Chapitre 110
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 110
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Pour l’Empereur
Dans la grande salle de conférence, bondée de ministres impériaux et de fonctionnaires, le Conseil national de soutien de l’Empereur battait son plein.
Une longue file de personnes monta sur l’estrade : des lobbyistes représentant d’innombrables groupes d’intérêt, des doyens de sociétés savantes, des mages de la Tour de magie, ainsi que des hommes portant des titres tels que président de telle ou telle association. Tous défendirent des projets de loi destinés à protéger leurs intérêts.
« Beaucoup estiment que les restrictions actuelles imposées aux mages qui utilisent des pierres de mana sont trop sévères. Aussi, au vu de mes propres recherches, je souhaiterais proposer un plan d’assouplissement… »
Les mages réclamaient une baisse de la taxe sur la consommation de pierres de mana.
« Nous nous opposons fermement à ce projet de loi sur la protection de l’environnement ! Si vous durcissez les normes d’émission de fumée des usines, la productivité chutera et l’économie nationale en pâtira gravement ! »
Les industriels réclamaient l’abandon des réglementations environnementales.
« Veuillez réduire les droits de douane avec les régions occidentales de l’Empire ! C’est le seul moyen pour nous, marchands, de faire circuler davantage de marchandises et de rendre l’Empire prospère ! »
Les marchands imploraient une baisse des tarifs douaniers.
La plupart des propositions nuisaient à l’Empire dans son ensemble, même si elles apportaient d’immenses bénéfices à un secteur précis.
Des gens de toutes les classes — industriels, mages et bien d’autres — se succédèrent pour présenter projet de loi après projet de loi, mais la plupart en restèrent au stade des formalités. Les membres de l’assemblée les écoutaient d’une oreille distraite, consultaient leur montre d’un air tendu ou bâillaient.
Le chancelier de l’Empire, Ken Steiner, avait soudainement démissionné un jour, et l’homme qui en était la cause allait bientôt arriver.
De nombreux industriels avaient fait pression et présenté des pétitions aux nobles du palais et aux législateurs, mais cette fois-ci, ils n’arrivaient pas à accepter tout cela.
Les fonctionnaires échangèrent alors des regards inquiets.
Crrrriiiic.
La porte s’ouvrit. Tous les regards se tournèrent vers l’entrée. Le silence tomba aussitôt.
Il s’avança sur le tapis rouge de la salle de conférence.
Des cheveux blonds et des yeux dorés. L’uniforme d’apparat d’un chevalier, sans une tache de poussière. Une démarche d’une impeccable régularité.
Il gravit l’estrade avec un calme et une élégance parfaits, puis…
« Je suis le chevalier Maximilian, de l’Ordre des Sentinelles. »
C’était bien lui, exactement comme le disaient les rumeurs.
Il ressemblait trait pour trait à Baltaras, dans le roman.
…
Mon discours, où j’exposais la première page de mon plan : une réforme fiscale comprenant une retenue à la source et des recommandations relatives aux obligations des entreprises, touchait à sa fin.
« Comme vous le savez tous, nous sommes des Aran. Notre sang et notre sueur ne doivent servir qu’à nous-mêmes. »
Je récitai le texte rédigé par Johann. Ma voix résonna avec clarté dans la salle du conseil. Elle portait une solennité délibérée qu’on ne m’avait jamais entendue prendre auparavant.
À vrai dire, maîtriser mon noyau de cette manière était plus difficile que la plupart des combats.
« L’air que nous respirons, la terre que nous foulons, la plénitude de la vie dont nous jouissons : n’oublions jamais que tout cela n’est possible qu’à l’abri de la clôture qu’est l’Empire. »
Le texte du Conseil employait un vocabulaire bien plus raffiné que celui d’un discours public. Il regorgeait de tournures littéraires que les nobles affectionnaient.
« Les impôts n’ont pas à être une souffrance. S’ils sont prélevés au profit de l’Empire, ils doivent être un dévouement qui coule aussi naturellement que le souffle. »
Je marquai une pause, puis promenai mon regard sur l’auditoire avec la dignité d’un noble.
