Chapitre 115
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Traducteur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 115
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Le sens de la politique
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Fouuuuuuu.
Les chevaliers qui sautèrent des avions de transport traversèrent l’espace aérien de Berkina et atterrirent sans encombre aux points qui leur avaient été assignés.
Tac.
À peine avaient-ils touché le sol qu’ils appuyèrent sur un bouton et déployèrent leurs combinaisons ailées. Brrr. Les combinaisons se comprimèrent comme du tissu et se replièrent à plat contre leur dos.
Ils n’avaient pas le temps d’admirer cette nouvelle technologie. Ils suivirent les itinéraires prévus et pénétrèrent dans les repaires des capos du cartel.
Destination atteinte. Point cible atteint.
Des mercenaires protégeaient les parrains de tous côtés, mais les chevaliers n’avaient pas besoin de communiquer par signes.
Fssht. Chlak.
Ils bondirent presque simultanément et égorgèrent leurs adversaires sans un bruit.
Puis ils s’enfoncèrent plus avant dans les lieux…
Boum !
Au bruit sourd qui venait de l’extérieur, le capo Costa ouvrit les yeux.
« … ? »
Il se frotta le visage et consulta l’horloge. Il était trois heures du matin.
« … Quoi ? »
Une vaste pièce drapée de lourds rideaux de velours rouge. Costa se leva.
Il noua négligemment sa robe de chambre et repoussa ses boucles en bataille. Un frisson désagréable lui parcourut l’échine.
« Hum… ? »
Les femmes à ses côtés s’éveillèrent en remuant, mais Costa les repoussa d’un geste agacé.
« Rendormez-vous. »
Toujours nu, il mobilisa son mana. Sanglier de fer. Fidèle à son surnom, un mana couleur de plomb enveloppa tout son corps et durcit sa peau.
« … »
Il leva une lame affûtée au bout de la main et ouvrit brusquement la porte.
Le couloir était silencieux.
Il n’y avait personne.
Ni gardes. Ni subordonnés.
« C’est quoi, ce bordel… ? »
Costa pencha la tête, puis se retourna.
Quelque chose d’opaque scintilla dans l’obscurité.
Chlak !
Un éclair jaillit.
!
Les yeux de Costa s’écarquillèrent et se figèrent. Sa tête se détacha net et tomba. Boum, boum, boum. Elle dévala les escaliers en roulant.
« Le Sanglier a été abattu. »
Le chevalier se détourna du cadavre. Pas besoin d’emporter la tête, aucune raison de laisser un trophée.
Quiconque osait s’en prendre à un chevalier impérial le payait de sa vie, un point c’est tout.
…
Une pièce sombre et dissimulée dans le centre-ville de Berkina.
Dans le salon VIP d’un casino tape-à-l’œil, les jetons et l’argent s’entassaient sur la table.
« Ouf… »
Kunta, un capo du cartel, fixait ses cartes, les yeux injectés de sang.
Sa main était bonne.
Il baissa la tête comme une taupe, tâchant de cacher son expression.
« … Tapis. »
Il poussa tous ses jetons au milieu, mais son adversaire se coucha sans se presser.
« Ah, j’ai perdu. Les bonnes cartes ne veulent pas venir, ce soir. »
« … »
Une veine sailla sur le front de Kunta. Du sang perla sur ses lèvres, qu’il avait mordues trop fort.
« … Ah, et désolé. Il faut que j’y aille, maintenant. »
Ce salaud, qui aurait dû crever sur place, se mit même à se lever.
J’avais un full !
« Amusez-vous bien, messieurs. »
« Où tu vas ? On ne fait que commencer. »
Kunta plaqua ses cartes sur la table et gronda.
« Allons… Mon fils m’attend. C’est son anniversaire, aujourd’hui. »
« Et alors ? Qu’est-ce que j’en ai à foutre du jour où il est né ? »
« Ah, ne faites pas ça. J’ai déjà tout perdu. Il ne me reste presque rien. Je suis fauché. »
Kunta jeta un coup d’œil à l’homme. Le sac qui avait été rempli de jetons était à présent à moitié vide.
« Laissez-moi partir, je vous en prie. »
L’homme esquissa un sourire penaud et recula. Kunta le foudroya de ses yeux injectés de sang.
« Si tu pars, t’es mort. On te pendra sur la place du marché comme une paire de chaussures. »
« C’est vraiment l’anniversaire de mon fils. Si je pars maintenant, j’arriverai encore à temps… »
Après cette pitoyable excuse, l’homme s’inclina à angle droit et sortit.
