Chapitre 133
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste réticent
Chapitre 133
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Votre monde
Je déposai une requête auprès du palais impérial pour démettre « Julius » de son siège au Conseil des nobles, en le désignant comme l’instigateur de toute cette affaire.
Je l’accusais d’avoir détourné et fait passer en contrebande des armes de Gigantes, dilapidant ainsi les richesses nationales. À l’appui de ma demande, je joignis le document de Leutern II.
Perdre son siège au Conseil des nobles signifiait être expulsé du palais impérial. Pour des gens comme eux, c’était une punition comparable à une condamnation à mort. Une guerre politique était donc inévitable.
Les factions du palais allaient se diviser et s’entredéchirer ; dans le chaos, même la Garde impériale allait devoir choisir avec soin son camp.
Un seul incident avait mis le feu aux poudres, mais je comptais rester à bonne distance du bain de sang.
« Beau travail. »
À l’Ordre des Sentinelles, Kairon m’adressa un sourire radieux.
« La Décapitation de Dune Kan. Le Chemin des rêves. Et maintenant, cette opération : “La Vérité des armes”. »
« La Vérité des armes ». On aurait dit un nom choisi par Kairon.
« Et “Au-delà de l’acier” ? »
« Oh. Très philosophique. Adoptons celui-là. »
Les noms d’opérations avaient plus d’importance qu’on ne le croyait. Ils étaient consignés à jamais dans les archives officielles des Sentinelles, puis parfois imprimés dans les manuels de la section d’élite de l’Empire ou utilisés pour former les nouvelles recrues.
« J’ai entendu dire que les vents de guerre se levaient au palais impérial. »
« Oui. Mais les luttes intestines politiques ne nous concernent pas. »
« C’est vrai. Pour être honnête, je ne savais pas que Leutern II avait autant d’ambition. »
Ce salaud de Leutern n’avait probablement toujours aucune idée de ce qui se passait, mais peu importait.
Ça n’avait aucune importance.
« Au fait, une lettre est arrivée de Zerpa. »
« Oui. On me l’a déjà remise. »
La guerre civile de Zerpa faisait toujours rage. L’incompétente faction royaliste et la faction républicaine, folle de rage, continuaient de s’affronter, et seuls les innocents en pâtissaient.
Il fallait que quelqu’un brise ce cercle vicieux.
« J’ai entendu dire que des officiers détournaient les provisions que j’avais envoyées. »
Jusqu’ici, j’avais attendu, tout en rassemblant des motifs d’intervention.
Désormais, j’allais écarter de l’armée de Zerpa ceux dont il fallait se débarrasser, promouvoir les éléments compétents et les rallier à l’Empire.
« Ha ha. C’est vrai. Alors, quel sera le nom de l’opération, cette fois ? »
Kairon posa la question d’un ton léger, mais il ne s’agissait pas d’une opération comme les autres.
Mon objectif était en marche depuis bien longtemps…
« C’est la première étape vers l’annexion de Zerpa. »
Le visage de Kairon se durcit aussitôt.
* * *
Avant de partir pour Zerpa, je fis un bref détour par le sud de la province d’Hermès.
« Voici l’entrepôt. »
La force de cet endroit résidait dans l’immensité de son terrain. Nous avions donc agrandi encore l’espace en reconstruisant les souterrains. Toute la zone, divisée en plusieurs dizaines de secteurs, servait au stockage de nourriture.
« Pour parer aux situations d’urgence, nous répartissons les provisions dans plusieurs secteurs. Des cercles magiques de régulation thermique, alimentés par des pierres de mana, fonctionnent vingt-quatre heures sur vingt-quatre et empêchent les aliments de se gâter à la source. »
J’acquiesçai à l’explication de Lorenzo.
« À partir de maintenant, préparez assez de rations en conserve et d’aliments préservés pour nourrir toute l’armée impériale pendant au moins dix ans. »
La guerre éclaterait dans six ans au plus tard. Elle pouvait commencer plus tôt, mais pas plus tard.
