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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Le génie de la chasse à l’époque coloniale japonaise
Chapitre 68
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Le saleur de poisson (5)
Le marchand de produits divers n’y comprenait rien.
Pourquoi diable ces brutes à l’air féroce s’inclinaient-elles à angle droit devant ce jeune fils de pute ?
Tout était à l’envers. Le jeune fils de pute aurait dû se prosterner devant ces brutes et les supplier de l’épargner, ou bien perdre la tête et se jeter sur eux dans une bagarre de chiens enragés.
Han San n’accorda même pas un regard au marchand médusé. Il fit signe du menton au chef des gros bras du marché.
« Hé. »
« Oui, grand frère ! »
« Je veux allumer du charbon ici. Ça pose un problème à quelqu’un ? »
Le chef des gros bras du marché afficha un large sourire et se frotta les mains.
« Aigo ! Quel problème pourrait-il y avoir ? Le Commerce Myriad de Han que tu diriges, grand frère, ce n’est pas justement la société où notre grande sœur Malja siège au conseil d’administration ? Du charbon ? Tu pourrais réduire tout le marché en cendres, qui oserait seulement moufter ! »
« Allons, allons. Tu ne devrais quand même pas mettre le marché à feu et à sang. »
« Veuillez m’excuser, grand frère ! J’ai parlé sous le coup de l’émotion, c’est tout ! »
Le chef des gros bras renchérit aussitôt en sortant quelque chose de son manteau.
Deux bouteilles de soju et trois sachets de sucre candi.
« Ce n’est pas grand-chose, mais c’est le petit cadeau qu’on a réuni pour vous, Han San, grand frère ! Prenez-le pour rire et ne nous en tenez pas rigueur ! »
Han San soupesa les cadeaux. Ils valaient bien quelques dizaines de jeon, mais ce n’était pas la valeur qui comptait.
« Il y a du cœur là-dedans. On t’a dit que je ne fumais pas ? »
« Ah, bien sûr, grand frère. J’ai entendu dire que vous aviez aussi un petit à la maison, alors je m’en suis souvenu. Si je n’avais pas pris ce genre de précaution, j’aurais signé mon arrêt de mort ! »
« Très bien. File. Transmets mes salutations à grande sœur. »
« Oui, monsieur ! Bonne chance pour les affaires, grand frère ! »
Le chef des gros bras s’inclina de nouveau profondément, puis lança enfin un regard noir au marchand. Celui-ci n’osa pas piper mot et rentra simplement la tête dans les épaules.
Ce ne fut qu’une fois les gros bras du marché dispersés comme la marée descendante que le marchand de produits divers se mit à jeter des coups d’œil furtifs à Han San, avec la tête d’un homme qui aurait vu un gobelin en plein midi.
« C-cet homme… mais qu’est-ce qu’il est, au juste… ?! »
N’était-ce pas dans l’ordre des choses que les marchands des étals paient une protection aux gros bras du marché ?
Où avait-on déjà vu un marchand d’étal qui, au contraire, encaissait un cadeau de leur part ?
C’est alors que Han San prit la parole.
« Mon oncle. »
« Euh, oui ?! »
« Je ne laisserai pas le feu prendre. Et je ferai de mon mieux pour que la fumée n’aille pas de votre côté, alors prenez votre mal en patience. D’accord ? »
Face à cette menace à peine voilée, que pouvait bien répondre le marchand ? Il ne put que se ratatiner et éviter son regard.
« C-c’est-à-dire… si vous faites attention à ce que le feu ne prenne pas, alors… »
Han San hocha la tête et enfonça le clou.
« Donc, vous n’avez rien contre. Tant que je n’en rajoute pas. »
Pendant un instant, le marchand douta de ses propres oreilles.
« Non, bon sang… qu’est-ce que je viens d’entendre… ? »
【Rien contre, tant que je n’en rajoute pas.】
Le jeu de mots tournait en boucle dans la tête du marchand, refusant de s’en aller, comme une odeur de nombril mal lavé collée juste sous ses narines.
