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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Le génie de la chasse sous l’ère coloniale japonaise
Chapitre 65
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Le saleur de poisson (2)
Le thé que le courtier Jang avait servi était tout à fait excellent.
« Celui-ci, c’est ce qu’on appelle du thé noir Caravan. Il vient de Primorié. Qu’en dites-vous, jeune ami ? Vous n’y trouvez pas, disons, un petit goût de Sibérie ? »
Bien sûr, Han San ne lui lança pas d’un ton narquois : « C’est juste du thé chinois, non ? Quel goût de Sibérie ? » Il se contenta de le boire sans se plaindre.
« C’est grâce à vous, monsieur Jang, que je peux boire un thé aussi raffiné », dit-il. Il ne resta toutefois pas complètement silencieux et glissa l’air de rien quelques connaissances. « Il me semble avoir entendu quelque part que le miel ne se marie pas très bien avec le thé noir. Sinon, j’aurais ajouté un peu de celui que j’ai apporté. Quel dommage. »
« Hé hé, le jeune ami s’y connaît. C’est vrai, le sucre va mieux avec le thé noir. Tenez, goûtez. »
« Merci. Eh bien, les bateaux viennent donc aussi de Primorié… Sokcho est plus importante que je ne le pensais. »
« Si vous remontez un peu par là, vous arrivez à Wonsan. Continuez au-delà et vous trouverez, eh bien, Najin,[1] une ville qu’ils sont en train de développer à grande échelle, paraît-il. Un peu plus loin, vous voilà à Primorié. Alors nous aussi, on peut ramasser quelques miettes. »
Voilà pourquoi Sokcho avait un bel avenir devant elle, expliqua le courtier Jang : elle ne ferait que prospérer avec le temps. Han San, qui était revenu du futur, savait que ces paroles se réaliseraient. Il poursuivit donc la conversation sans se presser.
Le courtier Jang se sentait à l’aise.
« Ce jeune homme est vraiment facile à aborder. »
Il fallait aussi savoir accompagner son interlocuteur.
L’image de l’avenir de Sokcho que Han San esquissait avec juste ce qu’il fallait de précision débordait de vie.
Naturellement, certains points ne le convainquirent pas.
« Du poulet frit ? Hum. Vous dites qu’on fait frire le poulet, qu’on l’assaisonne, puis qu’on le vend ? »
« Oui. Vous ne pensez pas que ça pourrait devenir une spécialité de Sokcho ? »
« Ma foi… La première chose qui me vient à l’esprit, c’est que ça sort un peu de nulle part. Ce n’est pas un endroit réputé pour ses poulets, si ? C’est un port. Bien sûr, les poules occidentales arrivent par bateau, mais à quoi bon ? Si vous voulez préparer et vendre un plat glacé, pourquoi pas du poisson glacé ? Même si ça gaspille tout autant d’huile. »
Il y avait donc aussi dans leur conversation des idées parfaitement irréalistes. Mais c’était la jeunesse, après tout.
« Vraiment délicieux, ce thé noir Rush-an Cara-van. »
« Et sa prononciation des mots étrangers n’est pas terrible non plus. »
Mais c’était aussi ça, la jeunesse. Sans qu’il s’en rende compte, Han San avait commencé à lui plaire, quoi qu’il fasse. Aux yeux du courtier Jang, en tout cas.
Han San comprit lui aussi qu’il avait gagné une bonne part de la sympathie du courtier Jang. Sa prononciation des mots étrangers, d’une aisance parfaite, avait sans doute achevé de le convaincre.
Sentant que le moment était venu, Han San fit signe aux frères Chuk d’apporter un paquet et de le déballer.
« Monsieur Jang, voici donc la marchandise que j’ai apportée. C’est le même miel de châtaignier que celui que je vous ai offert tout à l’heure… »
Comme il l’avait promis, dix bocaux de verre remplis à ras bord de miel de châtaignier furent alignés sur la table.
« Hum. »
Le courtier Jang plissa les yeux. Il souleva soigneusement un bocal et le tint face au soleil.
