Chapitre 212
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 212
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Arthur Winston regagna sain et sauf sa patrie, Hailand.
Il avait deux ou trois sacs de plus qu’à son départ. Tous étaient des cadeaux de l’Empire.
« … »
Assis en silence à son bureau, il contemplait la photographie encadrée posée dessus.
Arthur, son épouse et sa fille Sara y posaient avec Leonard, le grand acteur de l’Empire.
Les profondes discussions universitaires avec le professeur Arnolt. L’esthétique éblouissante et stupéfiante du musée Arte, entièrement rénové. Une expérience culinaire à Lilac Vita qu’il n’oublierait jamais.
Parce qu’il portait la signature personnelle de Maximilian, toute la famille Winston avait été accueillie avec les plus grands égards par chacun dans l’Empire.
Pourtant, le verdict d’Arthur sur Maximilian tenait en une phrase : c’était un homme dangereux.
Un homme dangereux. Comme un dirigeant populaire est plus dangereux qu’un tyran avec lequel on ne peut raisonner. Comme un général respecté par ses ennemis est plus dangereux qu’un commandant respecté par ses propres hommes.
« … Arthur. Quand donc sortira ton livre ? »
Son vieux collègue Gary s’approcha et lui posa la question.
Une petite fête était organisée ce jour-là chez Arthur pour célébrer l’anniversaire de sa fille Sara.
« Il sortira bientôt.
— Hum. J’ai entendu dire que tu étais allé dans l’Empire. Sara semble absolument enchantée par l’endroit ; elle n’arrête pas de parler de chevaliers par-ci, de chevaliers par-là. Il paraît que Maximilian est incroyablement beau.
— … »
Arthur ne répondit pas. Gary haussa les épaules.
« Ta théorie sur la guerre tient toujours ? Et ton hypothèse selon laquelle l’Empire serait la source de tous les maux ?
— Je t’ai expliqué je ne sais combien de fois que j’avais été détenu dans l’Empire, soupçonné d’espionnage.
— Tu te promenais dans le pays d’un autre avec un soldat, en fourrant ton nez partout. Évidemment qu’on t’a arrêté. »
Un sourire narquois étira les lèvres de Gary.
« À vrai dire, c’est plutôt impressionnant que Maximilian t’ait laissé partir. Tu devrais lui écrire une lettre de remerciement. »
Gary et le reste des dirigeants de Hailand refusaient toujours de croire à la menace de la guerre à venir.
« Arthur, l’économie de l’Empire se porte à merveille en ce moment. On vient encore de découvrir un filon de pierres de mana dans le sud d’Hermès. »
Aussi nombreux que fussent les filons découverts, une économie fondée sur les pierres de mana ne suffisait pas à soutenir un corps aussi vaste que l’Empire. Si celui-ci semblait si prospère, c’était grâce au secteur militaro-industriel et aux travaux publics, artificiellement gonflés par des lettres de change.
Arthur l’avait répété d’innombrables fois, mais ces gens refusaient toujours d’écouter.
« Et malgré tout, tu continues de croire dur comme fer que l’Empire déclenchera une guerre. Franchement, Arthur, je te plains. »
Gary fit tourner son verre de vin et ajouta :
« À vrai dire, l’Empire ne veut pas la guerre. Tu ne le vois pas, à la manière dont il a soutenu le Mekerel cette fois-ci ? »
Le Mekerel. Une petite nation sans défense, prise dans l’invasion de la Balkanie.
« L’Empire veut préserver son statut et sa légitimité de puissance hégémonique. En prenant la défense d’une nation faible, il consolide sa continuité et son influence sur la scène mondiale. »
Arthur ne jugeait même plus utile de répondre. À la place, il sortit un épais livre relié et le plaqua contre la poitrine de Gary.
« Lis ça. C’est l’un des innombrables best-sellers qui font fureur dans l’Empire en ce moment. »
Ce livre n’était qu’une haine enjolivée, un plaidoyer pour l’extermination d’un peuple appelé les Izenheim.
