Chapitre 223
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 223
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« Merci, colonel. »
Dans une tente du front impérial oriental, le capitaine Kane et le capitaine Heintz s’inclinèrent profondément devant Edmund.
« Merci ! »
Ils le répétèrent, la voix tremblante. Leurs yeux étaient déjà rougis, au bord des larmes.
Leur regard se posa un instant sur l’unique feuille de papier qu’ils serraient entre leurs mains.
[ Certificat d’authenticité du registre familial ]
Le nom de l’expert qui avait établi et signé ce certificat était Sentinel Maximilian.
« …… Apparemment, la plupart des gens n’ont jamais l’occasion d’en voir un de toute leur vie. »
Un sourire soulagé effleura les lèvres de Heintz.
« Les officiers et les soldats des autres régiments nous envient beaucoup. »
Et le mot était faible.
Récemment, tous deux avaient dû faire face à la méfiance affichée de leurs soldats et de leurs camarades officiers. Avant même que l’enquête interne de Georgen ne se propage dans l’armée, la rumeur avait discrètement couru qu’ils étaient de sang-mêlé.
Mais ce mince certificat, signé au bas de la page par Maximilian Ebenholtz, avait dissipé le moindre soupçon et effacé toute friction.
La nouvelle que Maximilian lui-même avait authentifié leurs registres familiaux avait transformé la méfiance au sein de l’armée en une sorte de révérence.
« Gardez-le en lieu sûr. Ce papier vaut votre vie.
— Oui, monsieur ! Nous n’oublierons pas ! »
Comment le monde pouvait-il changer aussi facilement ?
Comment le nom d’un seul homme pouvait-il peser si lourd ?
« Loyauté ! »
Tandis que les deux adjudants saluaient, Edmund demanda d’une voix soudain assourdie :
« …… Vous servez l’Empire par véritable loyauté ?
— Bien sûr ! »
Heintz répondit sans hésiter. Kane acquiesça de la même façon.
« Ce registre familial vous a peut-être ouvert une porte, mais, au bout du compte, ce même sang pourrait vous empêcher de gravir les échelons. »
C’était la raison pour laquelle Edmund ne pourrait jamais devenir chevalier.
La raison pour laquelle il n’atteindrait jamais le rang qu’il convoitait.
« Malgré tout… une nouvelle voie s’ouvre à présent. Une “lignée quasi admissible”. »
Le capitaine Kane répondit avec prudence, une pointe d’espoir dans la voix.
« Le capitaine Heintz est un peu mieux loti que moi. Les sang-mêlé de Hailand sont classés comme descendants des Aran, alors…
— Kane, toi aussi, tu es Aran. Si quelqu’un qui est Aran aux sept huitièmes n’est pas Aran, alors qui l’est ?
— …… Merci, monsieur. »
Quand on lui rappela qu’il était lui aussi Aran, il répondit par un remerciement.
Le système de l’Empire, son idéologie, avait enchaîné jusqu’à l’âme de ses soldats.
« …… »
Edmund détourna le regard en silence. Il contempla les ténèbres au-delà de la tente.
Qui avait inventé cette notion de lignée, et de quel droit l’avait-on ainsi divisée ? Le sang pouvait-il vraiment déterminer toute la valeur d’une personne ?
Il n’y comprenait rien, mais ce genre de pensées ne pouvait pas être exprimé à voix haute.
« Allez vous reposer. La marche sera longue demain aussi.
— Oui, monsieur. Merci, colonel ! Loyauté !
— Loyauté ! »
Les deux adjudants se retirèrent, et le silence retomba sur la tente.
Edmund ferma les yeux. Plongé dans ses ténèbres intérieures, il ressassa un mot enfoui au plus profond de son cœur.
Révolution.
Elle jaillissait des profondeurs les plus basses et embrasait le monde, ou descendait des sommets pour le teindre de sa couleur.
Mais il n’existait qu’une seule méthode pour faire la révolution. Du moins, c’était ainsi que les choses fonctionnaient dans cet Empire.