Voilà le prix effroyable à payer quand on lançait des jurons crasseux à un homme sans savoir à qui l’on avait affaire.
Les frères Chuk avaient bien sûr entendu le jeu de mots, mais, hum… à force de côtoyer Han San, ils y étaient désormais habitués. Ils firent semblant d’avoir tout oublié et ne laissèrent échapper que des exclamations admiratives.
« Ah, patron. Alors là, quel numéro ! Ces gros bras du marché avaient l’air coriaces. »
« Tout est une question de relations. »
Han San eut un sourire en coin.
Dès le début, le Pavillon de Jade du Sud avait été la toute première relation qu’il s’était ménagée. C’était aussi grâce à lui qu’il avait pu asseoir sa situation officielle — registre familial, société et tout le reste.
Comment aurait-il pu le prendre à la légère ?
« Il y a un avantage à vivre dans un monde où le poing est plus proche que la loi. Il suffit d’avoir le poing assez puissant. »
Le maquereau finit de griller pile au bon moment. Comme plus personne ne risquait de les déranger, Han San lança d’un ton enjoué :
« Approchez, approchez ! Venez voir ! On a des calmars ! Des calmars séchés ! Des calmars tout droit venus de Sokcho ! Des calmars, des calmars ! On a aussi des allumettes et une boîte d’huile à lampe venue de Primorié ! Vous qui regardez, goûtez donc un morceau de maquereau tout juste grillé pour vous mettre en appétit ! Venez en prendre une bouchée avant de repartir ! »
Sur ces mots, il jeta un coup d’œil aux frères Chuk.
« Qu’est-ce que vous faites, mes chers employés ? Vous pourriez aussi attirer quelques clients. »
Chuk Hong-cheol rougit.
« Eh bien… disons que ma conscience de militant m’interdit de me laisser enrôler dans une accumulation injuste de capital sous couvert de commerce… »
« Et la vraie raison ? »
« Euh… c’est un peu gênant… »
Les frères Chuk se raclèrent la gorge à tour de rôle.
Ils avaient souvent élevé la voix devant des foules, se débattant dans leur tardive conversion au militantisme, mais héler les passants pour vendre des marchandises leur inspirait une autre sorte de honte.
Han San n’en revenait pas.
« Allons, vous apparteniez à la caste des bouchers, non ? Vous teniez une boucherie et vous n’avez jamais servi un client ? »
« On s’occupait de l’abattage… »
« Je ne savais pas que la société de la caste des bouchers était divisée à ce point. Faites-le quand même. On s’habitue à tout en s’y mettant. Vous êtes jeunes. »
Les visages moustachus des frères Chuk rougirent encore. Se faire traiter de jeunes par un garçon de dix-huit ans !
Finalement, le camarade chef des frères Chuk montra l’exemple le premier.
« Hum… Approchez ! Maquereau ! Calmars ! Allumettes ! Et bien d’autres choses, tout ce que vous voulez ! Pas cher ! »
À la suite du chef, le grand maréchal et le président se mirent eux aussi à l’imiter avec hésitation, et le Commerce Myriad de Han se lança enfin dans les affaires pour de bon.
L’accueil des clients fut aussi brûlant que le charbon dans le brasero.
« Des calmars séchés ! Le prix est un peu corsé, mais je n’ai pas eu grand-chose à me mettre sous la dent ces derniers temps. Je vais en prendre ! »
« À part ce qui arrive de temps en temps par camion, je ne vois jamais de produits de la mer. Aujourd’hui, je m’étais dit qu’il y en aurait peut-être un peu au marché, et voilà qu’on grille du maquereau par ici ! »
« Je peux vraiment goûter ? »
Han San sourit.
« Eh bien, mon oncle ! Détachez proprement la chair du maquereau… Ah, vous êtes déjà en train de le faire ! Oui, piquez-la comme ça avec un cure-dent et donnez-la aux clients ! Très bien ! Il fallait faire ça dès le début ! »
Les clients qui goûtèrent le maquereau que leur tendait Chuk Jun-ha claquèrent tous la langue en chœur.
