Chapitre 159
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Traducteur : Coughing Baby
Relecteur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 159
──────
Blizzard
── Quelque part, au fond d’une forêt inconnue. Un défilé montagneux si dense d’arbres gigantesques que le ciel disparaissait derrière eux, où l’odeur de l’herbe en décomposition et les cris des bêtes sauvages résonnaient dans un froid sinistre.
« … Ouah. »
Quelqu’un déglutit péniblement et laissa échapper un souffle vide.
« Sebestian est vraiment un monstre. »
Nom de code : Aigue-marine. Son visage juvénile se crispa tandis qu’il se remémorait l’homme qu’ils venaient d’affronter.
« C’est vraiment un monstre. Un monstre absolu… »
Même leur major, le plus fort d’entre eux, s’était retrouvé impuissant. Il avait été submergé et s’en était sorti de justesse vivant.
« … Major. »
Le regard d’Aigue-marine s’assombrit soudain lorsqu’il vit le cadavre étendu à côté de lui.
« Topaze est mort. »
Topaze, l’un des membres principaux de Gentra, avait péri sur-le-champ, le crâne éclaté par une pierre lancée par Sebestian.
« On peut remplacer le personnel. »
Le major retroussa sa manche et examina son bras. Un tatouage de mana s’étendait de son poignet à son cœur, mais sa lueur rouge avait considérablement faibli pendant leur fuite.
Son pouvoir était l’« Esprit des mots ».
Une manipulation de la réalité qui agissait sur le monde matériel par la parole.
Juste avant que l’épée de Sebestian ne les découpe en morceaux, il s’était forcé à téléporter ses hommes et lui-même d’un seul ordre.
Mais tout grand pouvoir exigeait un prix. Pour activer l’Esprit des mots, il brûlait la force vitale elle-même. Il tuait des humains, des animaux et des monstres, extrayait leur force vitale, la condensait en gemmes rouge vif appelées « grenats », puis les consommait comme combustible.
Des grenats équivalant à des centaines de vies humaines avaient été consumés à cause de Sebestian.
Et malgré cela, ils n’avaient pas réussi à lui infliger la moindre égratignure.
« Rentrons. »
« Ouais. Ah, mais ces ruines… quel gâchis. C’est nous qui les avons découvertes les premiers. »
« On n’y peut rien. »
Le major fixa l’endroit, désormais incroyablement éloigné.
Là-bas se tenait Ebenholtz.
Même s’il s’était retiré du champ de bataille et vieillissait peu à peu, il restait un monstre qui touchait le ciel.
* * *
L’aube, encore accrochée aux ténèbres.
Je levai les yeux vers le ciel nocturne, observant les nuages dériver au-delà de l’horizon et la lumière des étoiles se disperser comme une brume.
── Toc.
Des pas qui approchaient derrière moi me ramenèrent à la réalité.
Je parlai à voix basse.
« C’est regrettable. »
Ses pas s’arrêtèrent.
Puis il prononça mon nom, la voix chargée d’amertume.
« Messire Maximilian Ebenholtz. »
Oswin Mason.
Il s’approcha et se plaça à côté de moi.
« … Oliver est Aran. Ça se voit au premier coup d’œil. »
Je me tournai vers lui. Il n’avait toujours pas renoncé.
« L’apparence est secondaire. On ne peut pas faire confiance à quelqu’un dont la naissance est incertaine. Et surtout, le crime de madame Sarah Muller, qui a dissimulé la vérité la plus importante, est grave. »
Bien qu’elle sache que l’arbre généalogique n’avait aucune valeur, Sarah avait caché la vérité pour protéger un fils qui n’était pas le sien.
« Cette affaire servira d’exemple : nul ne doit oser défier la volonté solennelle de l’Empire. »
Même si un arbre généalogique était authentique, on pouvait toujours retracer le secret d’une naissance. Résister ou falsifier les faits ne servait à rien.
« Vous dites cela même s’il est Aran ? »
« Qui sait ? Il faudra vérifier s’il est Aran ou non. On lui brisera la nuque, puis on assistera à l’autopsie. »
« Comment pouvez-vous appeler ça— »
« Cependant. »
Je lui tendis un document. Il contenait la liste des autres personnes qui avaient fréquenté l’école du soir.
