Chapitre 168
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 168
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Extraction d’un agent (2)
Le père de Yelena, Kirov Yumanov, était nationaliste. Il ne vouait pas un culte aveugle au sang pur Aran comme le faisait l’Empire, mais il plaçait la tribu Sled au-dessus de tout et nourrissait une profonde hostilité envers les Izenheim et les autres sous-espèces.
À vrai dire, Kirov n’était pas le seul à penser ainsi. C’était l’opinion générale des puissants de l’Est.
Du point de vue d’un Secrétaire général Izenheim, ils ne pouvaient donc pas les laisser en vie.
« Ils ont probablement trouvé des preuves qu’ils ne pouvaient pas ignorer. »
Je tendis à Yelena l’uniforme d’un soldat de Lobrus. Elle se changea en un instant.
« La preuve que le Secrétaire général est Izenheim ?
— Oui. À tout le moins, une preuve irréfutable qu’il appartient à une sous-espèce. C’est pour ça qu’ils ont dû réduire tout le monde au silence au plus vite. »
Bien sûr, ils auraient fini par lancer la Grande Purge pour placer des Izenheim aux postes clés du pouvoir. Mais cette soudaine précipitation ne pouvait venir que de là.
Yelena rajusta sa manche et dit : « Mais j’ai entendu dire que l’Empire considérait aussi la tribu Sled comme une lignée métissée à éradiquer. Est-ce que je vous conviens quand même ? »
« Eh bien, l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Le concept de “lignée quasi admissible” s’applique aussi aux individus. »
C’était précisément ainsi qu’avait été conçue la clause d’exception de la loi.
« Quelle loi arrangeante. »
« Oui. La loi n’est pas un but, seulement un outil. »
À cet instant, le véhicule arriva à un poste de contrôle.
« Arrêtez ! »
Des soldats de Lobrus lourdement armés accoururent. Sous les projecteurs, plus de dix canons de fusil étaient braqués sur nous. Je baissai calmement la vitre.
« Vos papiers d’identi— »
« Je suis le lieutenant-colonel Leonit, du ministère national de l’Intérieur. »
Je lui tendis aussitôt ma carte d’identité. Les yeux de l’officier s’écarquillèrent dès qu’il la prit.
Il l’examina plusieurs fois à la lampe torche pour vérifier qu’elle n’était pas falsifiée, puis lança : « Fidélité ! »
Il leva vivement la main pour me saluer.
« Bon travail. »
Je récupérai ma carte.
« Ah, excusez-moi, lieutenant-colonel. L’alerte maximale ayant été décrétée dans toute la capitale, nous devons vérifier non seulement votre identité, mais aussi votre autorisation de déplacement… »
« Contactez le poste de commandement par radio et vérifiez vous-mêmes, puis laissez-nous passer. J’escorte des documents classifiés. Chaque seconde compte. »
« M-mais… »
L’officier me regarda tour à tour, Yelena et moi. Je ne lui laissai pas le temps de réagir et appuyai aussitôt sur l’accélérateur.
« L-lieutenant-colonel ! Ah, bon sang ! »
« Hé ! Contactez le poste de commandement, tout de suite ! »
Leurs cris se perdirent derrière nous.
« … Vous avez infiltré un officier supérieur dans l’armée de Lobrus ? » demanda Yelena, stupéfaite.
Je jetai un coup d’œil au poste de contrôle qui rapetissait dans le rétroviseur et répondis d’un ton neutre : « Non. C’est juste une fausse carte. Il faudra sans doute dix à vingt minutes à ces salauds pour joindre le poste de commandement et comprendre qu’elle est fausse. »
Vroooom.
J’appuyai davantage sur l’accélérateur. Le véhicule militaire rugit et fila sur la route nocturne.
Mais la capitale de Lobrus était immense. Un autre poste de contrôle se dresserait bientôt sur notre route.
« Abandonnons la voiture ici. »
Je m’arrêtai dans un coin désert de la zone industrielle. Une fois sortis, je lançai les bombes incendiaires au mana que j’avais préparées et réduisis les preuves en cendres.
