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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Le génie de la chasse à l’époque coloniale japonaise
Chapitre 8
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Le chemin que je suis le seul à connaître (1)
Dans un endroit dont il ne connaissait pas le nom, Han San ouvrit les yeux.
Il était seul. La fumée d’encens ondoyait, brouillant la frontière entre le ciel et la terre, tandis qu’un vacarme de sons lui parvenait à travers elle.
Tteing-tteing ! Tte-dae-daeng tteing ! Tteing-tteing ! Tte-dae-daeng tteing !
Un gong retentissait. Un petit gong de laiton et une flûte daegeum[1] poussaient des cris aigus.
[Vieille Wangdae], la chamane du Hameau supérieur réputée aussi imposante qu’une montagne, bondissait sur le tranchant d’une lame à hacher le fourrage[2].
« Ihi ! Ihi ! Aha, hou ! Aha, hou ! »
Des clochettes en forme de visages de bébé s’agitaient dans un tintamarre effréné, tandis qu’un tissu bleu, blanc et rouge fendait l’air. De la bouche grande ouverte de Vieille Wangdae jaillit une voix rauque et éraillée.
« Les Grands Seigneurs descendent ! Aha ! Ils descendent sur la Vallée de Sebeom ! »
La Vallée de Sebeom. On disait que trois tigres y avaient élu domicile.
Dans son esprit embrumé, Han San se rappela la légende liée à l’arbre-sanctuaire Seonangdang.
« Trois Grands Seigneurs descendent sur la Vallée de Sebeom ! »
L’un commande aux eaux : le [Tigre d’Eau][3]. Quand il rugit, la vallée éclate et la montagne s’effondre. Tout ce qui se trouve pris dans sa gueule béante — homme, bête ou même cadavre — est emporté, sans laisser de trace.
L’autre ne laisse jamais voir son ombre : le [Tigre Blanc][4]. Aucun bruit, aucune empreinte. Partout et nulle part à la fois, il ne laisse à personne le moyen d’éviter ses crocs d’un blanc immaculé.
Le dernier brûle et crépite : le [Tigre de Feu][5]. Quand il frappe le sol de sa patte décharnée, la terre se fend et les rivières s’assèchent. Ceux que son souffle atteint ne sont plus que peau et os avant de s’écrouler dans un fracas.
« Quand les trois Seigneurs tomberont, ha ! Le Roi se révélera ! Aha ! »
Le rite d’exorcisme atteignait son paroxysme.
« Ihi, ha ! Ihi, ha ! »
À cet instant, un homme chauve, musclé et aux lèvres épaisses se fraya un chemin jusqu’au rite. Un visage qu’il connaissait : Park Il, le fidèle serviteur de Vieille Wangdae.
Il tenait une hache d’or, d’un jaune éclatant.
« Prends-la ! Prends-la ! Que le traître reçoive son châtiment ! »
Vieille Wangdae arracha la hache d’or des mains de Park Il. Elle bondit de la lame et s’accroupit juste devant le nez de Han San, dans un bruit sourd.
« Hein ? »
Han San reprit brusquement ses esprits.
Affolé, il essaya de reculer. Mais ses bras et ses jambes refusaient de bouger. Ce n’est qu’alors qu’il comprit qu’il était enfermé dans une petite boîte.
Et ce n’était pas tout. En baissant les yeux sur son corps — une petite chose couverte de plumes rêches, semblables à une natte, dont seul le cou dépassait — il ne pouvait être que…
« Une poule ? Je suis devenu une poule ? »
Vieille Wangdae fit un grand pas vers lui. Elle tendit ses doigts épais comme des rondins et le saisit par le cou.
La hache d’or se dressa, étincelante.
Les yeux de Han San lui sortaient presque de la tête, mais Vieille Wangdae n’en tint aucun compte et cria :
« Les Grands Seigneurs descendent ! »
Elle abattit la hache.
Un fracas retentit.
