Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le génie de la chasse à l’époque coloniale japonaise
Chapitre 57
──────
Un talent venu d’Inje (4)
Les critères que Han San avait fixés pour ses candidats au poste de soldats privés étaient clairs.
Premièrement, ne pas craindre le sang.
Un intellectuel qui reculait à la simple odeur du sang ne ferait pas l’affaire. Qu’il s’agisse d’égorger un sanglier ou de faire sauter la tête d’un bandit, il fallait avoir assez de cran pour garder le cœur du bureau du district au rythme régulier.
Deuxièmement, savoir manier les outils.
On vivait encore à une époque où les armes blanches servaient au combat. Couteau, gourdin ou tout ce qui pouvait tomber sous la main : il fallait en maîtriser un ou deux et se débrouiller au moins avec les autres.
Troisièmement, être fort.
Pour courir à travers ces contreforts accidentés du Seorak comme s’il s’agissait de sa propre cour, il lui fallait des muscles jusque dans les articulations.
Et, en plus de cela…
« Je ne dois pas oublier mes origines. »
Son père était chasseur, et lui aussi.
Un montagnard qui avait passé toute sa vie sur les pentes.
Jusqu’au jour où la République de Corée verrait le jour et où des lois sur la protection de la nature seraient promulguées, Han San vivrait selon un credo qui faisait de tout ce qui n’était pas lui une proie.
Jusqu’ici, son père et lui s’étaient occupés tous les deux de dépecer et de préparer leurs prises. C’était un travail qui exigeait un savoir-faire particulier.
Mais ne serait-il pas pratique qu’un domestique sache aussi faire ça ?
« Alors, un boucher. »
Aucun homme ne remplissait mieux toutes ces conditions que ceux qui abattaient chaque jour des bœufs et des porcs.
« Mais pas n’importe quel boucher. »
Car il restait le critère le plus important.
« Il ne doit pas être pétri de superstitions. »
Han San n’avait pas non plus oublié les origines de son ennemie.
La Vieille Wangdae, qui régnait sur le Hameau supérieur, était une grande chamane profondément ancrée dans les croyances populaires d’autrefois. Même Han San avait failli se laisser happer par cette atmosphère inquiétante lorsqu’il l’avait affrontée sous l’arbre du Seonangdang.
Un homme qui ne s’effondrerait pas lorsque cette vieille sorcière se mettrait à hurler au sujet des fantômes et des gobelins. Un homme qui ne reculerait pas lorsqu’elle proclamerait à grands cris que le Seigneur de la Montagne était courroucé.
Non, un homme qui en rirait. C’était exactement le genre de subalterne qu’il lui fallait.
Il ne lui restait donc qu’un seul candidat.
« Hyeongpyeongsa. »
En 1923, à Jinju, dans la province du Gyeongsang du Sud, on avait refusé l’entrée d’une école à l’enfant de Yi Hak-chan, un homme fortuné issu de la caste des bouchers.
Les lettrés de la noblesse avaient tous adopté les costumes occidentaux ou s’étaient mis à jouer les bouffons en hanbok, et pourtant, la discrimination entre les nobles et les gens de basse naissance n’avait fait que s’accentuer. La colère provoquée par ce paradoxe s’était propagée comme une traînée de poudre dans les huit provinces.
[L’équité est le fondement de la société !]
[Les bouchers sont des êtres humains, eux aussi !]
La Hyeongpyeongsa de Joseon, fondée sur un appel à l’égalité des bouchers, était devenue une organisation nationale en l’espace d’un an, avec douze sections et soixante-sept sous-sections.
Mais même la plus belle des chansons finit par se couvrir de bruit quand toute une foule se met à la chanter.
Dix ans plus tard, la Hyeongpyeongsa avait, elle aussi, changé de couleur. Elle avait noué des liens avec la Suiheisha japonaise[1] et s’était mêlée à d’autres groupes ; une foule de militants socialistes s’y était également greffée.
