Chapitre 161
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste réticent
Chapitre 161
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Blizzard (3)
Un camp.
Quel mot douloureux. Quel mot difficile.
Dans le futur qui avait précédé ma régression, l’Empire y avait massacré des dizaines de millions de personnes.
Une usine où la malveillance humaine se condensait sous sa forme la plus systématique et la mieux organisée, où l’on exterminait les races avec une efficacité maximale.
Des murs de béton gris s’étiraient à perte de vue, des barbelés et des miradors se dressaient comme des os au-dessus d’un terrain désolé… Le chantier n’était pas encore achevé.
J’avais lancé le projet de camp un peu plus tôt que prévu.
Il fallait que l’humanité exterminât au moins dix millions d’Izenheim.
Et il y avait tout autant d’individus d’autres races à sauver.
« C’est sinistre. »
Alors que je contemplais les lieux, quelqu’un s’approcha.
Kairon.
« Oui. Ceux qu’on enfermera ici n’ont pas besoin d’un joli paysage. »
Il eut un petit rire et hocha la tête.
« L’audience d’Anton va bientôt commencer. »
… Comme je m’y attendais, les camps de ce genre ne l’intéressaient pas.
« J’ai récupéré les lettres qu’Anton a échangées. On peut les interpréter comme des preuves d’impureté… Non, on a trouvé quantité de passages clairement impurs. »
Kairon était un homme transparent. Il avait gravi les échelons sans se soucier des moyens ni des méthodes, et la position qu’il avait convoitée toute sa vie était désormais à portée de main.
L’impatience devait le rendre fou.
« Oui. Ne baisse pas ta garde. »
À mon avertissement calme, Kairon acquiesça.
« Ah, au fait. On nous a confié une mission assez importante, cette fois. Tu connais la famille Yumanov, à l’Est, n’est-ce pas ? »
Mon sourcil tressaillit légèrement.
« Bien sûr. »
L’Alliance orientale était, littéralement, une alliance de plusieurs nations situées dans la partie orientale du continent. Mais l’essentiel de sa puissance provenait d’une seule hégémonie : Lobrus.
Une dictature à parti unique, immensément puissante, qui dominait de vastes territoires à l’est.
Pour faire simple, la maison Yumanov était l’équivalent de la maison Ebenholtz à Lobrus.
« Une descendante directe des Yumanov vient dans l’Empire. »
La lignée Yumanov ne comptait qu’un seul enfant.
Le Maximilian de l’Est arrivait donc dans la capitale impériale.
Un à un, des personnages que je n’aurais jamais pu rencontrer dans mon ancienne vie, faible et misérable, des géants dont j’aurais à peine osé croiser le regard, venaient désormais droit vers moi.
« Quoi qu’il en soit, c’est l’une des plus hautes dignitaires de l’Est. Il va donc de soi que l’Ordre des Sentinelles lui fournisse une escorte solide et assure sa surveillance. »
Kairon me lança un regard chargé de sous-entendus.
En ce moment, l’Empire et l’Alliance orientale se souriaient tout en dissimulant leurs couteaux. Pour l’instant, chacun traitait donc l’autre avec un certain égard.
« J’irai. »
Je répondis sans hésiter.
« Comme prévu, il n’y a personne de mieux que toi. »
J’avais le sentiment que je continuerais à assurer la protection des dignitaires étrangers à l’avenir.
« Mais reste prudent. Il se passe quelque chose d’étrange à l’Est, ces derniers temps. »
Kairon me surprit encore.
Grâce à son propre réseau de renseignement, il semblait avoir vaguement perçu les prémices de la Grande Purge.
« Un courant bizarre est en train de se former. »
Le Secrétaire général de l’Est allait bientôt commettre une folie.
Un acte incompréhensible visant à consolider son pouvoir : un massacre interne qui écraserait d’innombrables généraux et grandes familles.
« Oui. Je comprends. »
Bientôt, une tempête de neige mêlée de sang balaierait le continent.
……
Fouuuuu.
