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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Le génie de la chasse à l’époque coloniale japonaise
Chapitre 56
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Un talent d’Inje (3)
« Hé, San. Laisse-moi te donner un conseil… »
Le plus jeune fils de la famille de gangsters s’exprimait avec autant de sérieux que lorsqu’il avait exposé ses arguments pour acheter la cuisinière.
« Un domestique robuste, c’est bien, évidemment, mais le problème, c’est que ça peut se retourner contre toi, tu vois ? »
« … »
« Au fond, qu’est-ce que ça veut dire, être costaud ? Ça veut dire que si ça tourne mal, il peut attraper un gourdin et te renverser la table du dîner sur la tête.
Comme je te l’ai dit, tu passes tes journées en ville ou à la chasse, et la maison reste vide, pas vrai ? Ton père a beau être un chasseur du mont Baekdu, il a la jambe abîmée, non ?
Alors, quand ton père et toi êtes tous les deux absents, et que ce solide petit domestique se met à avoir des idées en tête, qu’est-ce que tu crois qu’il va se passer ? »
Kim Tae-yang plissa les yeux.
« Ton petit frère Bada, ce gamin. Et ta mère. Un enfant, une femme, seuls à la maison. Et dès que le domestique les regarde de travers, la maison se transforme en rivière de sang, comme ça.
Réfléchis-y. Qu’est-ce que des vauriens pareils peuvent bien avoir comme loyauté ? Dès qu’un homme a le ventre plein et le dos au chaud, sa tête se remplit d’idées. C’est la nature des hommes, je te le dis. »
Kim Tae-yang frissonna, comme s’il se remémorait une affaire en particulier.
« Franchement. Le domestique ouvre la bouche et traite le jeune maître de la maison de “salaud, salaud”. Et le jeune maître, lui, doit appeler ce domestique “mon oncle, mon oncle”.
Un acte de chien impardonnable, qui défie le ciel, et dans ces huit provinces de montagnes et de rivières où les lois qui régissent les relations entre maîtres et serviteurs sont sacrées ! Ouah, tu ne trouves pas ça complètement absurde ? Hein ?
Toi aussi, tu le penses, San, pas vrai ? Pas vrai ? »
Vers la fin, il était parti dans une étrange direction, mais pour un bon à rien de famille riche, il faisait preuve d’une certaine perspicacité.
Combien de domestiques avaient juré fidélité en pleurant : « Mon maître ! Je vous servirai toute ma vie ! » ? C’était un monde où l’on s’emparait des biens du maître ou bien où l’on commettait un méfait avant de s’enfuir en pleine nuit, et ce, tous les jours.
Mieux valait ne pas s’attendre à trouver un vassal animé d’un esprit chevaleresque et d’un dévouement sans faille.
Ce n’est pas un roman de wuxia de Gu Long.
Le vieil homme de soixante-quatorze ans connaissait bien tous les rouages de ce genre de monde, bien sûr.
Mais…
« Je ne ferai pas entrer n’importe qui. »
Sans la moindre hésitation, Han San fixa une lance à son propulseur.
« Tu as dit que dès qu’un homme a le ventre plein et le dos au chaud, sa tête se remplit d’idées, c’est ça ? »
« Ouais. »
« Je suis d’accord. » Han San poursuivit en direction de l’autre côté des broussailles. « À mon avis, il y a deux façons de régler le problème. »
Kim Tae-yang ouvrit de grands yeux.
« Deux façons ? »
« La première, c’est de faire en sorte que sa tête ne se remplisse jamais d’idées. »
« Comment ? En le laissant crever de faim, en lui arrachant son plancher chauffant ? »
« Non. »
Han San recula d’un pas.
Il planta fermement la plante des pieds dans le sol, pivota à la taille, puis leva la main qui ne tenait pas le propulseur et la tendit vers l’avant pour contrebalancer son poids. Ce n’est qu’alors qu’il ramena en arrière l’épaule du bras qui tenait le propulseur.
