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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Le génie de la chasse à l’époque coloniale japonaise
Chapitre 54
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Un talent venu d’Inje (1)[1]
Pendant près d’un mois, Han San mena une vie paisible.
Sous le radieux soleil printanier, il chassait aux côtés de son père, faisait sécher les plantes médicinales qu’il avait cueillies avec sa mère, puis descendait en ville vendre toute leur récolte, son porte-charge sur le dos et aussi rapide que le vent. Il en profitait pour prendre des nouvelles, avant de rentrer jouer avec Bada, et ainsi de suite.
Et, comme il se l’était promis le jour de son retour, Han San finit par faire goûter du poulet frit à sa famille. Du poulet frit épicé, qui plus est. À la découverte de cette saveur venue du futur, qu’il n’avait pu goûter dans sa vie passée qu’une fois vieux, les mâchoires de ses proches en tombèrent presque.
« Maman, tu as déjà goûté quelque chose d’aussi bon ? Les gens de la ville sont vraiment des égoïstes ! Ils gardent ça pour eux et le mangent en cachette… »
« Grand frère ! Emmène-moi en ville, moi aussi ! Emmène-moi ! »
Han San éclata de rire.
« Allons, je n’ai appris la recette en ville que par hasard, moi aussi. C’est le genre de chose qu’on ne trouve qu’à Gyeongseong. J’ai entendu dire que la recette venait d’au-delà de la mer. »
« L-les vauriens de Gyeongseong ! Pas étonnant qu’ils le couvrent d’huile comme s’ils n’avaient pas peur du châtiment céleste. Et puis ils ajoutent du sirop de riz et du sucre dans l’assaisonnement… Ha, mais c’est vrai que c’est sacrément bon… »
« Maman ! Papa mange tout ! »
« Espèce de vaurien ! Même quand on parle de ta femme et de tes enfants, il faut que tu gardes les mains aussi rapides !? »
Han Man-seok dévora l’aile jusqu’à ce qu’il n’en reste que deux gros os, puis l’avala d’un coup.
« Je vous ai laissé les blancs. Il y en a plein, et ça vous donnera des forces. »
« Ouaiiis, l’aile ! C’était la meilleure partie ! »
Tandis que les cris joyeux fusaient dans la maison des Han, au lavoir, les bavardages accompagnaient les coups de battoir.
« Vous avez vu ? Le fils aîné des Han a ramené un bœuf ! »
« Pas seulement un bœuf. Ils ont aussi construit un tout nouveau hangar et fait venir Baechil et ces bons à rien du Hameau inférieur pour les aider ! Et dedans, ils ont de tout ! »
« De tout quoi ? »
« Ah, de tout ! Des cordes, des fils de fer, des gros, des fins et des moyens, tous rangés séparément. Je vous jure, ça n’arrêtait pas de sortir, comme d’une boîte magique ! »
Les battoirs s’abattaient sur le linge plus fort que d’habitude.
« D’où leur vient tout cet argent ? »
« D’où tu veux qu’il vienne ? Ils se sont fait un joli magot à la taverne, grâce à tous ces étrangers ! »
« J’ai entendu dire que les gamins qui étaient venus donner un coup de main à la taverne avaient tous reçu leur part. Hier, j’avais mal à la tête, alors je suis allée voir la mère de Baechil pour qu’elle me prépare un remède, vous savez. »
« Et alors ? »
« Alors, cette femme me sort : “Oh là là, pardon. L’odeur de l’huile que mon fils a tirée de la viande de sanglier qu’il a reçue en remerciement pour son aide embaume encore un peu la maison… Ah, au fait ! Attention à ne pas vous cogner le pied contre la hache que mon fils a reçue en remerciement pour son aide !” Elle se vantait par tous les moyens possibles… »
Toutes les femmes du lavoir hochèrent la tête à l’unisson. La mère de Baechil était bien comme ça.
« J’ai toujours su que la famille Han était extraordinaire, pleine de gens talentueux qui vivaient à l’écart du monde. »
Au hameau du Milieu, où la famille de Han San s’était installée, on entendait ce genre de propos.
« Ils sont arrivés à l’époque du cadastre ? »
« C’était pas pendant le Mouvement du Premier Mars ? »
« Ça ne me dit rien… Je crois avoir entendu qu’ils venaient du côté de la province du Hamgyeong. »
« Du Hamgyeong ? »
« Oui. Surtout cette madame Ham, comment déjà… J’ai entendu dire qu’elle a des proches qui travaillent sur des bateaux de pêche à Wonsan. »
« Hein ! Un chasseur et une pêcheuse sont tombés amoureux ? Comment ça s’est fait ? Et comment ont-ils fini ici ? »
« Allons, vous autres. Qu’est-ce que ça peut faire, quand et comment ils sont arrivés ! Ce sont des gens de la vallée de Sebeom, voilà tout. Ne fouinez pas sans raison. »
« Non, j’étais juste curieux… »
« Oui, oui. »
« Mais vous savez… c’est quand même un peu… »
La conversation, qui s’était enflammée puis calmée, prit alors une tournure légèrement différente.
