Chapitre 203
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 203
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Anti-Régime
Après les funérailles, l’Ordre des Sentinelles créa le Fonds Hermann, sous la direction des camarades de promotion d’Hermann. Les chevaliers chevronnés ouvrirent volontiers leur bourse et versèrent des sommes considérables. Comme on pouvait s’y attendre, le plus généreux fut Maximilian.
Il fit don de dix millions de dollars impériaux.
« Par conséquent, ce fonds servira, en toute transparence, à soutenir les chevaliers, les soldats et les familles endeuillées qui ont souffert des agissements de groupes terroristes hostiles à l’État et au régime, notamment la Faction révolutionnaire. »
C’était un projet de déclaration destiné à la direction de l’Ordre des Sentinelles, qui devait ensuite être transmis à la presse.
« Qu’en penses-tu ? »
La jeune chevalière Mia demanda son avis à Hanna Usar, assise en face d’elle. Hanna sourit et acquiesça.
« C’est bien. C’est clair et bien écrit. »
« Alors… ouf. »
Mia baissa les yeux un instant et murmura dans un soupir :
« J’ai encore du mal à y croire. Si j’allais au salon maintenant, j’aurais l’impression qu’il serait toujours assis là. »
La mort d’un camarade était difficile à accepter.
Quand elle avait appris la nouvelle, le choc lui avait vidé l’esprit. Puis le chagrin et la colère l’avaient submergée comme un raz-de-marée. Mais à présent qu’un peu de temps avait passé, tout lui semblait irréel, comme dans un rêve.
« Le Commandant adjoint Kairon l’a dit lui aussi. C’est à nous, les survivants, de répondre à leur malveillance par notre détermination. »
Aux paroles de Hanna, Mia se mordit la lèvre et hocha vigoureusement la tête.
La Faction révolutionnaire. Elle ne se contentait pas de menacer l’ordre impérial : c’était une vermine qui massacrait les civils au nom d’idées dévoyées.
Dring.
Une alerte retentit sur le terminal de Mia. L’expéditeur était Yulian.
« Ah. J’ai une mission, je dois y aller. »
« Chevalier Yulian ? »
« Oui. »
Comme l’affaire était liée à Hermann, Yulian avait décidé d’emmener Mia, qui avait été proche de lui.
« Prends soin de toi. Sois prudente. »
« Oui, madame. »
Mia rassembla ses documents et descendit au parking.
Devant le véhicule de service de l’Ordre, que Maximilian avait également offert, Yulian attendait, immobile comme un fantôme.
« Messire chevalier. La chevalière de première année Mia se présente. »
Yulian acquiesça sans expression, puis monta le premier à la place du passager. Tendue, Mia s’installa au volant et démarra.
« Vous savez où nous allons ? »
« Oui. »
La voix de Yulian était toujours sèche.
Elle n’avait rien à voir avec le ton enjoué et désinvolte de Leon, et différait totalement de la présence de Maximilian, qui vous coupait presque le souffle. Yulian avait une sécheresse bien à lui.
Vroum.
Le véhicule traversa le centre-ville.
« … »
Gênée par le silence pesant, Mia jetait de temps à autre un coup d’œil au siège passager.
« On peut le punir… n’est-ce pas ? »
Autrefois, Hermann s’était effondré à cause de l’affaire de fuite de toxines provenant de pierres de mana synthétiques illégales.
À cause de cela, le frère aîné d’Hermann s’était épuisé à gagner de quoi payer son traitement et avait fini par mourir dans un attentat à la bombe de la Faction révolutionnaire.
C’était pour cela qu’ils étaient en route. Leur mission consistait à enquêter sur Gregory, le noble au cœur de l’affaire de fuite de pierres de mana synthétiques illégales.
« Probablement. »
Aux yeux de Mia, comme à ceux de presque tous les chevaliers, Yulian était impénétrable.
Il ne niait rien, mais ne confirmait rien non plus. Un chevalier qui se gardait bien de se dévoiler.
