Chapitre 191
WeTried Translations
Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ L’Impérialiste réticent
Chapitre 191
──────
Les jours changent
« — Capitaine Bernhardt. Capitaine Adel. »
Dans le grand hall du commandement impérial, les deux soldats se tenaient sur l’estrade et recevaient leurs plaques. On leur épingla des décorations sur la poitrine et on leur passa des médailles autour du cou. Ils contemplèrent d’un air absent ces honneurs et leurs nouveaux insignes de grade.
« À partir de maintenant, consacrez-vous à l’Empire et à l’armée avec une loyauté qui vous pénètre jusqu’aux os et à la chair. En tant qu’épée immaculée et bouclier de Sa Majesté, gardez la fierté au cœur et avancez sans faiblir… »
Pourtant, tous deux ne purent regagner la 7e brigade de grenadiers blindés de l’Est. Cette mesure avait été prise dans leur intérêt.
Ils demeuraient malgré tout des soldats de l’Empire. Adel et Bernhardt restèrent quelque temps au quartier général, choisirent un poste-frontière et furent affectés à la 2e division de défense de la frontière orientale.
« … J’ai la tête qui tourne. »
Un jour, alors que ces affaires touchaient enfin à leur fin, sous un vieil arbre du jardin arrière du quartier général,
Adel et Bernhardt se retrouvèrent.
« Hé, Adel. »
« … »
Adel regarda Bernhardt sans mot dire.
« À partir de maintenant, tu restes sous mes ordres. »
« … Ha. »
Adel laissa échapper un rire incrédule.
« Juste un demi-pas derrière moi. Je t’ai aidé, cette fois, non ? Si les choses avaient tourné ne serait-ce qu’un peu autrement, tu serais mort dans cette cellule d’isolement sans que personne le sache. »
Bernhardt bomba le torse et s’attribua tout le mérite.
Adel se contenta de secouer la tête.
« Bien sûr. Fais comme tu veux. »
Cette réponse facile sembla rendre Bernhardt encore plus gêné. Il sortit de sa poche un rapport froissé.
« … Tu as vu ça ? »
C’était le rapport rédigé après la purge.
Parmi les deux cent quatre-vingts exécutés, la proportion de ceux qui avaient été identifiés comme des sous-espèces était extrêmement élevée.
« Je te l’ai dit. Ceux qui ont quelque chose à cacher ont toujours des intentions cachées. »
La cupidité pouvait aveugler quelqu’un et le pousser à la corruption.
Mais encourager la corruption et la propager comme une peste, c’était une tout autre affaire.
« Même dans l’armée régulière, il y avait des salopards comme eux. Ce n’est pas une petite affaire. Nous, les Aran, on doit rester soudés, bon sang. »
« … Alors arrête de glander tout le temps. Tu me refiles toute la paperasse et après… »
« C’est précisément pour ça qu’on a inventé la répartition des tâches. »
Bernhardt se tapota la tempe et esquissa un sourire malicieux.
« J’ai le sens de la stratégie. Tu le sais. »
Deuxième en tactique et en stratégie. Premier au tournoi d’échecs.
C’était à peu près le palmarès de Bern à l’académie.
« Mon cerveau brûle une quantité absurde d’énergie, alors je ne peux pas aussi faire tourner mon corps à plein régime. C’est pour ça qu’il faut associer ta précision obsessionnelle à mon instinct. »
Bernhardt passa un bras autour des épaules d’Adel et ajouta d’un ton grave :
« C’est seulement comme ça… »
qu’ils pourraient survivre.
Cette plaine orientale était encore gravée dans leur mémoire.
Le visage de Maximilian, sa voix, même le geste de la main qu’il avait fait en ordonnant les exécutions, tout leur revenait comme si cela s’était passé la veille.
« Enfin. Si on continue comme ça, on finira bien par s’en sortir. »
Adel avait survécu. En contrepartie, des centaines de soldats étaient morts.
Eaton Weiss, autrefois commandant très respecté dans l’Est, n’était plus rien, et même la maison Weiss était tombée en ruine.
