WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 92 : Hangawi dans la vallée de Sebeom (1)
──────
4 octobre 1933.
Le jour même de Hangawi, le hameau du Milieu s’animait depuis l’aube.
La maison des Han plus que toutes les autres. Presque tous les villageois s’y étaient rassemblés avant le lever du jour pour préparer la fête.
Ils ne manquaient pas de place. À lui seul, le jardin était quatre fois plus grand qu’avant le typhon.
À l’origine, il n’y avait pas eu la moindre place pour l’agrandir, mais Han San avait dirigé la reconstruction du hameau du Milieu.
En réorganisant les autres maisons çà et là, ils avaient pu agrandir la cour, la cuisine, la pièce principale, tout. Ils avaient même ajouté des tuiles au toit, si bien que la demeure n’avait plus rien à envier à celle d’une grande famille.
« Maintenant, on peut enfin dire que cette maison est digne du Magistrat du Goût, maman. »
Han San prononça ces mots d’un air rêveur. Ham Ssang-sim, les mains jointes dans le dos comme une maîtresse de maison, lui répondit :
« C’est vrai. Mon fils est allé décrocher la première place à l’examen impérial du goût, après tout ! »
La mère et le fils s’encensèrent mutuellement.
Hélas, personne n’était là pour soulever la question : [Si cette grande demeure a été construite avec de l’argent et de l’influence, n’est-ce pas plutôt acheter une charge et vendre un rang que réussir premier à l’examen impérial ?]
À la place, madame Choi accourut de la cuisine.
« Jeune San ! Sœur Ssang-sim ! Elles se disputent encore ! »
La mère et le fils de la maison du Magistrat du Goût échangèrent un regard, satisfaits de leur bel échange de compliments, puis entrèrent dans la cuisine.
La cuisine était un champ de bataille. Presque toutes les ménagères du hameau du Milieu s’étaient réunies pour préparer le repas de fête et, comme l’avait dit madame Choi, une violente dispute avait éclaté.
« Pourquoi hachez-vous cette bonne viande comme si c’était votre pire ennemie ? Quel vacarme, ça me vrille la tête, et quel gâchis ! »
« Vous êtes sûre que ça se mange, sœur ? Pourquoi ça sent le renfermé ? »
« Ah, ça suffit, toutes autant que vous êtes ! Très bien, mangez entre vous ce que vous avez préparé, mais pourquoi assaisonnez-vous ça comme ça ? Franchement, vous êtes bizarres. »
« Quoi ?! Qu’est-ce que tu viens de dire ? Tu cherches querelle à notre ville natale, maintenant ?! »
Il fallait comprendre l’époque.
Il n’y avait pas d’émissions télévisées pour faire le tour des restaurants réputés et les livres de cuisine étaient rares. Les recettes se transmettaient de belle-mère à belle-fille, puis se répandaient dans les foyers où les filles de la famille se mariaient. C’était à peu près le seul moyen pour le savoir culinaire de circuler.
À cette époque, la cuisine familiale dépendait entièrement des mains et du goût des femmes de chaque foyer.
Et la vallée de Sebeom était un refuge pour des gens venus de toute la péninsule, chacun avec son histoire. Leurs goûts n’étaient pas simplement différents. Des plats ordinaires dans un foyer étaient souvent totalement inconnus dans un autre.
Et voilà que tous ces gens s’étaient rassemblés au même endroit pour cuisiner ensemble.
Les frictions étaient inévitables.
Cela dit, la maîtresse de maison des Han était l’une des trois langues les plus acérées de la vallée de Sebeom.
« Silence, toutes autant que vous êtes ! Pourquoi hurler ainsi dès potron-minet, le matin de Hangawi ?!
« Quand vous êtes montées au Hameau supérieur pour préparer les festivités, vous aviez la bouche bien fermée. Alors pourquoi venez-vous jacasser chez moi comme ça ? Vous êtes payées pour votre travail, non ? Vous prenez la maison du Magistrat du Goût pour une poire ?! »
Une fois que Ham Ssang-sim eut rétabli l’ordre, les trois femmes, qui s’apprêtaient à se fouetter à coups de kimchi, se turent en sursautant.