…… Edmund avait toujours pensé exactement cela, jusqu’à présent, lorsqu’une idée lui vint.
Les paroles de Maximilian lui revinrent en mémoire.
« Je suis derrière toi. »
Qu’avait voulu dire Maximilian ?
« Tu peux désormais aller où tu veux. »
L’homme qui avait passé son adolescence à ses côtés avait-il déjà deviné ce qui se cachait au fond du cœur d’Edmund ? Avait-il entrevu, si vaguement que ce fût, les intentions qu’Edmund nourrissait en lui ?
Edmund s’enfonça lentement dans une interminable rêverie.
* * *
Lien, une ville de l’ouest de l’Empire.
Au cœur de cette petite ville, lové dans le quotidien de ses habitants, se trouvait un nid de serpents.
« Ce sont des traîtres qui complotent contre l’Empire et préparent le renversement du système. »
La voix de Maximilian résonnait encore à leurs oreilles.
Aux premières heures de l’aube, l’opération se déroula en secret.
Cliff menait l’équipe, composé de Mia, Jeffrey, Lucas et lui-même, quatre chevaliers accompagnés d’une poignée d’agents d’élite, tous infiltrés en civil.
« Leur base se trouve dans une maison ordinaire, ainsi que dans un petit hôpital à proximité. »
La faction révolutionnaire procédait toujours ainsi. Elle se dissimulait parmi la population, dans les lieux ordinaires, et se servait de la vie des civils innocents comme d’un bouclier.
« Nous attaquerons ces lieux et ne capturerons ou n’éliminerons que les responsables. Les pertes civiles doivent être réduites au minimum. »
Les chevaliers se répartirent en équipes avec les agents et attaquèrent simultanément les cibles.
Une maison isolée, un petit hôpital, une quincaillerie, un marché aux poissons.
Ils concentrèrent leurs forces sur les endroits que Schatz avait déjà repérés.
« Gardez bien ceci à l’esprit. »
Mais une opération se déroulait rarement exactement comme prévu.
BOUM !
Une explosion soudaine secoua la rue. Au moment où les chevaliers pénétraient dans l’hôpital, une déflagration sema le chaos dans tout le quartier.
« Dès qu’ils se sentiront acculés, ils tenteront de provoquer des victimes civiles pour détourner notre attention. »
Dès qu’ils comprirent qu’ils étaient encerclés, les agents de la faction révolutionnaire mirent le feu à l’hôpital et à leurs documents essentiels, tandis que leurs principaux responsables jaillissaient du bâtiment.
« Ne les laissez pas s’échapper ! Après eux ! »
Cliff cria. Les chevaliers se lancèrent aussitôt à leur poursuite.
Tirés de leur sommeil, les habitants hurlèrent tandis qu’une bourrasque chargée de mana déferlait dans la ruelle.
Au moment où la chevalière Mia allait rattraper les fuyards,
« Gwaaaah ! »
Une silhouette massive lui barra le passage en rugissant.
Une créature de plus de deux mètres brandit une masse et repoussa Mia d’un coup.
« Dégage de là ! »
Mia se rua sur elle et lança une frappe de son épée, mais le mana de la masse accrocha son aura d’épée et la repoussa.
Fouit ! Fouit !
La créature balaya la ruelle d’un large coup de masse. Tout ce qui se trouvait dans son rayon fut balayé.
Mia hésita un instant,
« Recule ! »
Cliff bondit en avant, l’épée au clair. Ce n’était pas une lame réglementaire.
Une arme difforme, comme si deux épées à deux mains avaient été soudées ensemble.
Une arme singulière, conçue pour canaliser pleinement la puissance destructrice propre à Cliff.
Hmmm !
Du mana bleu profond s’enroula autour de la lourde lame et jaillit. Avant même que le géant n’ait pu adopter une posture défensive, l’imposante silhouette de Cliff fondit verticalement sur lui depuis les airs.
CRAC !
Le bruit d’un corps déchiré. L’épée à deux mains de Cliff fendit l’ennemi de la clavicule jusqu’à l’abdomen. La créature s’effondra en deux morceaux.