Tout ça à cause d’un seul homme.
Puis,
« Capitaine Adel. Capitaine Bernhardt. »
Un officier messager du quartier général s’approcha soudain, salua et leur tendit une enveloppe contenant un document.
« Voici une annonce de promotion pour vous deux. »
« … Des promotions ? »
« Oui. »
Adel et Bernhardt échangèrent un regard.
Quelques semaines à peine s’étaient écoulées depuis leur dernière promotion.
« La cérémonie officielle de nomination aura lieu dans deux mois. »
Était-ce parce qu’on avait reconnu leur rôle dans l’éradication de la corruption à l’Est, alors que le front oriental manquait désormais d’effectifs après la purge massive ?
Ou bien était-ce dû à un seul mot prononcé par quelqu’un ?
« Il y avait aussi un message de cette personne : “Je vous surveille.” Félicitations. Loyauté. »
Le messager s’en alla.
Ces paroles révélaient clairement qui était à l’origine de cette promotion.
Peut-être cela avait-il été évident dès le début. Une promotion exceptionnelle de deux grades, surtout de lieutenant à major, était presque impossible pour un soldat.
« … »
« “Je vous surveille”… »
Les deux hommes ne purent donc que fixer d’un air absent les enveloppes de promotion.
— Fffffou.
Le vent agita leurs cheveux, qui n’étaient même pas si longs.
* * *
La guerre n’était plus très loin. Il restait tout au plus quatre ou cinq ans.
Ces derniers temps, cette réalité commençait à me peser. Il me suffisait de flâner dans les rues de l’Empire pour la sentir.
« Entrée interdite aux sous-espèces »
« Izenheim et Mer strictement interdits ! »
Des pancartes ouvertement hostiles étaient accrochées à toutes les vitrines.
« Ces salauds de Mer sont des voleurs jusqu’à la moelle. »
« Ne pariez jamais avec ces enfoirés. Ils trichent à chaque fois. »
Des paroles haineuses et méprisantes, lancées sans réfléchir, résonnaient de toutes parts dans les rues.
« Hé ! J’ai entendu dire que ta mère est une Izenheim ! »
À l’entrée d’une ruelle, des enfants lançaient des pierres et se moquaient d’un autre enfant.
C’était un processus naturel d’autopurification, bénéfique à l’humanité, mais…
« Sale rejeton de monstre ! Dégage ! »
Alors que je poursuivais mon chemin, une question me traversa soudain l’esprit.
Cet enfant n’était pas une Izenheim. Pourtant, on l’insultait parce que sa mère en était une.
Si les paroles de ces enfants étaient vraies, une Izenheim avait-elle adopté un enfant qui n’en était pas une afin de dissimuler son identité ?
C’était tout à fait possible.
Et inévitable, en même temps.
Le sacrifice du petit au profit du grand.
Tant que la cause était la survie du monde, nous ne pouvions nous permettre de choisir nos moyens.
… Lorsque j’eus fini de retourner ces pensées dans ma tête, j’étais arrivé à destination.
Devant une église du 19e district. Un nombre considérable de policiers armés y étaient déjà rassemblés.
« Loyauté ! »
Le chef de la police se précipita vers moi et me salua. J’entrai dans l’église sans un mot.
L’intérieur était dévasté.
Les lieux avaient été saccagés pendant la répression. Les religieuses s’étaient blotties, terrorisées, dans un coin et, au centre, des gens en haillons étaient ligotés. Ils étaient couverts de sang, comme s’ils avaient été roués de coups.
« Messire chevalier, permettez-moi de vous exposer l’affaire ! Nous avons reçu un signalement : cette église cacherait illégalement des vagabonds non identifiés et des sous-espèces ! »
Le chef fit son rapport avec un air triomphant. J’examinai lentement les silhouettes agenouillées. Un homme sans jambes, qui s’appuyait sur des béquilles.
Un homme dont la moitié du visage était déformée par des brûlures. Une femme aveugle, manchote.
« … »
Mon cœur resta calme tandis que je les observais.
Pas une seule Izenheim parmi eux.