Tandis qu’elle y réfléchissait, le véhicule entra dans la rue von Kleinschmidt, un quartier huppé du centre impérial.
« Messire chevalier. Nous sommes arrivés. »
Tous deux descendirent de voiture. Même dans ce quartier aux prix proprement absurdes, le manoir du comte Gregory occupait un terrain immense.
« Waouh… »
Combien d’années aurait-il fallu travailler pour vivre dans une maison pareille ?
Tandis que Mia se le demandait, Yulian tendit ses papiers d’identité au garde du manoir. Celui-ci acquiesça et ouvrit le portail principal.
Ils traversèrent ensemble un jardin si vaste qu’il évoquait un domaine au bord d’un lac. En marchant, Yulian lui donna une consigne :
« C’est toi qui mènes l’entretien. »
« Hein ? Moi ? »
« Tu dois aussi apprendre à traiter avec les nobles. »
Ils entrèrent dans le manoir. Leurs pas résonnèrent sur le marbre lisse jusqu’au salon.
Un homme vêtu d’une robe luxueuse les y attendait.
« … Vous êtes venus. »
Gregory Hohenberg se leva avec aisance et accueillit les deux chevaliers.
Il avait déjà passé la cinquantaine, mais sa silhouette était fine et nerveuse, et il paraissait plutôt jeune pour son âge.
Peut-être que l’argent vous faisait cet effet-là.
Gregory conduisit poliment les deux chevaliers jusqu’à un canapé moelleux et s’assit.
« Qu’est-ce qui amène l’Ordre des Sentinelles chez moi aujourd’hui ? »
Yulian et Mia s’assirent en face de lui. Des pâtisseries avaient été disposées sur un plateau d’argent devant eux.
« À vrai dire… permettez-moi de vous poser d’abord une question. »
Mia prit la parole avec précaution.
« Avez-vous connaissance de cette affaire ? »
Elle sortit les documents qu’elle avait préparés et exposa clairement les circonstances de l’ancienne affaire de fuite de pierres de mana synthétiques illégales.
Gregory esquissa un sourire.
« Ah, oui, j’en ai entendu parler. Cette affaire me pèse également. Personne n’aurait pu prévoir un tel incident… Mais n’a-t-il pas été réglé depuis longtemps ? Le coupable a bien reçu la punition qui s’imposait. »
Mia posa le document et répondit :
« En tant que gardiens de l’Empire, les chevaliers ont le pouvoir de rouvrir n’importe quelle affaire. »
« … Je vois. »
À l’époque, Gregory avait fait porter toute la responsabilité à un dirigeant d’entreprise, qui avait été exécuté sans tarder. Un exemple parfait de bouc émissaire sacrifié pour sauver le reste.
« À vrai dire, cette affaire m’a profondément attristé, moi aussi. Tant d’employés diligents ont été sacrifiés à cause de l’avidité et du manque de vertu d’un seul homme… »
Gregory secoua la tête d’un air affligé.
« Pour quelqu’un qui tient de tels propos, vous n’avez pourtant versé aucune indemnisation digne de ce nom aux victimes. »
Mia lui répliqua sans détour.
« … »
Gregory se tut. Sa mâchoire se crispa un instant dans un grincement audible, mais il reprit vite contenance.
« À vrai dire, pour les indemnités… Je n’étais pas la personne responsable, chevalière Mia. Comme vous le savez, légalement, le criminel exécuté aurait dû verser des réparations, mais ce salaud ne possédait rien, alors… »
Gregory débita ces mots avec calme. Mia en resta bouche bée.
Il se donnait des airs de noblesse et de dignité, mais au fond, ce n’était qu’un avare.
Ce genre de type était encore plus exaspérant que les nobles ouvertement arrogants.
« Cet homme. »
À cet instant, Yulian lui tendit une photographie.
C’était celle d’Otto… non, d’Hermann.