Fououou !
Tandis que les flammes dévoraient le véhicule, je repérai une minuscule marque codée dans la terre et soulevai une plaque d’acier.
Un passage circulaire s’ouvrit sous nos pieds.
Nom de code de l’opération : C’est sous la lampe qu’il fait le plus sombre.
Même les Adversaires auraient du mal à imaginer que nous abandonnerions le véhicule pour nous cacher aussitôt dans une planque toute proche.
« Descends. »
« Qu’est-ce que… ? »
Yelena resta un instant interdite, puis descendit l’escalier.
Boum.
Une fois en bas, j’allumai une lampe. Yelena me rejoignit, lâcha un rire sans joie et observa la pièce éclairée.
« … C’est quoi, exactement, cet endroit ? »
« Notre première base. »
L’abri souterrain était plutôt confortable. On y avait entreposé des vivres, de l’eau, du matériel médical et des armes.
« Pour l’instant, assieds-toi et tends la jambe comme ça. »
Mon regard se posa sur son mollet qui tremblait. Elle saignait abondamment depuis que nous étions montés en voiture.
« … Hum. »
Yelena s’assit sur une chaise et remonta son pantalon. La peau autour de la blessure par balle, sur son mollet pâle, avait pris une teinte violette brûlante.
Une balle empoisonnée.
« Les histoires sur les balles toxiques de Lobrus étaient donc vraies. Tout comme celles sur le thé noir empoisonné. »
« … Ils n’y recourent que contre les cibles importantes. »
« C’est probablement du poison de mana. Ne bouge pas. »
Heureusement, j’avais un antidote.
Je désinfectai la plaie, lui injectai du Komasol, puis l’entourai d’un bandage en pierre de mana.
Yelena supporta le traitement, la sueur froide lui dégoulinant du visage.
« Voilà. Mange, maintenant. »
Je lui tendis une ration de combat hypercalorique.
Pour les chevaliers et tous ceux qui maîtrisaient le mana, l’essentiel était toujours de manger. Chaque geste consommant du mana brûlait une quantité colossale de calories.
« … Merci. »
Yelena ne me remercia qu’après un moment. Je souris légèrement.
« C’est un marché. Pas besoin de me remercier. »
« … »
Elle observa mon visage, puis se mit à manger.
Croc. Croc.
Je pris une cuillerée de ration et la portai à ma bouche.
« Pas mauvais. »
Les sourcils de Yelena tressaillirent.
« Oui. »
C’était un prototype de ration de combat mis au point par l’Académie Lorenzo, et je la trouvais plutôt bonne.
Je devrais leur accorder une prime.
Nous mangeâmes en silence pendant un moment.
— Burp.
Yelena éructa soudain. Elle était à bout de forces, et ce ne fut qu’alors que la tension retomba enfin.
« Essaie de dormir, maintenant. »
« … On peut vraiment se permettre de se détendre comme ça ? »
« Oui. La nuit, les rues sont désertes, alors le moindre déplacement se remarque bien davantage. Il sera plus facile de bouger demain, en journée, au milieu de la foule. Et puis, avec cette jambe, tu ne peux de toute façon pas courir. »
Elle contempla sa jambe bandée, l’air absent.
« … »
Elle repoussa ses cheveux et s’adossa au mur de la planque.
« … J’ai encore l’impression de rêver. »
Sa voix sans chaleur mêlait autodérision et un soupçon de rire.
« Ma maison a été anéantie, et me voilà à me cacher sous terre avec un chevalier d’une nation ennemie. C’est d’un irréalisme absurde. »
Je souris légèrement, moi aussi.
« J’ai toujours cette impression. »
Je comprenais ce qu’elle voulait dire par « irréel ».
J’étais bel et bien mort.
Non, j’avais été à deux doigts de mourir.
Mais l’humanité avait péri avant moi, et j’étais revenu miraculeusement à mes vingt ans.
J’avais vu cet avenir dévasté.
« Mais… »
Pour empêcher la destruction, pour accomplir une cause supérieure, je devais continuer de brandir sans relâche une épée couverte de sang.