« Un peu quoi ? »
« Non. Qu’ils attrapent des blaireaux et tout ça, je comprends. Mais se faire autant d’argent juste en tenant une taverne quelque temps… »
« Hé, toi ! Tu es jaloux, maintenant ? »
« Jaloux de quoi ? Un homme n’a même plus le droit de dire ça ? On vit dans le même village, dans le même hameau, après tout. C’est juste que la vie d’un homme devrait avoir un peu plus de… de substance, au lieu de se résumer à un coup d’un soir, tss… »
« Hééé ! Tu vois, tu es jaloux ! Arrête de raconter des bêtises. Quand quelqu’un réussit, tu n’as qu’à lui souhaiter bonne chance et encore plus de réussite… »
« Je t’ai dit que je n’étais pas jaloux ! »
Heureusement, les gens savaient seulement que « la famille Han s’était fait une petite centaine de wons à la taverne ». Grâce à cela, les remarques envieuses furent aussitôt refroidies et réduites au silence.
Si les villageois avaient aussi su que « Han San avait capturé Ginsei et touché jusqu’à trois cents wons », les mauvaises langues ne se seraient pas arrêtées là. La situation aurait depuis longtemps franchi un seuil critique et dégénéré en concours de médisances.
Bien sûr, ce concours avait lieu chaque jour dans un coin du Hameau inférieur.
« Un bœuf ! Un bœuuuf !! »
Le bar moderne TUE-LOUP, qui enchaînait les jours de fréquentation au plus bas, se tordait et se démenait comme si Han San avait volé le bœuf de la famille de Go Tae-chon.
« Ce bœuf, il était à deux doigts d’être à moi ! Étoile d’Argent ! Pourquoi cette satanée bête a-t-elle été capturée juste à ce moment-là ! Je donne tout ce que j’ai au continent, et ces fichus gendarmes militaires ne m’aident même pas ! »
Go Tae-chon s’effondra à quatre pattes et se lamenta.
« Aaaah, ce Han San, ce petit morveux ! Les arts martiaux ! Si seulement j’en avais pratiqué un peu ! Par la force, hein ? J’aurais fait régner une justice fondée sur la loi du plus fort ! »
Mais s’il avait connu le sort misérable des trois bandits qui s’étaient dressés sur le chemin de Han San, armes à la main, Go Tae-chon aurait plutôt considéré son manque de force comme une bénédiction du ciel.
S’il était encore en vie, avec tous ses membres intacts, c’était parce qu’avec Han San, il avait montré les dents au nom de la civilisation plutôt qu’au nom de la montagne.
« Jin-dong-ah, qu’est-ce qu’on va faire… Est-ce que ta mère est arrivée en ville saine et sauve ? Cette route est si mauvaise, et elle est toute seule… Je n’ai aucune idée d’où elle est ni de ce qu’elle fait en ce moment… »
La lamentation larmoyante de Go Tae-chon fut interrompue par le bruit de son portail qu’on défonçait d’un coup de pied.
« Go Tae-chon, espèce de salaud ! Ça marche, aujourd’hui ? Je viens récupérer ce que tu dois au compte du jour ! »
« Aigo, grand frère Sundae !!! »
Ainsi, seul Go Tae-chon, au Hameau inférieur, battait chaque jour son propre record de lamentations.
Pendant ce temps…
Au point le plus haut et le plus profond de la vallée de Sebeom.
Le Hameau supérieur était plongé dans le silence.
« Oh là là, tu as un peu mal au ventre ? Tiens, c’est ce qu’on appelle une pierre de fiel de sanglier[5]. C’est la vésicule biliaire du sanglier que mon fils a rapportée en remerciement pour son aide. C’est très bon pour l’estomac… Je me demande si ça marche encore mieux parce que mon fils l’a rapportée en remerciement pour son aide… »
Seule la maison de Baechil était bruyante et animée ; mettons-la donc à part, car elle faisait un peu exception.
Derrière le portail orné d’une corde sacrée.
La maison de la grande chamane, où des pans de tissu bleu flottaient comme des bannières de guerre, était étrangement silencieuse.
Park Il, le fidèle serviteur de la Vieille Wangdae, se tenait devant le portail et regardait en contrebas. Les lèvres épaisses serrées et les bras croisés, il faisait penser à une statue de gardien Inwang[2], campée devant Seokguram[3].
Park Il ne bougeait pas. Il était immobile. Les hommes valides du Hameau supérieur qui le suivaient ne bougeaient pas non plus, pas plus que la bande de Deok-tae, qui avait fait de Meokbawi Valley son territoire.
À la place, une autre pièce se déplaça sur l’échiquier.
Clang, clang, clang… Les coups de marteau réguliers de la forge du Hameau supérieur cessèrent net. La fumée blanche qui s’élevait de la cheminée du fourneau s’arrêta elle aussi.
Le forgeron, monsieur Baek, ôta son tablier de cuir et sortit. Il s’essuya le visage noirci de suie avec une serviette, puis prit le chemin du hameau du Milieu.
Il avançait d’un pas lourd.
Nous étions le dimanche 28 mai 1933.
