Chapitre 214
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 214
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Finnomia était une nation riche en matières premières. Elle regorgeait de minerais et de bois, des ressources qui pouvaient constituer la base de ses approvisionnements militaires.
En revanche, les pierres de mana y étaient rares, la population extrêmement réduite et les infrastructures industrielles nécessaires à la transformation ou au raffinage de ces matières premières faisaient cruellement défaut.
« … »
Hannu, lieutenant général du premier corps de Finnomia, déglutit avec difficulté en contemplant les rangées de matériel alignées sur le terrain de parade.
Des pierres de mana. Et des camions.
Chacun de ces deux éléments aurait représenté à lui seul une valeur inestimable pour Finnomia, et les camions transportaient des pierres de mana. La vue en fit presque vaciller celle de Hannu.
« Ils arrivent. »
Les soldats envahirent presque aussitôt le terrain de parade, et Maximilian apparut parmi eux. Hannu se tourna vers lui.
« M-Messire chevalier ! Mais que sont donc toutes ces… »
« Des fournitures acheminées par Kanillan. Lobrus n’en saura rien. »
Si Finnomia devait entrer dans l’orbite de l’Empire et se renforcer au fil du temps, le moment était idéal. L’Alliance orientale était en pleine Grande Purge du secrétaire général Varmil.
« Considérez cela comme un cadeau personnel de ma part à Finnomia. Il arrive tard, mais voyez-y un présent pour célébrer l’indépendance de votre pays. »
Le visage de Hannu s’illumina.
« Un cadeau pour célébrer notre indépendance… dites-vous ? »
« Oui. »
Maximilian sourit.
« Lieutenant général Hannu, j’accorde une très grande importance à l’unité d’un peuple, ainsi qu’à la pureté de cette unité. »
Il prononça ces mots en nomien. Non seulement Hannu, mais aussi tout l’état-major de Finnomia, rassemblé sur le terrain de parade, l’écouta dans un silence attentif.
« Mais, au bout du compte, c’est l’unité elle-même qui compte le plus. La pureté, elle aussi, naît de l’unité. »
Là encore, c’était un texte de Johann Georg.
« Pendant des siècles, Finnomia a enduré la domination et l’oppression des grandes puissances, sans jamais perdre son identité nationale. »
Les officiers supérieurs de l’armée de Finnomia s’étaient réunis et formaient une tribune avec un naturel tel qu’on aurait cru qu’elle avait toujours été là.
« Même avant la vague de révolution rouge qui a déferlé sur l’Est, même avant ce torrent d’idéologies radicales, vous n’avez pas cédé. Vous avez versé votre sang, résisté et préservé la souveraineté de votre peuple. »
Son regard parcourut lentement les visages des généraux et des colonels alignés devant lui.
« Une conviction aussi inébranlable force le respect. En tant que noble de l’Empire, j’ai étudié l’histoire de Finnomia et j’en suis venu à nourrir moi-même ce respect. »
Il frappa du poing le flanc d’un camion.
« Voilà pourquoi ces camions et ces pierres de mana sont un modeste présent pour le peuple finnomien. »
Des paroles destinées à éveiller la fierté nationale. L’expression des soldats ne laissait aucun doute à ce sujet. La plupart des hommes présents étaient d’âge mûr ; dans leur jeunesse, ils avaient vécu de près l’indépendance de Finnomia, et leurs visages portaient une émotion d’autant plus profonde…
* * *
À midi, ce même jour, des officiers impériaux arrivèrent au quartier général du corps de Finnomia. Ils se rendirent directement dans la salle de conférence principale.
Des officiers tacticiens du rang de colonel présentèrent la doctrine militaire avancée de l’Empire aux généraux et aux officiers de terrain de Finnomia.
« Premièrement, l’introduction du commandement par mission. Cette structure de commandement accorde une grande marge de manœuvre aux responsables sur le terrain. Lorsque la situation évolue rapidement, les officiers subalternes et les sous-officiers prennent des initiatives sans attendre à chaque fois les ordres de leurs supérieurs… »
Un officier impérial exposait les principes de cette manière, un interprète finnomien les transmettait aux généraux et un secrétaire les consignait pour en faire un manuel de référence.