« En faisant en sorte que la première idée qui lui vienne à l’esprit soit que s’élever au-dessus de sa condition le fera tuer, et que la première idée qui lui vienne à l’esprit soit qu’en nous suivant, il y gagnera. »
Kim Tae-yang eut un rire sec.
« Si seulement c’était aussi simple… »
Il s’interrompit. Pourquoi Han San venait-il de le regarder comme ça ? Avec cet air qui semblait dire : « Pourtant, ça marche, non ? » Kim Tae-yang n’y comprenait rien…
« … Et la deuxième façon, alors ? »
Kim Tae-yang changea de sujet.
Au même instant, Han San — fwap ! — détendit l’épaule qu’il avait ramenée en arrière.
Fiiou !
La lance lancée fendit les airs et — paf ! — s’enfonça dans quelque chose au-delà de la brume. « Kaeng ! » Un cri unique retentit sur le flanc de la montagne.
Han San répondit d’un ton plat :
« Choisir un homme dont la tête est déjà pleine d’idées dès le départ. »
« Et qu’est-ce que ça veut dire… »
Han San rangea le propulseur et fit signe d’avancer. Allons d’abord voir. Kim Tae-yang hésita, puis le suivit.
Un peu plus tard, les deux hommes se tinrent à l’endroit où la lance avait frappé. Tout autour, c’était une véritable mare de sang.
« Ouah, quand même. Ce lancer de lance du mont Baekdu… »
Kim Tae-yang claqua la langue, admiratif. Peu importait le nombre de fois où il le voyait, ce talent avait quelque chose de surnaturel.
Mais le cadavre du chat sauvage n’était pas là où il aurait dû se trouver. La lance, elle, gisait un peu plus loin, arrachée à sa cible.
Une traînée de sang s’éloignait également dans la brume.
« Tu l’as juste éraflé ? »
Han San plia le genou et examina le sang qui lui maculait les doigts, puis observa la direction prise par la piste.
« Non, je l’ai touché, et en plein. Il n’ira pas loin. »
« Tu arrives aussi à savoir ça… »
« Évidemment. Allons-y. »
Han San s’épousseta, se releva et se prépara à suivre la piste. Kim Tae-yang fit la grimace.
« Franchement, poursuivre une bête blessée, c’est le plus pénible… »
« Alors, tu ne viens pas ? »
Han San lança un regard en coin à Kim Tae-yang.
Il n’avait rien dit d’autre, mais Kim Tae-yang eut tout de même l’impression qu’il venait de lui lancer : « Qu’est-ce que tu peux être bavard. Si seulement Baechil-hyung n’avait pas été envoyé au four à charbon. »
« Franchement ! Qui a dit que je ne venais pas ? Je dis juste qu’on ferait mieux de se dépêcher ! »
Au cours du mois écoulé, Kim Tae-yang et Baechil s’étaient plutôt bien entendus. C’était parce que leur chef, Han San, maintenait l’équilibre du groupe.
Mais comment aurait-il pu ne pas y avoir de rivalité entre jeunes hommes ?
Tout en marchant, Kim Tae-yang jetait régulièrement des regards à Han San et lui lançait de petites remarques.
« Hé, San. Peu importe le nombre de domestiques que tu auras, on est amis, pas vrai ? »
Han San eut un petit rire moqueur.
« Bien sûr. Les amis et les domestiques, ce n’est pas la même chose. »
« Voilà ! C’est exactement ça. »
Kim Tae-yang bomba le torse. Han San le regarda comme un homme de soixante-quatorze ans aurait regardé les cabrioles de l’enfant d’un voisin, et ne répondit rien.
Ce n’est pas comme si je n’avais jamais envisagé de vous prendre, toi et Baechil-hyung, comme hommes de main…
Kim Tae-yang n’était pas fiable dans sa façon de gérer les choses, et Baechil manquait de fermeté. Tous deux se débrouillaient bien contre les bêtes, mais face aux hommes, ils étaient vite dépassés.
Mais ce n’est pas leur faute.