Aéroport militaire impérial numéro un.
Un avion de transport militaire, à l’allure bien différente des avions ordinaires et des avions de ligne, se posa sur la piste. L’emblème de Lobrus, une bête féroce rouge, figurait à l’avant du fuselage.
Je les observai et rajustai mes vêtements.
Kooooong !
La lourde soute s’ouvrit et des gens descendirent.
C’étaient tous des adversaires de l’Alliance orientale, chacun portant une épée réglementaire à la ceinture.
Boum.
À cet instant, mon cœur cogna dans ma poitrine.
Parmi les adversaires se trouvait un Izenheim.
Je m’y étais attendu.
Ils inspectèrent d’abord les alentours et formèrent une ligne d’escorte. Ce n’est qu’alors qu’une personne sortit de l’appareil.
Tac. Tac.
Des pas élégants. Des cheveux blond cendré, des yeux gris-bleu glacés. Une femme vêtue d’un manteau en peau de tigre leva les yeux vers le ciel chargé de grésil.
« Ah… »
L’héritière de la maison Yumanov, Yelena Ilinachina Yumanov.
« Êtes-vous le chevalier des Ebenholtz ? »
Tac. Elle s’arrêta à cinq pas de moi.
« Oui. Maximilian von Ebenholtz. »
« Chevalier Maximilian. Enchantée. »
Elle m’adressa un sourire radieux. Je le lui rendis et lui désignai la voiture qui nous attendait à côté.
« Voulez-vous que nous y allions ensemble ? »
« Hmm. Vous m’accompagnerez aussi, messire chevalier ? »
« À votre convenance. »
« Alors, allons-y ensemble. »
Elle parlait l’impérial avec aisance, mieux que la plupart des Impériaux de souche.
« Comme vous le savez, il y a eu récemment cet horrible attentat à la bombe dans l’ouest de Prozen. C’est un peu effrayant de voyager seule. »
Sa posture et sa façon de parler étaient celles d’une véritable aristocrate. Son étiquette, ses gestes, sa démarche, son expression : tout était parfaitement raffiné.
« Oui. Allons-y. »
Yelena s’installa à l’arrière. Je pris place à côté d’elle, à une distance convenable. Les adversaires nous suivraient dans des voitures préparées séparément.
Elle déclara : « À l’origine, je voulais visiter cette nouvelle usine, Aternum, mais on a refusé, sous prétexte qu’il s’agissait d’un secret d’État. »
« Oui. C’est regrettable. Si l’on n’est pas un citoyen aran pur-sang de l’Empire, il est impossible d’y entrer. »
Je répondis en regardant par la fenêtre. Yelena regarda elle aussi dehors.
« Je vois. L’Empire ne plaisante pas avec ce genre de choses. Nous ne devrions pas nous combattre, mais apprendre les uns des autres. »
« Vous avez tout à fait raison. »
Aucun de nous ne pensait ce qu’il disait, mais nos positions ne nous laissaient pas le choix.
Chaque phrase relevait de la diplomatie.
« Votre visite dans l’Empire est donc une simple escapade touristique ? »
« Haha. Oui, c’est bien cela. »
Elle se tourna vers moi et sourit des yeux.
« Je n’ai finalement aucun objectif particulier. Je suis simplement venue profiter de la belle culture de l’Empire. »
« Je vois. »
Nous parlâmes peu par la suite.
La voiture pénétra bientôt dans le centre de la capitale impériale. Les routes avaient déjà été dégagées pour nous.
« Un repas a été préparé pour commencer. »
Le restaurant le plus prestigieux : « Lilac Vita ».
Nous nous arrêtâmes devant l’établissement. En sortant ensemble, je lui présentai le bâtiment qui se dressait devant nous.
« Le meilleur restaurant dont l’Empire puisse s’enorgueillir. »
« Je le connais. Lilac Vita. C’est donc ici. Sa réputation a déjà franchi les frontières de l’Est. »
Nous entrâmes discrètement par la porte de derrière de « Lilac Vita ».