« De plus, pas une seule des religieuses ici présentes ne possède de registre généalogique ! Pas une seule ! »
Le chef désigna les religieuses.
« Elles doivent être des éléments impurs liés à la Faction révolutionnaire, ou des sous-espèces ! »
Les policiers exultaient. C’était probablement une question de statistiques de résultats.
« Non ! »
Une jeune religieuse n’y tint plus et s’écria, les larmes aux yeux :
« Nous sommes des Aran nées et élevées dans l’Empire ! Et ces gens ne sont que de pauvres âmes sans nulle part où aller ! »
« Cette salope est folle ? Comment osez-vous ouvrir la bouche devant messire chevalier ! »
Au moment où un sergent levait sa matraque, un homme s’avança pour protéger les religieuses.
De légers pas troublèrent le silence de l’église.
« … Pardonnez-nous. »
Un vieux prêtre, protecteur de cette église délabrée, baissa la tête et parla à voix basse.
« … »
Je contemplai son visage un instant.
Je le connaissais.
La véritable raison de ma venue en personne, c’était ce prêtre.
« Cependant, messire chevalier… »
Le passé,
ce passé qui vivait encore dans ma mémoire.
L’homme qui avait autrefois caché le criminel recherché Maximilian Ebenholtz.
« Nous n’avons commis aucun crime. »
Il me regarda droit dans les yeux.
Je soutins son regard et déclarai :
« En vertu de la “Loi civile impériale”, l’exploitation et les activités de tous les lieux de culte au sein de l’Empire ne sont autorisées qu’aux Aran de sang pur. »
Gloups. Les policiers près de moi se raidirent sans raison, et même le chef recula discrètement d’un pas.
Le prêtre répondit calmement :
« Nous sommes des Aran nés et élevés ici. »
« Aucune preuve, aucune preuve ! Vous n’avez pas de registres généalogiques et vous prétendez être des Aran ? »
Le même sergent cria, le visage rouge.
« Regardez, messire chevalier ! Regardez ces gens. Ils sont tous estropiés, amputés de membres. Ils ont forcément été blessés en commettant une trahison et se sont réfugiés ici ! Et lui, il a caché des hommes comme… »
« Sergent. »
« O-oui, messire chevalier ! »
« Vous parlez trop. »
À ces simples mots, il resta bouche bée, comme une grenouille.
« À l’avenir, parlez moins. »
« … »
« Attendez dehors. »
« … ! »
Le sergent quitta l’église sans un mot de plus. Les autres policiers se dépêchèrent de sortir à sa suite.
Il ne resta plus que moi, le prêtre, les religieuses effrayées et les malades.
« Hum. »
Je m’assis sur un banc de bois. Crrr. Ces planches avaient déjà grincé à l’époque, comme de vieux cordages.
« Père. »
« Oui. Je suis Ast. »
« Père Ast. Qu’est-il arrivé aux registres généalogiques ? »
À ma question, le père Ast baissa la tête, l’air amer.
« … Ils ont été perdus. »
Ce qui se cachait derrière cette réponse.
Les circonstances dissimulées derrière le mot « perdus ».
Et l’absence d’Izenheim, ici.
Je compris aussitôt.
« Quelqu’un les a volés et s’est enfui. »
« Non. Ils ont été perdus. »
C’était à peu près ce à quoi je m’attendais.
Depuis l’entrée en vigueur de la « Loi civile impériale », les registres généalogiques originaux prouvant une ascendance aran de sang pur avaient acquis une grande valeur.
Plutôt que de fabriquer de piètres faux, il était bien plus sûr et plus courant de voler un véritable registre généalogique aran, d’en effacer l’encre et d’y inscrire un nouveau nom pour blanchir une identité.
« Alors, en fin de compte, vous n’avez plus aucun registre ? »
Le prêtre garda le silence.
« … »
Je le regardai longuement. Dans le silence, les sanglots des religieuses résonnaient dans la pièce. Le visage du prêtre s’assombrit lui aussi.
Je souris de nouveau, faiblement.