« Les librairies de l’Empire regorgent de ce genre de littérature haineuse et délirante.
— D’après ce que j’ai entendu, ta femme et Sara ont passé un merveilleux séjour, choyées comme des princesses.
— … »
Le visage d’Arthur se déforma en une grimace hideuse.
Gary gloussa.
« D’accord, d’accord. Par respect pour ta dignité, je vais le lire. Mais… »
Il glissa le livre dans sa poche intérieure et prit un air sincèrement grave.
« Essaie de te tenir un peu mieux à l’avenir. Je suis ton Premier ministre. »
Gary Beaufort. L’actuel Premier ministre de Hailand. Un homme au tempérament doux, qui refusait de croire à la guerre et avait l’audace de présenter cette douceur comme de l’ouverture d’esprit.
« Et calme-toi aussi avec tes appels incessants à la guerre au Parlement. Au sein du parti, certains murmurent déjà que tu es un belliciste paranoïaque. »
Arthur lança un regard noir à son vieux collègue, noyé dans sa complaisance, puis marmonna :
« Je ne fais que mon travail. »
Sur un continent où la folie n’était plus très loin. Dans un Hailand qui ne souhaitait qu’une paix fragile. C’était la seule tâche qu’un homme comme Arthur Winston pouvait accomplir.
Pour l’instant, elle ne consistait qu’à crier au danger de la guerre.
* * *
Kriiik, kriiik.
Les cigales poussaient des cris à vous déchirer les tympans. En ce midi de plein été, la chaleur faisait onduler l’air au-dessus de la terre brûlée.
Hanna Usar sentait l’étouffante chaleur estivale sur chaque parcelle de son corps.
« Beuh… »
Il faisait chaud. Elle étouffait.
Elle essuya la sueur de son visage et fit signe à l’agent à côté d’elle.
« … Qu’est-ce que tu as ?
— Les numéros un, trois, sept et neuf de la rangée. »
L’informateur yaken qui l’accompagnait, « Karak », répondit. Derrière ses lunettes de soleil, quatre suspects étaient alignés devant lui.
« Ils sont quatre à dégager cette odeur. »
Ils se trouvaient dans une pension délabrée du district central impérial 33. Elle se faisait passer pour un établissement où l’on enseignait la lecture et l’écriture aux pauvres gens du peuple, mais c’était en réalité un repaire d’Izenheim qui répandaient des idées séditieuses.
On pouvait sans hésiter la qualifier de cellule de la Faction révolutionnaire.
« Messire chevalier ! Les preuves ont été sécurisées ! »
Les agents de terrain ressortirent avec plusieurs livres interdits. Hanna en prit quelques-uns. Ils traitaient de pacifisme, de paix, d’égalité et de sujets du même genre.
« C’est assez clair. »
Hanna désigna la pension d’un geste, le regard impassible.
« Embarquez-les tous. »
…
De retour au Quartier général de l’Ordre des Sentinelles, après la mission, elle sentit un air frais et agréable lui envelopper la peau, loin de la chaleur extérieure.
Grâce à la climatisation de fenêtre mise au point par l’Académie Lorenzo, les chevaliers pouvaient désormais profiter d’un été aussi confortable.
« Hé, Hanna. Il faisait chaud, dehors ? »
Royce, qui passait dans le couloir, lui posa la question. Il tenait un café glacé à la main.
L’un des récents avantages de l’Ordre : un approvisionnement illimité en grains de café de qualité supérieure. C’était sans doute encore l’œuvre de Maximilian, vu son goût pour les belles choses.
« Oui, il faisait chaud. Mais il faut bien aller sur le terrain pour attraper les cafards.
— C’est vrai. Les crimes idéologiques se multiplient ces derniers temps. Je me demande bien de quoi ils ont tous à se plaindre. »
Dare Tan apparut à son tour à leurs côtés.
Ces deux-là étaient toujours ensemble.
« On a la preuve vivante qu’un roturier peut devenir chevalier des Sentinelles grâce à ses seules capacités, et ils ne sont toujours pas satisfaits. »
Ils désignèrent Hanna du menton et rirent. Elle fronça les sourcils, mais était plutôt d’accord avec eux.