« Je les ferai libérer. »
Bien sûr, certains de ceux qui figuraient sur cette liste n’étaient peut-être pas de purs Aran. Mais, au minimum, ils n’étaient pas Izenheim ; ils ne seraient donc plus torturés ni condamnés à mort. Ils seraient libres. Je le lui promis.
« À une condition. Ils quittent Zestpol. »
« … Pourquoi ? »
Oswin fronça les sourcils, déconcerté.
Je lui donnai la réponse officielle.
« Il n’existe aucune preuve matérielle concrète qu’ils aient contesté la “Loi civile impériale” à l’école du soir ou échangé des propos séditieux. Les éléments sont insuffisants pour les classer parmi les criminels idéologiques cherchant à renverser le régime. Surtout, leurs arbres généalogiques ont été clairement vérifiés : ce sont des citoyens Aran purs de l’Empire. »
J’abattais une bête Izenheim et rendais la vie à des dizaines de jeunes innocents.
« … Croyez-vous vraiment que c’est la bonne chose à faire ? »
Malgré tout, Oswin me foudroya du regard, les yeux injectés de sang.
Parce qu’il était bon par nature. Parce que, même dans un monde pareil, il croyait en des valeurs peut-être impossibles, comme la dignité humaine et les idéaux de justice.
« Vous n’avez pas peur de la façon dont l’Histoire vous jugera un jour ? »
Je le regardai en silence. Un léger sourire étira mes lèvres.
« Non. Je n’ai pas peur. »
J’inclinai la tête et m’approchai.
« Professeur Oswin. Votre morale est bien légère. »
Les gens comme lui devaient sans doute penser ainsi. Qu’ils étaient dans leur bon droit, qu’ils accomplissaient leur devoir envers leur époque en s’opposant à un pouvoir injuste et en sauvant les innocents. Qu’ils étaient des sauveurs dont l’Histoire retiendrait le nom.
« Voilà pourquoi vous défendez Oliver au tribunal uniquement parce qu’il est votre élève, tout en détournant les yeux des innombrables victimes qui meurent en cette époque. »
L’expression d’Oswin vacilla.
« Voilà pourquoi vous êtes désespérément aveugle. Vous avez choisi quelqu’un qui vous inspirait de la compassion, puis vous vous en êtes servi comme d’un outil pour afficher votre moralité. »
Ils avaient tort.
Et c’était parce qu’ils avaient tort que l’humanité avait été détruite.
Leur bienveillance n’était qu’une faiblesse qui invitait des maux plus grands encore.
« Alors, Maximilian, vous êtes le mal absolu ? »
Oswin me posa la question. Sa voix était chargée d’émotions trop confuses pour être nommées.
« Pensez ce que vous voulez. Je ne m’intéresse ni à la façon dont ce monde me voit, ni à la manière dont l’Histoire se souviendra de moi. »
Le monde me regarde à peine. Il n’en voit que la surface.
Personne ne peut comprendre mes véritables intentions.
« Je porte un but bien plus lourd que tout cela. Alors, quoi que je trouve sur mon chemin, je le fauche. »
Je posai une main sur l’épaule d’Oswin.
« En tant que gardiens de l’Empire, en tant qu’Aran et, par-dessus tout… en tant qu’êtres humains. »
Je plongeai mon regard dans ses yeux fatigués et murmurai :
« Ce qui doit être abandonné doit l’être. »
Clac.
Il repoussa ma main d’une gifle.
Puis il se détourna et s’enfonça dans les ténèbres, comme s’il ne pouvait accepter mon objectif, comme s’il était incapable d’en comprendre ne serait-ce que le début.
Une réaction naturelle.
« … »
Je suivis son dos du regard et me perdis dans mes pensées.
Un jour, je devrais abattre de mes propres mains des gens aussi droits que lui. Au nom de la grande cause qu’était la survie de l’humanité, je devrais piétiner leurs convictions.
« Schatz. »
Je l’appelai. Elle surgit de quelque part dans mon ombre.