Une salle privée, semblable à une grotte de cristal, avait été réservée pour notre rencontre. Une grande table trônait dans cet espace étincelant, accompagnée de deux chaises seulement.
« Le repas de votre escorte est servi dans une autre salle. »
Les adversaires hésitèrent un instant, mais Yelena leur fit signe que cela ne posait aucun problème.
« À vos ordres. »
Leur réponse était assez inhabituelle.
Une fois que nous fûmes seuls à table, les plats du menu arrivèrent les uns après les autres.
Dès la première bouchée de l’amuse-bouche, ses yeux s’écarquillèrent.
« L’Empire regorge vraiment de mets délicieux ! »
Elle leva ensuite son verre de vin avec élégance. Je levai le mien à mon tour. Tintement.
Nous trinquâmes.
Après une gorgée, elle déclara soudain :
« J’ai entendu dire que le chevalier Maximilian avait défendu la « Loi civile impériale ». »
… J’étais devenu ce genre de personnage, à un moment ou à un autre. Si l’Empire perdait, je serais probablement le pire criminel de guerre de tous.
La situation était bien meilleure qu’avant ma régression, et j’avais même ménagé une marge de manœuvre au sein de cette loi, mais mon nom était devenu trop célèbre.
« Je m’attendais donc à quelqu’un de beaucoup plus farouche, mais vous n’en avez pas l’air. »
D’autres plats arrivèrent pendant qu’elle parlait.
Je pris mon couteau sans répondre.
« Vous n’avez pas l’air du genre à discriminer les races avec autant de dureté, messire chevalier. »
Je coupai un morceau de viande enrobé de truffe, le mangeai, puis regardai de nouveau Yelena.
Elle observait ma bouche avec curiosité ; je lui servis donc la réponse qui convenait.
« On n’y peut rien. Ce n’est pas de la discrimination, mais une différence. »
« Hmm. Une différence. J’ai entendu dire que l’Empire employait une catégorie appelée “sous-espèces”. »
« L’Est doit faire de même. »
À l’Est comme à l’Ouest, tous nourrissaient de la haine à leur égard.
Ils se contentaient de ne pas l’afficher ni de la mettre en pratique ouvertement, contrairement à l’Empire.
Yelena ne nia même pas cela.
« Parmi les sous-espèces, les Izenheim sont particulièrement des parasites indignes de confiance. Lobrus devrait aussi se méfier. Si des Izenheim occupent des postes clés, la société peut s’effondrer. »
« … Hmm. »
Elle posa un instant sa fourchette.
« Les Izenheim… Le Secrétaire général a aussi eu bien des soucis à cause d’eux, ces derniers temps. Certains intrigants répandent des rumeurs selon lesquelles le Secrétaire général serait un Izenheim. »
Elle me confiait délibérément une affaire interne à l’Est.
Était-ce une manière de me sonder ?
Très probablement.
Je dissimulai mon expression et répondis :
« J’espère que c’est faux. »
Mais, en même temps…
Clic.
Un son résonna dans ma tête, comme si une pièce venait de s’emboîter dans un puzzle.
Et si le Secrétaire général de Lobrus et dirigeant suprême de l’Alliance orientale, Varmil Makstun, était réellement un Izenheim ?
Dans l’histoire qui avait précédé ma régression, et qui n’était plus très loin désormais, il y avait eu la Grande Purge.
Pourquoi le dirigeant suprême de l’Alliance orientale avait-il décapité tant de généraux et de grandes familles, au risque de démanteler son propre commandement ?
Pourquoi mener une purge sanglante tout en affaiblissant son pays ?
Tous les livres d’histoire d’avant ma régression avaient écarté la question d’un haussement d’épaules, invoquant la logique de la dictature et expliquant qu’il ne cherchait qu’à asseoir son pouvoir face à l’Empire. Mais si…
Et si l’identité Izenheim du dirigeant suprême avait commencé à être dévoilée, et que seule une Grande Purge pouvait étouffer l’affaire ?