« Vous vous souvenez de lui ? L’une des victimes. Hermann von Berg. »
« Ah, oui, je le connais. J’ai appris la nouvelle. Il s’était remarquablement remis de l’incident et était même devenu chevalier de l’Ordre des Sentinelles, puis ces salauds de la Faction révolutionnaire… Vous n’imaginez pas à quel point cette nouvelle m’a attristé. »
Gregory contempla le visage d’Otto sans parvenir à le distinguer de celui d’Hermann, le défunt. Les deux frères avaient beau se ressembler, il n’aurait pas pu les reconnaître : il n’avait jamais pris la peine d’aller voir les victimes en personne.
Mia fronça les sourcils.
« Hermann n’était pas la seule victime. Trente-trois personnes sont mortes à l’époque. Trente-trois. Leurs familles endeuillées ont envoyé des documents à notre Ordre pour nous informer qu’elles comptaient vous accuser et vous poursuivre en justice. »
« “Vous”… »
La manière dont elle s’adressait à lui sembla gêner Gregory, mais il répondit tout de même :
« Ainsi, c’est ce que ressentent les familles endeuillées. Ma foi. C’est inattendu. »
Il écarquilla de nouveau les yeux, comme s’il était sincèrement surpris.
Une expression de façade. Derrière, on devinait son mépris et son sentiment de supériorité.
Yulian fixa Gregory sans ciller.
« C’est regrettable. Très regrettable… Mais pourriez-vous me donner leurs noms ? »
« Pourquoi voulez-vous connaître leurs noms ? »
« … Enfin, peu importe. Je les découvrirai un par un plus tard. »
Gregory promena son regard de Yulian à Mia, puis fronça légèrement les sourcils et croisa les jambes. Il expira bruyamment et se frotta les sourcils avec vigueur.
Puis il laissa échapper un petit rire las avant de reprendre :
« Alors, que comptez-vous faire maintenant ? La chevalière Mia va-t-elle m’inculper ? Ou bien le chevalier Yulian ? »
Gregory posa les yeux sur Yulian.
« Le chef de la maison Askar se porte bien, je suppose ? J’ai d’ailleurs dîné avec lui le mois dernier. »
Il leur jetait au visage ses relations et son influence, mais Yulian ne daigna même pas répondre. Il fit simplement signe à Mia du regard.
Mia reprit la parole :
« Ce n’est pas nous qui avons été chargés de l’affaire. Le chevalier désigné est en déplacement, alors… »
« Ah, vraiment ? »
Gregory lâcha un bref rire. Cette fois, c’était un ricanement : il avait enfin laissé tomber le masque.
« Alors pourquoi êtes-vous venus, si vous n’êtes même pas les chevaliers chargés de l’affaire ? Vous avez donc si peu à faire ? »
Mia sortit de son manteau une convocation officielle frappée d’un sceau rouge et la fit glisser sur la table.
Dans la case « Chevalier chargé de l’affaire », on pouvait lire :
[ Maximilian von Albrecht Ebenholtz ]
« … Ah. »
À la vue de cette seule signature, Gregory perdit toute contenance.
…
« Une lettre est arrivée. »
À la résidence de Sebestian Ebenholtz, commandant suprême de l’armée impériale, Engi remit respectueusement une lettre au sceau coûteux de Gregory.
« … »
Sebestian suspendit un instant l’examen de ses documents. Il prit la lettre et parcourut son contenu d’un regard distrait.
C’était une longue supplique désespérée de Gregory, qui le priait d’empêcher l’enquête ciblée de Maximilian.
Il y évoquait avec insistance leurs anciens liens, le jour où ils s’étaient rencontrés enfants dans la haute société, l’amitié qui unissait les précédents chefs de leurs maisons, et ainsi de suite.
« Pitoyable. »
Pourtant, le regard de Sebestian se chargea d’un mépris plus profond encore. C’était précisément le genre de requête qu’il détestait le plus.
Si ce salaud avait été prêt à risquer un conflit politique entre leurs maisons, Sebestian aurait peut-être au moins épargné sa vie. Mais cette pitoyable démonstration de soumission lui soulevait le cœur.