Que pouvait-on y faire ? Kim Tae-yang n’avait que dix-sept ans, et Baechil à peine vingt ans.
Même Han San lui-même n’aurait pas été aussi solide aujourd’hui sans ses soixante-quatorze années d’expérience accumulée ni sans avoir traversé les bouleversements de l’histoire moderne de la Corée.
On ne sait pas ce qu’ils deviendront avec le temps.
S’il avait dû confier ses arrières à quelqu’un à cet instant, il aurait clairement préféré Baechil à un domestique acheté avec de l’argent. Kim Tae-yang, même s’il arrivait loin derrière, était lui aussi plus digne de confiance. Il lui accordait au moins cette confiance-là.
Sans pouvoir lire dans les pensées de Han San, Kim Tae-yang laissa son enthousiasme l’emporter et finit par haleter.
« Hé, San. »
« Hmm ? »
« Alors, euh… ce que tu as dit tout à l’heure, à propos d’“un homme dont la tête est déjà pleine d’idées”, de quel genre de gars tu parles au juste ? »
Han San eut de nouveau un petit rire moqueur.
« J’ai quelques candidats en tête. »
Il n’en dit pas plus.
Une heure plus tard, les deux hommes revinrent en portant la carcasse vidée du chat sauvage.
Enfin, pour être exact, seul Kim Tae-yang la portait.
Cinq heures plus tard, Han San se trouvait dans la ville d’Inje.
Léger et sans bagages, il était seul, avec pour tout équipement un porte-charge à armature sur le dos. D’un geste assuré, il remit le champignon phellinus[1] et un serpent à la Pharmacie Cheonbo contre vingt-cinq wons, puis vendit deux peaux à Cuirs Daeseong pour deux wons supplémentaires.
Il en profita pour demander :
« Comment vont les affaires, ces temps-ci ? »
« Comme d’habitude ! À cause des bandits, les plantes médicinales qui viennent de la montagne se font un peu rares. C’est à peu près tout. »
« Ah, dans ce cas, vous devriez m’en donner un peu plus. »
« Elles ne sont pas encore si rares que ça. »
Voilà ce que répondit Ma Jong-sung, de la Pharmacie Cheonbo. Park Dong-po, de Cuirs Daeseong, déclara quant à lui :
« Des bandits, il y en a vraiment beaucoup, ces derniers temps ! Tu connais le col de Misiryeong, là-haut ? »
« Oui. C’est la route de Sokcho. »
La nuque du mont Seorak. Même aujourd’hui, sans tunnel pour le traverser, c’était le passage le plus court entre la mer de l’Est et Inje.
« On dirait qu’ils pullulent surtout par là. Le temps se réchauffe doucement, tu vois. Ces jours-ci, on ne trouve même plus de poissons de mer au marché, je te le dis ! »
Les autres commerçants lui racontèrent à peu près la même chose.
Les bandits étaient de plus en plus nombreux. Comme des insectes qui sortaient de terre dès le retour des beaux jours.
Comme pour confirmer ces propos, il vit une grande affiche que Sawada avait placardée sur le panneau d’affichage, près du poste de police.
[ Attention : bandits en liberté ]
Aucune prime n’était annoncée. À vrai dire, les primes elles-mêmes étaient rares.
À moins que l’arpenteur Hajama ne se fasse encore attaquer par des bandits, ou quelque chose du genre…
Bien sûr, Han San ne souhaitait pas qu’un malheur arrive à l’arpenteur Hajama.
Non, vraiment.
La raison se devinait à la lecture du message que Han San avait reçu en passant au Pavillon de Jade du Sud.
[Han San ! Merci de m’avoir aidé la semaine dernière à effectuer les relevés près des chutes de Seonnyeo. Ce n’est pas qu’une simple marque de gratitude. C’est ma façon de comprendre pourquoi mon frère aîné vous a appelé le maître de la montagne. Si vous avez besoin d’aide, faites-le-moi savoir.]