Comme Johann me l’avait conseillé, je balayai la salle des yeux, comme si je croisais le regard de chacun, sans m’arrêter sur personne en particulier.
« La richesse des Aran, née à sa source même, deviendra l’épée et le bouclier les plus purs de l’Empire… »
Retenue à la source. Réforme structurelle de la fiscalité.
Une charge fiscale allégée pour les classes inférieures de l’Empire et une réglementation plus stricte des entreprises étrangères qui ne faisaient que siphonner les profits de l’Empire.
Le discours suivit le bon rythme. Ni trop long ni trop court. Juste assez pour que les idées essentielles soient parfaitement comprises.
« … C’était le chevalier Maximilian. »
Je m’inclinai discrètement.
Clap. Clap. Clap.
Au milieu des applaudissements qui s’élevèrent, je croisai de nouveau le regard de Sonnet. Cette fois encore, elle remonta ses lunettes rondes de son majeur. Je me grattai légèrement le sourcil avec le mien.
C’était notre façon de nous saluer.
…
La province d’Hermès, qui possédait la plus vaste superficie du sud.
Grâce aux nombreuses entreprises de Maximilian et à des infrastructures comme l’usine d’Aternum, la population y avait discrètement augmenté, et la province était déjà devenue le cœur de l’économie impériale du sud.
« Alors, notre paie hebdomadaire va baisser de combien, exactement ? »
« Aucune idée. »
Dans le vestiaire des ouvriers.
À la fin de leur service, ils se changèrent et discutèrent du nouveau projet de loi.
« J’ai entendu dire que c’était autour de vingt pour cent, de la bouche du contremaître. »
« Ah… Bon sang. Je voulais acheter un beau cadeau à mon gosse. »
« Pas la peine. On ne fait que payer nos impôts en avance. Tu t’y feras vite. »
« On m’a dit que c’était le chevalier qui avait proposé ça lui-même. Si ça peut aider le pays, on devrait accepter… »
Ils rirent amèrement en retirant leurs uniformes de travail.
Ils sortirent en file et se rangèrent devant le guichet de paie. Une longue queue s’était déjà formée.
Le commis s’adressa à eux.
« Écoutez-moi tous ! Comme vous le savez, la loi fiscale a été révisée et entre en vigueur immédiatement. La retenue à la source sera donc appliquée dès la paie de cette semaine. Notre usine semble être la première à la mettre en place ! »
Il désigna les éléments inscrits au tableau noir.
« L’assurance maladie, la retraite, les allocations chômage et l’impôt sur le revenu seront déduits à l’avance. En comptant aussi les cotisations au syndicat des travailleurs d’Arten, créé sur ordre du chevalier, la déduction s’élèvera exactement à 25,5 %. Ce ne sont que des impôts payés en avance, alors ne vous sentez pas lésés ! »
Les ouvriers reçurent leurs enveloppes l’un après l’autre, mais s’éloignèrent malgré tout le visage sombre.
Ils comprenaient que c’était pour le pays. Ils comprenaient aussi qu’ils payaient leurs impôts en avance. Malgré tout… l’argent qu’ils avaient en main serait moindre.
« Hein ? »
Un ouvrier ouvrit son enveloppe et écarquilla soudain les yeux.
« C’est pareil, pourtant ? »
La somme n’avait pas diminué. Non, elle était même légèrement supérieure à celle de la semaine précédente. Les autres ouvriers vérifièrent aussitôt leurs enveloppes.
« Hé, moi aussi ! »
« Ils se sont plantés dans les calculs ? »
Des murmures parcoururent la foule, et le commis leur adressa un grand sourire.
« Non. Les calculs sont exacts. »
Il avait été formé pour ça.
Une technique psychologique : annoncer d’abord la mauvaise nouvelle, puis offrir une récompense plus importante.
« Alors que vous payez des impôts, Aternum a augmenté les salaires hebdomadaires. Comme vous avez tous dépassé vos objectifs, notre chevalier Maximilian… »
Il marqua une pause sur le nom de Maximilian.
« A tenu à vous accorder un traitement de faveur. La somme que vous rapportez chez vous a donc bel et bien augmenté. »
Les visages des ouvriers s’éclairèrent.