Sa vision se teinta tour à tour de bleu, de blanc et de rouge sang, puis, l’instant d’après, se brisa en mille morceaux.
« Hk ! »
Han San se redressa d’un bond.
La sueur froide lui ruisselait le long du dos. Son cœur battait si fort qu’il semblait vouloir défoncer ses côtes et jaillir de sa poitrine.
Il tâta précipitamment son corps, surtout son cou.
Il était toujours là. Pas de plumes, pas de bec. Il avait bien une peau humaine.
« … Bon sang… »
Han San allait lâcher un juron, mais il entendit sa famille dormir et ravala sa voix.
Il regarda autour de lui. La pièce exiguë était plongée dans l’obscurité. L’odeur des murs de terre flottait dans l’air, mêlée à l’humidité du bois qui descendait du plafond.
À côté de lui, son père et sa mère dormaient enlacés. Dans le coin le plus éloigné, il aperçut son petit frère, qui avait rejeté sa couverture et roulé à l’écart, grelottant tout seul.
La Vallée de Sebeom, en avril 1933.
Chez lui.
« Ouf… »
Han San poussa un long soupir. L’angoisse qui lui comprimait la poitrine se dissipa doucement.
Il remonta la couverture sur Bada, puis sortit de la pièce avec précaution. Il avança si doucement que même le vieux porche ne l’entendit pas et posa ses pieds dans la cour en silence, comme le montagnard aguerri qu’il était.
Son souffle blanchissait dans l’air. Avril. Le Mont Seorak retenait encore les derniers vestiges de l’hiver.
Tandis que sa sueur refroidissait sous le vent matinal de la montagne, le [maintenant] et l’[ici] prenaient corps et devenaient certains.
« Ce n’était pas un rêve. »
Il ne parlait pas de ce rêve absurde qu’il venait de faire.
À vrai dire, jusqu’au moment de s’endormir, il avait eu peur. C’était peut-être pour cela qu’une partie de son esprit s’était tant acharnée à échafauder des projets.
Il avait mangé à sa faim, ri et bavardé avec sa famille, mais, dans un recoin de son cœur, la terreur s’était tapie.
« Et si tout ça… n’était que le dernier rêve d’un vieil homme ? »
Et si, en ouvrant les yeux, il n’y avait personne auprès de lui, seulement l’arbre-sanctuaire Seonangdang, nu et solitaire ?
Et s’il était retourné dans ce futur désolé où, sur la montagne d’en face, ne se trouvaient que les fausses tombes de ses parents, leurs corps n’ayant jamais été retrouvés, et où il ne pourrait vraiment plus jamais revoir son frère ?
Han San passa une main sur sa poitrine.
« … Je devrais être reconnaissant. »
Même si les choses avaient tourné ainsi, il n’aurait pas maudit le ciel.
Il avait revu les visages de ceux qu’il aimait. Il avait pu contempler son frère, encore préservé des duretés du monde. Rien que cela était une bénédiction bien au-delà de ce qu’il méritait ; il était bien trop vieux pour piquer une crise et exiger qu’on lui explique pourquoi on la lui reprenait.
Mais…
« Vraiment, je devrais être reconnaissant. »
Ce n’était pas un rêve. Tout ce qu’il avait à portée de main était réel, et cette pensée le rendait fou de joie.
Il était encore jeune, sa famille était auprès de lui, et il tenait sa chance entre ses mains.
Il inspira profondément plusieurs fois et observa au loin les premières lueurs du jour, qui ondoyaient à l’horizon.
Il se rendit dans la cuisine, près du foyer, et souleva le couvercle de la marmite, qui était encore tiède.
« … Maman. »
Au milieu de la marmite, posée dans un peu d’eau, se trouvait une grande écuelle. Elle contenait une bouillie préparée avec du bouillon de blaireau et de la pomme de terre écrasée.
Sa mère, Ham Ssang-sim, l’avait préparée pour son fils qui partirait à l’aube. Grâce au principe du bain-marie, la bouillie de pommes de terre n’avait pas refroidi dans le vent nocturne d’avril. Elle était encore chaude.