Il avait déjà travaillé de concert avec cet homme et obtenu un droit d’arpentage exclusif, une seule fois.
Si quelque chose arrivait maintenant à Hajama le Deuxième, il devrait tout recommencer depuis le début avec Hajama le Troisième, qui prendrait la relève — à supposer qu’un tel individu existe, même si, pour une raison ou une autre, Han San était incapable de se débarrasser de l’idiote intuition qu’il y en aurait bel et bien un — et franchement, il préférait éviter ça.
En plus, Hajama le Deuxième est plutôt quelqu’un de bien.
Han San se résolut à faire preuve de générosité.
Dans le coin, Hajama est le seul homme cultivé qui comprenne mes plaisanteries, avec son beau diplôme universitaire.
« Tu mijotes encore un truc minable, hein ? »
« Je ne pensais à rien. »
Han San répondit d’un ton morose en regardant Kim Mal-ja, qui se tenait devant lui.
« Bref, tiens, grande sœur. »
D’un geste assuré, il sortit une petite boîte de sous sa chemise et la lui tendit. C’était un coffret qu’il avait fabriqué lui-même en sculptant du bois, puis recouvert de peau de bête.
Kim Mal-ja l’ouvrit et ses yeux s’illuminèrent.
« Qu’est-ce que c’est ? Des dents ? »
Han San acquiesça.
« Les dents du chat sauvage que j’ai attrapé aujourd’hui. Regardez-moi leur taille, pour un animal qui n’est guère plus gros qu’un chat de montagne. Impressionnant, pas vrai ? »
« Un chat sauvage ? J’ai entendu dire que c’était difficile à attraper… »
« Eh bien, j’ai un peu transpiré. »
Han San prit un air fanfaron.
« Je l’ai attrapé avec Taeyang… Si vous voulez connaître les détails, demandez au gamin quand il passera. Il sera ravi de tout vous raconter. »
« Taeyang… Il a l’air d’avoir un peu grandi, ces derniers temps. C’est vrai, il a vraiment grandi. »
Le regard de Kim Mal-ja se troubla.
Han San, qui avait lui-même traversé bien des hauts et des bas avec son petit frère dans sa vie antérieure, ne l’interrompit pas et changea doucement de sujet.
« Quand la peau sera prête, je vous l’apporterai. Les peaux de chat sauvage, c’est assez rare, non ? Je ne peux pas la confier à un marchand de cuir ordinaire. »
« Tout à fait ! Oui. Apportez-la-moi. Si elle est en bon état, je vous en donnerai dix wons sur-le-champ… Non, je monterai jusqu’à douze wons. »
Parfait. Voilà douze wons de revenus assurés.
Han San en rajouta une couche.
« Pourquoi ne pas me confier aussi toute la confection ? Un portefeuille, par exemple, ou un cache-cou. Le chat sauvage est à peu près grand comme ça, vous voyez ? La peau donnera à peu près cette surface. Dites-moi ce qu’on pourrait en faire, en tenant compte de sa taille, et je la préparerai moi-même. »
Si Park Dong-po, de Cuirs Daeseong, avait entendu ça, il se serait tenu la poitrine en le traitant de salaud sans âme. Mais que pouvait-on y faire ? C’était ça, la libre activité économique.
Kim Mal-ja posa elle aussi le menton dans la main, l’air amusé.
« Quel vendeur… Hmm. Un cache-cou, alors… Non, il va bientôt faire chaud. Vous savez faire des chaussons, par hasard ? Si vous pouvez en fabriquer, faites-m’en une paire. Je vous les achèterai vingt wons, main-d’œuvre comprise. »
Han San acquiesça.
« Entendu. Je les aurai prêts pour ma prochaine visite… Et les renseignements que je vous ai demandés il y a deux semaines, vous avez pu les obtenir ? »
« Les voici. »
Kim Mal-ja sortit une feuille de papier.
Puis, après un instant de réflexion, elle écrivit quelques caractères chinois en bas de la page et la lui tendit.
Han San plissa les yeux.