« Deuxièmement, l’organisation méthodique d’un état-major. »
Finnomia étant une nation nouvellement indépendante, la distinction entre les officiers d’état-major et les commandants de terrain restait floue.
À l’approche de la guerre, la formation méthodique des officiers d’état-major était absolument indispensable.
« Troisièmement, le fonctionnement coordonné des réseaux de communication et de radiocommunication. »
… Les généraux finnomiens écoutaient avec gravité.
La présentation des principes fondamentaux touchait à sa fin. Ils s’apprêtaient à discuter du calendrier de mise en pratique sur le terrain et des exercices à munitions réelles quand… « Une dernière chose. »
Maximilian prit la parole pour formuler une recommandation. L’officier impérial se redressa aussitôt, et tous les regards de la salle se tournèrent vers lui.
« Je recommande vivement de créer, d’organiser et d’officialiser une unité spéciale de soldats manœuvrant à skis. »
Le scepticisme reparut sur les visages de Hannu et de plusieurs autres généraux. Il était toutefois moins marqué que l’inquiétude de la veille.
« Pourrions-nous… en connaître la raison ? Comme je l’ai expliqué, le ski est une activité de loisir… »
Hannu posa la question avec politesse.
« C’est vrai. Mais en Finnomia, tout le monde skie, jeunes et vieux, hommes et femmes. Ce pays dispose déjà d’un atout naturel. »
Il suffisait d’adapter les tactiques à la main-d’œuvre déjà disponible pour que Finnomia se dote d’un corps d’élite mobile en terrain enneigé, impossible à égaler pour les autres pays, quels que soient les capitaux et le temps qu’ils y consacreraient,
Même si ses paroles étaient empreintes de cette certitude, ses interlocuteurs ne semblaient toujours pas convaincus. Mais Maximilian ferait passer la création du corps de skieurs, même s’il devait l’imposer par la force. Il n’avait pas besoin de les persuader. Sa véritable valeur se révélerait lors des guerres à venir.
« Je vous prie d’étudier cette proposition avec le plus grand sérieux. »
Le sens était limpide : il n’était pas question de refuser.
« … Oui. »
Hannu ajouta avec précaution :
« Et puis, messire chevalier. Le grand maréchal Wurse souhaiterait vous rencontrer en personne, si vous le pouvez… »
Même Maximilian en fut sincèrement surpris.
Wurse Mateus Mansner.
Commandant suprême des forces de défense finnomiennes et héros de la nation.
Avant sa régression, une telle rencontre aurait été inimaginable.
…
Crrr…
Une vieille porte en bois s’ouvrit, dévoilant le bureau du grand maréchal Wurse. Une cheminée chaleureuse. Une tête d’élan empaillée. Pour le reste, presque aucune décoration. Maximilian entra.
« … »
Il observa l’homme qui, disait-on, n’avait jamais tremblé même devant l’empereur impérial : le grand maréchal Wurse de Finnomia.
Grand, solidement bâti, il portait une barbe soigneusement taillée. Ses cheveux blonds et ses yeux bleus lui donnaient davantage l’allure d’un noble que d’un soldat.
« Ravi de vous rencontrer. »
Maximilian le salua d’abord en nomien. Wurse haussa les sourcils.
« Le plaisir est partagé. »
« C’est un honneur de vous rencontrer en personne. »
« Je ressens la même chose. »
Wurse lui désigna le siège en face de lui. Maximilian s’assit.
« C’est remarquable. L’impérial et les langues des nations occidentales appartiennent à une même famille, et il n’est pas trop difficile d’apprendre l’une à partir d’une autre. »
Wurse avait lancé la conversation. Sa voix était grave et profonde, d’un timbre peu commun.
« Mais le nomien a des racines tout à fait différentes. Comment avez-vous appris à le parler si couramment ? »
« J’ai fait des efforts. »
Wurse l’observa avec une certaine bienveillance dans le regard. Un bref silence, légèrement gêné, s’installa dans la pièce.