« Bien. Mais on dirait que ce n’est pas du miel de rucher. »
« Non. Je suis tombé par chance sur une ruche. C’est du miel sauvage. »
« “Miel sauvage”, ça sonne bien, mais le mettre en bocal aussi proprement, ce n’est pas une mince affaire. »
En outre, les bocaux en verre semblaient provenir de la même source : ils étaient identiques et de même taille. Une étiquette joliment imprimée, portant la raison sociale « Commerce Myriad de Han », était collée sur chacun, comme sur la carte de visite de l’entreprise qu’il avait reçue plus tôt.
« Vous comptez me le laisser en dépôt ? »
« Ah, inutile de vous donner tant de mal, non ? Si vous me l’achetiez directement à un prix raisonnable, monsieur Jang, ne serait-il pas plus simple de tout vous céder ici même ? »
Le courtier Jang laissa échapper un petit rire à la plaisanterie de Han San.
« Je pourrais vous en donner trois wons cinquante le bocal. »
C’était un prix élevé.
Même si le miel était rare sur la côte et qu’on prenait en compte la valeur ajoutée du miel sauvage, le prix restait élevé. Car, comme le courtier Jang l’avait dit, le miel sauvage amenait son lot de complications.
Les montagnards qui récoltaient une ruche par hasard n’avaient pas le matériel adéquat pour en extraire le miel. Ils le filtraient grossièrement, le versaient dans une vieille bouteille de soju ou un récipient du même genre, et sa valeur diminuait peu à peu.
Mais le miel de châtaignier que Han San avait apporté était différent.
« Ma Jong-sung, de la Pharmacie Cheonbo, m’avait passé un savon lui aussi, la première fois que j’étais venu avec de l’huile de blaireau dans une bouteille de soju. »
Han San sourit intérieurement en sirotant son thé noir Cara-van.
Comme il avait un peu d’argent en poche, il avait passé les mois de mai et de juin à faire la navette entre Inje et la Vallée de Sebeom pour préparer activement ses affaires. Ces préparatifs comprenaient les bocaux en verre propres qu’il s’était procurés par l’intermédiaire de Ma Jong-sung, ainsi que des sachets de médicaments uniformes et des caisses en bois.
Et les étiquettes imprimées du Commerce Myriad de Han.
Celles collées sur les bocaux de verre devaient aussi contribuer à créer une « image de marque » à l’avenir. Elles suffisaient déjà à donner au miel de châtaignier une apparence bien plus raffinée.
Du point de vue du courtier Jang, c’était un produit haut de gamme : il lui suffisait de trouver le bon acheteur pour réaliser un joli bénéfice.
« Dix bocaux, donc trente-cinq wons en tout. Qu’en dites-vous, jeune homme ? Je pense que je ne vous fais pas une mauvaise offre. »
Han San acquiesça en souriant.
« Ça me va. Vous avez l’œil, monsieur Jang. »
Bien sûr, s’il avait tenu son propre étal, il aurait peut-être pu vendre chaque bocal quatre wons, voire quatre wons cinquante, mais le soleil était déjà haut dans le ciel.
Comme le marché se tenait tous les cinq jours, il était déjà tard. Mieux valait conclure rapidement la vente et partir pour Inje, où il avait davantage à gagner.
On pouvait considérer que c’était le prix à payer pour faire la connaissance du courtier Jang.
« Oh, mais j’aurais juste une petite demande… Ne retirez pas cette étiquette du Commerce Myriad de Han. Comme je vous l’ai dit, nous allons nous lancer dans diverses activités ; ça nous fera de la publicité. »
« Hé hé, bien sûr. Ça a bien meilleure allure avec l’étiquette, alors pourquoi l’enlever ? Mieux encore, quand je le vendrai, je ferai votre publicité en disant que c’est un produit de votre entreprise. »
« Si vous faites ça, je ne pourrais rien demander de plus. Je compte sur vous. »
L’affaire fut conclue pour la somme rondelette de trente-cinq wons. Han San fit claquer les boules du boulier dans sa tête, ravi.