« Ouf, qu’est-ce que c’est bon ! »
« On n’est même pas en hiver, et je ne pensais pas pouvoir manger du maquereau à Inje par une chaude journée d’été pareille ! Il n’a pas du tout le goût de poisson et il est assez salé pour donner envie de manger du riz ! »
Han San rit avec une aisance chaleureuse.
« C’est comme ça que les gens de la haute société, là-bas à Andong, dans la province du Gyeongsang, mangent le maquereau. On appelle ça le maquereau salé d’Andong[1]. »
« Le maquereau salé d’Andong ? »
« Oui, monsieur. On prend du maquereau frais pêché au port, on le couvre de sel, puis on le transporte jusqu’à Andong en charrette à bœufs. Les cahots et les secousses de la route font pénétrer la salaison jusqu’au cœur du poisson.
C’est un vrai travail d’expert. Voilà pourquoi certains artisans consacrent toute leur vie à cette salaison, et… pourquoi vous le cacher ? Je fais partie de ceux qui ont hérité du savoir-faire secret de ces artisans, voilà ce que je veux dire ! »
« Non, c’est vrai ?! »
« Bien sûr que c’est vrai ! Si vous avez de la famille à Andong, écrivez-leur et demandez-leur ! »
Après avoir recopié mot pour mot l’article sur le maquereau salé d’Andong qu’il avait lu dans un magazine au cours de sa vie précédente, Han San hocha la tête avec une assurance totale.
« Bien sûr, la partie où je prétends avoir hérité du métier de saleur de poisson est un pur mensonge. »
Dans sa vie précédente aussi, il avait passé tout son temps dans le Gangwon. Il était bien allé pêcher dans la mer de l’Est à plusieurs reprises, mais quand aurait-il pu se rendre à Andong pour y apprendre le métier de saleur de poisson ?
Mais en 1933, alors que l’expression « publicité mensongère » n’existait même pas, ce n’était qu’un peu de boniment.
Si Hajama le premier et Hajama le second avaient été là, ils auraient dit d’une seule voix : [Ce n’est pas un simple mensonge sur ses qualifications. C’est une technique de narration destinée à divertir les clients.]
« Patron, c’est ça, les techniques de narration ? Vous n’êtes pas simplement en train de raconter n’importe quoi au fur et à mesure ? »
« Ah, bon sang, qu’est-ce que tu racontes ? C’est ça qui compte, là, maintenant ? »
Après avoir rabroué Chuk Hong-cheol, Han San se retourna vers le client.
« Alors ? »
Le client qui mâchait le maquereau poussa un long « Ah… ».
« Aigo, ne m’en parle pas ! C’est divin ! »
« Hé hé. Bien sûr, ça ne vaut pas un maquereau tout juste sorti de la mer, mais pour du maquereau grillé à Inje en plein été, c’est une rareté, non ? »
« Qu’est-ce que vous racontez ! Je trouve ce maquereau salé bien meilleur que le maquereau frais ! »
Il en rajoutait sûrement, mais ces compliments exagérés attisèrent l’impatience des autres clients. Un vieil homme sortit son portefeuille et le brandit.
« Hé, jeune homme ! Il vous reste combien de maquereaux ? Donnez-les-moi tous ! Je prends tout ! »
Han San agita la main, comme si cela lui faisait mal au cœur.
« Aigo, veuillez m’excuser, monsieur. Il ne m’en reste que quelques-uns. Je suis encore en train de faire des essais pour obtenir moi-même le goût parfait. »
« Vous n’avez pas dit que vous aviez appris le savoir-faire secret ? Alors pourquoi faire des essais ? »
« Il se trouve que le maquereau de la mer de l’Est et celui de la mer du Sud sont différents. »
Sans même humidifier ses lèvres d’une seule goutte de salive, Han San continua de mentir avec une facilité déconcertante.
