Chapitre 151
Traductions WeTried
Traducteur : Coughing Baby
Correcteur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ L’Impérialiste réticent
Chapitre 151
──────
Point de bascule
Fchhhhh… !
Une nuit de pluie battante à Prozen. Des membres de la Société révisionniste, la tête couverte de capuchons noirs rabattus sur leurs yeux, se hâtaient d’une ruelle à l’autre.
Ils collaient rapidement des feuilles vierges sur les murs et les poteaux électriques.
Elles ne portaient encore aucune inscription, mais, au matin, dès que les rayons du soleil les toucheraient, l’encre spéciale au mana réagirait et ferait apparaître des mots bien nets.
[Nous proclamons solennellement la mort de Louis Marceau !]
Sous prétexte de garantir la sécurité, le Parti socialiste avait imposé des hausses d’impôts qui saignaient à blanc les gens ordinaires, avant de verser leur sang dans les entrailles de bureaucrates incompétents, du capital financier et du capital comprador, traîtres à la nation. Les flammes d’aujourd’hui ne sont que le début de l’assainissement de Prozen, gangrené par la corruption…
Le travail terminé, les membres se fondirent dans l’obscurité et regagnèrent leur bureau.
Le nouveau quartier général de la Société révisionniste. Fini le sous-sol moisi qui leur servait de salle de réunion. Ils louaient désormais tout un étage d’un véritable immeuble.
« À partir de maintenant, restez cachés autant que possible. On ne sait jamais quand ces larbins du Parti socialiste vont débarquer de nouveau. »
« Oui ! »
Toc, toc.
Un coup frappé à la porte résonna soudain dans la pièce. Les membres sursautèrent.
« Chut. »
Clara serra son pistolet, traversa la pièce à grands pas et ouvrit brusquement la porte.
Il n’y avait personne dehors. Seule une boîte reposait sur le sol.
« … »
Elle la fit d’abord entrer.
« Cheffe, et si c’était une bombe ? »
« Ce n’en est pas une. »
La boîte était enveloppée d’un emballage coûteux. Elle en souleva le couvercle.
Sur le dessus se trouvaient des livres consacrés aux méthodes de manipulation du mana. En dessous, des liasses soigneusement empilées de livres de Prozen, de dollars impériaux et de pierres de mana de grande pureté.
« C-Cheffe ! Qu’est-ce que c’est que tout ça ? »
Tandis que les membres la dévisageaient, stupéfaits, Clara prit un billet.
[À partir de maintenant, je prendrai en charge le financement de la Société révisionniste.]
Un léger sourire lui échappa. Elle le réprima et ferma les yeux un instant.
Elle inspira profondément, rassembla ses pensées et se redressa. Le regard brûlant, elle balaya les membres des yeux et lança d’une voix forte :
« Camarades ! »
Sa voix résonna dans tout le bureau.
« La mort de Louis Marceau a planté un avertissement dans le cœur de ces ignobles salauds du Parti socialiste. En tant que Société révisionniste, nous ne resterons plus les bras croisés à regarder Prozen pourrir, cette république hypocrite qui n’est qu’une coquille vide ! Nous ne resterons pas non plus sans rien faire pendant que des salauds cupides piétinent nos vies ! »
… À vrai dire, ils n’étaient pas nombreux dans la pièce.
Sept, tout au plus. Mais Clara ne perdit rien de son ardeur malgré leur petit nombre, et les membres la regardèrent avec ferveur.
« De nos propres mains, avec notre sang et notre sueur, nous purifierons entièrement ce Prozen malade et le mènerons à la grandeur ! »
Krouuuuu…
Par une nuit où les trombes d’eau martelaient les fenêtres,
au cœur de Prozen, un groupe armé, guidé par les convictions de quelqu’un, commença à prendre racine.
* * *
Le projet de loi visant à augmenter les impôts pour financer le budget de la défense de Prozen fut finalement rejeté. La mort de Louis Marceau dans une explosion avait été dévastatrice, mais, alors que le Parti socialiste vacillait, les attaques féroces du camp adverse convergèrent d’un seul coup.