Au même instant, la même question leur traversa l’esprit à toutes les trois.
« Mais qu’est-ce que c’est, au juste, que la maison du Magistrat du Goût ? »
Han San intervint aussitôt. Bien sûr, il ne leur expliqua pas ce qu’était la maison du Magistrat du Goût.
« Allons, allons. Il y a ici beaucoup de choses que vous n’avez jamais goûtées. Et même quand il s’agit du même plat, chacune a sa propre façon de le préparer.
« Je sais que vous êtes à cran parce que vous travaillez depuis l’aube, mais vous connaissez le dicton : mieux vaut goûter une fois que voir cent fois.
« D’abord, préparez vos plats et goûtez-les. Pourquoi ne pas essayer chacune votre version d’un même plat, puis les comparer ?
« Tranchons par le goût. Comme il sied à la maison du Magistrat du Goût. »
« Mais qu’est-ce que c’est, au juste, que cette maison du Magistrat du Goût ? »
La question resta sans réponse, mais, avec Madame Ham pour maintenir l’ordre et Han San pour proposer une solution, les femmes se rallièrent vite à son idée.
« Oh, c’est bon ! Je croyais que tu ne hachais que les morceaux trop durs à mâcher, mais si tu haches une pièce qu’on pourrait griller ou faire frire à la poêle, ça donne ça. Sans y avoir goûté, je ne l’aurais jamais su. J’aurais vécu jusqu’à ma mort en étant trop avare pour cuisiner de la viande comme ça. »
« Et ça, sœur, ce que tu as apporté. Quand aurais-je eu l’occasion de goûter quelque chose comme ça ? C’est élastique et acidulé, mais c’est bon. »
« Pour ma part, quand vous assaisonnez comme ça toutes les deux, le goût est complètement différent… »
Le goût était l’un des instincts les plus puissants. On savait très clairement ce qu’on aimait ou non, ce qui était bon ou mauvais. Les femmes qui avaient cuisiné toute leur vie savaient faire la différence presque instinctivement.
Bientôt, une ambiance chaleureuse régna dans la cuisine.
« Notre fils est si beau et il sait si bien apaiser les gens… C’est un général du goût, un général du goût. Notre fils maîtrise les arts civils et martiaux de la cuisine. »
« Oh, ce n’est rien. Mais, maman, pourquoi ne demanderions-nous pas à quelqu’un de noter tout ce qui a été dit ? »
« Excellente idée ! Il y aura encore bien des occasions où tout le monde se réunira chez nous. Si on fait ça, on n’aura plus aucune raison de se disputer… »
Ham Ssang-sim applaudit en parlant, mais Han San avait aussi une autre idée derrière la tête.
« Il y a peut-être des trésors là-dedans, non ? »
À cette époque, le savoir avait beaucoup de valeur.
Le régressé avait vécu assez longtemps pour vieillir, avait dû cuisiner pour lui-même quand il était célibataire et, surtout, avait vécu dans le futur. Il connaissait bien la valeur des recettes.
« On disait que, dans les années soixante-dix et quatre-vingt, les restaurants réputés de Séoul demandaient dix millions de wons pour transmettre leurs fameux assaisonnements secrets. »
Un bout de papier avec quelques mots griffonnés dessus coûtait dix millions de wons. Les recettes avaient vraiment autant de valeur.
Cela dit, les habitants du hameau du Milieu n’étaient pas encore assez imprégnés du capitalisme pour pousser la réflexion jusque-là, et Han San était le seigneur du hameau du Milieu.
« Waouh, le kimchi de madame Choi est vraiment délicieux. Alors, c’était ça, le secret. Madame Park sait aussi très bien faire les galettes. Vous devriez vous y mettre à deux et préparer des galettes au kimchi. Avec du saindoux.
« Madame Shin, j’ai entendu dire que vous veniez de Kaesong. Il paraît que les plats de porc y sont réputés.
« Et madame Lee… »
Sous la direction de Han San, toutes les connaissances culinaires des femmes du hameau du Milieu furent mises au jour et partagées. Dans cette atmosphère chaleureuse, tout le savoir-faire recueilli dans les huit provinces fut assimilé par la maison du Magistrat du Goût.