« Qu’ordonnez-vous, Commandant ? »
Sebestian froissa la lettre. Floc. Il la jeta dans la corbeille et répondit :
« Un père ne se mêle pas des affaires de son fils. »
Un sourire satisfait passa discrètement dans les yeux bridés d’Engi.
À vrai dire, ce n’était pas la première demande de ce genre.
Chaque fois que Maximilian tuait quelqu’un, le renvoyait devant la Cour des chevaliers ou le convoquait, d’innombrables personnes écrivaient à Sebestian dans un ultime effort désespéré.
Sebestian les ignorait toutes.
Comme il l’avait dit, un père ne se mêlait pas des affaires de son fils.
« … Oui. Compris. »
Engi inclina légèrement la tête et se tourna pour partir, puis ajouta soudain :
« Ah. Il semblerait que le chevalier Maximilian soit encore parti vers l’est aujourd’hui. »
Sebestian garda les yeux rivés sur ses documents et ne répondit pas.
« Il paraît très occupé par les affaires diplomatiques. »
Toujours aucune réponse. Il semblait indifférent, et l’était sans doute réellement.
Pour Sebestian, il était tout naturel que l’héritier des Ebenholtz agisse au nom de l’Empire…
* * *
J’arrivai à l’est, à Lobrus. Comme cette visite ne figurait à aucun programme diplomatique officiel, il n’y eut ni grande revue d’honneur ni foule venue m’accueillir.
Zerof, le Commissaire du peuple aux Affaires intérieures de Lobrus, vint tout de même me saluer en personne.
« Cela fait longtemps. »
Zerof était l’un de ceux qui convoitaient depuis peu la deuxième place, depuis la purge de la maison de Yelena.
Il finit par devenir numéro deux, mais, lui aussi, était condamné à ne pas échapper à la tempête de lames de la Grande Purge.
On appelait cela se débarrasser des chiens une fois la chasse terminée.
… Soit dit en passant, moi, c’était différent.
« C’est un plaisir, commissaire Zerof. »
Je souris faiblement et lui serrai la main. Il était petit, et sa main l’était tout autant.
« Oui, duc Ebenholtz. Qu’est-ce qui vous amène cette fois ? »
Il s’adressait à moi comme à un Ebenholtz, pas comme à un chevalier.
« Le tourisme. Lobrus m’a tellement séduit la dernière fois que j’ai eu envie d’y revenir. »
Le tourisme. Zerof accueillit cette réponse absurde avec un sourire et me désigna la voiture officielle.
« Je vous en prie, montez. »
« Bien sûr. »
Nous nous installâmes à l’arrière. Zerof effleura le bord de son chapeau.
« Notre premier arrêt sera le Théâtre Balshor. Vous connaissez le ballet ? »
« Oui. »
« Parfait. Allons en voir un. C’est tout à fait artistique. »
Zerof paraissait parfaitement détendu. Il devait être certain de devenir le numéro deux de Lobrus, mais les obstacles ne manqueraient pas avant qu’il n’accède à ce poste.
C’était déjà le cas avant ma régression.
« Ah. J’ai appris qu’un incident impliquant la Faction révolutionnaire avait récemment eu lieu dans l’Empire. Un valeureux chevalier y a malheureusement perdu la vie… »
Il faisait allusion à la mort d’Hermann. En réalité, il cherchait probablement à me provoquer à moitié.
Alors, l’un de vos fiers chevaliers a été tué par quelque chose d’aussi insignifiant que la Faction révolutionnaire.
« Oui. C’est regrettable. »
J’arborai moi aussi un léger sourire et ajoutai :
« Mais ne croyez pas que la Faction révolutionnaire n’existe que dans l’Empire. »
« … ? »
Zerof marqua une pause. Il me regarda d’un air méfiant.
« Ses membres sont profondément insatisfaits de l’ordre actuel. Et ils sont répandus sur tout le continent. Ils rêvent d’une égalité totale et d’une république. »
Vroum.