« … »
Kunta continua de fixer la porte un long moment. Il enfonça sa cigarette plus profondément dans sa bouche.
Crounch. Crounch.
Il la mâcha tout entière, puis fit un signe du menton.
« Hé. Tuez-moi ce salaud pour de bon. Et coupez aussi la tête de son fils. »
« Oui. »
Les mercenaires lui emboîtèrent le pas sans hésiter.
« Sale enfoiré. »
Kunta ramassa ses cartes.
« Bon, on continue. Donnez. »
Au moment où le croupier commençait à battre les cartes…
Criiic.
La porte s’ouvrit de nouveau.
« Qui est en train de gâcher la par— »
Fssht !
Une lame jaillit de sa bouche, à la place de sa langue. Son visage fendu en deux s’affaissa sur la table.
« Quoi— »
Avant même que les mercenaires aient pu saisir leurs armes, les chevaliers déferlèrent par la porte. Ils couraient le long des murs, prenaient appui au plafond et tranchaient des têtes.
Chlak. Fssht.
Un massacre méthodique : ils ne tuaient que les non-civils, avec une précision absolue.
Les ennemis présents furent exterminés en quelques instants.
« … Eagle. Opération terminée. »
Kairon secoua le sang de son épée et prit la parole.
…
À l’aube, sous un ciel teinté de bleu sombre,
Pellier, le chef des chefs, le Capo dei Capi, ouvrit les yeux.
Il ne ressemblait pas aux autres capos. Il n’était ni bouffi et débauché comme Costa, ni adonné aux excès comme Kunta.
Le repaire de Pellier se dressait au point le plus élevé de la ville, dans un bâtiment accroché à la falaise.
L’intérieur était conçu comme un labyrinthe. Des dispositifs d’alarme magique se trouvaient partout. Des pièges, dans chaque couloir.
Une forteresse où sa paranoïa s’exprimait pleinement.
Pellier n’aimait pourtant pas le dernier étage de cette forteresse. Il était toujours grisant de dominer le paysage depuis les hauteurs, mais c’était une mauvaise position en cas d’assassinat.
« Hum. »
Pellier sortit sur une terrasse à mi-hauteur. À ses pieds, le centre-ville de Berkina s’étendait à perte de vue. Une ville où se mêlaient lueurs orangées et ténèbres étouffantes.
Au loin brillait l’éclat vif d’une boîte de nuit qui venait d’ouvrir.
« Je devrais m’en emparer. »
La raison était simple : parce que j’étais Pellier. À Berkina, tout ce que je désirais devait m’appartenir.
« Hé. »
Pellier eut un sourire en coin et fit volte-face. Il entra dans le salon et ouvrit une armoire.
Tac.
Il sentit une présence. Son garde du corps. Un homme loyal, autrefois chevalier impérial.
« … Vous êtes encore debout ? » demanda le garde.
« Je n’arrive pas à dormir. »
Pellier haussa les sourcils et fit tourner son verre de whisky. Les glaçons tintèrent d’un son clair.
« Vous en voulez un ? »
« Non, merci. »
Pellier pinça les lèvres.
« Vous pourriez pourtant. Enfin, allez vous reposer. »
« Oui. »
Le mercenaire se contenta de sourire et se retira. Pellier retourna sur la terrasse et leva son verre. Le regard tourné vers Berkina, au loin, il murmura à voix basse.
… Mon monde.
Le mien.
Perdu dans ses pensées, il but une gorgée de whisky, puis…
-----.
Depuis l’autre bout du ciel nocturne, une vive lumière s’approcha.
Elle traversait l’horizon… une météorite ?
Sans un bruit, traçant une courte traînée, une lueur argentée avançait.
« … »
Pellier la contempla un instant, hébété.
C’était peut-être une révélation. Peut-être une bénédiction veillant sur son avenir.
C’est exactement ce qu’il ressentit.
Bientôt, il tuerait Costa et Kunta et s’emparerait de Berkina. Il en deviendrait le roi et gagnerait une puissance telle que même les chiens de l’Empire n’oseraient plus le mépriser…
---
Une comète.
De loin, elle semblait devoir frôler ce ciel, puis s’immobilisa soudain en plein vol.
C’était déjà mystérieux, mais sa trajectoire se courba ensuite de manière anormale.
Elle se dirigeait
par ici.
Vers moi.
« … ? »
En un instant, la vision de Pellier se teinta d’argent.
Une épée longue d’un blanc pur, qui descendait du ciel.
Ce fut la dernière chose qu’il vit.