« Notre vallée de Sebeom s’est bâtie parce que tout le monde a uni ses forces, n’est-ce pas ? Alors unissons-les aussi pour préparer le repas du rite ancestral ! »
Han San savait même faire passer tout cela pour une bonne action.
« Et c’en est une, non ? Quelle histoire de recette secrète ? Ça a du sens, de demander dix millions de wons pour un simple assaisonnement ?
« Enfin, cette manie de revendiquer comme sien quelque chose d’immatériel et de considérer le partage comme un ennemi, ce n’est pas ça qui freine le développement de la société ? »
Le vieil homme qui avait régressé avant de connaître les années quatre-vingt-dix n’avait guère le réflexe de respecter la propriété intellectuelle.
« Oh, madame Kim sait bien cuisiner le poulet. Cet assaisonnement ne ressemble-t-il pas un peu à celui du dakgalbi[1] ?
« Je me demandais justement ce que je pourrais vendre d’autre à Chuncheon, et voilà une idée. Chuncheon, c’est le dakgalbi. Mais le dakgalbi de Chuncheon n’existait certainement pas avant la guerre, pas plus que le poulet frit de Sokcho. »
Han San se rappela avoir regardé une partie d’un documentaire télévisé sur le dakgalbi de Chuncheon dans sa vie précédente. Grâce à la mémoire aiguisée que lui avait donnée sa régression, il se souvenait aussi des proportions de tous les assaisonnements présentés dans l’émission.
Bien sûr, c’était pour la télévision, alors les fameux ingrédients secrets avaient été omis. Mais s’il y ajoutait l’assaisonnement que madame Kim venait d’utiliser, qu’est-ce que ça donnerait ?
« Je vais faire découvrir le dakgalbi à Chuncheon pour la première fois de cette époque. Le restaurant de dakgalbi originel, au sens propre du terme. Une fois qu’il sera célèbre, des dizaines d’années plus tard, quand la République de Corée sera fondée et que l’économie se développera, je préparerai plusieurs mélanges d’assaisonnements et les vendrai pour gagner de l’argent à vie. Peut-être dix millions de wons le mélange ?
« Enfin, une culture qui respecte les biens immatériels, comme le savoir, doit s’enraciner avant que les gens se mettent à réfléchir et que la société puisse se développer, pas vrai ? »
Le vieil homme qui avait régressé avant de connaître les années quatre-vingt-dix avait un profond respect pour la propriété intellectuelle.
Les années qui avaient précédé les années quatre-vingt-dix pouvaient bien se sentir un peu lésées, maintenant.
Quoi qu’il en soit.
« Les côtes de bœuf braisées sont prêtes ! Elles sont bien sucrées et ont parfaitement réussi ! Je n’aurais jamais cru vivre assez longtemps pour pouvoir cuisiner sans me priver de miel, de sirop de céréales et de sucre ! »
« Nous avons fini d’assaisonner les namul[2], ici ! Dites aux affamés de prendre du riz et de le mélanger avec, en attendant ! L’acidité leur ouvrira l’appétit ! »
À mesure que le savoir se partageait et que les femmes du hameau du Milieu s’entraidaient, les plats s’enchaînèrent sans fin. Leur variété et leur saveur étaient tout à fait dignes de la maison du Magistrat du Goût.
Han San en fut profondément ému.
« Maintenant, la maison du Magistrat du Goût n’en a plus seulement l’apparence : elle en a aussi l’étoffe, maman… »
« Est-ce un rêve ou la réalité… Mais, mon fils, le chemin du goût est long et ardu. N’oublie jamais qu’il faut travailler dur, puis travailler encore plus dur. »
« Je m’en souviendrai, maman. »
« Bien. »
C’est ainsi que la mère et le fils se tenaient là, les mains dans le dos, à en rajouter une couche.
« Sajang San ! Madame Ham, Madame Grand Sajang… Ah, mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire, Madame Grand Sajang ? »
Pi Sun-dae, du Hameau inférieur, entra dans la cour.