« Ce que vous venez d’écrire, gumun-ban… Qu’est-ce que c’est ? Un code secret ? »
« Oh, ça suffit ! C’est ma pointure… »
« Ah. »
En effet. Il lui fallait ça pour confectionner les chaussons.
La pointure de la maîtresse du Pavillon de Jade du Sud était de neuf mun et demi. Il apprit qu’avec les unités de mesure d’aujourd’hui, cela correspondait à environ 230 mm.
Il ignorait si cette information lui serait utile.
« Bref, il y a donc quelqu’un de ce genre, ici. C’est ça, en gros. »
Han San reprit le fil de la conversation.
Mal-ja toussota doucement.
« Oui… Mais qu’est-ce que tu veux à ces types ? »
« J’ai une utilité pour eux. »
« Hmm. Évite quand même d’aller donner un coup de pied dans une fourmilière pour rien, d’accord ? Je ne supporte pas les histoires qui font du bruit. Le chef de la police militaire, ici, est un peu trop… comment dire… lubrique ? Mieux vaut ne pas lui donner de prétexte pour chercher des noises. »
Han San eut un sourire ironique. Voilà donc la réputation de Sawada.
« Ne vous inquiétez pas. Il n’y a aucune chance que ça lui arrive aux oreilles. »
« Très bien… À la prochaine. »
« Oui. Prenez soin de vous, grande sœur. »
Han San se détourna. Il croisa Madame Go, qui entrait à l’instant, le regard languide, puis quitta le Pavillon de Jade du Sud.
Une quarantaine de minutes plus tard, dans une ruelle de la ville d’Inje, à laquelle il était parvenu grâce aux renseignements qu’il venait d’obtenir…
Devant la porte d’une cabane de planches de guingois, Han San appela à voix basse :
« Il y a quelqu’un ? »
Derrière la porte, pas un bruit. On aurait dit qu’il n’y avait personne.
Mais Han San n’y prêta pas attention et poursuivit :
« Camarade. »
Un mouvement brusque se fit sentir derrière la porte.
« Je suis venu en sachant que vous étiez là. Alors, sortez. »
« … »
« Vous comptez vous cacher encore longtemps ? C’est tout ce qui restait des aspirations de vos camarades ? »
« … »
« Ce que vous, camarades, vouliez abattre, c’était ce monde pourri lui-même, n’est-ce pas ? »
Ce fut à cet instant précis.
Boum, crac !
Le silence derrière la porte céda soudain la place à un vacarme. On entendit aussi quelqu’un attraper quelque chose à la hâte.
Bam !
La porte s’ouvrit à la volée.
Un homme à la moustache et à la barbe épaisses apparut. Dans la main qu’il pointait vers Han San, il tenait un couteau de boucher à la lame affûtée, d’un bleu luisant.
« Toi… Qu’est-ce que tu me veux, petit salaud de réactionnaire ? »
« Ravi de vous rencontrer, camarade de Hyeongpyeongsa. »
Han San lui sourit franchement, comme si la lame du couteau qui brillait juste devant son nez ne le concernait pas le moins du monde.
« Réactionnaire, quelle accusation scandaleuse ! Je suis un camarade venu vous aider à bâtir un paradis socialiste[2]. »
Attends un peu, Vieille Wangdae.
Je vais te façonner une zone révolutionnaire rouge vif dans un coin de la vallée de Sebeom.
[1] Le champignon phellinus (상황버섯) est un champignon lignicole dur qui pousse sur les mûriers et d’autres arbres. Longtemps prisé dans la médecine populaire coréenne et chinoise, il était considéré comme un tonique coûteux et un remède contre les tumeurs.
[2] « Paradis socialiste » et « camarade » (동지) relèvent de la rhétorique des mouvements de gauche des années 1920 et 1930 sous la domination coloniale. Hyeongpyeongsa, ligue pour l’égalité de la caste des bouchers, s’est rapprochée des organisateurs socialistes et communistes de l’époque ; Han San s’adresse donc à ses membres dans ces termes.
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