L’Alliance occidentale avait déjà remarqué l’expansion militaire de l’Empire, tandis que l’Alliance orientale, désormais entièrement aux mains des Izenheim, renforçait rapidement ses propres forces.
Nous disposions d’exactement six années de répit pour les écraser.
C’était la doctrine communément admise par les théoriciens militaires républicains après la chute de l’Empire, dans la précédente chronologie. Elle était donc fiable.
« Le goût compte aussi. »
La nourriture des soldats ne pouvait pas être de la merde. Le goût était essentiel au moral des troupes.
« Que toute l’Académie Lorenzo se consacre à cette tâche. »
« Oui, compris. Au fait, messire chevalier, Arman dit qu’il a quelque chose à vous rapporter. »
Lorenzo désigna le fond de l’entrepôt souterrain.
Des pas résonnèrent.
Un homme apparut.
C’était Arman.
« … C’est vraiment toi, Arman ? »
« Oui. Depuis que j’ai commencé à grandir, je prends de la taille chaque jour. »
Il avait grandi à une vitesse absurde. La coupe en brosse dont je me souvenais avait laissé place à une longue chevelure rousse comme une crinière, et il m’arrivait presque à l’épaule.
« Messire chevalier. Le prototype de la roue à eau à pierre de mana est enfin terminé. »
Sa voix aussi avait mué.
Je le ressentis de nouveau.
Le temps passait vite.
C’était merveilleux et doux-amer à la fois…
« Montre-moi le chemin. »
« Oui. »
Nous nous enfonçâmes ensemble dans les passages souterrains.
Au-delà du tunnel qui menait à l’entrepôt, dans une vaste cavité où le filon de minerai de mana avait déjà été entièrement exploité, se dressait une immense machine.
Une roue à eau gigantesque tournait en grondant.
« Elle capte le mana du filon de minerai ou celui qui s’accumule dans l’atmosphère souterraine, puis produit des pierres de mana naturelles. Mais leur pureté reste assez faible. »
Arman ramassa une poignée de fragments entassés en contrebas.
C’étaient des cristaux imprégnés de mana.
« Quel est le rendement ? »
« Pour l’instant, une roue à eau produit en une journée assez de pierres de mana peu pures pour faire fonctionner un char pendant un mois. »
Je regardai Arman. Il avait tellement grandi que je ne pouvais plus lui ébouriffer les cheveux.
« Arman. Mets des gants. Toucher des pierres de mana à mains nues est dangereux. Porte aussi un masque. Tu dois vivre longtemps. »
« Oui. »
« Tu as bien grandi. »
Arman esquissa un petit sourire timide.
« Cela fait déjà presque deux ans que je vous ai rencontré pour la première fois, messire chevalier. »
… C’était vrai.
Comment avait-il pu mûrir autant en si peu de temps ? Avait-il trouvé une amoureuse ou quelque chose du genre ?
« Mais cette roue à eau a encore un défaut. »
« Son coût ? »
« Oui. Nous avons amélioré sa durabilité autant que possible, en tenant compte des points que vous aviez relevés… mais certains composants sont impossibles à sacrifier si nous voulons augmenter sa taille et garantir sa stabilité. »
Arman inspira profondément, puis poursuivit.
« En bref, chaque unité coûte dix millions de dollars à produire. »
C’était extrêmement cher.
Si les pierres de mana nécessaires au fonctionnement d’un char coûtaient cinquante mille dollars par an, il faudrait que cette machine tourne sept ans sans tomber en panne pour seulement rentrer dans ses frais.
Est-ce que j’investissais trop d’argent ?
« Attends. »
Quand ce genre de doute me prenait, je vérifiais mes comptes, impeccablement tenus par Dieter, dans le [Carnet double] que nous partagions.
« … Hum. »
Une suite interminable de zéros. J’avais anticipé l’effondrement de la bulle de Kanillan et absorbé ses capitaux ; en plus de cela, plusieurs entreprises, sociétés et projets d’exploration de pierres de mana avaient réussi. J’avais trop d’argent.