À la suite de cet incident, le Parti socialiste prit pleinement la mesure de la colère populaire contre les hausses d’impôts, les relations avec l’État oriental de Yursled se rompirent complètement et le projet de Louis Marceau visant à bâtir un Grand Encerclement anti-Empire fut sérieusement compromis.
« … Je suis épuisé. »
Je rentrai de Prozen dans l’Empire.
Mais je n’eus pas le temps de me reposer.
« Messire chevalier ! »
Au quartier général de l’Ordre des chevaliers, à peine m’étais-je assis à mon bureau pour la première fois depuis longtemps qu’un officier d’état-major entra d’un pas précipité et s’écria :
« On dit qu’on a découvert un nouveau type de pierre de mana à Zerpa ! »
« … »
On l’avait découverte plus tôt que je ne le pensais.
Pourquoi fallait-il que ce soit celle-là…
Je fermai doucement les yeux, puis les rouvris.
« Je pars tout de suite. »
…
Zerpa, la Mine de Zeronica. Jadis effondrée sous les tirs de l’artillerie impériale, elle avait été reconstruite, équipée de matériel encore plus perfectionné jusque dans les profondeurs de ses galeries souterraines.
« Regardez, messire chevalier. Une étrange pierre de mana qui reste liquide à température ambiante. »
Des ingénieurs de l’Académie Lorenzo me tendirent un cylindre transparent rempli d’un liquide bleu.
Quand on refermait le couvercle et qu’on abaissait la température, le liquide se solidifiait. Il suffisait de rouvrir le récipient pour qu’il redevienne liquide.
« En effet. Cette pierre de mana liquide possède des propriétés très différentes de celles des pierres de mana solides que nous connaissons. »
L’ingénieur désigna le rapport, le visage illuminé d’enthousiasme.
« Lesquelles, précisément ? »
« Le mana enrichit la nature. Si nous raffinons ce liquide brut, le diluons dans l’eau selon des proportions précises et l’épandons sur les sols, le mana se lie aux micro-organismes présents dans la terre et augmente sa fertilité. »
Lors de la guerre à venir, la nourriture serait aussi essentielle que les armes, et cette pierre de mana liquide à température ambiante permettrait d’accroître considérablement la production agricole de l’Empire.
« Poursuivez les recherches. Réfléchissez aussi à des moyens de transport efficaces. Vous et votre équipe recevrez également des primes. »
« O-Oui ! Merci ! »
Satisfait, je quittai la galerie.
« Lord Maximilian ! »
Sous un soleil éblouissant, le prince héritier Alonso m’accueillit avec un grand sourire.
« Prince héritier Alonso. »
Il avait bonne mine ces derniers temps, le teint frais. Ses cheveux étaient bien coiffés et ses accessoires impeccables, mais il ne se laissait pas aller aux excès.
Alonso était un homme qui savait faire preuve de modération.
« Comment se porte Zerpa, ces derniers temps ? »
« Très bien. Tout est paisible. Mais s’est-il passé quelque chose dans la mine ? Même de l’extérieur, j’ai senti une énergie inhabituelle. »
Alonso regarda avec curiosité l’entrée de Zeronica.
« Oui. Nous avons découvert un nouveau type de pierre de mana qui reste liquide à température ambiante. »
« … Oh ? »
Alonso eut l’air impressionné, même s’il ne comprenait pas tout à fait de quoi il s’agissait.
« En outre, les explorations plus profondes ont révélé de nombreux filons de pierres de mana qui n’avaient jamais été détectés auparavant. »
Il ne s’agissait pas seulement de la pierre de mana liquide à température ambiante, mais aussi de plusieurs grands filons de pierres de mana solides.
Nous le devions aux techniques d’exploration perfectionnées lors de l’inspection de toute la région méridionale d’Hermes.
« Comme le prévoit le traité, Zerpa recevra exactement quarante pour cent des bénéfices tirés des nouveaux filons. De plus, nous souhaitons que la maison Ebenholtz achète en exclusivité la totalité de cette pierre de mana liquide. »
Je lui tendis le contrat que j’avais préparé à l’avance.