« Il reste encore quelques cuves de ruches récoltées à la maison… »
En ce moment même, à la résidence des Han, dans la Vallée de Sebeom, sa mère et son père devaient s’affairer à transvaser le miel. Ils avaient des mains si habiles qu’on aurait pu s’épuiser la bouche à les complimenter ; tout serait donc aussi bon que celui-ci.
Le professeur Han Bada, encore au stade larvaire et en passe de devenir un vrai blaireau, devait s’appliquer à chiper des bouchées à côté d’eux. Mais quelle quantité un enfant de huit ans pouvait-il bien manger ?
« Chaque ruche doit donner cinq ou six bocaux. Au prix de gros, ça représente cent cinquante wons. »
Une fois l’automne passé et la vraie saison du miel sauvage arrivée, il pourrait en récolter une nouvelle quantité. Il n’aurait qu’à le vendre lentement, alors. Le miel ne se gâtait pas.
« Il y a vraiment tant de façons de gagner de l’argent. »
Même au cœur de l’époque coloniale, en 1933, il n’était pas difficile de se constituer un capital de départ à condition d’avoir le savoir-faire, l’audace, les connaissances, l’endurance, un registre familial et une certaine position sociale. La liste des conditions était certes un peu longue, mais Han San les remplissait toutes. Pour lui, toute la péninsule n’était qu’une immense mine d’or.
« N’hésitez pas à repasser dès que vous aurez des affaires à traiter. Pour votre entreprise, jeune homme, je vais… eh bien, libérer un coin de mon entrepôt et vous faire une remise sur la commission. »
Sur ces mots, le courtier Jang sortit une carte de son manteau et la lui tendit.
« Voici ma carte. Si vous avez quoi que ce soit à régler lors d’un marché quinquennal du coin, contactez-moi. »
« Oh, merci beaucoup, monsieur Jang. À une prochaine fois, alors. »
Han San rangea la carte du courtier Jang et les trente-cinq wons, puis sortit du bâtiment. Il comptait également consacrer cet argent à l’achat de marchandises à charger sur la charrette.
Han San donna ses instructions aux frères Chuk.
« Bon. Finissons nos achats, maintenant. Plus personne ne nous collera aux basques. »
Les frères Chuk eurent l’air un peu sceptiques, mais, comme personne ne vint les importuner ensuite, ils ne purent que secouer la tête.
« Patron. Vous êtes vraiment impressionnant. Quel genre d’arrangement louche avez-vous conclu avec ce bourgeois corrompu ? »
« Ah, qu’est-ce que tu racontes ? On a juste parlé affaires entre gens d’un certain âge, c’est tout. »
« Allons, patron, vous n’êtes pas vieux. Vous avez dit que vous n’aviez même pas vingt ans. »
« Dis donc, Chuk Hong-cheol. Tu connais le principe de l’arrondi ? Arrondis mon âge et j’ai exactement cent ans. Vous aussi, vous avez cent ans. À l’époque de la vie centenaire, ne venez pas vous plaindre de votre âge, voyons. »
« C’est donc ça, une vie centenaire ? »
À plaisanter ainsi, l’envie de se battre des frères Chuk s’était considérablement dissipée.
Quand la charrette fut presque pleine, Han San acheta son dernier article.
« Donnez-moi vingt maquereaux. »
« Aigo, jeune homme ! Vingt d’un coup ! Très bien ! Je vous fais le tout à trois wons ! »
La pleine saison n’était pas encore arrivée, aussi leur chair n’était-elle pas tout à fait assez grasse. Malgré tout, on remit à Han San vingt beaux maquereaux bien lourds.
Chuk Hong-cheol en resta stupéfait.
« Patron ! Qu’est-ce que vous comptez faire de maquereaux par ce temps ? On est en juillet ! »
« Il y a quelque chose que je veux essayer. Si vous n’avez rien de mieux à faire, venez m’aider à les préparer. Si vous savez égorger des bêtes, vous devriez bien savoir vider un poisson. »
« Le vider, ça va, bien sûr… »
Han San, avec l’habileté d’un chasseur chevronné, et les frères Chuk, avec celle de bouchers expérimentés, fendirent le ventre des maquereaux et en grattèrent soigneusement les entrailles. À quatre, ils eurent fini en un clin d’œil.