Il faudrait bien que je me débarrasse un jour de ces bouts de papier. Non, aussi vite que possible.
Je devais tout convertir en biens matériels.
La valeur des dollars impériaux s’effondrerait dès que la guerre éclaterait.
« Continue. »
« Hein, vous en êtes vraiment sûr ? Si nous en produisons en masse comme ça, nous serons déficitaires… »
Arman demanda, inquiet.
« Ne t’en fais pas pour l’argent. »
Je regardai les fragments de pierre de mana rejetés par la roue et repris :
« Fabrique-en une, puis deux, puis continue. Un jour, tu trouveras une meilleure méthode par toi-même. »
J’avais largement assez de capitaux pour essuyer des échecs. Il n’y avait donc aucune raison de les craindre.
« Arman. Tu es un génie. Je ne lésine pas sur les dépenses quand il s’agit des talents de l’Empire. »
À ces mots, les yeux d’Arman frémirent légèrement tandis qu’il me regardait, surpris.
* * *
Il s’agissait d’un dortoir de la section d’élite de l’Empire.
Un cadet roturier du nom d’Eric ouvrit le courrier qui venait d’arriver, les mains tremblantes. L’enveloppe portait un élégant sceau d’argent.
« Ha… ha… »
Il la déchira en haletant. Tout en haut, il lut :
[Fondation Maximilian : Eric Franz, avis d’attribution de la bourse au mérite de la section d’élite de l’Empire]
« Ouah ! »
Un cri lui échappa.
Il était le fils d’un fermier vivant aux confins reculés de l’Empire. Toute sa famille s’était lourdement endettée pour lui permettre d’intégrer l’école, et il désespérait de pouvoir payer ses frais de subsistance.
Tout était devenu noir autour de lui.
Puis le salut, qu’il n’aurait jamais osé espérer, lui était tombé entre les mains.
« Ah, j’en ai les larmes aux yeux… »
L’enveloppe contenait un énorme chèque et un livre.
Un ouvrage relié en cuir, avec son titre doré.
« Le Chevalier de l’Empire »
Auteur : Johann Georg Goetze
Éditeur : Johann Georg Goetze
Révision : Maximilian Albrecht von Ebenholtz
C’était un manuel d’endoctrinement écrit par Johann sous la direction de Maximilian. Il abordait la pureté du sang Aran, la mission historique de la section d’élite de l’Empire et la loyauté absolue que devait vouer un chevalier impérial.
Une clause figurait au bas de l’avis.
« Le soutien sera maintenu à l’avenir uniquement si vous réussissez l’examen théorique organisé par cette fondation. »
L’examen aurait lieu dans le domaine de Maximilian.
Autrement dit, pour continuer à recevoir l’aide, il devait lire le livre et assimiler pleinement cette idéologie.
« … »
Eric fixa sans réagir le chèque posé à côté du livre.
Trois cent mille dollars.
C’était largement assez pour couvrir ses frais de subsistance et rembourser d’un seul coup toutes les dettes de sa famille, restée au pays.
« Cadet Eric. En vue de l’avenir glorieux que votre immense talent fera advenir, nous vous attendons, vous qui consacrerez votre vie à l’Empire. »
Maximilian Albrecht von Ebenholtz
Les mots que Maximilian avait griffonnés à la main au dos du chèque le frappèrent en plein cœur.
Il était bouleversé que « cette personne » ait reconnu sa valeur. Il serra les poings.
BOUM !
Soudain, une violente secousse retentit dehors, de l’autre côté de la fenêtre du dortoir. Il tressaillit et se retourna.
Sur la montagne derrière la section d’élite de l’Empire, les travaux allaient bon train : on abattait la forêt dense et on creusait le flanc de la colline. On y construirait des installations magiques capables de recréer des dizaines de champs de bataille comme s’ils étaient réels : combats urbains, guerre en montagne et guerre de tranchées.
Le terrain d’entraînement s’appelait le « Terrain Maximilian ».