« Le cadeau que vous avez envoyé est bien arrivé. »
Maximilian esquissa un léger sourire.
« J’en suis ravi. »
« Mais un cadeau sans rien attendre en retour, c’est rare. Que voulez-vous ? »
Une contrepartie.
Il y en avait bien une, évidemment.
« Accepteriez-vous également d’enseigner le ski à nos forces impériales ? »
« Le ski… Vous dites le ski ? »
Wurse inclina légèrement la tête.
L’Empire demandait à une nation débutante de lui enseigner quelque chose d’aussi modeste que le ski.
Il avait l’air surpris.
« Oui. Je pense que des manœuvres d’assaut à skis pourraient se révéler extrêmement efficaces dans les régions du nord. »
Maximilian n’en doutait pas.
« J’enverrai régulièrement des troupes en Finnomia. Il s’agira sans doute de soldats d’élite venus du nord de l’Empire. Je vous demande de les former. »
Les territoires septentrionaux de Lobrus étaient recouverts d’un froid glacial, de neige et de glace, tout aussi hostiles que ceux de Finnomia.
Quand la guerre continentale éclaterait bientôt, les unités d’assaut à skis deviendraient un atout de poids sur ces terres.
« … Très bien. »
« Je vous remercie. »
Ils se regardèrent par-dessus le bureau.
Wurse détourna légèrement le regard.
« Au fait, chevalier Maximilian. J’ai entendu dire que vous aviez adressé de très belles paroles au peuple finnomien. »
« … Vous l’avez appris par les généraux, je suppose. »
Maximilian sourit sans joie, puis lança une question :
« Grand maréchal Wurse, que recherchez-vous ? »
La philosophie et les convictions qui guidaient Wurse en tant qu’homme.
Peut-être Maximilian pourrait-il apprendre quelque chose de cet homme qui appartenait à l’Histoire.
« Je recherche la grandeur. »
Wurse répondit sans la moindre hésitation.
« La grandeur ? »
« C’est cela. Une grandeur née de la continuité. Pour moi, elle réside dans le peuple finnomien. »
Une vitalité tenace, qui refusait de céder malgré les épreuves et faisait perdurer sans fin le fil de son existence.
Maximilian y adhérait pleinement.
« Mais cette grandeur ne se trouve jamais dans la persécution ni dans la haine d’autres peuples. »
Ses paroles avaient du poids. Faisait-il allusion aux Izenheim ?
« Bien sûr. Malgré tout, certaines forces cherchent délibérément à corrompre et à détruire la pureté et la continuité d’un peuple. »
Maximilian lui répondit :
« Je les appelle les races antihumaines. »
Wurse soutint longuement son regard, puis se caressa la moustache et changea de sujet.
« Ne serait-il pas temps pour vous de repartir ? »
« En effet. Les officiers resteront quelques jours de plus. »
Maximilian se leva. Wurse se mit debout à son tour.
« Et merci d’avoir fait preuve d’une telle délicatesse. »
Il n’y avait aucune horloge dans le bureau de Wurse, ni celle qu’on aurait normalement trouvée au mur, ni montre à son poignet.
Il avait dû entendre les rumeurs avant la rencontre.
« Chacun a son petit point sensible. Allez, filez. »
Le grand maréchal Wurse l’accompagna jusqu’à la porte.
À peine avaient-ils mis le pied dans le couloir qu’un soldat finnomien s’approcha avec précaution.
« Ah, excusez-moi. Pourrions-nous prendre une photo afin de commémorer cette rencontre ? »
Un appareil photo pendait au cou du soldat. Wurse fronça légèrement les sourcils.
La photo d’un noble impérial, surtout d’une personnalité aussi éminente qu’un Ebenholtz, diffusée à l’extérieur pouvait présenter un risque pour la sécurité.
Mais…
« Je pense que nous pourrions en garder chacun un exemplaire dans notre collection personnelle. »
Maximilian s’adressa à Wurse. Celui-ci le regarda avec une pointe de surprise, puis acquiesça.