« Oh ! Grand frère Sundae ! »
Han San lui sourit et lui fit signe. Sans même s’en rendre compte, il était devenu assez proche de ce gentleman gangster, qui avait tenté de lui soutirer de l’argent dès qu’il avait suggéré d’ouvrir une taverne, pour le saluer ainsi.
« Qu’est-ce qui t’amène ? »
« Un homme du nom de Ham Byeong-cheol cherche ta Madame Grand Sajang. Il dit qu’il vient de Wonsan. »
L’expression de Ham Ssang-sim changea aussitôt.
« Quoi ! Sans même prévenir… Enfin, c’est Chuseok… Mais quand même… »
Han San haussa un sourcil à la réaction de sa mère, puis un souvenir lui revint.
[C’est toi, San ? Je suis ton cousin !]
Le visage d’un homme aux incisives particulièrement proéminentes lui passa par l’esprit. Un parent du côté de sa mère, qui était déjà venu à peu près à la même période, lors du Chuseok précédent.
Han San se rappela aussi ce que ce soi-disant cousin avait fait par la suite, mais il sourit et dit à sa mère :
« Maman, va le voir. »
Pour une fois, Ham Ssang-sim baissa la tête et hésita.
« Aller le voir pour quoi faire… Il suffit de le regarder pour comprendre qu’il ne vient pas avec de bonnes intentions… »
« Allons. C’est Chuseok. Au lieu de passer cette fête qui n’a lieu qu’une fois par an là où il habite, il a fait tout ce chemin jusqu’à notre village. Tu devrais le voir. »
Ses paroles semblèrent aider Ham Ssang-sim à prendre sa décision. Elle s’interrompit alors, les yeux tournés vers la cuisine en pleine effervescence.
Han San le remarqua et l’interpella avec un sourire.
« Ah, monsieur Go ! Enfin, vous voilà ! Pourquoi êtes-vous si en retard ? Prenez la cuisine en main pour nous ! »
« Hé ! Je ne suis pas né pour être cui-si-nier, vous savez ? Je suis plutôt du genre fi-nan-cier… »
Go Tae-chon, qui était entré derrière Pi Sun-dae avec un peu d’hésitation, bomba le torse à l’appel de Han San et se dirigea vers la cuisine.
Ham Ssang-sim n’avait désormais plus d’excuse pour éviter la rencontre. Elle regarda son fils d’un air partagé.
« Mon fils. Quoi qu’il dise, je ne veux surtout pas… »
« Pourquoi t’inquiéter à l’avance ? Si quelque chose se présente, dis-le-moi sans gêne. Je déciderai de ce qu’on fera, d’accord ? »
Han San lui fit un clin d’œil, et Ham Ssang-sim retrouva enfin le sourire.
« … D’accord, mon fils. »
Ham Ssang-sim partit se préparer à sortir.
Pendant ce court laps de temps, Go Tae-chon avait déjà pris le contrôle de la cuisine, en commençant par les ménagères dont il avait éprouvé l’esprit d’équipe à la boutique de maquereaux spéciale du bar moderne.
« Bon sang. Ce salaud avait un talent pareil ? »
Pi Sun-dae claqua la langue. Il semblait n’en pas revenir d’avoir fréquenté Go Tae-chon pendant des années sans s’en rendre compte.
Le plus drôle, c’est que Han San claqua lui aussi la langue à côté de lui.
« Pas vrai ? Moi aussi, ça me surprend. »
« Pourquoi ça te surprend ? C’est toi qui as reconnu le talent de ce salaud, Sajang San, non ? »
« Reconnu son talent, mon œil. … Ha, mais pourquoi il ne l’a toujours pas… Code familial Han, article premier… »
Tandis que Han San marmonnait et claquait des lèvres, Pi Sun-dae fut soudain pris d’un mauvais pressentiment et recula d’un pas.
Ignorant tout cela, Go Tae-chon cria :
« Apportez encore de la viande ! »
Oui, la viande.
Impossible de faire tourner la cuisine de la maison du Magistrat du Goût sans ingrédients. Et surtout sans viande.