« … Ah. »
Eric prit une profonde inspiration. Une évaluation de descente aérienne en conditions réelles l’attendait cet après-midi.
Maximilian, fondateur des tactiques de descente des chevaliers. Ses opérations, la « Décapitation de Dune Kan » et le « Chemin des rêves », figuraient désormais dans les manuels ; grâce à ces deux hauts faits, la descente était devenue absolument incontournable.
« Bougez-vous, bon sang ! »
Un cri exaspéré retentit à l’autre bout du terrain d’exercice.
Le deuxième Ordre des chevaliers du Centre était venu jusqu’à la section d’élite de l’Empire pour s’entraîner à la descente.
Ils n’avaient ni transport aérien ni terrain d’entraînement pour la descente.
« Ah, ils sont encore là, ceux-là. »
Les deux camps avaient donc de quoi se plaindre. Les cadets perdaient un temps d’entraînement à la descente qu’ils jugeaient plus précieux que leur vie, et les chevaliers de Novus se sentaient humiliés de devoir se rendre à la section d’élite de l’Empire, entassés avec des gamins tout frais.
« … »
Eric tira le rideau. Il s’assit bien droit à son bureau. Pour manger, il se contenta d’un demi-bol de soupe. Il devait avoir l’estomac vide pour éviter de vomir pendant la descente.
Tandis qu’il s’imaginait sauter dans le vide depuis le ciel, cet après-midi, il ouvrit le livre de Johann, « Le Chevalier de l’Empire ».
Lavage de cerveau.
…
La chevalière Hanna Usar reçut une plaque dans la grande salle des Sentinelles.
« Opération Au-delà de l’acier. Chevalière de première année Hanna Usar. Nous saluons votre contribution à la sauvegarde de la sécurité impériale. »
Elle se souvenait à peine des paroles du Commandant adjoint Anton. Elle avait été presque inconsciente.
Elle reçut tout de même une prime généreuse, et son budget de chevalière tripla.
Tout le monde applaudit et célébra son exploit, mais Hanna ressentait en elle un étrange vide.
Même tard dans la nuit, alors qu’elle rangeait seule ses affaires dans son bureau de chevalière flambant neuf, ce sentiment de vide ne la quittait pas.
C’est pourquoi elle se rendit à la section d’élite de l’Empire, pour la première fois depuis longtemps.
En véritable chevalière chevronnée des Sentinelles.
« Te voilà. »
Son ancien mentor, Phillips, un instructeur roturier, l’accueillit chaleureusement.
« Oui. Je suis désolée de ne même pas avoir pris de vos nouvelles. »
Hanna esquissa un sourire en posant sur la table les cadeaux qu’elle avait apportés.
« Non, ce n’est rien. Tu dois être débordée de travail. »
« Ce n’est pas si terrible. Ah, celui-ci est pour le Commandant des cadets Dane. »
Un whisky de premier choix et un coffret de thés d’exception. Des articles de luxe que même Hanna, un an plus tôt, n’aurait jamais imaginé pouvoir s’offrir.
Phillips l’observa un instant.
Il lui restait quelque chose de la jeunesse, mais son visage affichait désormais aussi l’assurance et la froideur d’une chevalière impériale.
« … Tu as l’air plus forte. »
« Eh bien, je passerai bientôt en deuxième année. »
Elle avait manifestement changé.
« Au fait, comment va la section d’élite de l’Empire ? J’ai entendu dire que l’entraînement était devenu atrocement dur. Et qu’on avait construit beaucoup de nouvelles installations. »
« C’est devenu bien plus difficile. Quarante pour cent de cette promotion d’élite est déjà à l’hôpital. Les rejetons de nobles sont ceux qui se plaignent le plus. »
« Hein ? Et les parents nobles ne disent rien ? Ils ont dû protester comme des fous. »
Un cadet noble hospitalisé ? À son époque, toute l’école aurait été sens dessus dessous. Quelques instructeurs auraient sans doute été renvoyés.