Le moteur gronda bruyamment. Assis dans cette voiture officielle qui ressemblait davantage à un camion, je poursuivis :
« L’Alliance orientale et Lobrus ne sont pas de véritables républiques non plus, n’est-ce pas ? »
Une dictature à parti unique. Une forme d’oppression que la Faction révolutionnaire haïssait tout autant.
Les Izenheim étaient clairement le moteur de la Faction révolutionnaire, mais la cause qu’ils défendaient était l’égalité et la liberté.
C’était pourquoi la Faction révolutionnaire elle-même s’était divisée en plusieurs factions.
« Ils entretiennent un vague fantasme de la république comme système politique. À la moindre occasion, ils n’hésiteront pas à allumer une étincelle ici, à Lobrus aussi. »
Zerof hocha la tête d’un air grave, comme s’il m’écoutait attentivement.
« On dirait que cet incident a profondément marqué le duc Ebenholtz. »
Je haussai légèrement les sourcils et changeai de sujet.
« J’ai appris que Yelena avait été purgée. »
« … Ah, vous êtes déjà au courant ? »
Une étrange satisfaction se peignit sur le visage de Zerof.
« En fait… »
Il baissa la voix et me confia cela d’un ton complice :
« Ça ne s’est pas arrêté à la purge… Elle a été abattue alors qu’elle tentait de fuir. »
« Vraiment ? »
Je feignis moi aussi la surprise.
« Oui. Voilà le sort qui attend les traîtres. »
Ils avaient échoué non seulement à la capturer, mais aussi à la tuer. Craignant d’être réprimandés, ils avaient simplement falsifié leur rapport en prétendant qu’elle était morte.
Une surenchère de démonstrations de loyauté. Et une bonne nouvelle pour nous.
Si Yelena était officiellement morte, il nous serait bien plus facile de nous servir d’elle désormais.
« Hmm… »
Je portai les doigts à mon front et soupirai, feignant d’être contrarié.
« Y a-t-il un problème ? »
« J’avais conclu avec la députée Yelena un contrat d’approvisionnement exclusif en caviar. Me voilà donc dans une situation délicate. »
« Ah, hahaha ! N’ayez crainte, messire chevalier. Je reprendrai moi-même ce contrat, en bonne et due forme, sous mon propre nom. »
Il rit de bon cœur et s’empressa de proposer de reprendre le marché.
« Si c’est vous, commissaire Zerof, je peux dormir tranquille. »
J’entrai dans son jeu. Tandis que nous parlions, la voiture arriva devant un grand théâtre de Lobrus.
Le Théâtre Balshor. Une destination touristique assez célèbre que je voulais visiter depuis longtemps.
« Commissaire Zerof ? »
« Oui ? »
Mais avant de descendre de voiture, je décidai de lui exposer d’abord le véritable motif de ma visite.
De toute façon, l’endroit était sur écoute. Le chauffeur, le personnel du théâtre et probablement presque tous ceux qui m’entouraient appartenaient à la redoutable police secrète de Lobrus, ou étaient des Adversaires.
« Permettez-moi de vous révéler d’abord le véritable motif de cette visite touristique. »
Je regardai Zerof droit dans les yeux.
« J’ai appris qu’un grand nombre d’Impériaux étaient passés à Lobrus. »
« … Vous parlez des transfuges ? »
demanda Zerof.
Ceux qui avaient fui l’oppression de l’Empire, ou qui en avaient été expulsés avant de passer à l’est.
Lobrus les avait accueillis et les utilisait à des fins de propagande et pour mener des attaques contre l’Empire.
Une lueur étrange passa sur le visage de Zerof.
« À présent… »
Des membres de la Faction révolutionnaire, ou des intellectuels et des éléments impurs qui s’étaient rangés à leurs côtés.
Lobrus gardait en vie et utilisait comme ressources d’État les gens que l’Empire aurait exécutés.
« Il est temps de conclure une véritable affaire, commissaire Zerof. »
Je le regardai et lui adressai un sourire appuyé.
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