« Considérez la dégustation d’aujourd’hui comme un échantillon et faites-en largement la publicité autour de vous. »
« Ha ! Si j’en fais la publicité, il ne me restera plus rien à acheter ! »
« Allons, la vraie saison du maquereau n’est pas pour tout de suite.
En attendant, je continuerai à le griller comme aujourd’hui pour le distribuer en dégustation, alors ne vous impatientez pas.
Quand la mousson sera passée et qu’on arrivera à la fin août ou au début septembre, je viendrai tous les cinq jours avec cette charrette chargée à bloc — des centaines de maquereaux salés selon ma méthode secrète. Vous pourrez alors en acheter autant que vous voudrez ! »
Voilà ce qu’on appelait une stratégie de rareté, une denrée qu’on ne pouvait pas acheter même en ayant de l’argent à revendre.
S’il avait vécu jusqu’à cent dix ans dans sa vie précédente, Han San aurait appelé ça son argumentaire de vente du « maquereau moelleux de Dubaï », mais hélas, ayant régressé à soixante-quatorze ans, il ne le pouvait pas.
Qu’il s’agisse du maquereau aux légumes printaniers ou du maquereau au gâteau au beurre, le marketing était tout aussi efficace aujourd’hui qu’il le serait cent ans plus tard.
« Allez, allez ! Mon oncle Hyeong-don, mettez le prochain maquereau sur le feu ! Venez voir les calmars, les calmars ! Des allumettes ! On a aussi de l’huile à lampe ! »
Après avoir attiré les regards grâce à la dégustation de maquereau salé, Han San profita de l’élan pour vendre sans interruption les marchandises rapportées du marché quinquennal de Sokcho.
Parmi les préparatifs qu’il avait menés au cours des deux derniers mois figurait aussi une étude de la demande au marché d’Inje. De plus, grâce au soin qu’il avait pris à Sokcho de trier les produits en catégories précises, toute une charrette de marchandises fut écoulée avant même le coucher du soleil.
Le soir, à l’auberge.
Han San étala l’argent sous la lampe à huile et fit glisser les boules du boulier.
« Les marchandises que j’ai achetées à Sokcho m’ont coûté environ 180 wons. »
Et le montant total des ventes réalisées au marché pendant toute la journée ?
« 238 wons ! »
Un profit démentiel, avec un taux de 32 % tout rond !
« Le butin du bandit qu’on a attrapé en chemin — la part qui me revenait — m’a rapporté 7 wons. Et il faut ajouter les 10 wons que les colporteurs nous ont payés pour l’escorte… »
Les lèvres de Han San s’étirèrent jusqu’aux oreilles.
« 255 wons au total ! »
Sans même compter les 120 wons d’or alluvionnaire, ses réserves d’argent avaient augmenté de plus de 40 %.
« Bien sûr, tout ça ne représente pas du bénéfice. Il faut compter les frais de base… »
Les roues de la charrette, par exemple. Même sur la nouvelle route, elles s’usaient vite, pas vrai ? Quant au vieux col de Misiryeong, il les réduisait en lambeaux en un seul aller-retour.
Sans compter la nourriture et le logement. Les frais d’auberge, le fourrage du bœuf, et ainsi de suite.
« Mais ça ne fait que quelques wons, tout au plus. »
Le taux de profit, proche de 40 %, ne bougea pas.
Surtout, ce bénéfice revenait entièrement à Han San ; il n’avait même pas besoin de le partager avec les frères Chuk. Comme il provenait du commerce et non d’un combat, nul besoin de verser une solde de combat à ses hommes.
Mais un homme de soixante-quatorze ans allait-il vraiment négliger les gens qu’il avait recrutés chez lui ?
Il rechignait à dépenser le moindre jeon en générosités ostentatoires envers les étrangers, mais il fallait prendre soin des siens.
« Chef ! Grand maréchal ! Président ! Tenez, prenez ça et allez vous acheter un verre. J’ai mis de côté deux calmars écrasés en route, alors partagez-les aussi. »
Han San distribua généreusement un total de 4 wons en prime : 2 wons à Chuk Hong-cheol, et 1 won à chacun de Chuk Hyeong-don et Chuk Jun-ha.
