tout le corps de Filty.
« … Ce n’est pas un effet de mana. »
D’ordinaire, Filty s’appuyait sur un ensemble assez cohérent d’effets et de motifs pour représenter les flux ou les collisions de mana.
Mais cette masse noire de jais qu’elle avait dessinée n’avait rien à voir avec le mana, ni avec l’aura meurtrière ou la présence dégagée par un être humain.
« … »
Sans qu’elle s’en aperçoive, une évolution grotesque s’était déroulée toute seule à la pointe de son crayon.
Filty était effrayée par ces situations qu’elle ne parvenait pas à comprendre, mais…
Soudain, elle se rappela la conviction que Maximilian lui avait montrée autrefois.
« Je veux que tu continues à m’observer. »
Elle songea à cette race que Maximilian détestait tant : les Izenheim.
Elle releva lentement la tête et contempla les livres alignés sur un côté de son bureau.
Des centaines de gros volumes que son gérant, Yam, avait parcouru le continent pour rassembler.
Des documents et des ouvrages de recherche sur l’origine des Izenheim, leur culture et leur religion, sur le « fossé » qui les séparait des autres races du continent et les empêchait de se mêler à quiconque.
« Beurk… »
Filty secoua la tête pour chasser cette pensée, mais un fait vague continuait de la hanter.
Comme l’affirmaient certains érudits impériaux, les Izenheim étaient une race sans histoire, dont « l’origine ne pouvait être clairement retracée ».
« … »
Filty demeura immobile, seuls ses yeux bougeaient.
[ Prisonnier : … ]
Longtemps, elle fixa le visage du prisonnier dessiné sur la page, ainsi que l’effroi sans nom qui suintait de l’illustration…
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