« … ! »
Les yeux du prince héritier s’écarquillèrent lorsqu’il prit le document. Même sa part royale de quarante pour cent représentait une somme assez importante pour le stupéfier.
« Compte tenu de l’amitié entre l’Empire et Zerpa, cela me semble tout à fait raisonnable. »
Bien sûr, au regard du potentiel de cette pierre de mana, je l’achetais encore à bon marché. Mais, selon les prix d’avant-guerre, le montant était suffisamment raisonnable.
La pierre de mana liquide à température ambiante ne révélerait sa véritable valeur qu’en temps de guerre.
« … »
Alonso me regarda sans un mot. Il soutint mon regard, puis esquissa un sourire entendu.
« Lord Maximilian. »
« Oui. »
« Je ne peux pas approuver ce contrat. »
Il lâcha ces mots sans prévenir et me rendit le document.
« Quelle partie… »
« Ici. Sur les quarante pour cent revenant à notre famille royale, je souhaite vous en attribuer personnellement cinq pour cent. »
« … Quoi ? »
Les mots m’échappèrent avant que je puisse me retenir.
Alonso agita fermement la main.
« Non, non. C’est la preuve de ma reconnaissance envers celui qui m’a sauvé la vie et a renforcé Zerpa. Je n’accepterai pas de refus. »
« … »
Je restai sans voix un instant.
Une pensée me traversa l’esprit.
Alonso était bel et bien un homme bon.
Du moins, pour l’instant.
C’étaient sa faiblesse et son incompétence qui posaient problème. Il se souciait davantage des autres que de sa propre maison.
« … Si tel est votre souhait, Votre Altesse. »
Cinq pour cent. C’était beaucoup trop, mais cela pourrait se révéler utile un jour.
« J’accepte votre générosité avec gratitude. »
« Bien, lord Maximilian. »
Alonso posa une main sur mon épaule.
« À présent, nous sommes comme deux frères de sang. »
Son regard était limpide. Son sourire, radieux.
Un être aussi irréprochable pouvait-il vraiment exister en des temps aussi chaotiques ?
Cela dit, c’était justement cette impossibilité qui lui avait valu d’être exécuté dans la ligne temporelle précédente.
« … Oui. »
Mais si, un jour, toute menace de guerre et de ruine disparaissait,
pourrions-nous alors vivre ensemble le cœur pur ?
« Alors, Votre Altesse, annonçons-le officiellement au monde entier. »
« Annoncer quoi ? »
« La solidarité inébranlable et la prospérité éclatante de l’Empire et de la monarchie de Zerpa. »
Les salauds de la faction républicaine traitaient comme un dogme l’idée que l’Empire exploitait Zerpa.
Ils maudissaient le prince héritier Alonso, le qualifiant de marionnette de l’Empire, d’idiot et de traître qui avait vendu son pays.
« Frappons la faction républicaine au moral et incitons ses membres à faire défection. »
Mais leur dernier espoir serait enseveli sous le flot de l’opinion publique.
Loin de s’effondrer, Zerpa avait connu une renaissance éclatante. Plus précisément, seul le territoire gouverné par la faction royaliste avait prospéré.
La Mine de Zeronica avait été reconstruite avec des installations ultramodernes. De nouvelles industries à forte valeur ajoutée, comme les truffes Terone et le bœuf de qualité supérieure, avaient vu le jour, suivies par la mise en place d’un vaste réseau de distribution et de logistique.
Dans la capitale de Zerpa, de nouvelles banques et entreprises, toutes sorties de l’esprit de Dieter, avaient fait leur apparition. Viendraient ensuite l’extension des routes et la construction de tunnels reliant l’Empire à Zerpa, qui créeraient d’innombrables emplois.
Et, pour couronner le tout…
« Au fait, Votre Altesse. Nous avons enfin identifié le véritable coupable du meurtre du chef Caddie Lecito, qui vous escortait. »
En un instant, le visage serein d’Alonso se durcit sous l’effet de la colère.
« Qui était-ce ? »
Sa voix s’alourdit.
Caddie avait donc tant compté pour lui.