-----.
La lumière de la lune fendit silencieusement la terrasse. Un coup gracieux traça une cicatrice dans le bâtiment qui abritait le repaire.
Krrraaaac ! Le grondement des débris qui s’effondraient enfla un instant plus tard, et, dans le même temps, la tête de Pellier s’envola.
Fouuu…
La lumière de la lune se déversa à flots, et Maximilian atterrit sur le cadavre de Pellier.
Il expira doucement, puis déclara :
« Insertion. »
* * *
Les trois capos du Cartel de Parmano, les mercenaires qu’ils avaient engagés et des centaines d’autres hommes — leurs seconds, leurs cadres et leurs subordonnés — furent tous décapités en six heures à peine. Avant même la fin de la journée, l’opération de retour était déjà en cours.
« Alors, la récolte ? »
À l’extérieur d’un aérodrome, dans l’est de l’Empire.
Sous un arbre, alors que la pluie tombait sans discontinuer, Kairon me posa la question.
« Elle est bonne. »
Je brandis une puce de cristal kanillane récupérée dans le coffre-fort de Pellier.
Les entreprises où avait transité l’argent de la drogue, les destinataires des pots-de-vin : tout devait être consigné dans cette minuscule puce.
« Certains appellent ça une mine d’or, je crois. »
Contrairement aux registres bâclés des autres imbéciles, ceux de Pellier étaient précis.
Digne du chef des chefs.
« Vous pouvez remonter la piste ? »
« Oui. Mon officier d’administration est compétent. Mais, pour décoder tout ça correctement, il faudra probablement aller à Kanillan. Les propriétés du mana sont différentes ; la restauration ne se fera pas sans difficulté dans l’Empire. »
Certains produits de pointe ne fonctionnaient qu’à Kanillan. La longueur d’onde et la densité du mana variaient d’une région à l’autre.
Le Nord et Kanillan, en particulier, présentaient des environnements de mana très distincts.
« Nous en tirerons tout ce qui pourra nous servir. »
Kairon hocha la tête, satisfait.
« Allons-y. »
« Oui. »
Nous entrâmes ensemble dans l’aérodrome. Une quinzaine de chevaliers s’y étaient rassemblés. Les autres unités ne tarderaient pas à rentrer saines et sauves, elles aussi.
Pour cette opération, nous avions payé suffisamment cher pour obtenir des renseignements qui nous avaient permis de connaître d’emblée l’emplacement et la situation de chaque ennemi. Les chevaliers n’avaient donc eu qu’à manier leurs épées.
Nous n’avions pas gagné en combattant.
Nous avions combattu en ayant déjà gagné.
« Euh, j’ai une question. »
Dans l’aérodrome, Royce, chevalier de l’année zéro, leva la main d’un air gêné.
« Cette combinaison ailée… elle nous est vraiment attribuée ? On n’a pas à la rendre ? »
À voir le chevalier chevronné Raynel tousser à côté de lui, il semblait que la question venait de lui.
Je hochai la tête, puis ajoutai à l’intention des autres chevaliers :
« Considérez la combinaison ailée comme une récompense pour tous ceux qui ont participé à cette opération. »
Raynel, chevalier de troisième année, donna de nouveau un coup de coude à Royce, de l’année zéro.
« Messire, si nous voulions en acheter une séparément, désolé, mais… »
« Au moins deux millions. »
Une onde de stupeur parcourut les visages des chevaliers. Voilà à quel point cet équipement était à la pointe de la technologie. Pour qui savait descendre comme il fallait, c’était un matériel stratégique capable de multiplier l’efficacité par trois ou quatre.
Vrrrrrrrr.
À cet instant, les vibrations des avions de transport qui revenaient roulèrent jusqu’à nous. Kairon et moi sortîmes pour les accueillir.
« Alors, Yulian s’occupe du reste, maintenant ? »
« Oui. »
« Yulian comprend ce que nous avons l’intention de faire ? »
demanda Kairon.
Je gardai le silence un instant.
Yulian.
Même maintenant, je ne savais toujours pas vraiment ce qu’il avait en tête. Il semblait toujours avoir un coup d’avance sur moi, comme s’il voyait à travers chacun de mes gestes.
Pourtant, tout comme je ne le connaissais pas, il ne savait pas exactement qui j’étais, lui non plus.