Ils payaient des impôts, mais leur paie n’avait pas diminué. Au contraire, grâce à la bonté du chevalier, leurs salaires avaient augmenté. Non, ils avaient vraiment augmenté.
Les ouvriers poussèrent des acclamations retentissantes. Quand elles s’éteignirent, le commis tapa plusieurs fois sur le tableau noir.
« Mais retenez bien ceci. »
Son expression se fit grave.
« Tous ces avantages découlent uniquement de l’attachement du chevalier à l’Empire. Il vous a fait confiance et a investi dans l’avenir de l’Empire. »
Il désigna ensuite une affiche accrochée au mur de l’usine.
« Le chevalier et vous tous, vous êtes des Aran impériaux. Alors nous aussi, nous ne servons que l’Empire. »
Sa voix ferme résonna dans l’usine.
« Si quelqu’un tente d’introduire à Aternum des individus suspects ou des idées subversives, signalez-le sans faute. C’est ainsi que nous protégeons nos moyens de subsistance et que nous rendons au chevalier sa bonté. »
C’était le message que le commis répétait chaque jour à la fin du service.
On était allé bien au-delà d’un simple avertissement : cela frôlait le lavage de cerveau idéologique.
« Vous élevez vos familles à l’abri de la clôture de l’Empire. Grâce à l’Empire, vous vivez dans de bonnes maisons et mangez à votre faim. Sans l’Empire, aucun de nous ne pourrait conserver cette vie. N’oubliez pas. »
Les ouvriers acquiescèrent d’un air grave.
« Ah, et une inspection surprise aura lieu avant votre départ aujourd’hui. Chaque ouvrier devra passer un bref entretien avec la personne là-bas. »
Le commis désigna un endroit. Une femme portait des lunettes de soleil. Yukia se tenait là.
« Ensuite, veuillez récupérer votre carnet d’ouvrier… »
* * *
Cet Empire comptait aussi des artistes, des peintres et des architectes.
C’était tout naturel.
Pourtant, lorsque l’économie s’effondrait et que les nuages de la guerre s’amoncelaient, c’était la première chose qu’on sacrifiait. Pour les pauvres, un tableau n’était qu’un luxe. Pour les riches, il devenait un poids mort, impossible à liquider.
Malgré tout, je comptais protéger un temps ces valeurs qu’on jugeait inutiles.
« Messire chevalier. Le musée Arte a fait faillite et sera mis aux enchères. »
Un après-midi tranquille, j’acquiesçai en entendant le rapport de l’officier d’état-major.
« Allons-y. »
Je montai aussitôt en voiture et me rendis sur place.
Le musée Arte, autrefois réputé le plus grand de l’Empire.
Mais il n’avait plus un seul visiteur. Le vent printanier qui balayait la rue avait quelque chose de morose.
« Attendez dehors. »
« Bien, monsieur. »
L’entrée était déserte. Personne au guichet. Le billet coûtait dix dollars, alors j’y déposai cent dollars en espèces et entrai.
Boum-boum. Boum-boum.
Chacun de mes pas résonnait trop fort. C’en était presque gênant.
Au moins, je n’aurais pas à m’inquiéter d’une tentative d’assassinat ici.
Boum-boum.
La plupart des installations intérieures avaient été démontées, mais les œuvres accrochées aux murs étaient encore bien entretenues.
« … »
Je m’arrêtai au milieu de la salle et contemplai les tableaux.
« … Voilà qui est inattendu. »
Un homme sortit de la galerie intérieure. C’était un vieil homme soigné, vêtu d’un élégant costume. Verdi, le directeur du musée Arte.
« Je ne m’attendais pas à vous voir ici. »
La prudence perçait dans la voix de Verdi.
Je lui demandai d’un ton neutre :
« Quelle image de moi vous a amené à le croire ? »
Le directeur esquissa un sourire amer et redressa un tableau accroché au mur.
« Maximilian Ebenholtz. Fils du duc Sebestian. Une apparence des plus nobles, une beauté extraordinaire, et pourtant… »
Il se tourna vers moi.