Et pourtant…
« Tant mieux, en fait. »
À cette époque, alors que l’Union soviétique venait tout juste de fêter ses dix ans…
Qu’était-ce, au juste, qu’un militant socialiste ?
« Des rouges ! »
On n’avait même pas encore inventé le slogan « du berceau à la tombe ». Il n’y avait que des communistes, encore imprégnés du rouge profond de leur pays d’origine.
Des matérialistes !
Dieu ? Les ancêtres ? Le Seigneur de la Montagne ?
Tout cela n’existait pas. Ils ne croyaient qu’à la matière, aux classes et à la lutte, rien d’autre. Une dose du remède rouge du maître Marx, et voilà les superstitions guéries d’un seul coup.
« Et puis, ils sont en rupture avec la société. »
La Hyeongpyeongsa était désormais réprimée de toutes parts.
« Et la Vallée de Sebeom est un endroit où, depuis longtemps, viennent se rassembler ceux que la société a rejetés. »
La Vallée de Sebeom accueillait tout le monde. C’était une chose profondément cruelle…
Alors, pourquoi ne pas les accueillir, eux aussi ?
« Il y a de quoi développer l’affaire. »
S’il en attirait un, ne pourrait-il pas faire venir les autres membres de la Hyeongpyeongsa à sa suite, comme des poissons séchés enfilés sur une corde ? Fonder une [Armée rouge] dans un coin de la Vallée de Sebeom, parfaitement insensible aux rites d’exorcisme de la Vieille Wangdae… Rien que d’y penser, Han San en avait l’eau à la bouche.
Bien sûr, il y avait des risques.
« Si l’on apprend que des hommes recherchés par le gouvernement se cachent dans la Vallée de Sebeom… »
Cette vipère de Sawada serait aux anges. Il pourrait même, dans sa bassesse, trouver un moyen de gravir les échelons en tirant profit de la situation.
« Et puis… ces hommes sont eux-mêmes une bombe à retardement. »
Les gens qui vouaient un culte à un « -isme » étaient dangereux.
Non pas que les communistes fussent particulièrement dangereux parce qu’ils étaient communistes. Les anticommunistes l’étaient tout autant.
Ceux qui tenaient une valeur pour absolue étaient prêts à tout au nom de la « grande cause » à laquelle ils croyaient.
Han San, qui avait encaissé de plein fouet l’histoire moderne et contemporaine de la Corée, le savait jusque dans sa moelle.
Mais…
« Ce n’est pas grave. »
Il saurait les maîtriser.
Par l’argent, la force ou n’importe quel autre moyen.
Et si le moindre signe indiquait qu’ils lui échappaient ?
« Alors, il les écarterait. »
Aussi simple que ça.
Il les livrerait à cette vipère de Sawada, qui pourrait ainsi obtenir sa promotion. Si un autre officier était envoyé pour le remplacer, toute la région pourrait respirer un instant.
« Un homme de main… ou plutôt, il s’agirait d’engager une bande de mercenaires. »
Accueillir sur son territoire un groupe venu d’ailleurs. On pouvait appeler ça une sorte de contrat de vassalité mutuelle.
Ce candidat entrepreneur, Chuk Hong-cheol, prit la parole.
Bien sûr, il ne dit pas quelque chose comme : « Je vous en prie. Seriez-vous mon entrepreneur ? »
« Petit salaud de réactionnaire. »
Il attaqua d’emblée.
« Un morveux qui m’appelle camarade ? Le seul camarade que je connaisse, c’est le jour où on mange de la bouillie de haricots rouges ! Où est-ce que tu as entendu parler de moi, à rôder dans le coin ? Et c’est quoi, cette histoire d’embauche ? Fils de ta mère… T’es un larbin de policier, ou quoi ? Hein ? »
Han San ne sourcilla pas. Il s’y attendait.
À quel point la vie d’un militant de la Hyeongpyeongsa né dans une famille de bouchers avait-elle dû être difficile ?