« … Très bien. »
Pour Maximilian aussi, l’occasion de se faire photographier avec une figure historique comme le grand maréchal Wurse ne se présenterait pas souvent.
« Euh… que diriez-vous de prendre la photo ici, devant la cheminée ? »
Le photographe leur désigna l’endroit. Ils se placèrent côte à côte devant la cheminée.
Wurse paraissait visiblement mal à l’aise devant l’objectif ; il se tenait un peu raide, tandis que Maximilian souriait avec aisance et fixait l’appareil.
« Attention, j’y vais ! »
Clic !
Le flash jaillit et les immortalisa tous les deux. Le photographe s’exclama d’une voix enthousiaste :
« Une photo pour l’Histoire ! »
L’Histoire.
Maximilian retourna ce mot en silence.
Il l’espérait.
Il n’avait aucun moyen de savoir quel genre d’homme les gens du futur verraient en lui sur cette photo. Mais, s’il vous plaît…
Faites que cet avenir arrive vraiment.
…
Après sa rencontre dans la capitale de Finnomia, Maximilian remarqua une grande affiche fixée au mur du parlement.
[ Concours central de tir de Finnomia ]
Un concours de tir.
« … »
À la vue de cette affiche banale, un nom lui traversa soudain l’esprit.
L’Histoire regorge de héros. Peut-être la tragédie qu’est la guerre est-elle justement ce qui les forge.
En Finnomia, un homme avait inscrit son nom dans l’histoire militaire en tant que simple soldat.
« Finnomia organise souvent des concours de tir ? »
Il posa la question à Hannu, qui lui faisait visiter la capitale.
« Oui. Il y a beaucoup de chasseurs en Finnomia, et le gibier constitue l’une de nos principales sources de nourriture, alors… »
Le tireur d’élite finnomien. Celui que Lobrus avait surnommé le « diable blanc ».
Toibo Hakae.
Son palmarès était stupéfiant.
Avant la régression, il avait confirmé plus de huit cents éliminations, ne ciblant que des ennemis de grande valeur : les commandants, les soldats affectés aux communications, les mitrailleurs, les éclaireurs, les ressources les plus cruciales du champ de bataille.
Même les tireurs d’élite de Lobrus, envoyés pour le traquer, étaient tombés sous ses balles.
Un monstre qui, après avoir tué des centaines de cibles de grande valeur, avait fini par loger une balle dans le crâne de huit Adversaires, ces armes humaines.
Avant la régression, on le tenait pour le meilleur tireur d’élite de toute l’histoire du continent.
« Intéressant. »
Il était de sang finnomien pur et, seul, avait stoppé l’avancée de tout un corps de Lobrus, dont la puissance de combat équivalait à celle de chevaliers.
Il pourrait devenir un allié de l’Empire.
« Puisque nous sommes déjà là, j’offrirai un fusil Ebenholtz comme grand prix au vainqueur de ce concours. »
Finnomia devait beaucoup à ce génie exceptionnel.
Et Maximilian avait ses propres idées sur la manière de tirer parti de lui.
Offrez à un homme un fusil d’exception et, chaque fois qu’il pressera la détente, il pensera au nom de Maximilian.
« Les Ebenholtz utilisent aussi des fusils ? »
Hannu posa la question, par curiosité.
« Bien sûr. »
Maximilian tira le pistolet de son étui.
« J’ai tué pas mal d’ennemis avec celui-ci. »
« … Ah. »
* * *
Houuu…
Au cœur des montagnes enneigées de Finnomia, là où des blizzards furieux engloutissaient le monde, quelqu’un progressait sans bruit dans le rideau blanc.
Il s’appelait Toibo Hakae.
Il était l’un des finalistes du concours central de tir de Finnomia de cette année.
L’épreuve de qualification — toucher des cibles immobiles à une distance pouvant atteindre cinq cents mètres — était déjà derrière lui. Il ne lui restait plus que le défi final.