« Slurp. »
Han San resta sur place et avala la bouillie. La graisse riche se mêla à l’amidon de l’arrow-root et de la pomme de terre, réchauffant son ventre.
« Merci pour le repas. »
Il porta l’écuelle vide à la source, la lava, puis puisa une louche d’eau et la but d’un trait. « Kreuh ! » Une fraîcheur si vive qu’elle lui picota l’intérieur du crâne réveilla entièrement son corps et son esprit.
« Parfait. »
Han San se prépara rapidement.
Il enfila les épais vêtements ouatés que sa mère avait sortis et déposés près du foyer. Il mit un chapeau à larges bords pour se protéger de la rosée nocturne et s’enroula autour des chevilles des guêtres renforcées de bandes d’écorce.
Il glissa dans son manteau la bouteille d’huile de blaireau que sa mère avait fait fondre pendant la nuit, puis passa sur ses épaules le porte-charge à armature en A qui se trouvait dans un coin de la cour. Il était prêt.
Il inclina légèrement la tête en direction de la pièce du fond.
« J’y vais. »
Laissant derrière lui le souffle de sa famille profondément endormie, Han San prit la route.
Les flancs de la montagne se teintaient d’un bleu pâle à l’approche de l’aube. Han San s’y enfonça sans la moindre hésitation.
Frouf, frouf.
Ses sandales de paille foulaient la terre d’un pas léger et vif.
« Dans ce vieux corps, même aller aux latrines était toute une épreuve. »
À chaque battement de son cœur, comme un piston, la vitalité qui courait dans ses veines jaillissait telle un éclair.
« Ça fait du bien. »
Han San courait. Il avait presque l’impression de voler.
Il ne tarda pas à traverser presque tout le Hameau inférieur et à atteindre l’endroit d’où l’on apercevait le sentier secondaire, fiché comme une écharde dans la Vallée de Sebeom.
« En suivant ce sentier assez loin, on rejoint la nouvelle route. De là, elle mène à Inje… mais ce chemin fait faire un sacré détour. »
Il ne menait pas un âne, il n’avait qu’un seul porte-charge sur le dos. À quoi bon prendre ce chemin ?
« Il y avait un raccourci un peu plus loin, non ? »
Han San prit aussitôt sa décision : couper tout droit.
À peu près au moment où Han San prit cette décision…
Tssss.
Une braise rouge se consumait dans l’air de l’aube. Elle se trouvait dans la cour de Go Tae, dont la maison était accrochée à l’extrémité même du Hameau inférieur.
Assis au bord du porche, le visage froissé, Go Tae tira longuement sur sa cigarette.
« Ouf… »
Après le tumulte de la veille, son gamin avait tant pleuré qu’il s’était épuisé à le calmer. Sans sa femme, qui l’avait pris dans ses bras et consolé, il n’aurait probablement même pas réussi à se lever.
Pourtant, avec le temps, la colère avait repris le dessus et il n’avait pas pu fermer l’œil. C’était pour cela qu’il était venu s’asseoir dehors.
« Bande de salauds. Des paysans sauvages, ignorants et à moitié évolués. »
Go Tae cracha par terre.
« Vous attrapez un blaireau, et alors ? Vous comptez en faire quoi ? Hein ? Vous croyez qu’il va se changer en pièces tout seul ? Qu’il va se transformer en riz et en sel ? Il faut le faire circuler, le distribuer ! La distribution ! Et ces paysans sauvages, boiteux et ignorants… »
Au bout du compte, ils devraient bien ramper jusqu’à lui, non ? Le père et le fils, tous les deux, baisseraient la tête en le suppliant : « Oncle Tae, vendez-le pour nous, s’il vous plaît ! », « Frère Go… non, Ancien Go ! Je vous en supplie ! »
« On verra bien. Bon sang, je leur collerai une marge de distribution bien spéciale. »
C’est alors qu’une ombre glissa derrière la clôture, dans la brume de l’aube, et attira le regard de Go Tae.