« Approchez ! Venez voir ! »
Dans la cour de la propriété des Han, deux laies de taille semblable étaient attachées côte à côte.
« Elles ne sont pas magnifiques, ces laies ? Comme tous les sangliers en automne, elles ont bien mangé et sont dodues, avec une chair juteuse ! Notre Sajang et notre Grand Sajang du Commerce Myriad de Han les ont attrapées ensemble ! »
Le menton barbu de Han Man-seok, le Grand Sajang du Commerce Myriad de Han, se releva légèrement. Sur les conseils de son fils, il avait commencé à moins fumer et avait remplacé sa pipe par une brindille coincée entre les lèvres.
« Qui découpera ces sangliers le plus vite et le plus proprement ? Les candidats sont là !
« Qui a dit que j’étais un cochon ? Ne m’appelez pas du nom de mon ennemi ! Abattons des cochons, Chuk Hyeong-don !
« La découpe obéit aux principes du yin et du yang et à l’ordre des cinq éléments ! Le dieu des bouchers descend parmi nous, Chuk Jun-ha !
« Candidats, en place ! »
Chuk Hyeong-don et Chuk Jun-ha se placèrent chacun devant un sanglier.
Les villageois rassemblés les acclamèrent.
« Ouf ! On dirait qu’il y a quatre sangliers ! »
« Quel spectacle ! »
Il faut le rappeler : c’était une époque où trouver une télévision était déjà difficile. Les gens mouraient de faim de divertissements.
Et voilà qu’un spectacle de boucherie porcine se déroulait au beau milieu de la maison des Han !
« Que le concours commence ! »
Au signal de Chuk Myeong-su, qui jouait le rôle de maître de cérémonie, les couteaux de boucher se mirent à danser.
Qui étaient les frères Chuk ? Des membres de Hyeongpyeongsa qui s’étaient soulevés pour réclamer la fin de la discrimination envers la caste des bouchers : les Bouchers rouges. « Rouge » n’était qu’un adjectif. « Boucher » était le véritable nom.
Ils montrèrent sans retenue un savoir-faire digne de ce nom.
En un instant, les peaux furent retirées et les côtes séparées. Les pattes avant et arrière furent détachées en un éclair.
« Waouh, quel spectacle ! »
« C’est incroyable, la façon dont leurs couteaux entaillent la viande ! »
Chaque fois qu’un couteau de boucher s’enfonçait dans la chair, les acclamations fusaient, et Hyeong-don et Jun-ha avaient le visage rouge d’excitation.
À une époque où le métier de boucher était considéré comme vil, tout le village avait les yeux rivés sur les mains de ces hommes qui avaient choisi le rouge, ne pouvant plus supporter leur temps.
Des gens qui avaient des préjugés contre les bouchers ? Bien sûr qu’il y en avait. Mais, dans la vallée de Sebeom, presque tous vivaient au Hameau supérieur.
Il y en avait quelques-uns au hameau du Milieu, bien sûr, mais comme ils avaient déjà entendu plusieurs fois les chants du hameau, même ceux qui faisaient mine de se donner des airs importants en se raclant la gorge jetaient des coups d’œil en douce, les yeux plissés.
Puis, clic, flash !
Un flash au magnésium éclata et Hajama Tsuchimaru immortalisa cette scène palpitante avec son appareil photo portatif.
« Ce n’est pas une simple découpe. Han San, c’est un matsuri[3] que tu as organisé pour les villageois ! »
« C’est un jour de fête. Ce serait bien que les gens puissent s’amuser. On dit que notre peuple sait profiter de la vie. »
Le seigneur du hameau du Milieu, qui contemplait ses sujets ravis, sourit largement.
Notes :
[1] Le dakgalbi est un plat coréen associé à Chuncheon, préparé avec du poulet mariné sauté avec des légumes et des assaisonnements.
[2] Namul désigne des accompagnements coréens à base de légumes, généralement assaisonnés et servis avec du riz.
[3] Matsuri désigne une fête communautaire japonaise, souvent liée à un sanctuaire, à une saison ou à une tradition locale.
Rejoignez notre Discord à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>