« Continuez la poursuite. Pas un seul ne doit s’échapper. »
Cliff secoua le sang de son épée et jeta un coup d’œil à Mia. Elle acquiesça brièvement, enjamba le cadavre du géant et s’apprêtait à repartir au pas de course lorsqu’elle s’arrêta net.
C’était inutile.
Elle leva les yeux vers le ciel. Cliff fit de même.
Fiiiiou…
Une lumière blanche déchira le ciel ouvert. Au moment où « cela », qui ressemblait à s’y méprendre à une pluie de météores, toucha le sol…
BOUUUUM !
Une masse de vent déchira toute la ville comme si elle allait s’ouvrir en deux.
……
L’opération fut un franc succès. On découvrit plusieurs caches où la faction révolutionnaire dissimulait ses ressources, et la plupart de ses principaux officiers furent capturés vivants ou tués sur place. Hormis l’explosion initiale, les dommages subis par les civils furent presque inexistants.
Quelques jours plus tard, au dernier étage du Quartier général de l’Ordre des Sentinelles.
Dans le bureau de Kairon, le Commandant.
« Félicitations, Cliff. »
Cliff se tenait devant Kairon. Même à présent, la plaque dorée portant l’inscription « Commandant Kairon » lui semblait encore un peu étrange.
« As-tu lu le rapport de l’opération ?
— Non, pas encore. »
Kairon sourit, satisfait, et lui tendit les documents.
« Alors, regarde. Maximilian l’a rédigé lui-même, et il paraît que tu as joué un rôle considérable. »
Cliff prit le document, mais son expression resta figée lorsqu’il répondit brièvement :
« …… Je n’ai fait que mon travail.
— Ha ! Toujours le même. »
Kairon éclata de rire et s’adossa à son fauteuil. Même sa façon de parler avait changé pour s’accorder à son rang.
« Le palais nous a fait savoir que tu devrais recevoir une médaille pour cette opération. »
Une médaille. Un honneur manifeste pour tout chevalier, mais l’expression de Cliff ne changea presque pas.
« De plus, le déroulement de l’opération et les tactiques employées sont devenus un excellent exemple à suivre. Tout cela sera probablement consigné officiellement dans le prochain manuel des chevaliers. »
Maintenir l’équipe d’assaut au sol et placer dans le ciel un chevalier rompu à la descente aérienne, prêt à intervenir en cas d’urgence.
« L’opération sera baptisée “Frappe révolutionnaire”. Qu’en penses-tu ?
— Cela me convient, Commandant, mais… »
Cliff baissa la tête et ajouta avec respect :
« Les jeunes chevaliers qui ont couru les mêmes risques que moi méritent plus de reconnaissance.
— Ah, bien sûr. Mia, Lucas, Jeffrey… Tu as bien guidé les jeunes chevaliers.
— Merci, monsieur. »
Après avoir reçu cette pluie de compliments inhabituelle, embarrassé et raide, Cliff sortit et trouva :
« Vous avez fait du bon travail !
— Vous aussi, monsieur ! »
Mia, Jeffrey et Lucas. Les trois jeunes recrues l’interpellèrent d’une même voix, débordants d’énergie.
« …… Ce n’était rien. »
Cliff se racla la gorge, gêné, et détourna les yeux.
« Allez vous reposer.
— Oui, monsieur !
— Reposez-vous bien, monsieur ! »
Cliff retourna dans son bureau avec l’intention de se reposer, mais un visiteur l’y attendait déjà.
Maximilian.
Il s’approcha lentement, un léger sourire aux traits soignés.
« Vous avez fait du bon travail, chevalier Cliff. »
Il le dit avec douceur en lui tendant la main.
Cliff hésita un instant. Il avait honte de ce qu’il avait été.
Le jour où, à la suite de la chute d’Anton, il avait complètement mal jugé Maximilian et s’était montré hostile envers lui sans raison.
« …… »
Mais Cliff savait désormais à quoi s’en tenir.