« Il s’appelait Opra Shen. Un Izenheim. »
« … Un Izenheim ? »
« Oui. »
Je hochai la tête avec un sérieux calculé.
« Ces sous-espèces sont toujours la principale menace contre la paix de ce continent. Elles se dissimulent parmi nous derrière des visages ordinaires, sèment la méfiance et finissent par tout précipiter dans la ruine. »
« … Je vois. »
Le prince héritier Alonso serra les dents, mais ne dit rien de plus.
Il était de nature douce, trop doux pour haïr aveuglément une race entière.
Mais c’était tout.
Si son entourage continuait à lui montrer les crimes des Izenheim, à lui en faire ressentir la réalité et à les lui rappeler sans cesse,
il finirait un jour par défendre une cause comme la mienne.
« Prince héritier Alonso. »
La douceur, c’était être blanc, et les gens comme moi finissaient toujours par teindre le blanc en noir.
« À présent, veuillez fixer la date de la conférence de presse. »
…
Une salle de presse fut aménagée dans la grande salle de banquet du Palais royal de Zerpa.
Contrairement à la fois précédente, l’endroit était désormais plein de vie. Les grands médias impériaux, ainsi que des correspondants venus de l’ouest et de l’est, remplissaient la salle.
« … Vous aimez vraiment ce genre de choses ? »
Le journaliste avachi sur le siège juste à côté de moi était Alphonse, du Jemion Daily, connu jusque dans l’Empire pour son regard obstinément critique.
« Piller un petit pays sans défense et vous engraisser de son sang, je veux dire. »
Il m’apostropha en tripotant son carnet avec irritation.
« Ne faites pas courir votre plume trop vite. Ouvrez les yeux et regardez comme il faut. Ou allez enquêter sur le terrain. »
« … Vous avez viré au gangster. »
Alphonse claqua la langue d’un air désapprobateur. Puis…
Krouuuuum…
Les portes royales s’ouvrirent dans un grondement sourd et le prince héritier Alonso, héritier direct de la couronne de Zerpa, entra d’un pas impérieux. D’innombrables flashs illuminèrent aussitôt son visage.
« Hum… »
Alonso s’avança fièrement et s’éclaircit la gorge devant le micro.
« Chers citoyens de Zerpa, honorables invités venus de toutes les nations et réunis ici aujourd’hui, je suis venu annoncer une décision qui garantira durablement la prospérité et la sécurité de Zerpa. »
Les plumes se mirent à courir.
« Notre monarchie de Zerpa, unie à l’Empire par des liens de confiance profonds, a convenu de développer conjointement les nouveaux filons de la Mine de Zeronica. »
Les journalistes étrangers à l’Empire avaient l’air sombre. Les intellectuels de Zerpa semblaient prêts à briser leurs plumes.
C’était naturel.
Ils s’attendaient à un pillage.
« Tout d’abord, la compagnie impériale désignée par Zerpa prendra en charge l’intégralité des coûts de reconstruction de la Mine de Zeronica et de l’achat d’équipements d’extraction ultramodernes. »
Des sourires tordus apparurent sur les visages des journalistes. Les prêts forcés étaient depuis longtemps une méthode impériale de pillage.
Mais…
« Zerpa ne contractera aucun emprunt et ne sera redevable d’aucune dette dans le cadre de cette opération. Les pierres de mana extraites des filons existants appartiendront également en totalité à Zerpa. »
Les plumes des journalistes narquois s’immobilisèrent net.
« En contrepartie, les bénéfices tirés des nouveaux filons explorés seront équitablement répartis entre Zerpa et l’Empire, selon une proportion de soixante contre quarante. De plus, après une période de grâce de vingt ans, toutes les technologies essentielles et les infrastructures financées deviendront la propriété exclusive de Zerpa. »
Le prince héritier Alonso détailla clairement les clauses du contrat, une à une. À mesure qu’il avançait, la salle se faisait silencieuse.
Les journalistes de Zerpa, les correspondants de l’ouest et de l’est, et même les journalistes impériaux clignaient des yeux, incrédules.
« Alors ? »
Je posai discrètement la question à Alphonse.