Et combien devait-il trouver ridicule qu’un blanc-bec d’à peine vingt ans vienne lui parler comme s’il savait tout ?
Han San ne répondit donc rien.
Il sortit une bourse qu’il avait mise de côté. Les pièces tintèrent. Un son agréable s’en échappa.
« Trente wons. »
La bourse tinta encore lorsqu’il la secoua.
« Pour commencer, un contrat de six mois. »
« Qu’est-ce que… »
« Vis avec nous et travaille pour moi, camarade. »
Le regard de Chuk Hong-cheol vacilla, comme s’il suivait les mouvements de la bourse.
Trente wons !
De quoi acheter un seom entier de riz blanc et avoir encore de la monnaie. De quoi acheter une demi-vache.
Mais Chuk Hong-cheol renifla avec mépris.
« Trente wons, mon cul. Petit salaud de réactionnaire. Tu me proposes quoi, six mois, pour la piécette que je gagnerais en travaillant un mois sur la nouvelle route avec ce corps-là ? Va attraper la peste. »
Han San eut un petit rire.
Sur la nouvelle route, le salaire journalier d’un ouvrier allait de soixante jeon à un won. On pouvait donc dire que cette somme équivalait à un mois de travail.
Mais ce n’était pas comme ça qu’il fallait faire les comptes.
« Alors, va travailler, si tu veux. Encore faut-il que le camarade trouve un boulot. »
Chuk Hong-cheol grinça des dents.
À toutes les époques, les puissants s’empressaient de couper les vivres à ceux qui étaient tombés en disgrâce. Et à cette époque, inutile de dire que c’était encore plus vrai.
Han San ajouta :
« J’habite là-haut, dans une vallée qui s’appelle la Vallée de Sebeom. Un village de culture sur brûlis. Tu en as déjà entendu parler ? »
« …Et si c’est le cas ? »
« Quoi, et si c’est le cas ? Je te demande si ça ne te paraît pas mieux qu’ici. Au moins pour t’abriter du vent et de la pluie.
Tu pourras habiter juste à côté de chez moi. Je t’aiderai à construire une maison : je fournirai les matériaux et les outils. Et je te nourrirai aussi. Six mois, trente wons. Alors ? »
Han San fit tinter la bourse une nouvelle fois.
Chuk Hong-cheol grinça encore des dents. Les militants avaient l’habitude de se glisser dans un village de culture sur brûlis pour s’y reposer tout en attendant leur heure.
C’était peut-être un village de culture sur brûlis, mais il aurait une maison avec des murs et un toit, des repas compris, pendant six mois. Et trente wons en prime.
Rien à voir avec le fait de se cacher dans les montagnes comme une bête et de descendre en voleur pour survivre grâce à des petits boulots…
Quand il en arriva à cette conclusion, Chuk Hong-cheol poussa un cri rageur :
« Ha ! Tu crois que moi, Chuk Hong-cheol, je vais m’incliner devant un instrument de la bourgeoisie comme toi ? »
Il venait de proclamer haut et fort son esprit révolutionnaire, mais Han San répliqua aussitôt :
« Tu veux l’égalité, pas vrai ? Eh bien, l’argent, c’est ce qu’il y a de plus égal. »
« Mon cul ! En quoi le fait que les riches aient encore plus serait égalitaire ? »
« Alors prends-en, toi aussi. »
Han San lança la bourse contre la poitrine de Chuk Hong-cheol. « Hé ! » Celui-ci la rattrapa par réflexe.
« L’argent ne vérifie pas le registre familial de celui qui le possède. Boucher ou noble, celui qui le tient le tient, c’est tout.
Le fondateur de votre organisation n’était-il pas un homme riche ? Le problème, ce n’était pas que les riches aient davantage. Ce qui te blessait, ce n’était pas qu’on te reproche d’avoir trop, mais qu’on s’indigne que quelqu’un comme toi ose posséder quoi que ce soit, non ? »
« T-toi… »
Chuk Hong-cheol serra les dents. Il voulait lui répondre, mais ce militant tardif n’était malheureusement pas à la hauteur dans une joute verbale.