« Tout Aran qui fait des efforts peut réussir. Le problème, ce sont les impurs qui ne sont pas Aran. »
Cela ne signifiait pas pour autant qu’être non-Aran constituait forcément un obstacle : même ceux qui n’appartenaient pas à la lignée pouvaient bénéficier d’un traitement assimilable à celui réservé aux membres de celle-ci, à condition de faire preuve de loyauté envers l’Empire.
Et pourtant, ces misérables, loin de faire le moindre effort, s’employaient à répandre des idées séditieuses.
« Ils confondent toujours cause et conséquence. »
Ils prétendaient s’être tournés vers le crime parce que l’Empire les persécutait, mais c’était faux.
Ils avaient provoqué cette persécution dès le départ. Prêts à saigner les citoyens à blanc avec leurs prêts usuraires, à multiplier les escroqueries, à répandre des idées séditieuses et à fomenter sans cesse des tentatives de renversement de l’Empire, ils s’étaient eux-mêmes poussés au bord du précipice.
« Et ce n’est pas seulement le cas de l’Empire. Toutes les nations du continent sont pareilles. Le degré varie, mais la méfiance et le mépris envers cette sous-espèce sont devenus la norme dans le monde entier. Alors… »
Hanna regarda par la fenêtre. Elle avait désormais pleinement assimilé la pensée de Maximilian.
Comme si elle avait toujours pensé ainsi… « … Ce sont des sous-humains. »
Les mots lui échappèrent. Royce et Dare Tan sourirent et hochèrent la tête. Leur expression disait qu’ils partageaient tout à fait son avis.
« Bon, prenez soin de vous. Nous aussi, on y va. »
Les deux chevaliers s’éloignèrent ensemble.
Sans doute une mission semblable à celle de Hanna. La priorité absolue de l’Ordre, ces derniers temps, était le maintien de l’ordre intérieur : débusquer les idées séditieuses et écraser la Faction révolutionnaire.
* * *
L’automne arriva bientôt, et les feuilles tombèrent en volutes.
Les bergers d’Aran furent déployés en grand nombre au sein de la police militaire de l’Empire. Ces chiens, dressés avec une précision remarquable, firent leurs preuves sur les scènes de crime. La Garde impériale s’y intéressa et voulut en bénéficier à son tour. Je lui transmis volontiers les méthodes de dressage et les maîtres-chiens.
Bien sûr, la Garde impériale pouvait devenir un adversaire politique, mais, dans les faits, notre objectif était le même.
Mon chien de garde Leo avait fait des progrès remarquables depuis. Devenu le partenaire de Yukia, il avait atteint un niveau comparable à celui d’une nouvelle recrue chevalier. Et surtout, sa capacité à repérer les Izenheim avait considérablement progressé.
Selon Yukia, il réussissait mille fois sur mille.
Cent pour cent.
Ensuite, Aternum.
Mon usine de munitions avait enfin presque retrouvé toute la capacité de production perdue lors de la destruction de Gigantes. À ce rythme, elle deviendrait le plus grand complexe militaro-industriel de l’Empire : elle dépasserait Gigantes au plus tôt l’année suivante, au plus tard celle d’après. Pour un coût bien moindre et avec une technologie bien plus avancée.
Pour marquer cette étape, je partis inspecter Aternum.
« Voilà ce qu’on appelle la logistique d’un Aran pur. »
Le directeur de l’usine bombait le torse avec fierté tandis qu’il me faisait visiter la chaîne de production.
Les Izenheim qui s’étaient autrefois infiltrés ici avaient peu à peu disparu, au point de n’être presque plus qu’un souvenir.
Toutes les conditions qui avaient permis aux idées séditieuses de se répandre, clandestinement ou au grand jour, avaient été éliminées.
« Oui, j’en ai entendu parler. Le résultat de l’autopurification menée par les ouvriers eux-mêmes. »
Je trouvais cela plutôt satisfaisant.