Et, au tout dernier instant, j’obtiendrais probablement le jugement de l’Histoire.
« Nous sommes encore en vie. »
Ssssh…
Le bruit de nombreux véhicules résonna au-dessus de nous et nous parvint faiblement par l’aération. Un courant de mana féroce balayait le sol dans tout le quartier.
Mais cette base souterraine bénéficiait d’un système de protection contre le mana perfectionné, conçu grâce aux technologies de l’Académie Lorenzo.
Leur magie de détection ne traverserait pas cette plaque d’acier.
« Le simple fait d’être en vie et de respirer… »
Je m’allongeai sur le sol et fermai les yeux.
« C’est ça, le plus important. »
* * *
Le jour se leva.
Nous retournâmes dans les rues bondées de la capitale de Lobrus.
Nous portions des vêtements miteux. Nous avions même volontairement barbouillé nos visages de suie et de crasse. Pour nous fondre parfaitement dans le décor, il suffisait de nous mêler aux employés de bureau qui se rendaient au travail, aux commerçants qui ouvraient boutique et à la foule pressée.
« C’est ici. »
Nous arrivâmes sans encombre à la deuxième base que j’avais préparée à l’avance. Vue de l’extérieur, elle ressemblait à une boulangerie ordinaire, mais un abri souterrain était aménagé sous des sacs de farine empilés.
« Il y a aussi une radio. »
Yelena haussa les sourcils et l’alluma.
[Une vaste opération est en cours contre les forces traîtresses, notamment les derniers membres de la maison Yumanov…]
Une voix monocorde, mêlée de parasites, s’en échappa.
« C’est probablement Zerof qui dirige tout ça. »
Elle retira son manteau et marmonna d’un ton amer. Puis elle remonta son pantalon et remplaça elle-même le bandage imbibé de sang.
[Des avis de recherche ont été distribués dans tout Lobrus. Nous demandons à la population de coopérer…]
J’éteignis la radio.
Fououou…
Le vent retomba sur les planches de bois.
Yelena s’allongea sur un lit de paille et ferma tranquillement les yeux. Je ne tardai pas à entendre ses ronflements. Elle s’était endormie.
Rien d’étonnant. Elle avait marché douze heures avec une jambe en charpie.
« … »
Je m’adossai au mur.
Je grappillai un peu de sommeil jusqu’à l’aube.
Et nous continuâmes ainsi à nous déplacer pendant plusieurs jours.
Le jour, nous marchions déguisés en citoyens ordinaires. La nuit, nous restions cachés dans les bases préparées à l’avance.
Il y avait bien sûr des postes de contrôle, mais les fausses cartes d’identité, les autorisations de déplacement falsifiées et le visage transformé de Yelena firent l’affaire.
« … Passez ! »
Un soldat jeta quelques coups d’œil à l’avis de recherche, puis au visage de Yelena, et nous laissa passer.
Yelena esquissa un sourire et murmura : « C’est étrange. Je n’ai mis que des lentilles et un dentier. »
« C’est la méthode la plus efficace. »
Les lentilles changeaient la couleur de ses yeux, le dentier modifiait la forme de sa mâchoire. Elle s’était même coupé les cheveux courts, comme un homme ; il aurait été étonnant qu’on la reconnaisse.
« … Mais si les choses tournent mal, pars sans moi. C’est moi qu’ils traquent. »
Yelena me jeta un coup d’œil en disant cela.
Je hochai la tête et répondis : « Oui. Ne te sens pas obligée. Je ferais évidemment la même chose. »
« Oh. Tant mieux. »
Et nous reprîmes notre chemin.
Un pas. Un pas.
Après plusieurs heures, alors que nous nous dirigions vers la frontière nord de Lobrus, la température chuta brusquement sous zéro.
Fouououou !
Bientôt, une tempête de neige assez mordante pour trancher les os nous engloutit.
« Il ne nous reste plus qu’à gravir cette partie. »
Je désignai le chemin devant nous.