Ce n’était pas que Han San eût la langue bien pendue, à vrai dire. Il n’avait aucune envie de se lancer dans un grand débat idéologique. Dans sa vie précédente, le professeur Han Bada aurait pu s’en charger. Un homme ordinaire comme lui pouvait bien s’évertuer à débattre, ça ne résoudrait jamais rien.
Il le savait, alors il passa à l’action.
« Alors, tu en dis quoi ? Si tu n’en veux pas, oublie. Il y a plein de gens qui prendront cet argent et travailleront pour moi. Tac ! »
Fouit ! Le bruit de l’air tranché, et Chuk Hong-cheol se rendit compte que la bourse qu’il tenait contre sa poitrine avait été arrachée et se trouvait de nouveau dans la main de ce jeune salaud de réactionnaire.
Un frisson lui remonta le long du dos.
« Quelle vitesse révolutionnaire… »
Le geste avait été parfaitement exécuté, au moment où il s’y attendait le moins. Chuk Hong-cheol en fut stupéfait : lui qui s’était battu un nombre incalculable de fois et avait égorgé quantité de bêtes n’avait pas réussi à réagir.
Une cachette, de l’argent, et maintenant cette habileté physique… Chuk Hong-cheol cessa de prendre l’homme en face de lui à la légère et baissa la voix.
« Quel genre de boulot tu veux me faire faire… Tu ne comptes pas tuer quelqu’un, hein ? »
« S’il faut tuer quelqu’un, je pourrais le faire. »
Han San répondit sans détour, sans rien cacher.
« Il faut mettre les choses au clair dès le début. »
Il ne voulait vraiment pas entendre, plus tard, des absurdités du genre : [Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais]…
Chuk Hong-cheol inspira vivement.
« Quoi !? Non, le meurtre, c’est… »
« Ne t’emballe pas. C’est juste un principe général : si une situation l’exige, quelqu’un qui mérite d’être tué peut l’être. »
« Quelqu’un qui mérite d’être tué… ? »
« Des bandits, par exemple. Parfois, c’est tuer ou être tué, tu sais. »
Chuk Hong-cheol fronça ses épais sourcils, comme s’il essayait de comprendre ce qu’il voulait vraiment dire. Ce ne fut qu’un instant plus tard qu’il demanda :
« …Tu veux dire que tu ne vas pas m’entraîner le premier dans des histoires de banditisme, alors ? »
Han San hocha franchement la tête.
Chuk Hong-cheol sembla peser une nouvelle fois ses paroles, puis secoua la tête.
À bien y réfléchir, il n’avait pas besoin de se creuser la tête. Si ce jeune salaud de réactionnaire le trompait et l’entraînait dans des meurtres et des vols, et alors ? Il n’aurait qu’à participer aux meurtres et aux vols.
Sauf que la victime ne serait pas un passant, mais le cou de ce jeune salaud de réactionnaire.
Si l’autre le « trahissait », il n’aurait qu’à se « révolter ».
Et s’il ne se faisait pas avoir, eh bien… six mois, il pouvait tenir le coup.
Ayant pris sa décision, Chuk Hong-cheol ouvrit la bouche.
« J’ai une condition. »
Han San sourit.
« Je t’écoute, camarade. »
« D’abord, arrête de m’appeler camarade. Ça me fout les nerfs… »
« Alors, comment je t’appelle ? Monsieur ? »
« Monsieur, mon cul… Ah, laisse tomber. Appelle-moi comme tu veux ! Et puis, le truc… comme je l’ai dit, pas de meurtres ni de vols, et à part ça, enfin… pas d’actes réactionnaires non plus ! »
Han San ne demanda pas ce qui comptait exactement comme un acte réactionnaire.
Au fond, ce que l’homme voulait dire, c’était : « Ne dépasse pas les bornes. »
« D’accord. Moi aussi, j’ai une condition. »
Han San regarda Chuk Hong-cheol droit dans les yeux.