« Ne vous inquiétez pas. C’est probablement faux. Mais même si c’était vrai, cela ne changerait pas grand-chose. »
Yelena dit cela en souriant.
Je lui rendis un sourire semblable.
« Non. Si c’est vrai, beaucoup de choses changent. »
Dans un État dominé par la tribu Sled, le fait que son plus haut dirigeant soit un Izenheim constituait un motif de destitution fatal, susceptible de renverser le système.
L’expression de Yelena se durcit légèrement.
« … Ne dépassez pas les limites, messire chevalier. Ceci aussi relève de la diplomatie. »
« Alors, que cela reste une histoire officieuse. »
Je n’insistai pas davantage.
« Hmm, oui. Faisons comme ça. »
Yelena retrouva son sourire détendu et reprit son repas.
Je l’observai en silence.
« Oh ? »
Elle avala une bouchée de steak qu’elle venait de couper. Puis, soudain, son visage s’éclaira comme celui d’une jeune fille innocente.
« Waouh ! C’est délicieux ! »
Ses yeux pétillaient d’une admiration sincère. Je souris faiblement.
« Oui. Faites-vous plaisir. »
Elle aimait la bonne cuisine. Sa dignité était irréprochable, et elle ne perdait jamais son sang-froid. Elle ne cherchait pas à se faire des ennemis et semblait avoir des convictions profondes et solides.
« La réputation de Lilac Vita n’était pas exagérée ! »
Pourtant, la femme qui me souriait n’avait plus longtemps à vivre.
La maison Yumanov serait bientôt anéantie par le Secrétaire général.
Les lignées directe et collatérale seraient toutes purgées, sans exception.
« Bien sûr. »
L’« Opéra royal » reconstruit.
Je devrais l’y emmener.
« Oui. J’ai hâte d’y être. »
Frotte. Frotte.
Elle se concentra de nouveau sur son repas. Je maniai mon couteau et me plongeai dans mes pensées.
La Grande Purge avait été un événement majeur qui avait affaibli la puissance de l’Est. Autrement dit, elle avait profité à l’Empire. Il n’y avait donc aucune raison de l’empêcher, et, de toute façon, je ne pouvais pas l’arrêter à moi seul.
Même si je disais à la femme assise devant moi : « Le Secrétaire général va vous faire purger », elle ne me croirait pas, et la diplomatie s’effondrerait sur-le-champ.
« Délicieux. Pourquoi Lobrus n’a-t-il jamais développé une cuisine pareille… »
La Grande Purge avait changé l’Alliance orientale à jamais. Sa puissance militaire avait vacillé, mais, les forces d’opposition au Secrétaire général ayant disparu, l’alliance s’était en réalité unie plus étroitement et avait résisté à l’Empire.
Il y avait donc peut-être un intérêt à sauver au moins une personne capable de s’attaquer directement à la légitimité du Secrétaire général.
Cela, au moins, était peut-être à ma portée.
* * *
Tard dans la nuit, dans la capitale impériale.
De retour dans sa suite d’hôtel, Yelena songea à l’homme qu’elle avait rencontré ce jour-là.
— Tss. Tssss.
Dans la fumée de cigarette qui dérivait, le visage d’un homme nommé Maximilian lui revint en mémoire.
Il était beau. Et raciste jusqu’au bout des ongles. D’ordinaire, il se montrait doux, mais dès qu’il était question des sous-espèces, il devenait d’une froideur absolue.
C’était lui qui avait classé toute la tribu Sled de l’Est parmi les lignées hétérogènes. Un homme extrêmement dangereux qu’aucun membre de la tribu Sled ne devrait jamais fréquenter.
À ses yeux, Yelena elle-même n’était probablement qu’une cible à éliminer.
« … Tout a vraiment changé. »
Accoudée au balcon, elle contempla les rues en contrebas. Comme Maximilian, l’état actuel de l’Empire la préoccupait. Comparé aux tendances impériales recueillies autrefois par la police secrète de l’Est, l’Empire d’aujourd’hui s’était véritablement métamorphosé au-delà de toute reconnaissance.