Au nord de la capitale de Lobrus s’élevait une haute montagne enneigée. Une chaîne de montagnes s’étendait à perte de vue comme un rideau : Makete.
Yelena eut un sourire amer.
« … Je ne pensais pas que je gravirais encore cette montagne. »
« Le parcours n’était pas facile. »
« “Pas facile” est un euphémisme. C’est une épreuve obligatoire à l’école militaire. »
« Ça a l’air amusant. Allons-y. »
Nous entamâmes l’ascension depuis le pied de la montagne.
Crrr. Crrr.
Nous progressions sur la pente, qui semblait vouloir nous agripper les chevilles.
« Même au printemps, Lobrus est comme ça. »
Je le disais avec une véritable admiration.
Fouououou !
La tempête de neige était plus violente que l’hiver lui-même.
« Le nord de l’Empire n’est pas pareil ? » demanda Yelena.
« Non. Même dans le nord, les tempêtes de neige printanières ne sont pas aussi terribles. »
« Je vois. »
À mesure que nous avancions, la conversation s’éteignit.
Fiiiiou…
Le vent qui nous fouettait la peau était comme une lame.
« … »
« … »
Crrr. Crrr. Crrr. Crrr.
Personne ne parlait. Seuls nos pas s’enfonçant dans la neige résonnaient.
Nous grimpâmes, encore et encore.
« Oh. »
Je repérai un panneau planté dans la montagne.
« Nous sommes à mi-chemin. »
J’avais préparé une autre base non loin de là.
« Nous devrions bientôt trouver un refuge. »
« Tant mieux. »
« Comment va ta jambe ? »
« Elle est tellement en charpie que j’ai envie de me la couper. »
« Oui. Je vais le faire pour toi. Suis-moi. »
Au milieu de ces échanges absurdes, alors que nous avancions dans le champ de neige…
Fiiiiing.
Kiiiiing.
À travers le vent sauvage, un signal glacial, qu’aucune rafale naturelle n’aurait pu produire, effleura ma peau.
Je m’arrêtai.
Boum.
Le virus dans mon cœur se convulsa.
« Un ennemi. »
Je prévins Yelena et rabattis profondément la capuche de ma robe. Pourtant, le point de passage convenu à la frontière était encore loin.
Comment avaient-ils pu nous suivre à travers un territoire aussi vaste ? La question était vaine.
Ces espèces venues d’ailleurs, dont les sens dépassaient ceux des humains — les Izenheim — possédaient sans doute des capacités particulières que j’ignorais.
« Un ennemi ? »
« Oui. Il n’est pas loin. »
À peine eus-je répondu que…
Ssssh.
Des ombres noires surgirent de la tempête d’un blanc immaculé. Pour décrire au mieux la scène, c’était comme si elles avaient forcé l’espace à s’ouvrir et s’étaient glissées par la déchirure.
« … »
Les Adversaires, l’unité d’assassins d’élite de Lobrus.
Ils étaient exactement cinq. Trois étaient des Izenheim. Chacun d’eux était puissant.
En termes de puissance de combat, nous étions clairement désavantagés.
Aurais-je pu les vaincre dans mon état actuel ?
Impossible.
Le moment convenu n’était pas encore arrivé. À cause de la blessure de Yelena, nous avions pris du retard, et mon épée longue ne m’était toujours pas parvenue.
« Montrez votre visage. »
Leurs yeux étaient fixés sur Yelena, pas sur moi.
Fououou…
Au cœur de la tempête, Yelena expira.
« Haa… »
Elle me repoussa légèrement, s’avança la première et retira sa capuche.
« Oui. Je suis Yelena Yumanov. »
Les lèvres des Adversaires se tordirent légèrement. Un rictus. Leur regard se posa aussi sur moi, froid comme la glace.
« Cet homme est bûcheron. Il m’a simplement guidée contre un peu d’argent, sans même savoir qui j’étais. »
À ces mots, les Adversaires me dévisagèrent de la tête aux pieds. Ils ne sentiraient aucune présence de mana chez moi.