« Pourquoi cet air si grave ? »
À mesure que l’Empire se teintait inévitablement de mépris et de discrimination, cet endroit était l’un des rares où subsistait encore un peu de chaleur.
« Je comprends. »
Je parcourus du regard les malades ligotés au sol. La plupart avaient les cheveux blond pâle et les yeux dorés.
« Parfois, les gens ont besoin de la paix que procure la religion. »
Leur sang contenait peut-être un peu de celui d’autres races, mais au moins, ils n’étaient pas des Izenheim.
Je n’avais donc aucune raison de me salir davantage les mains.
« Père Ast. »
Je me levai et m’avançai devant lui.
« J’accepterai que vos registres généalogiques aient été volés. »
Je plongeai mon regard dans celui du prêtre, bien plus jeune que l’homme au visage ridé dont je me souvenais d’avant ma régression.
« Si vous êtes nés et avez vécu ici depuis des générations, vous devriez pouvoir réunir des témoignages de votre entourage. »
Les témoignages avaient suffisamment de poids pour servir de preuves.
« Quant à ces gens que le père Ast a recueillis… »
Je les désignai du doigt. Les épaules du prêtre se raidirent.
« Ils ne sont peut-être pas tous des Aran de sang pur, mais ceux qui ne font que recevoir l’aumône et de l’aide ne sont pas soumis à la “Loi civile impériale”. »
Autrement dit, ils étaient innocents.
Le prêtre poussa un soupir de soulagement et je me détournai en silence.
« … Cependant, l’essentiel est que vous protégiez vous-même ce qui vous est cher. »
En ouvrant la porte de l’église, j’ajoutai à voix basse, par-dessus mon épaule :
« Si vous n’y parvenez pas… »
Un jour, vous ne pourrez plus protéger ce qui vous tient vraiment à cœur.
À mes paroles, le prêtre ferma doucement les yeux. Il inclina légèrement la tête en signe de gratitude.
Crrrr…
En sortant de l’église, je sentis des yeux posés sur moi.
Filty.
Comme toujours, elle m’observait avec attention.
…
« … Nous sommes désolés ! »
Dehors, dans une ruelle tranquille, le chef et les autres policiers s’étaient jetés face contre terre.
Pour être clair, je ne leur avais jamais demandé de le faire.
« Vous n’avez pas à vous excuser. Vous n’avez fait que travailler consciencieusement pour protéger l’ordre public impérial. »
Je les regardai de haut et pris la parole.
« Mais, dans toute enquête, la précision est primordiale. Si vous qualifiez à la légère ce prêtre et ces religieuses de sous-espèces et bâclez l’affaire, qu’arrivera-t-il ? »
Les policiers tressaillirent.
« Les criminels sous-espèces, ces vermines qui ont volé leurs registres généalogiques, pourront alors se faire passer pour de vrais Aran et bénéficier de la protection de la loi impériale. »
« Nous sommes désolés ! Nous sommes désolés ! »
Les policiers répétèrent leurs excuses.
« Relevez-vous. »
Ce n’est qu’alors qu’ils se relevèrent maladroitement, et je scrutai leurs visages sans émotion.
Pas d’Izenheim parmi eux non plus.
Était-ce une journée de chance ?
Ou plutôt, une journée de malchance ?
Pour ces policiers, c’était sans doute une journée très chanceuse.
« À partir de maintenant, retrouvez la personne qui a dénoncé cette église. Leurs registres généalogiques ont été volés, puis ils ont fait l’objet d’un signalement. Voilà une coïncidence bien curieuse. »
« C-comme on pouvait s’y attendre de vous, messire chevalier ! Nous nous en occupons tout de suite ! »
Le chef répondit d’une voix forte, et je fis signe à l’adjudant près de moi.
L’adjudant sortit de son manteau une épaisse liasse d’enveloppes remplies d’argent.
« … Messieurs. Voici une prime que messire chevalier Maximilian vous accorde, à vous, les agents de sécurité, pour le travail que vous avez accompli. C’est une récompense pour votre dévouement : prenez chacun une enveloppe. »
Les policiers hésitèrent. Ils échangèrent des regards, puis s’alignèrent discrètement devant l’adjudant.