L’avenir que j’avais vu, la cause que je défendais. La fermeté de ma foi en cette cause…
« Oui. Probablement. »
Je regardai les avions de transport se poser et dis :
« Maintenant, il ne nous reste qu’à prendre ce qui nous revient. »
* * *
[Le héros secret des Sentinelles connaît une fin tragique]
[Les atrocités du cartel de Berkina……]
L’article exclusif du Jemion Daily se répandit dans tout l’Empire comme une onde de choc. Le journal publia des photos censurées montrant des fragments du cadavre d’un chevalier, atrocement mutilé par le cartel.
La société impériale explosa de colère, et le Commandant Alberich des Sentinelles publia lui aussi une déclaration inhabituelle, mêlant deuil, colère et regret.
Johann Goetze y ajouta son grain de sel dans le cadre de son doctorat.
--「Éditorial : Le sacrifice du sang pur et la fureur des Aran」--
… Nous l’avons tous vu. Nous avons vu le fils le plus noble de l’Empire s’éteindre sous les griffes de bêtes méprisables. Les blessures qui lui ont lacéré le corps alors qu’il se dévouait à notre cause. Le poignard planté dans le cœur de l’Empire, l’affront fait à nos âmes à tous…
Le sang versé par un seul chevalier ne doit jamais l’avoir été en vain. Que cherchait-il à protéger ? Face au poison propagé par les cartels de la drogue au-delà de nos frontières, il avait voulu défendre nos frères et sœurs aran, notre foi pure…
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Comme prévu, la nouvelle tomba en fanfare : les principaux cadres du cartel avaient tous été décapités au cours de la nuit.
[Les Sentinelles, au nom des chevaliers impériaux, frappent le bastion du cartel de Berkina]
[Kairon, chevalier chevronné des Sentinelles : « Une opération top secrète était déjà en cours »]
[L’épée de l’Empire purifie un repaire de sauvages !]
[Le Chemin des rêves… qu’une vie de chevalier n’aura pas suffi à achever.]
Nom de code de l’opération : Chemin des rêves. Tous les autres détails restèrent top secret, mais la riposte fut parfaite.
Le gouvernement de Berkina protesta évidemment avec véhémence. L’hostilité envers l’Empire ne tarda pas à monter dans toute l’Alliance orientale, et pas seulement à Berkina.
Mais le cartel avait été le premier à s’en prendre à un chevalier impérial, et il n’y avait eu aucune victime civile. Ainsi, même si Berkina déploya des troupes près de la frontière, l’affaire ne dégénéra pas en conflit armé.
Le Cartel de Kalo combla plutôt rapidement le vide laissé par l’anéantissement du cartel de Parmano et des cartels mineurs. Il distribua d’importants pots-de-vin aux fonctionnaires locaux et apaisa l’hostilité de l’opinion publique envers l’Empire.
Puis, un matin.
Sur le bureau du Commandant de la Garde impériale Goebel, qui était venu travailler comme d’habitude,
on déposa un document scellé de rouge.
« … Hum ? »
Le Commandant Goebel ne s’était pas inquiété une seconde de cette affaire.
Le cartel n’avait rien à voir avec lui. Du moins, en apparence.
Le blanchiment avait été si parfait que, même si quelqu’un était au courant, il avait la certitude que personne n’oserait l’impliquer. Des centaines, des milliers d’hommes de paille pouvaient être sacrifiés à sa place.
Mais le document qu’il lut ce jour-là, depuis son fauteuil, portait ces mots :
---「Convocation」---
Destinataire : Goebel von Rosenberg
Expéditeur : Ordre impérial des Sentinelles
Notre Ordre a mis au jour des flux financiers illégaux à partir de livres de comptes secrets et d’autres documents saisis lors de la récente opération de répression du cartel de Berkina…
Vous êtes convoqué en qualité de témoin clé, car vous êtes soupçonné d’avoir financé une organisation antipatriotique et accepté des pots-de-vin. Vous devrez vous présenter au Quartier général de l’Ordre des Sentinelles avant 15 heures, le 30 octobre.
À défaut, nous vous informons qu’un mandat d’arrêt forcé pourra être délivré en vertu des pouvoirs inhérents à l’Ordre.
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Des lignes éhontées osaient convoquer le Commandant de la Garde impériale de l’Empereur.
Goebel tripota son monocle, puis ôta son chapeau.
« … »
Sans un mot, il relut le texte en entier et pressa ses doigts contre sa tempe.
Tout en bas.
Il regarda le nom de celui qui avait rédigé le document.
[ Maximilian Albrecht von Ebenholtz ]
« Maximilian… »
Tandis qu’il prononçait ce nom à voix basse,
« Hé. »
un rire lui échappa malgré lui.
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