Il savait jusqu’où Maximilian était allé pour protéger Anton et lui-même, lors de l’audience à huis clos d’Anton comme après l’explosion du district quatorze.
« …… Vous aussi. »
Cliff baissa un instant les yeux vers la main de Maximilian, puis la serra fermement.
« Beau travail. »
……
Les chevaliers de l’Empire avançaient.
Tantôt vêtus de vêtements civils usés, tantôt parés de leur uniforme digne, ils descendaient dans les quartiers les plus misérables du peuple ou s’élevaient jusqu’aux plus hautes sphères de la société.
Plus personne ne remettait leur autorité en question.
L’armée impériale, la Garde impériale, la Garde royale chargée de protéger l’Empereur, et même les nobles du palais reconnaissaient tous l’autorité sans partage des Sentinelles.
Un chevalier n’avait donc aucune raison d’accepter un pot-de-vin, ni besoin de s’incliner devant une requête injuste.
Les chevaliers ne forgeaient leurs lames que par leur propre force et leur conviction.
Toc. Toc.
Hanna avançait dans le couloir de marbre et sentait jusque dans ses os le changement qui avait imprégné l’Ordre.
Dare Tan et Royce avaient entièrement rompu avec les cercles mondains de la noblesse, et Lucas avait reçu une médaille devant son propre père, qui se trouvait être juge.
Les chevaliers roturiers n’avaient plus aucune raison de se sentir inférieurs à cause de leur statut, et les chevaliers nobles ne prenaient plus la peine d’étaler leur naissance devant eux.
Leur situation, tout comme leur rang, avait fait d’eux ce qu’ils étaient.
À présent, les chevaliers agissaient sous l’égide de Maximilian et sous la protection de la maison Ebenholtz.
Quelle que fût la noblesse de naissance d’une personne, elle ne pouvait surpasser celle des Ebenholtz. Quelle que fût sa fortune, elle ne pouvait rivaliser avec celle de Maximilian.
Aucun pouvoir, aucune corruption ne pouvait donc nuire aux Sentinelles.
La seule puissance qui dépassait celle des Ebenholtz était l’Empire lui-même.
Être chevalier des Sentinelles. Une voie accessible à tout sujet de l’Empire, pour peu qu’il s’en donne la peine.
La porte restait toujours ouverte, afin que tout Aran pur-sang de l’Empire puisse saisir cette chance grâce à ses seuls efforts et à son talent.
Personne n’osait empiéter sur l’autorité des Sentinelles, et celles-ci conservaient en retour leur souplesse et leur capacité à se réformer…
Et pourtant, de temps à autre, une faille inattendue apparaissait dans les endroits les plus insignifiants.
« …… C’est vraiment arrivé ?
— Oui. »
Dans le bureau de Maximilian, Hanna Usar se tenait aux côtés de Mia, jeune chevalière, et lui rapportait l’échec de son infiltration de la faction révolutionnaire.
« “Un chevalier des Sentinelles ne porte pas de montre-bracelet”… »
Maximilian marmonna en reposant le document dans un léger claquement.
Comme il l’avait dit, les chevaliers ne portaient plus de montre-bracelet de nos jours. Du moins, celles avec une trotteuse qui faisait tic-tac avaient presque disparu de l’Ordre.
Même une simple horloge de bureau était devenue difficile à trouver.
Résultat : lorsqu’ils partaient en opération sous couverture, habillés en civil, les chevaliers ne portaient souvent pas de montre du tout.
Une habitude née entièrement des propres goûts de Maximilian, en somme.
Et, de temps à autre, l’ennemi semblait parvenir à tirer parti de cet angle mort pour les repérer.
« J’en parlerai au Commandant. Même moi, je n’avais pas vu venir celle-là.
— Oui. Merci.
— Chevalière Mia ?
— …… Oui. »
Mia, la tête basse comme une coupable, releva les yeux.
« Redressez la tête. Ce n’est pas votre faute.
— …… Oui. Merci de votre compréhension. »
Mia redressa les épaules, qu’elle avait raidies un instant trop tard.