Un homme portait un porte-charge en A sur le dos. Grand et svelte, il avait les épaules solides.
Go Tae plissa les yeux.
« Hein ? C’est ce sale gosse de San. »
Qu’est-ce qu’il fichait debout à cette heure-là ? Et avec un porte-charge en plus.
Il avait donc fini par y réfléchir, ça le travaillait malgré tout, et il venait même à cette heure-ci s’incliner devant lui pour s’initier à la pratique raffinée du continent : le dogeza[6] ?
Non, dans ce cas, ce gamin ne se dirigerait pas vers sa maison. Il semblait plutôt vouloir emprunter le sentier secondaire pour sortir du hameau…
« … C’est pas vrai ? »
Go Tae se leva d’un bond.
« Il a déjà fait fondre l’huile de blaireau ? Bon, ça, à la rigueur… mais ne me dites pas qu’il compte aller tout droit en ville ? »
Regardez-moi ce gamin. Il osait faire fi des usages consacrés par le savoir tacite de la société de la Vallée de Sebeom et conclure une affaire de son propre chef, en laissant le producteur contacter directement le détaillant ?
« Ha ! Vous avez vu ça ? »
Go Tae laissa échapper un rire incrédule, vide de joie.
« Il fonce tête baissée, comme s’il ignorait à quel point le monde est cruel. Très bien, vas-y. Allez. »
Son rire prit un tour mielleux. Dans sa tête, la symphonie de Rag-na entendue dans un kissaten de Gyeongseong retentissait.
« Tu crois que les marchands de plantes médicinales en ville daigneraient seulement jeter un regard à des sauvages primitifs comme vous ? Et en plus… »
Go Tae, qui avait fini par atterrir jusque-là après avoir travaillé sur un chantier de construction de la nouvelle route, le savait bien : pour quitter la Vallée de Sebeom et rejoindre Inje, il fallait forcément franchir un col.
« Le col des Larmes. »
Un véritable repaire de dangers, où des bandes de brigands dressaient leur camp presque un jour sur deux, où les bêtes sauvages allaient et venaient comme si elles étaient chez elles et où même les automobiles tombaient régulièrement en panne.
Et un jeune morveux comptait traverser un endroit pareil tout seul ?
Il était allé en ville une ou deux fois avec toute la bande des jeunes du coin — Bae-chil, Taeyang et les autres — et maintenant, le monde entier lui paraissait facile.
« Il ne retrouvera ses esprits qu’après s’être fait plumer jusqu’à l’os. »
Go Tae ricana, savourant la scène rien qu’en l’imaginant. Il la voyait comme s’il y était : repoussé par les marchands, poursuivi par des bêtes, le gamin détalerait à toutes jambes en braillant « ouin, ouin », comme une petite créature mignonne.
Alors, tel un sauveur, il lui rachèterait l’huile de blaireau pour une bouchée de pain, et l’affaire serait réglée. À condition que le gamin ne se fasse pas dépouiller par des bandits avant de revenir les mains vides.
« Ça t’apprendra, petit prétentieux. »
Enivré par son sentiment de victoire, Go Tae sourit avec satisfaction et écrasa son mégot. Il se retourna pour regagner son lit chaud et ouvrit la porte.
Go Tae ne vit donc pas Han San, qui, après avoir suivi le sentier secondaire sur une courte distance, bifurqua droit dans la montagne.
Han San emprunta la crête où passaient les animaux. Il avançait aussi aisément que s’il était sorti se promener.
Quand ses yeux, aguerris par soixante-quatorze années, lisaient le terrain, son corps tout neuf de dix-huit ans réagissait aussitôt.
À l’approche d’un rocher, il bondissait par-dessus ; quand des broussailles lui barraient le chemin, il s’y faufilait comme un serpent.