« Bien. Posez les poissons préparés ici, sur la charrette, là où la paille est étendue. Ensuite, je… »
Après avoir disposé les maquereaux de la sorte, Han San sortit du sel.
Chuk Hong-cheol haussa un sourcil.
« Vous les salez pour les conserver ? »
« Oui. Mais pas en les couvrant tous de la même façon… »
Il en recouvrit certains de sel, du ventre jusqu’à la peau ; d’autres, il les frotta légèrement, comme s’il les habillait pour l’été. Il n’en salait que les branchies, la queue et la cavité abdominale. Quelques-uns, à l’inverse, reçurent une couche un peu plus épaisse sur l’extérieur…
« Le groupe un, c’est le salage complet ; le groupe deux, le salage concentré à l’intérieur ; le groupe trois… »
Grâce à sa mémoire aiguisée par la régression, Han San avait parfaitement retenu et classé les données de salage de chaque maquereau.
« Jetez-les simplement dans un tonneau de sel. Ils vont sûrement pourrir… »
Chuk Myeong-su fit claquer sa langue en regardant les bottes de paille réparties en plusieurs groupes.
Han San eut un petit rire.
« S’ils pourrissent, je n’aurai qu’à les jeter. C’est aussi simple que ça. »
« Quoi ? Vous jetteriez l’équivalent de trois wons ? Franchement, patron, qu’est-ce que vous fabriquez au juste ? »
« Tout ça servira à quelque chose. En attendant, arrangez bien le chargement pour que le jus des maquereaux ne coule pas sur les autres marchandises. »
« Tss, franchement… »
Chuk Hong-cheol fit la grimace, mais il ne protesta pas davantage et fit ce que Han San lui avait demandé. De toute façon, il savait bien que son patron n’était pas un homme ordinaire.
« Allons-y. »
Une fois toute la cargaison bien arrimée et après avoir fait un bon repas, ils atteignirent la sortie du marché.
« Hé, vous, là ! Le monsieur qui tire une charrette à bœufs ! »
Quelqu’un interpella Han San.
À la sortie du marché quinquennal de Sokcho, des dizaines de chevaux et de bœufs, ainsi que des porteurs chargés de claies de portage, s’étaient mêlés dans une grande cohue. Celui qui avait appelé Han San semblait être une sorte de chef, à la tête d’un groupe.
« Vous m’appelez ? »
« Vous allez où ? »
« À Inje. »
« À Inje ? Alors, pourquoi ne pas faire route ensemble ? Nous aussi, nous allons à Inje. Comme vous le voyez, nous avons également une charrette à bœufs. »
À cette époque, les routes étaient pleines de dangers. Les voyageurs cherchaient naturellement à faire route en groupe.
Han San jeta un rapide coup d’œil aux bœufs des hommes qui venaient de lui parler. Il estima d’un seul regard que leurs charges dépassaient les six cents kilos, puis leur demanda :
« Et vous, vous comptez passer par où ? »
« Par où d’autre ? On prend la nouvelle route, on fait tout le tour de Seorak, puis on remonte le long du ruisseau de Naerin. »
Le chef d’un autre groupe de taille moyenne, juste à côté, ricana.
« Si vous passez par là, vous arriverez quand ? Jeune homme, venez avec nous ! Nous descendons à Yangyang,[2] puis nous passerons par le col de Hangyeryeong[3] pour rejoindre Inje. Ensuite, nous irons à Chuncheon. »
On pouvait résumer ainsi les routes du Gangwon dans les années trente.
En prenant pour référence la vitesse d’une charrette à bœufs.
L’ancienne route du col de Misiryeong : environ douze heures jusqu’à Inje.
La route du col de Hangyeryeong : plus du double, vingt-six heures.