Il devait chasser un markos srasony, la créature la plus mystérieuse et la plus sensible des étendues enneigées de Finnomia, presque vénérée comme un animal sacré.
…
Hakae avançait sans bruit. Il étouffait jusqu’au crissement de la neige sous ses pas et se fondait dans le paysage.
Le markos srasony entendait le moindre son dans un rayon de trois cents mètres, soit l’étendue d’un village entier.
Au moindre signe d’intention meurtrière, si infime fût-il, il détalait.
« … »
Hakae trouva son poste de tir et s’y installa. Allongé à plat ventre, fusil levé, il calcula la vitesse du vent, la trajectoire des flocons, l’humidité de l’air et jusqu’aux infimes fluctuations du mana dans l’atmosphère.
« Haa… »
Il observa le srasony au loin. Pas de lunette. Il visa à l’œil nu et, au moment où son souffle s’arrêta…
Bang.
La balle quitta le canon et transperça le blizzard. À plusieurs centaines de mètres, une créature semblable à un chat s’effondra lourdement dans la neige.
« Touché ? »
Hakae marmonna à voix basse et se redressa. Mais même lorsqu’il s’approcha pour vérifier s’il l’avait tué, il ne relâcha pas sa vigilance.
Ces montagnes grouillaient de prédateurs hivernaux bien plus féroces que les markos srasony. Si l’un d’eux le repérait, il finirait en cadavre plutôt qu’en champion.
« … »
Enfin, lorsqu’il aperçut le corps du markos srasony, un trou net au milieu du front, Hakae cria dans sa tête :
Touché !
Il lança silencieusement les deux poings en l’air, dans un geste de victoire, et…
Houuu…
Le blizzard hurlant engloutit son triomphe silencieux sous son voile blanc.
Clap clap clap clap !
Les nuages de neige se dissipèrent. Sous un ciel redevenu bleu, les applaudissements retentirent en tonnerre sur une estrade quelque part dans la capitale de Finnomia.
« Première place du concours central de tir ! Toibo Hakae ! »
La première place.
Au milieu des acclamations assourdissantes, Hakae leva la main pour saluer la foule.
« Le vainqueur recevra un prix spécial remis par le lieutenant général Hannu des forces de défense finnomiennes. »
Hannu s’avança et tendit à Hakae un long coffret.
« C’est un objet de grande valeur. Gardez-le précieusement, transmettez-le comme un héritage familial et servez-vous-en toute votre vie. »
« Oui, monsieur ! »
Il ignorait ce que le coffret contenait, mais Hakae l’accepta. Le lieutenant général esquissa un sourire en coin et hocha la tête.
« Ouvrez-le. »
Hannu semblait tout aussi curieux de découvrir le prix.
« Oui. »
Hakae souleva délicatement le couvercle.
« … ! »
Ses yeux s’écarquillèrent.
À l’intérieur reposait un fusil comme il n’en avait jamais vu. Son canon blanc comme neige, au fini mat, avait une teinte argentée. Il ne reflétait pas la lumière du soleil, mais semblait l’absorber, comme s’il avait recueilli de vrais flocons dans la nature sauvage.
« Oh… m-montrez-le à tout le monde. »
« O-oui. »
Lorsqu’il le souleva d’une main, le fusil lui parut presque sans poids.
« Il y a quelque chose d’écrit en impérial. »
Hakae marmonna en examinant le côté du canon.
« Retournez-le. Je crois qu’une inscription dans notre langue est gravée de l’autre côté. »
Sur les conseils de Hannu, Hakae retourna le fusil et découvrit une petite inscription gravée dans la crosse.
[ À Finnomia, en témoignage de mon respect pour votre peuple et vos convictions. ]
Juste en dessous, un nom unique, profondément gravé d’une écriture élégante.
[ Maximilian Albrecht von Ebenholtz ]
« … »
Maximilian von Ebenholtz.
Le nom d’un chevalier impérial déjà célèbre partout, jusque dans les villages les plus reculés des montagnes de Finnomia.
Toibo Hakae contempla, comme en rêve, le fusil argenté portant ce nom illustre.
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