« Désolée pour ça. Voici votre paiement. »
Elle sortit quelques billets de sa poche et les jeta à mes pieds.
Alors que le vent tentait de les emporter, je les rattrapai en bredouillant maladroitement : « Euh, euh… »
Mon jeu devait être assez convaincant.
« … Je marcherai toute seule. »
Yelena s’avança vers eux. Elle tendit les deux mains devant elle, comme pour leur demander de la menotter.
« Vous avez aussi intérêt à me capturer vivante, non ? Vous avez beaucoup de questions à me poser. »
Les Adversaires ne répondirent rien. Trop parler, c’était montrer ses faiblesses.
Ils me jetèrent un dernier regard, puis menottèrent Yelena.
« Avancez. »
Je regardai en silence Yelena se faire ramener par le chemin que nous avions eu tant de mal à gravir.
Crrr. Crrr.
Je me remis en marche.
Crrr. Crrr.
Je poursuivis mon ascension.
Parce qu’au sol, j’étais désavantagé.
Au sol.
Je n’avais pas besoin de monter dans les airs.
Je levai la tête et aperçus une falaise au bord de mon champ de vision.
Plus je grimperais, plus ils devraient descendre.
Surtout…
Je vérifiai l’heure.
Je n’avais pas besoin de montre. Mon horloge interne me permettait de connaître l’heure exacte à la seconde près.
Bientôt, ma plus grande force de combat me reviendrait.
L’heure était venue d’emprunter la puissance de Schatz, cette force que j’avais nourrie avec rien d’autre que le meilleur.
* * *
Pendant ce temps, dans le jardin de l’Ordre des Sentinelles, sous la douce lumière printanière…
« … Tout est sens dessus dessous, ces derniers temps. »
Tiana s’approcha et s’assit avec précaution à côté de Jerome.
« … »
Jerome ne répondit pas.
Depuis quelque temps, les chevaliers roturiers des Sentinelles étaient accablés par le chagrin et l’impuissance.
C’était plutôt de la culpabilité et des remords.
Pour eux, Anton Jefren avait été bien plus qu’un simple commandant adjoint. Il les avait guidés, leur avait volontiers donné l’occasion de devenir chevaliers et leur avait enseigné l’honneur.
Il avait quitté l’Ordre en leur disant de ne rejeter la faute sur personne, mais les chevaliers pleuraient sa perte parce qu’ils n’avaient pas su protéger un homme comme lui.
« Ne vous fiez pas trop aux rumeurs du palais, messire chevalier. »
Tiana essaya d’alléger l’atmosphère d’une voix enjouée, mais le visage de Jerome se durcit.
« Les nouvelles qui nous parviennent sont difficiles à supporter. »
Ce qui les révoltait davantage, c’était la révélation sur la vie privée d’Anton, qui avait précipité sa chute.
Maximilian avait utilisé la douleur d’une fausse couche comme une arme.
« Il n’aimait clairement pas Anton. »
Anton avait délibérément écarté Maximilian de plusieurs missions de surveillance d’érudits impériaux et de personnalités importantes. Il craignait que Maximilian ne porte des jugements trop hâtifs sur les idéologies.
« Eh bien… »
Tiana eut un sourire amer.
Si l’on cherchait la cause première de la chute d’Anton, tous les indices ayant filtré du palais désignaient Maximilian.
Contre toute attente, Kairon n’avait même pas assisté à l’audience à huis clos.
« Nous sommes malgré tout des chevaliers. Ne faisons confiance qu’à ce que nous pouvons voir. »
Le regard de Jerome se figea.
« En ne faisant confiance qu’à ce que nous pouvions voir, nous avons laissé le commandant adjoint Anton en arriver là. Nous aurions d’abord dû nous préoccuper de ce qui nous échappait. »
Ding.
À cet instant, leurs terminaux émirent une alerte au même moment.
[Situation d’urgence : explosion de mana de grande ampleur dans le district central impérial 14, nombreuses victimes civiles.]
Leurs regards se croisèrent. Tiana et Jerome se levèrent en même temps.
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