Une épuration menée non par une force extérieure, mais de l’intérieur.
Les ouvriers s’observaient les uns les autres. Même dans une conversation anodine, ils cherchaient à sonder les origines et les convictions de chacun. Au moindre signe de différence, à la moindre trace d’altérité, ils faisaient aussitôt un rapport.
Comme tout ce processus se déroulait dans le secret, la charge qui pesait sur chacun restait légère et les résultats, eux, étaient garantis.
« C’est tout à fait ça ! Les ouvriers eux-mêmes protègent volontairement cet endroit ! Insulter Aternum, c’est insulter nos âmes ! »
Grâce à cela, toute la région méridionale d’Hermès était devenue un territoire réservé aux seuls Aran de l’Empire.
« Bien, passons à la chaîne de montage des chars ! »
Le directeur m’entraîna, la voix débordante d’enthousiasme.
« Par ici. »
Tout le savoir que j’avais rapporté du futur dévasté, avant ma régression, avait été transplanté à Aternum.
D’abord, la standardisation des modèles.
Inutile de concevoir une variété absurde de chars. La gamme avait été réduite à un seul modèle principal.
Ensuite, la compatibilité des pièces et la conception modulaire.
Un même moteur. Une même transmission. Les mêmes chenilles. Et jusqu’aux boulons, tous de la même norme. Plusieurs types de véhicules partageaient des composants identiques.
Avant ma régression, l’Empire utilisait des pièces différentes pour chaque modèle de véhicule, ce qui rendait les réparations sur le terrain cauchemardesques. Ce gaspillage avait disparu.
Enfin, la concentration et la dispersion de la production.
Pour parer aux bombardements stratégiques de grande ampleur des forces de la coalition, les sources d’énergie et les installations essentielles avaient été renforcées sous terre à l’avance. En revanche, les chaînes de production des pièces avaient été fragmentées et réparties dans plusieurs districts. Même si un site était rayé de la carte par un bombardement, l’ensemble de la production ne s’arrêterait jamais.
Chaque innovation que j’avais proposée avait pris forme ici, à Aternum.
D’une certaine manière, c’était l’héritage ensanglanté que m’avait légué toute l’humanité.
Ceux qui avaient été vaincus par les Izenheim et avaient péri avaient laissé leurs réponses inscrites sur leurs propres cadavres.
À travers chaque livre et chaque publication, ils avaient détaillé sans relâche toutes les failles et les incompétences de l’Empire, me transmettant ainsi un manuel parfait.
Si l’on pouvait appeler cela une succession, alors ils avaient contribué à la survie de l’humanité sans même le savoir.
« Bien. Excellent. »
Je croisai le regard du directeur.
« Ah, oui, messire ! »
Aussi vif qu’il fût, il s’empara aussitôt du mégaphone.
« Attention ! Attention ! Messire chevalier va vous adresser quelques mots d’encouragement ! »
La fin du service approchait.
Je me tenais sur le balcon qui surplombait toute l’usine. Les ouvriers qui terminaient leur journée se rassemblèrent en contrebas. Ils étaient assez nombreux ; j’attendis donc environ cinq minutes.
« Vous pouvez parler. »
Le directeur me tendit le mégaphone, mais je ne pris pas la peine de le saisir.
La voix d’un chevalier portait suffisamment loin d’elle-même.
« Heureux de vous rencontrer. Je suis Maximilian, chevalier de l’Empire et représentant du propriétaire de cette usine. »
C’était un texte que Johann Georg avait peaufiné toute la nuit. Si je me présentais comme le représentant du propriétaire, c’était pour une raison simple : au bout du compte, tout cela appartenait à l’Empereur.
Même si je ne voyais pas les choses ainsi, c’était ce qu’il fallait dire pour le moment.
« À compter d’aujourd’hui, Aternum a pleinement retrouvé la capacité de production annuelle de Gigantes. »
Nul besoin d’élever la voix, d’exagérer mes émotions ou de jouer la comédie. Il me suffisait d’apparaître tel que j’étais, sous les traits de celui qu’on appelait Maximilian von Ebenholtz.