« Le chef d’abord. »
« … Ah. Oui. Merci. »
« Allez, avancez. Ne convoitez pas celle du voisin. Elles contiennent toutes la même somme. »
Comme je l’ai dit maintes fois, dans ce contexte, un chevalier impérial ne peut être accusé de corruption. Cela relève de ses fonctions de contrôle.
« … Oh ! »
« Hein ! »
Les policiers prirent les enveloppes, déconcertés, puis en vérifièrent le contenu et affichèrent de grands sourires. Ils s’inclinèrent à plusieurs reprises.
Je me tournai pour monter dans la voiture.
« Édition spéciale ! Édition spéciale ! »
Soudain, un crieur de journaux accourut de loin en hurlant à pleins poumons.
Flap. Flap. Flap.
Je ramassai une feuille parmi les journaux qui s’éparpillaient.
Un titre imprimé en grosses lettres rouges.
[ La Balkanie déclare soudainement la guerre ! ]
« La Balkanie… »
La Balkanie était un État péninsulaire qui s’avançait au sud-ouest de l’Empire.
Son territoire était assez vaste, et sa topographie en faisait un point stratégique.
Au nord de la péninsule se trouvaient Zerpa et la République de Prozen à l’ouest, tandis qu’à l’est elle bordait le territoire autonome de Gennen, appartenant à l’Empire, et Bolska, dans l’Alliance orientale. Les frontières s’y superposaient, formant ce que l’on appelait la « gorge » du continent.
« Édition spéciale ! La Balkanie a envahi le Mekerel ! Édition spéciale ! »
Sans crier gare, la Balkanie avait déclenché une guerre.
Sa cible était le Mekerel, à l’extrême sud du continent, un État confédéral indépendant de tribus, situé très, très loin au sud de l’Empire.
Pour justifier son invasion, elle avançait l’argument absurde qu’il y a plus de cinq cents ans, les deux régions avaient été unifiées sous une même dynastie.
« … Et alors ? »
« Il est où, le Mekerel ? »
Les citoyens impériaux semblaient plutôt indifférents, mais cet événement allait ébranler la politique continentale.
Dès lors, les puissances de l’union occidentale, comme Prozen et Itelik, condamneraient aussitôt la Balkanie, publieraient chaque jour des déclarations la dénonçant comme agresseur illégal et adopteraient de sévères résolutions de sanctions.
Même Lobrus, déjà en proie au chaos à cause de purges internes, allait probablement en rajouter une couche.
[ Varmil, secrétaire général de Lobrus, condamne fermement : « La Balkanie doit immédiatement mettre fin à ses actes barbares de violence armée ! » ]
Un truc dans ce genre.
Quelle position l’Empire avait-il adoptée avant ma régression ?
Alors que toute la communauté internationale dénonçait la Balkanie comme un pays agresseur et lui tournait le dos, l’Empereur avait parié exactement à l’inverse.
Il avait tendu la main à la Balkanie, isolée diplomatiquement, avant de conclure avec elle une alliance militaire.
Pour l’Empire, c’était le pire choix possible.
Bien sûr, même sans la Balkanie, l’Empire serait tombé, mais les théoriciens militaires du continent avaient jugé ainsi l’alliance impériale-balkanienne :
« Trois divisions suffisent à l’Empire pour écraser la Balkanie. Mais si la Balkanie est son alliée, il faut plus de dix fois cette force pour seulement contenir les ennemis qui déferlent depuis ses frontières. »
En résumé, un pays beaucoup trop incompétent pour être conservé comme allié.
Dès que la Balkanie s’était alliée à l’Empire, elle était devenue le pire des fardeaux : elle entraînait l’Empire vers le bas et engloutissait ses ressources sans fin.
« … Tss. »
Je froissai le journal et le jetai par la fenêtre de la voiture.
Cela aussi était inévitable.
À partir de maintenant, je devais briser cet avenir par tous les moyens nécessaires.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>