« Le Commandant Dane était déterminé. Dans ces conditions, tu aurais même été avantagée. »
Hanna sourit discrètement à ces mots de Phillips. Pour une raison ou une autre, cette époque lui manquait un peu.
Le temps où elle pouvait se consacrer à l’entraînement sans se faire de souci ni se poser mille questions…
« Bon, je ferais mieux d’y aller. »
Elle devait aussi rentrer à l’Ordre le lendemain.
Une pile de paperasse, des entraînements et de nouvelles missions l’y attendraient.
« Avant que tu partes… »
Alors que Hanna se levait, Phillips l’interpella d’une voix grave.
« Il faut que je te parle de Jacob. »
« … Jacob ? »
« Oui. »
Il poussa un profond soupir.
Hanna n’avait encore que dix-neuf ans. Non, elle en avait probablement déjà vingt.
Quoi qu’il en soit, à l’époque, à la section d’élite de l’Empire, elle était encore plus jeune. Pour des cadets de cet âge, les camarades comptaient beaucoup. Il lui avait donc caché la vérité tout ce temps, de peur que le choc ne soit trop violent.
« En réalité… Jacob a essayé de te faire accuser. »
« … Quoi ? »
Hanna se rassit, décontenancée.
« Quoi ? De quoi tu parles, tout à coup ? »
« En triant les affaires de Jacob, nous avons trouvé un journal. »
Phillips poursuivit à voix basse.
« Il y avait des entrées détaillées qui affirmaient que tu sortais chaque nuit du dortoir en cachette pour rencontrer des forces subversives. »
« Non, je n’ai jamais fait ça ! »
« Tu es sûre de n’avoir jamais fait ça ? »
« Bien sûr que non ! Je m’entraînais tout le temps, où aurais-je trouvé le temps d’aller quelque part ? Moi ? C’est vrai, cette histoire ? »
Phillips ferma les yeux. Hanna, elle, les écarquilla sous le choc. Le souvenir de la trahison de Gale, un autre cadet roturier plus âgé qu’elle, à Bolska lui revint en mémoire.
Elle avait échappé de justesse à la mort, et maintenant ça ?
« C’était bien un coup monté de Jacob, comme je m’y attendais. C’est ce que je pensais aussi. »
« Évidemment ! Jacob, ce… Non, où est ce journal, maintenant ? »
Phillips secoua la tête, le visage assombri.
« Il a disparu. »
« Quoi ? »
« Il a été brûlé. »
Brûlé.
Gloups. Hanna déglutit péniblement.
« … Par vous, instructeur ? »
« Non. »
Avec un sourire amer, Phillips prononça un nom auquel Hanna ne s’attendait pas.
« Maximilian. »
À cet instant, les yeux de Hanna tremblèrent violemment.
« C’est arrivé il y a plus d’un an. »
Sa voix resta calme et posée.
« Ça fait déjà plus d’un an que le chevalier Maximilian t’a sauvée. »
Une roturière talentueuse. Tout simplement parce qu’elle pouvait être utile à l’Empire…
Jacob Mack était un sous-homme, et un salaud comme lui n’avait aucune crédibilité dans une affaire de journal intime.
Mais les origines de Hanna Usar ne faisaient aucun doute. C’était une citoyenne impériale, née et élevée au cœur de l’Empire. Même si elle venait d’un trou perdu à la campagne et n’avait rien, elle restait une Aran de pure souche de l’Empire.
Il avait affirmé qu’une personne aussi douée que Hanna avait pleinement le droit de gravir les échelons jusqu’aux Sentinelles.
« … »
Hanna écouta, hébétée.
Un léger sourire se dessina sur le visage de Phillips.
« Félicitations pour ton exploit. Tu as été à la hauteur de la confiance qu’il t’accordait. »
À cet instant, l’esprit de Hanna se vida.
Un choc électrique la traversa, semblable à celui qu’elle avait ressenti lorsque Gale l’avait trahie, mais il en était l’exact opposé.
Peut-être qu’une confiance découverte là où on ne l’attendait pas pouvait provoquer un choc presque aussi fort qu’une trahison.
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