« Le pillage, c’est l’ancienne méthode. Maintenant, l’Empire veut la coexistence. »
Il remonta ses lunettes, balbutiant, incapable d’y croire.
« … Où est le piège ? Un accord secret ? »
« Après cette conférence, je vous montrerai l’original du contrat signé, à vous seul. »
Alphonse était respecté dans l’Empire comme à l’étranger pour ses articles sur l’affaire de Gennen. S’il vérifiait le document de ses propres yeux et publiait l’article, le continent entier serait bien obligé de croire à l’authenticité de ce traité.
« Cet accord ne se contente pas de garantir un approvisionnement stable en pierres de mana. Il constitue une étape décisive pour approfondir et renforcer la solidarité militaire et économique entre Zerpa et l’Empire. »
Clic. Clic.
Les flashs crépitèrent de nouveau. Le prince héritier sourit face aux appareils. Il était d’une beauté exceptionnelle.
Comme moi avant ma régression, il avait la beauté pour talent.
À bien des égards, il me ressemblait.
« Les citoyens de Zerpa pourront désormais échapper à la faim. Quant aux rebelles de l’autre côté… »
Alonso haussa brièvement la voix.
« Cela démontrera à quel point leur rébellion mesquine n’était qu’une illusion pitoyable ! Ceux qui ont trompé les braves citoyens de Zerpa, provoqué des conflits internes par de fausses incitations et poussé des familles à s’entretuer ne pourront jamais, au grand jamais, échapper au jugement implacable de l’Histoire ! »
Pour mémoire, Johann avait également écrit ce discours.
« Des hypocrites qui ont dissimulé leur soif de pouvoir sous le nom de révolution, réduit en cendres les montagnes et les rivières de Zerpa et sucé le sang vital de la population ! Zerpa va désormais tourner le dos à leurs rêves destructeurs et entrer dans une véritable ère de reconstruction et de prospérité ! »
Hum… Alonso toussota et rajusta ses vêtements.
À cet instant, je me mis à applaudir.
Clap. Clap. Clap.
C’était le signal. Les assistants et les journalistes de Zerpa favorables à la monarchie se levèrent et firent retentir une salve d’applaudissements tonitruante dans toute la salle.
Clap, clap, clap, clap, clap…
J’inclinai la tête et chuchotai à Alphonse :
« La monarchie qui se tient aux côtés de l’Empire prospérera… »
Mon regard dériva vers la fenêtre, en direction de l’endroit où la faction républicaine devait certainement nous observer.
« Et la faction républicaine, privée de toute cause et de tout avantage concret… que peuvent faire ces minables, à présent, à creuser la terre dans les montagnes ? Ce ne sont que des incapables, des ratés qui n’ont pas une once de jugeote et ne rêvent que de république. »
Alphonse se tourna vers moi, le visage toujours impassible.
Je lui adressai un léger sourire.
« Voilà le commentaire supplémentaire d’un responsable impérial à inclure dans votre article sur ce traité. »
Les paroles d’un initié. Un élément crucial. Par réflexe, il leva son carnet et son stylo.
« Le prince héritier Alonso, qui aime sincèrement le peuple de Zerpa, a fait preuve d’une détermination et d’une persévérance dans les négociations qui se sont révélées particulièrement efficaces. Tandis que les rebelles criaient des idéaux creux et faisaient couler le sang entre frères, le prince héritier s’est tenu seul face au géant qu’est l’Empire et a ravalé sa fierté jusqu’à l’os pour assurer du pain à ses sujets. »
Ainsi, le prince héritier passerait pour le grand négociateur de Zerpa, le soutien à la monarchie pro-impériale exploserait et la faction républicaine perdrait tout ancrage.
« Touché par la noblesse de caractère, la sincérité et l’audace inébranlable du prince héritier… l’Empire a enfin trouvé la voie de la coexistence. »
« … »
Le journaliste Alphonse leva lentement les yeux vers le prince héritier Alonso, qui souriait sur l’estrade, rayonnant comme un héros.
« Voilà qui devrait suffire. »
Tap. Je posai une main sur l’épaule d’Alphonse.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>