« On dit qu’un monstre vit en vous. »
Un monstre. Je fermai doucement les yeux.
D’une certaine façon, c’était vrai.
Je parlais du virus en moi, pas de moi-même.
« Je vois. »
Je fis un pas vers lui.
« Alors, directeur, vous n’avez pas peur de quelqu’un comme moi ? »
« … Messire chevalier. J’ai une excellente mémoire des visages. »
Le directeur Verdi me regarda sans ciller.
« Il y a longtemps, je vous ai vu enfant. Vos yeux clairs et lumineux étaient ravissants. Vous aviez le regard d’un enfant qui s’émerveillait de tout ce que le monde avait à offrir. »
« Comment pourrais-je vous craindre, alors que cet enfant est encore si vivant dans ma mémoire ? »
J’esquissai un sourire amer. À l’époque, cet enfant avait éprouvé une émotion profonde devant les œuvres accrochées ici.
« Oui. C’est vrai. Je tenais sans doute la main de la personne que j’aimais le plus au monde. »
Mère.
Ma mère.
Elle aimait l’art, et elle aimait la beauté.
« … Cet enfant est devenu vous. »
Le regard du directeur se troubla.
Verdi était un vieil ami de Ken Steiner. Il n’éprouvait donc rien de bon à mon égard, moi qui l’avais ruiné.
La haine serait peut-être un mot plus juste.
« Alors, refuserez-vous aussi le soutien de cet enfant ? »
Je posai la question sans détour.
Les sourcils du directeur tressaillirent.
« Un soutien ? »
« … »
Verdi me lança un regard noir et demanda à voix basse :
« À quoi rime tout cela ? »
Sa question n’avait rien d’amical. Les nobles véritablement nobles me détestaient.
Peut-être même me méprisaient-ils.
« À la beauté, tout simplement. »
Malgré tout, je lui adressai un pâle sourire.
« Quelles que soient les destructions à venir, il y a des beautés que nous devons protéger et préserver. Non comme un moyen, mais pour ce qu’elles sont. »
Je voulais protéger ce musée en partie par désir personnel, mais pas seulement.
« Une beauté qui, à elle seule, me permet de me souvenir de la personne que j’aimais le plus et de revivre le moment le plus heureux de ma vie. »
Je regardai le directeur, sortis mon chéquier et inscrivis un montant. Puis j’arrachai le chèque proprement et le posai sur la table.
« Ma mère tenait énormément à cet endroit. »
Et une autre grande personne aimait également cet endroit.
C’était aussi pour elle.
Une sorte de marche pour parvenir jusqu’à elle.
« … »
Le visage du directeur s’assombrit. La méfiance pesait lourd dans ses yeux vieillissants. Même devant un chèque d’une valeur immense, il ne montra aucune avidité.
« … Cet argent n’a pas été gagné en tuant des gens. Vous n’avez donc pas à vous en inquiéter. »
En le regardant, j’ajoutai d’un ton amer :
« J’essaie de faire de mon mieux, directeur Verdi. »
Désormais, je passerais toute ma vie à être traité comme un monstre. Je ne m’emporterais donc pas devant ce regard, et je ne m’en laisserais pas blesser.
Je me contenterais d’un pâle sourire, puis je partirais en silence.
J’avais décidé de porter toute cette haine dès le jour de ma régression.
Ah…
J’entendis le directeur soupirer derrière moi.
Je ne sus pas si c’était un soupir de soulagement ou de regret plus profond, mais au moins, le musée ne disparaîtrait pas.
* * *
Tard dans la nuit.
Le directeur Verdi était plongé dans ses pensées. Le chèque laissé par Maximilian en était la cause.
« Je ne comprends pas… »
Il repassait sans cesse dans son esprit les paroles de Maximilian sur la préservation du musée qu’aimait sa mère, et s’efforçait de les comprendre.
Tac.
Le silence du musée fut rompu en un instant.
Une nouvelle visiteuse venait d’entrer.
Tac.
Le bruit de ses talons résonna dans la galerie déserte.
Verdi leva les yeux.
Tac.