« Oui. »
Elle maîtrisait l’électromagnétisme. À présent, elle pouvait se fondre parfaitement dans l’obscurité.
Elle ne réfléchissait aucune lumière qui touchait son corps. Elle l’absorbait entièrement et devenait noire comme l’encre, parfaitement dissimulée.
L’exact opposé d’Ebenholtz, qui était toujours transparent.
« Place Oswin et tous ceux qui l’entourent et ont travaillé sur ce procès sous surveillance totale. Fais équipe avec Leo. »
La précision de Leo s’était considérablement améliorée. Il savait désormais distinguer les « sous-espèces » avec fiabilité.
« Et… »
Oswin Mason lui-même n’était pas Izenheim.
Mais parmi ses collègues, ses disciples et les cercles intellectuels qui partageaient sa cause, des sous-espèces Izenheim exploitant la bienveillance humaine se mêleraient naturellement aux autres.
Par conséquent…
« Nous les éliminerons jusqu’au dernier. »
Les tuer d’abord.
Il n’existait pas de race plus gênante que les Izenheim qui connaissaient la loi.
« Oui. Je m’en charge. »
* * *
Quartier général provisoire de la Garde impériale spéciale.
« Ouah. Grâce à vous, j’en reçois même un. Merci. »
Le lieutenant-colonel Lorenz tapota le document du doigt et lâcha un rire sans joie. Il s’agissait d’une convocation envoyée directement par Maximilian.
« Vous y allez. »
Lorenz lança le papier au capitaine Hans.
« Oliver, Olive ou Huile, peu importe. C’est vous qui l’avez embarqué là-dedans, et c’est votre faute si tout ce bazar nous tombe dessus. Alors assumez et allez faire votre rapport à ce chevalier de merde. »
Hans, l’officier de la Garde qui avait mené la descente dans l’école du soir d’Oliver.
« Quand vous y serez, ne me mentionnez pas. Je ne sais rien. »
« … »
« Répondez, espèce de salaud. »
« … Oui. Compris. »
Il se mordit la lèvre, mais ne pouvait pas désobéir à son supérieur.
« Dehors. »
Il tourna les talons et s’éloigna d’un pas lourd.
Après avoir traversé péniblement un couloir désert, il arriva devant le bureau de Maximilian.
« Capitaine Hans Macken. »
Maximilian prononça son nom.
« Oui. »
Hans se tint devant lui, prêt à recevoir une sanction. Peut-être pire encore.
S’il perdait seulement son protecteur, ce serait déjà acceptable. Pourvu qu’il garde la tête sur les épaules.
« Relevez la tête. Tout le monde peut commettre une erreur. »
« … Pardon ? »
Les mots lui échappèrent avant qu’il puisse les retenir. Il ne s’attendait pas du tout à cette première phrase de Maximilian, qui poursuivit d’un ton encore plus doux :
« Mais lorsqu’on applique la loi de l’Empire, tout doit être traité avec une précision absolue, sans la moindre erreur. »
Il fit glisser une feuille vers Hans, pétrifié.
« Autrement dit, vous devez toujours disposer de preuves de cette qualité. »
Hans prit le document avec précaution. Il contenait les dossiers médicaux de Sarah Muller, la mère d’Oliver Muller.
« Fausse couche. »
Ce seul mot ne suffisait pas à éclaircir la situation. Mais alors…
« Il a été adopté. »
Les yeux de Hans s’écarquillèrent presque à en sortir de leurs orbites.
« A-alors… »
« L’arbre généalogique était authentique, mais l’acte de naissance lui-même était falsifié. »
Maximilian souleva sa tasse de thé avec un sourire détendu.
« A-alors… »
Hans regarda tour à tour Maximilian, qui sirotait son thé, et le document, puis demanda avec prudence :
« Messire… c’est vous qui avez retrouvé ce dossier ? »
Clic. Maximilian reposa sa tasse.