« Tant que ce n’est pas un acte réactionnaire, tu fais ce qu’on te dit. »
Chuk Hong-cheol soutint le regard de Han San, les yeux graves.
De son côté, Chuk Hong-cheol ne demanda pas ce que signifiait exactement « ne pas commettre d’acte réactionnaire ». Là aussi, tout se résumait à « ne pas dépasser les bornes ».
Han San et Chuk Hong-cheol n’étaient pas mauvais pour lire les gens. Entre des hommes comme eux, nul besoin d’en dire davantage.
De la confiance ?
D’une certaine manière.
Mais ce n’était pas une confiance grandiose et magnifique.
Du haut de ses soixante-quatorze ans, Han San savait, bien sûr, que la confiance inconditionnelle existait en ce monde. Celle qu’il éprouvait pour sa famille, et celle que sa famille éprouvait pour lui, en était exactement l’exemple.
Autrement dit, envers ceux qui ne faisaient pas partie de sa famille, il n’avait jamais éprouvé une telle confiance.
« Au bout du compte, l’intérêt mutuel est le lien le plus solide. »
On se moquait souvent de la loyauté achetée avec de l’argent. Mais tant qu’on continuait à payer, elle durait, non ?
« Tiens. »
Han San tendit la bourse à Chuk Hong-cheol, qui la prit.
« Le contrat est conclu. » Han San se retourna. « On y va, camarade monsieur. Je vais te montrer où j’habite. »
Chuk Hong-cheol rangea la bourse comme s’il l’avalait tout entière, puis suivit Han San.
Pour rentrer dans la Vallée de Sebeom, Han San coupa délibérément à travers la montagne.
Le sentier était si rude qu’on avait du mal à le qualifier de chemin de bêtes. Il fallait grimper des falaises abruptes, se frayer un passage dans les broussailles et escalader rocher après rocher.
Un itinéraire misérable, où un homme ordinaire se serait effondré avant même d’avoir parcouru un seul li, sans parler de dix.
« Ouf, ouf, ouf… »
Mais le souffle rauque de Chuk Hong-cheol restait juste derrière Han San.
« Il fera l’affaire. »
Han San continua d’avancer et jeta un coup d’œil derrière lui.
Chuk Hong-cheol était trempé comme s’il avait pris un bain de sueur, mais il ne ralentissait pas. Il portait le porte-charge à dos que Han San lui avait refilé, chargé de tout un tas d’affaires, et le suivait avec l’obstination d’un sanglier.
Les muscles forgés en abattant des bœufs et des porcs, l’expérience acquise en échappant aux policiers à l’époque de la Hyeongpyeongsa… Rien de tout cela n’avait disparu, à ce qu’il semblait.
« On fait une petite pause, allez… Ouf, ouf ! Espèce de réactionnaire… Ouf, ouf ! »
Chuk Hong-cheol hurla :
« On y est presque, camarade. Juste après cette crête. »
« Tu m’as déjà dit ça ! Tu l’as déjà dit avant ! Cette crête, tu m’en as déjà parlé ! Juste cette crête… »
« Cette fois, c’est vrai. C’est vraiment juste après cette crête. Cette crête-là. Tu la vois ? Celle-ci, là-bas. »
« Ah, toi… réactionnaire… ah, toi… Ouf, ouf… ! »
Han San éclata de rire et accéléra.
Jusqu’à ce qu’ils atteignent la Vallée de Sebeom, Han San ne s’arrêta pas une seule fois.
Chuk Hong-cheol tint bon jusqu’au bout, sans jamais se laisser distancer. Mais il se demanda si ce n’était pas là, en soi, un acte réactionnaire.
[1] La Suiheisha (수평사, 水平社), ou « Société des égalitaires », était un mouvement japonais fondé en 1922 pour lutter contre la discrimination visant les burakumin, une caste de parias. La Hyeongpyeongsa coréenne s’en était inspirée et les deux organisations avaient coopéré.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>