Une femme émergea des ténèbres. Ses vêtements étaient sobres, mais élégants. La lune, à travers la fenêtre, éclairait ses cheveux blonds.
« … »
Elle parcourut lentement la galerie en examinant les toiles.
« Cela faisait longtemps. »
À la salutation de Verdi, elle se contenta d’un léger signe de tête. À ses côtés se tenait un chevalier sans nom, attaché à ses pas comme une ombre.
Elle prit enfin la parole. Sa voix était basse, mais son autorité ne faisait aucun doute.
« Bien. Il n’y a donc eu que deux visiteurs aujourd’hui. »
« C’est toujours un de plus que personne. Voilà qui est heureux. »
Son regard se déplaça. Ses cheveux blonds suivirent le mouvement.
« Hum… »
Elle s’arrêta bientôt devant un tableau.
[Le Secret de la mer]
Un paysage où une mer noire se mêlait à un coucher de soleil rouge.
Elle le contempla longuement, puis se tourna soudain vers le directeur.
« Pourriez-vous me préparer une tasse de thé noir ? »
Le garde à ses côtés, surpris, tenta de l’en empêcher, mais elle le congédia d’un geste.
« … Bien. Je vais vous en apporter. »
Le directeur se hâta vers l’office. Il ne la traitait pas à la légère. Non, il n’en avait pas le droit. À première vue, elle paraissait très jeune, mais la dignité qui émanait d’elle n’avait son pareil chez personne dans l’Empire.
« Le voici. »
Il revint rapidement avec du thé noir chaud.
Elle porta la tasse à ses lèvres et les humidifia.
« Ces tableaux vont donc être vendus à l’étranger, maintenant ? »
Son regard parcourut les toiles. Son expression trahissait ses regrets devant ces vestiges d’un art en déclin.
« Non. »
Le directeur la regarda et répondit avec précaution :
« J’ai rencontré un mécène. »
« Un mécène ? »
« Oui. »
« En ces temps, il se trouve encore un excentrique pour financer l’art ? »
Elle eut un petit rire moqueur. Pour une raison ou une autre, il semblait empreint de soulagement.
« Qui est-ce ? »
« … Le chevalier Maximilian. »
À cet instant, la main qui tenait sa tasse s’immobilisa.
Maximilian.
Le nom qu’on répétait le plus souvent au palais ces derniers temps.
« … Je vois. Maximilian. »
Elle prononça son nom d’une manière semblable au baron Verdi. À tout le moins, elle ne semblait pas l’apprécier.
« Alors, ouvrirez-vous aussi demain ? » demanda-t-elle.
« Oui. Très probablement. »
« Et le jour d’après, et celui qui suivra ? »
Elle posa la question à nouveau. Elle voulait savoir si le musée continuerait d’exister.
« Oui. Je veillerai à ce qu’il en soit ainsi. »
Si une seule personne aimait vraiment l’art, c’était une raison suffisante pour ouvrir le musée.
Même si ce soutien venait d’un monstre, il y avait bel et bien une pureté manifeste dans son cœur.
« … Vraiment ? »
Elle esquissa un pâle sourire.
« Je comptais faire rapidement le tour avant sa fermeture. On dirait que je n’ai plus à m’en inquiéter. »
Tac. Elle posa sa tasse, les sourcils détendus.
« Je vais donc m’en aller pour aujourd’hui. »
« Bien. Si vous revenez bientôt, il se pourrait même que nous ayons de nouvelles toiles à vous présenter. »
« Voilà une bonne nouvelle. »
Son sourire était franc, mais il était évident qu’un monstre vivait lui aussi dans son cœur.
Avec son ascendance, il ne pouvait en être autrement.
« Je reviendrai souvent. »
Elle partit la première. Le chevalier lança un regard noir au directeur et lui dit :
« Gardez le silence. »
À sa façon de le menacer tout en touchant l’épée à sa ceinture, on devinait facilement ses origines.
« … Oui. Je garderai le silence. »
Verdi s’inclina de nouveau profondément.
Il avait deviné son identité depuis longtemps.
L’Empereur n’avait qu’un seul enfant, et son héritière était une femme qui aimait les œuvres d’art.
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