« Vous pouvez y aller.
— Oui. »
Toutes deux quittèrent le bureau de Maximilian. Mia expira la première, et Hanna regarda par la fenêtre du couloir.
Sans qu’elle s’en aperçoive, les couleurs du monde étaient devenues plus vives.
L’été était déjà là.
« Bon sang… j’ai l’impression que mon cœur va exploser. Ça va, Hanna ? »
Mia demanda cela en se massant la poitrine, où les battements n’étaient pas encore tout à fait calmés.
« Ça va, mon œil. »
Maximilian. Un pilier sur lequel tous les chevaliers des Sentinelles pouvaient s’appuyer, mais aussi un homme plus terrifiant que n’importe qui au monde.
« Moi aussi. Même maintenant… »
Hanna eut un petit rire creux et tapota doucement le dos de Mia.
« Ça suffit. Au travail. Tu ne disais pas que tu avais une montagne de paperasse ?
— Ouais. Pour le Fonds Hermann, il y a eu tellement de dons cette fois que je dois tout traiter… »
Hermann. Un ancien camarade tombé au combat contre la faction révolutionnaire. D’une certaine façon, il vivait toujours dans le cœur des chevaliers des Sentinelles comme Mia.
Car les Sentinelles n’abandonnent pas leurs camarades.
* * *
Krrrriiiii…
Une journée étouffante. Une lourde masse d’acier glissa sur les rails dans un grincement assourdissant.
« Aspergez l’intérieur d’eau. Cette puanteur est insupportable. »
La région frontalière entre l’Empire et Lobrus.
Les gardes aspergèrent d’eau froide le wagon à marchandises du train. Derrière les barreaux, les gémissements des prisonniers impériaux entassés se mêlaient au sifflement de l’eau.
« Le voilà. »
À ces mots, les soldats de Lobrus alignés sur le quai se mirent aussitôt au garde-à-vous.
Maximilian Ebenholtz. Le chevalier impérial le plus célèbre de l’Est.
« Ravi de vous revoir, chevalier. »
Zerof, Commissaire du peuple aux Affaires intérieures de l’Alliance orientale, se tenait face à Maximilian dans un uniforme impeccablement repassé.
« Une année de plus s’est écoulée, et voilà que l’été revient, chevalier. »
Zerof lui adressa un salut délibérément chaleureux. Maximilian lui répondit d’un léger sourire.
« Les saisons passent, mais vous ne perdez jamais votre dignité, membre du Comité Zerof. »
À ce bref compliment, le coin des lèvres de Zerof se releva à peine.
Si Maximilian s’était fendu de flatteries manifestement mensongères sur son apparence ou sa stature, Zerof en aurait été irrité tout autant. Mais Maximilian était différent, comme toujours.
Il avait visé exactement ce que Zerof estimait le plus chez lui : une tenue irréprochable, parfaitement maîtrisée, et un souci de la propreté qui frôlait l’obsession !
« Que comptez-vous faire des prisonniers que vous récupérez cette fois-ci ? »
Zerof demanda cela en inclinant le menton vers le wagon à marchandises. Des déserteurs impériaux et des réactionnaires expulsés de Lobrus y étaient entassés comme du fret.
« Vous connaissez la réponse. Pourquoi poser la question ? »
Sa réponse sèche arracha un rire silencieux à Zerof.
« Nos prisonniers ne devraient pas tarder, eux aussi. »
Maximilian indiqua le côté opposé. Zerof se raidit légèrement.
« Oui. Cette fois, chevalier, pourquoi ne pas les faire sortir en premier ? »
Il se souvenait de la cruauté dont Maximilian avait fait preuve lors de leur premier échange de prisonniers.
Profondément impressionné, Zerof avait quelque chose à lui montrer en retour, quelque chose qui lui tenait particulièrement à cœur.
« D’accord. »
Maximilian ouvrit la porte du train. Zerof tira le pistolet à sa ceinture et s’avança vers eux, quand…
« Gwa ! »
Il trébucha sur le rail et s’étala de tout son long.
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