« Je vous suis reconnaissant à tous d’être ici. »
La raison était simple.
J’incarnais à la perfection l’Aran pur.
Je possédais le visage qui réunissait toutes les qualités que ces gens idéalisaient et vénéraient.
« Je suis sincèrement fier de vous, vous qui portez le sang le plus pur des Aran. »
Dans les yeux levés vers moi, les émotions voulues par Johann étaient bien là.
« Je suis certain que vous connaissez tous le véritable objectif que je poursuis pour Aternum et la voie que nous devons emprunter ensemble. »
Du respect, de l’admiration, une conviction qui frôlait la foi.
« La noble valeur d’un peuple pur. Le combat que nous menons pour la protéger. »
Face à ces regards ardents, je leur servis un mensonge.
Une tromperie rendue nécessaire par la seule survie de l’humanité, pour empêcher l’anéantissement de la civilisation.
« Nous accomplissons en ce moment même la plus grande des œuvres. »
Mais ces mots, « la plus grande des œuvres », n’étaient pas un mensonge. Du moins, pas à mes yeux.
« La sueur que nous versons deviendra l’acier de l’Empire, et les chenilles que nous assemblons seront le châtiment qui broiera le cœur de nos ennemis. »
Nous tuerions jusqu’au dernier monstre dissimulé sous un visage humain, pour sauver nos propres vies.
« Pour que les lignées étrangères, primitives et inférieures, n’osent jamais souiller notre pureté, la force forgée de vos mains deviendra le rempart de fer de l’Empire. »
Les paroles de Johann fonctionnaient à merveille.
« Nous ne reculerons jamais. La gloire des Aran brillera éternellement sur votre sang et votre sueur. »
Une lueur brillait dans les yeux tournés vers moi.
« Vous resterez à jamais aux côtés de l’Empire. »
Les visages des ouvriers, lumineux comme des étoiles, firent vibrer quelque chose en moi aussi.
Cette résonance me fit soudain comprendre qui j’étais venu protéger, et pour quoi j’étais revenu.
« Merci à tous pour votre travail d’aujourd’hui. Rentrez chez vous, dans vos foyers chaleureux, et reposez-vous auprès de vos familles. »
À cet instant, des milliers d’ouvriers poussèrent tous ensemble une clameur de joie.
Je me détournai en silence de leur ferveur.
Puis le directeur s’avança jusqu’à la rambarde du balcon et haussa la voix.
« Aujourd’hui, pour récompenser vos efforts, messire chevalier Maximilian offre une prime exceptionnelle à chacun d’entre vous. N’oubliez surtout pas de la retirer au bureau de paie ! »
Dans la poche de poitrine du directeur se trouvait naturellement aussi une épaisse enveloppe remplie d’argent.
Je ne lésinais pas sur les moyens quand il s’agissait des miens. C’était le seul moyen d’empêcher des sommes plus importantes de disparaître, et de m’assurer leur entière loyauté.
Ouuaaais !
Si la corruption avait été si répandue dans l’Empire, si la pourriture était devenue la norme, c’était parce qu’on n’avait jamais accordé à ceux qui se dévouaient et se tuaient à la tâche les récompenses qu’ils méritaient.
Maximilian ! Maximilian ! Maximilian !
En écoutant les acclamations résonner dans l’usine, je m’éloignai vers le couloir désert et silencieux qui s’étendait derrière elle.
Maximilian ! Maximilian ! Maximilian !
Vous tous, si nombreux, si dévoués à l’Empire : je crois en vous.
Et nous avancerons ensemble.
Pour vous. Pour nous tous. Je me couvrirai volontiers du sang du monde entier.
Tout ce que je compte accomplir.
Le devoir qui n’appartient qu’à moi et que je dois mener à bien.
La plus grande ambition que je suis déterminé à réaliser.
Maximilian ! Maximilian ! Maximilian !
Tout cela, uniquement pour préserver nos vies, celles de l’humanité…
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