« Cette “Loi civile impériale” doit être appliquée correctement pour les Aran de l’Empire. »
Son sourcil tressaillit tandis qu’il ajoutait à voix basse :
« Ceux à qui l’on confie une tâche aussi importante peuvent-ils se permettre de trébucher sur une simple erreur ? »
… Était-ce une faveur ? De la clémence ? Quoi qu’il en soit, il avait personnellement mené des recherches supplémentaires et trouvé cette preuve pour eux.
Hans força ses jambes tremblantes à le soutenir.
Maximilian déclara :
« Oliver sera exécuté. Le procès sera traité discrètement. »
« Ah, ah, a-alors, nous… »
Hans déglutit, hébété.
« M-merci ! »
Enfin, il comprit tout ce que Maximilian voulait dire.
« Merci ! »
« Merci ! »
Maximilian contempla en silence l’homme qui s’inclinait presque jusqu’au sol.
Il me fallait davantage de bétail. Pour mener à bien ma cause, j’avais besoin de chiens de chasse prêts à accomplir le mal nécessaire à ma place.
Un chien aussi indépendant que Lorenz devait être éliminé, mais celui-ci, aussi docile, pouvait être dressé.
« Vous pouvez disposer. »
« Oui, oui ! Merci ! »
Hans quitta le bureau avec le visage d’un homme revenu d’entre les morts.
……
Les aveux de Sarah Muller bouleversèrent la salle d’audience. La falsification de l’acte de naissance constituait en elle-même une grave violation de la « Loi civile impériale », et un crime plus grave encore qu’une falsification de documents ordinaire, car elle souillait les lignées Aran. Oliver Muller fut condamné à mort en une seule journée.
« Tout le monde, préparez-vous. »
Sonnet Kandel assista à l’exécution dans la prison impériale en qualité d’observatrice et de médecin.
« L’exécution va commencer. »
Michael Oliver, qui avait été son ami, se tenait là, le visage couvert d’une cagoule. Le ciel derrière lui était dégagé.
Bien que l’hiver fût là, il était d’un bleu irréel, sans le moindre nuage.
Soudain, de vieux souvenirs refleurirent dans l’esprit de Sonnet. Des jours lointains lui revinrent.
Ce n’était pas ce genre d’échafaud, mais un garçon qui grimpait sur le petit bureau de leur professeur pour régler la lampe, épousseter et aider consciencieusement au ménage.
Un enfant timide, toujours plongé dans ses études, les yeux brillants, mais qui peinait à prononcer ne serait-ce qu’un seul mot.
« … »
Sonnet secoua la tête et chassa ces souvenirs fragmentaires.
« Préparez l’exécution. »
Le bourreau donna l’ordre. Une quinzaine de détenus, Oliver compris, montèrent en même temps sur les plateformes.
« Exécutez. »
À cet ordre, boum.
Les plateformes s’abaissèrent.
── Clac-clac-clac !
Les cordes épaisses se tendirent autour de leurs cous.
── Crac. Crrr.
Leurs corps tombèrent et leurs vertèbres cervicales se brisèrent. Le bruit des os broyés retentit à plusieurs reprises.
Au milieu de ce vacarme glaçant, Sonnet les observa.
Elle regarda la mort.
« Exécution terminée. »
À ces mots du garde, elle se comporta en médecin. Elle posa les doigts sur la nuque molle d’Oliver.
« Michael Oliver. »
Le regardant alors qu’il refroidissait, elle prit la fiche.
« 24 décembre, 10 h 37. Décès confirmé. »
Elle consigna l’heure. Le bourreau prit la fiche et indiqua du menton la porte de derrière.
« Allez directement à la salle d’autopsie. »
Une procédure obligatoire avant l’entrée en vigueur de la « Loi civile impériale », destinée à classer et consigner avec précision la race et la lignée des détenus exécutés.
Sonnet s’y rendit.
……
Une pièce emplie d’odeurs d’alcool froid, de sang chaud et de chair. La salle d’autopsie, où les scalpels fendaient la peau et les scies broyaient les os.
De l’autre côté de la paroi transparente se tenait le professeur Oswin Mason, spécialement autorisé à assister à l’opération.
Sonnet prit un scalpel.
Tzzzzzt.
Elle ouvrit la poitrine sanglante d’Oliver, exposa le sternum et examina le cœur, rouge et immobile.