Mais un bœuf pouvait-il marcher toute la nuit ? Un homme pouvait se passer de manger, mais un bœuf devait se nourrir ; un homme pouvait dépasser ses limites, mais un bœuf devait se reposer.
Ainsi, à partir de vingt heures de trajet, il fallait compter dix heures par jour.
« Une distance de vingt-six heures, c’est donc trois jours de route. »
Et faire tout le tour de Seorak ? Cela ajoutait dix heures, pour un total de trente-six.
« Quatre jours de route. »
Le seul avantage, si l’on devait en nommer un, c’était que le terrain était plat et la route bien entretenue, ce qui permettait de transporter une lourde charge. En somme, on échangeait du temps contre du volume.
On pouvait se demander comment les routes d’une petite péninsule, dans un Gangwon minuscule, pouvaient être aussi longues. Mais les intestins, eux aussi, paraissaient petits quand ils étaient enroulés dans le ventre. Sortez-les et étalez-les : ils n’atteignent pas une longueur effrayante ?
Et voilà justement la réponse à la question : « Comment ça ? On transporte juste des marchandises d’un endroit à un autre… et on gagne de l’argent ? » À cette époque, le bénéfice du commerce n’était pas un bug permettant de dupliquer l’argent ; c’était la récompense d’un travail éreintant et dangereux.
Han San claqua la langue.
« Nous passerons par Misiryeong. »
À ces mots, les marchands s’affolèrent tous d’un coup.
« Aigo, pauvre fou ! Vous dites ça parce que vous ignorez dans quel état se trouve Misiryeong en ce moment ? »
« Toute une bande de bandits de grand chemin s’est installée là-bas, et voilà qu’un jeune homme dit des choses qui vont lui coûter la vie ! »
« Même si le colportage est un métier où l’on risque sa vie, ce n’est pas une raison pour aller la risquer pour de bon ! Qu’est-ce qui vous presse tant de vivre ou de mourir ? »
Han San ne prit pas la peine de s’expliquer. Dire qu’il avait tué quelques bandits en chemin et en avait tiré un petit revenu supplémentaire lui aurait valu d’être pris pour un hâbleur, sans compter les ennuis inutiles que cela aurait pu lui attirer.
« Je vais simplement les remercier de s’inquiéter pour moi et en rester là. »
Il acquiesça donc et s’apprêtait à leur répondre quelques mots aimables quand…
un éclair traversa l’esprit de Han San !
« Hum ??? Non, attendez ! »
Misiryeong était bloqué à cause des bandits.
Les marchands perdaient du temps en faisant le détour.
Mais lui avait la force de traverser l’ancienne route du col de Misiryeong sans peine, comme s’il remontait le sentier du quartier.
Ce qui voulait dire…
« Je recrute des gens qui vont à Inje ! »
Han San leva la main et cria :
« Traversée de Misiryeong dans la journée, départ immédiat ! Nous garantissons la sécurité de la route ! À pied, avec une claie de portage seulement ; pas de charrette ! Frais d’escorte : un won. Premier arrivé, premier servi, dix personnes maximum ! »
Un service d’escorte !
Sur la péninsule de dark fantasy de 1933, le Commerce Myriad de Han venait de hisser son étendard : il allait escorter les voyageurs à travers les bandits des forêts de Misiryeong.
[1] Najin (나진) est un port en eau profonde sur la côte nord-est de la Corée, près de la frontière soviétique. Dans les années trente, les autorités coloniales japonaises en faisaient un important terminus du réseau ferroviaire de Mandchourie, sous le nom de Rashin.
[2] Yangyang (양양) est un comté côtier de la mer de l’Est (mer du Japon), au sud de Sokcho. La ville sert ici d’étape sur la longue route de détour qui contourne le mont Seorak.
[3] Le col de Hangyeryeong (한계령) traverse la chaîne des monts Taebaek et relie la côte de Yangyang à l’intérieur des terres, jusqu’à Inje. À la vitesse d’une charrette à bœufs, cette route ajoutait largement plus d’une journée de trajet par rapport à la traversée directe de Misiryeong.
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