Chuk Hong-cheol était décontenancé.
« Non, patron ! On a été mauvais comme tout pour vendre, pas la peine d’en faire autant… »
« Vous avez bien travaillé. Et regardez : plus vous vous y mettiez, mieux vous vous débrouilliez ! Vous l’avez bien senti, vous aussi ? »
« Euh, euh… c’est-à-dire… »
« On est partis de chez nous le deux, on est arrivés à Sokcho le trois, et aujourd’hui, sans même dormir quelques heures ici, on s’est mis à vendre dès l’aube. Le programme était vraiment éprouvant, vous avez fait du bon boulot. Allez vous rincer le gosier et vous détendre les articulations, puis reposez-vous bien. D’accord ? »
En voyant leur patron sourire avec satisfaction et leur taper sur l’épaule, les frères Chuk sentirent leur cœur se gonfler à éclater.
Han San sourit. « Allez, filez. Passez à la taverne et descendez un bon paquet de makgeolli avec un peu de viande. »
« … »
« Continuez comme ça. Si vous me faites confiance et me suivez, quoi qu’il arrive, je saurai vous assurer de quoi vivre jusqu’à la fin de vos jours. »
« … Compris, patron. »
Chuk Hong-cheol ne put que secouer la tête d’étonnement.
Jeune, agile, excellent tireur, bon chasseur, beau parleur… et, pour couronner le tout, un homme d’une compétence écrasante, doté d’une conscience qui transcendait les classes sociales.
« N’est-ce pas l’exemple même de l’homme parfait ? »
« Mais cette phrase que j’ai sortie — “Rien contre, tant que je n’en rajoute pas.” Vous ne trouvez pas qu’elle vise en plein dans le mille ? Voilà ce qu’on appelle avoir de la répartie. »
« Ah. Finalement, il n’est pas parfait. »
Mais ce n’était qu’un défaut dans le jade. Quand Chuk Hong-cheol s’apprêtait à lui adresser de nouveau un regard admiratif, Han San prit un air de quelqu’un qui venait de se souvenir de quelque chose…
« Hong-cheol, mon oncle, quand je vous ai engagé, moi aussi, je me suis dit : “J’ai trouvé un homme de talent à Inje”, et j’étais tellement désolé de n’avoir personne à qui le dire. »
« Pas un défaut dans le jade : une grosse tache de merde collée dessus. »
« Camarade chef ? »
« Hum. »
Chuk Hong-cheol se ressaisit. Il regarda Han San avec un visage où se lisait toute la complexité du monde, puis sentit, d’une certaine façon, un coin de son cœur soudain s’alléger.
Oui, s’il avait été trop parfait, ça aurait franchement porté malheur.
« Vous ne prendriez pas un verre avec nous, patron ? »
À l’invitation de Chuk Hong-cheol, les yeux de Han San s’arrondirent.
« Hum ? Ça ne vous dérange pas ? La présence du patron ne met pas les employés mal à l’aise quand ils mangent ? »
« Ça, c’est vrai avec les autres patrons. Vous n’êtes pas comme ça, alors aucun problème. Allez, on y va.
Grand maréchal ! Président ! Embarquez le patron et traînez-le jusqu’à la taverne ! »
« Hé, hé ! Ne me traînez pas ! Je peux marcher tout seul. Ah ! À propos de marcher, je viens de trouver un autre jeu de mots vraiment amusant… »
« Bouchez-lui aussi la bouche ! »
« Mmph, mmph ?! »
Cette nuit-là, à la taverne d’Inje, le premier dîner d’entreprise du Commerce Myriad de Han se prolongea jusqu’à l’aube.
[1] Le maquereau salé d’Andong est une spécialité de cette ville de l’intérieur des terres. Avant l’invention de la réfrigération, on salait abondamment les maquereaux venus de la côte pour qu’ils supportent le long trajet terrestre.
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