« … »
Elle en nota la taille. Elle consigna sa forme presque difforme.
Ce n’était pas un cœur Aran.
C’était celui d’une sous-espèce.
En outre, Oliver avait été un étudiant en magie formé à un niveau assez élevé. Le motif de dégénérescence du mana, gravé dans les vaisseaux et les muscles de son cœur, était donc bien plus grotesque que chez les sous-espèces ordinaires.
Sonnet souleva le cœur. À travers la paroi vitrée, elle regarda Oswin. Lui aussi le fixait.
Il était lui-même mage et avait vécu toute sa vie avec le mana. Impossible qu’il n’ait pas compris ce que cela signifiait.
« Comme prévu, une sous-espèce. Ce cœur est particulièrement répugnant. »
Le médecin militaire de la Garde impériale qui se tenait à côté d’elle afficha un sourire huileux. Sonnet s’apprêtait à remettre le cœur dans la cage thoracique.
« Ah, attendez. Non, vous ne pouvez pas. Le cœur d’une sous-espèce doit être prélevé et conservé à part. »
Sonnet se demanda pourquoi, mais ne posa pas la question. Elle déposa le cœur et quitta la salle d’autopsie.
Salle de repos de la prison.
« … Le cœur. »
Elle contemplait sa main, l’ouvrant et la refermant tout en ressentant encore la sensation de ce qu’elle venait de toucher, lorsqu’Oswin s’approcha et s’assit en face d’elle.
Sonnet lui demanda :
« Professeur, comment va madame Sarah Muller ? »
« … Elle se repose. »
« Je vois. »
Sonnet versa du thé noir depuis un thermos. Remuant doucement sa cuillère, elle regarda par la fenêtre.
« La Garde impériale l’a laissée en vie, Dieu sait comment. Ils ont dû se sentir dupés. »
Oswin esquissa un sourire amer.
« Ils ont failli l’emmener. Ils sont bel et bien venus la chercher. Mais… »
À cet instant, un document fourni par un certain chevalier avait interrompu l’intervention de la Garde impériale.
« Puisqu’elle l’a élevé toute sa vie comme son fils biologique, le lien de parenté est reconnu. Par conséquent, en vertu de “l’exception de parenté”, elle ne sera pas accusée d’avoir dissimulé des preuves en tant que mère du criminel… »
« Je vois. »
Sonnet but son thé. Oswin, toujours bouleversé, se tira les cheveux.
« Quoi qu’il en soit, maintenant que les choses ont tourné ainsi, ne vous inquiétez pas pour madame Sarah. Beaucoup d’étudiants ont survécu grâce à elle. Ces enfants prendront soin d’elle à la place d’Oliver… »
Oswin ne put achever sa phrase. Il se mordit violemment les lèvres tremblantes et baissa la tête.
Goutte. Goutte.
Un professeur d’âge mûr pleurait.
Ses sanglots n’étaient pas très différents de ceux d’un enfant.
Quand les gens pleurent ou rient de tout leur cœur, même les adultes semblent retrouver leur enfance.
« Kh… kh… »
« … »
Elle le regarda sans émotion.
Aucune pensée particulière ne lui vint.
Ah, le professeur pleure.
Il pleure bien.
« Professeur. »
Sonnet avait tout de même une réalité à lui annoncer.
« Sa Majesté l’Empereur est très satisfait de la manière dont l’incident de Zestpol a été géré. »
L’exécution d’Oliver et tout ce qui était lié à cette affaire avaient réjoui l’Empereur.
Elle porta la tasse chaude à ses lèvres.
« De plus, les activités de Maximilian autour de Zestpol sont inhabituelles. »
Elle sortit une enveloppe de l’intérieur de son manteau et la posa silencieusement sur la table.
« Des billets d’avion. »
Elle regarda Oswin et lui conseilla :
« Pour l’instant, vous feriez mieux de rester à Kanillan. »
Fouuuuu.
Sonnet eut soudain l’impression que cela ressemblait à Maximilian.
« … »
Oswin se tourna et regarda dans la même direction.
Peut-être pensait-il la même chose.
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