Les gens ordinaires du Hameau inférieur, comme Go Tae, en seraient restés bouche bée ; même un cueilleur de ginseng sauvage assez habile aurait écarquillé les yeux devant ce spectacle.
Tout en progressant sur la montagne, il faisait ses comptes dans sa tête.
« Une demi-bouteille d’huile de blaireau. Si je la vends à bon prix, trois wons et cinquante jeons. »
Il passa en revue les prix de l’époque. Un seom de riz — cent quarante-quatre kilos — coûtait environ vingt wons ; quant au prix de détail d’un doe de sel — un kilo et demi —, il tournait autour de douze jeons, non ?
À cette époque, un ouvrier qui accomplissait de durs travaux sur les quais ne gagnait guère plus d’un won et trente jeons par jour. Même un charpentier professionnel et qualifié ne touchait qu’environ deux wons par jour. Et même avec la prime spéciale réservée aux Japonais, on dépassait à peine les trois wons.
Trois wons et cinquante jeons. Ce n’était pas une petite somme.
Il pouvait acheter du sel, des bonbons pour Bada et même du riz au doe.
Mais Han San n’était pas satisfait.
« Ce n’est pas assez. »
Puisqu’il allait de toute façon en ville, et qu’il avait son porte-charge sur le dos, autant gagner un peu plus.
« Voyons… Qu’est-ce qu’on peut trouver sur la montagne qui se transforme directement en argent ? »
Bien sûr, il ne comptait pas se mettre tout à coup à déterrer du ginseng sauvage.
Il connaissait quelques endroits. Mais il n’existait pas de véritable marché où le vendre et, même si quelqu’un acceptait d’en acheter, il ne pouvait pas encore s’y risquer.
Parce que c’était trop cher.
« Si j’avais trois wons en poche, ma journée serait tranquille. »
Han San réfléchit froidement.
« Mais si j’en avais trente, je passerais mes nuits à craindre les voleurs. Trois cents ? Ceux qui voudraient me les prendre auraient des couteaux. Trois mille ? Ma famille serait en danger elle aussi. »
Une richesse qui dépasse ce qu’on peut porter finit par tuer son propriétaire de la façon la plus misérable qui soit.
Han San, qui avait survécu à une époque où le poing l’emportait sur la loi et où la botte du soldat écrasait le poing, le savait mieux que quiconque.
« Un seul won, pas plus. »
Han San tira sa conclusion.
« Juste assez pour ne pas attirer les regards, sans être trop peu au point de me serrer la ceinture. Il me faut un won de plus, à peu près. »
Où trouver ce won ? Alors que Han San réfléchissait, une idée lui traversa l’esprit.
« À bien y penser, il y en avait là-bas. »
Han San changea de direction. Il gravit une pente raide d’un pas régulier, tok, tok, comme une chèvre de montagne.
Sa destination se trouvait plus haut : un pierrier où un énorme rocher s’était brisé avant de dévaler la pente.
En temps normal, aucun pied humain ne foulerait cet endroit avant des décennies.
[1] Le daegeum (대금) est une grande flûte traversière coréenne en bambou, munie d’une membrane qui bourdonne et utilisée dans la musique de cour et les rites.
[2] Lors d’un rite chamanique coréen, une chamane possédée danse pieds nus sur le tranchant retourné de lames à hacher le fourrage (작두, jakdu). Le fait d’en sortir indemne est considéré comme la preuve que les esprits sont bel et bien descendus.
[3] Tigre d’Eau : 水虎, littéralement « tigre d’eau ».
[4] Tigre Blanc : prononcé « tigre blanc », mais écrit 永虎, « tigre éternel » — ce qui convient à une bête réputée être partout et nulle part à la fois.
[5] Tigre de Feu : prononcé « tigre de feu », mais écrit 旱虎, « tigre de sécheresse », dont le souffle réduit la terre à l’état d’ossements desséchés.
[6] Le dogeza (土下座) est une posture japonaise qui consiste à s’agenouiller et à poser le front au sol, en signe de soumission ou d’excuse extrême.
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