Pour commencer, le regard et la démarche des citoyens dans les rues avaient changé.
Une loyauté aveugle et une vigueur inconnue enveloppaient toute la ville.
« Izenheim… »
Le mot désignant cette race, que Maximilian avait lâché pendant le repas, lui restait sur les lèvres.
Les rumeurs selon lesquelles Varmil, le dirigeant actuel de l’Alliance orientale, serait un Izenheim, ou un Mer, filtraient lentement depuis les plus hautes sphères du commandement oriental.
Mais pour Yelena, que le dirigeant soit Mer ou non n’avait aucune importance. Il avait clairement les capacités nécessaires pour tenir tête à l’Empire…
Toc, toc.
On frappa soudain. Yelena pencha la tête. Elle avait réservé tout l’étage.
Elle écrasa sa cigarette, s’approcha de la porte et l’ouvrit.
« … Hein ? Chevalier Maximilian ? »
Maximilian se tenait là. Des yeux jaune vif, des cheveux jaune vif.
« Oui. Maximilian. »
Il eut un sourire en coin et jeta un regard de côté.
« Je comptais envoyer quelqu’un vous remettre ceci, mais je me suis dit que vous pourriez vous méfier. »
Autour de lui, les adversaires se tenaient aux aguets. Yelena hocha la tête.
« Ah, je vois. Qu’est-ce que c’est ? »
« Rien d’important. Un cadeau que je n’ai pas pu vous remettre tout à l’heure. »
Maximilian lui tendit une petite boîte.
Un cadeau ? Clignant des yeux, Yelena la prit, puis se mit soudain à plaisanter.
« Ouah ! »
Elle ouvrit la boîte en direction de Maximilian.
« … ? »
Maximilian pencha la tête. Yelena éclata de rire.
« … Qu’est-ce que vous faites ? »
« Ça aurait pu être une bombe. Je plaisantais. »
« … Je vois. Alors, je vais vous laisser. »
Maximilian répondit sèchement et s’éloigna. Yelena se gratta maladroitement la tête, rentra dans sa suite et examina la boîte.
À l’intérieur se trouvaient une feuille de parchemin grossière et un petit billet.
Elle prit d’abord le billet.
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J’ai beaucoup apprécié notre rencontre d’aujourd’hui.
Ce parchemin est un objet très particulier qui nous permet d’échanger des messages écrits, quelle que soit la distance.
Nos situations semblent assez semblables. Je vous l’offre au cas où cela pourrait vous être utile un jour.
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Qu’est-ce que c’est que ça ?
Elle le fixa un moment, prit la plume sur la table et griffonna d’un air enjoué dans la marge du parchemin.
[Vous pouvez lire mon écriture comme ça ?]
En quelques secondes, des lettres bleues apparurent.
[Bien sûr. De plus, la portée de ce parchemin est suffisante pour traverser le continent, et il n’émet aucune onde de mana, ce qui écarte tout risque de fuite. Il s’agit toutefois d’un objet consommable à usage unique, qui ne peut en principe pas être réutilisé. Son coût de fabrication est également extrêmement élevé.]
Autrement dit : ne le gaspillez pas en messages inutiles.
« Vous-même, vous avez écrit un message beaucoup plus long. »
Yelena posa le menton dans sa main et fixa le parchemin.
En tant que figure de pouvoir de l’Alliance orientale, elle n’avait aucune raison de garder un canal de communication privé avec un chevalier impérial. Pourtant, ses mots — « Nos situations semblent assez semblables » — avaient trouvé un écho en elle.
« Ce serait impoli de rejeter la bonne volonté de quelqu’un. »
Plus encore, Yelena était curieuse de savoir ce que Maximilian avait dans le cœur. Un impérialiste obnubilé par cette fausse conscience de supériorité qu’on appelait la race Aran.
Pourquoi un homme qui me méprisait manifestement, moi, une membre de la tribu Sled, m’avait-il remis ce parchemin ?
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