« Hue, hue ! »
Cet après-midi-là, Han San lisait le journal sur le banc de bois qu’on venait d’installer dans la cour. Son petit frère Bada, perché sur le dos de Nureung-i et lui tapotant le cou, se retourna vers lui.
« Grand frère ! Le bœuf ne veut pas avancer ! »
« Il est repu. Laisse-le tranquille. »
« Nureung-i ! Si tu te reposes juste après avoir mangé, tu vas te transformer en bœuf ! »
« Aigooo, petit maître, je suis déjà un bœuf, espèce de garnement. »
« Grand frère ! Nureung-i vient de me traiter de garnement… Hein, quoi ! C’est toi qui as parlé ! »
Han San éclata de rire. Le futur professeur Han Bada gonfla les joues et posa sur ses hanches ses petites mains semblables à des crosses de fougère.
À cet instant, une ombre se dessina sur le portail en branchages.
« Il y a quelqu’un ? »
Une voix rude, mais digne. C’était l’oncle Baek, le forgeron.
Han San posa le journal qu’il lisait et plissa les yeux.
« Qu’est-ce qui t’amène ? Tu as terminé ce que je t’avais demandé la dernière fois ? »
« Pas encore. Je suis venu pour autre chose. »
L’oncle Baek se racla la gorge, comme s’il cherchait à éviter le regard de Han San. Puis, le poing serré, il prit la parole.
« Viens participer aux travaux collectifs. »
« Quels travaux ? »
« On doit fabriquer du charbon de bois. En grande quantité. On a annoncé que chaque foyer devait envoyer au moins un homme valide. »
La fabrication du charbon de bois.
On appelait ça des travaux collectifs, mais en réalité, il s’agissait de corvées[4].
Tout comme la charbonnière d’Im Baechil se trouvait loin du village, il était pratiquement impossible de fabriquer du charbon de bois à proximité. Il fallait aller jusqu’à un endroit où poussaient des arbres adaptés, y construire une charbonnière, puis faire le charbon.
Car il était bien plus facile de transporter le charbon déjà fabriqué que d’abattre les arbres et de les entasser dans la charbonnière.
Mais cela voulait aussi dire qu’il fallait s’éloigner du village, construire une charbonnière et y dormir et manger. Le travail était pénible, et il prenait du temps.
Han San posa pourtant sa question d’un ton amusé :
« Ça prend combien de temps ? »
« Deux mois. »
« Tu as dit deux mois !? »
Ce ne fut pas Han San, mais Ham Ssang-sim, qui était sortie en entendant quelqu’un, qui sursauta.
« Deux mois ! Tu sais à quel point San est occupé en ce moment ! Il chasse avec son père, il va en ville gagner de l’argent ! »
« On n’y peut rien. Chaque foyer doit envoyer un homme valide, quoi qu’il arrive… »
« Et du charbon, pourquoi maintenant ! Dans deux mois, on sera en juillet, et la saison des pluies aura commencé… »
L’oncle Baek se racla la gorge. C’était vrai : en général, on fabriquait le charbon après l’automne, quand l’air était devenu sec.
Mais il secoua bientôt la tête.
« C’est justement pour ça qu’ils veulent faire des réserves avant les pluies. La décision est déjà prise, alors qu’est-ce qu’on peut y faire ? Un homme valide par foyer… »
« Alors, j’irai ! »
L’oncle Baek fronça les sourcils.
« Madame Ham, vous n’êtes pas un homme valide. Il n’y aura que des hommes là-bas, à manger et à dormir sur place, et puis une femme… Et votre foyer ne doit-il pas labourer les champs au printemps ? »
« Celui qui s’inquiète de mes labours de printemps, c’est le même qui exige un homme valide par foyer !? On se débrouillera pour labourer, maintenant que notre Nureung-i est là ! Et qui, dans ce village, me considère seulement comme une femme !? Tant pis, j’irai aux travaux collectifs du village comme d’habitude… »
« Non, voyez-vous… un homme valide par foyer, quoi qu’il arrive… »
Embarrassé, l’oncle Baek garda le poing serré et répéta inlassablement les mêmes mots, tel un vieux phonographe rayé.
L’atmosphère s’était tendue. Bada s’agrippait au cou de Nureung-i, et Han Man-seok, qui revenait du point d’eau, se tenait aux côtés de sa femme, quand…
« Donc, c’est un homme valide qu’il vous faut. »
Han San avait lancé ces mots en riant.
« Un cas d’école : on s’en prend au nouveau venu. »
C’était évident. Ils comptaient l’envoyer au site de la charbonnière pour l’empêcher d’agir.
Refuser ? Le ressentiment et la jalousie des villageois, qui avaient déjà atteint un stade dangereux, franchiraient aussitôt le seuil critique. Être rejeté dans un village de culture sur brûlis comme la vallée de Sebeom serait fatal.
Accepter ? L’envoyer au site de la charbonnière et l’empêcher de gagner de l’argent serait le moindre de ses soucis. Qui pouvait dire quelles manigances ils fomenteraient contre ses parents et Bada, pendant ce temps ?
« Pas mal du tout. »
La frappe était tombée au moment idéal. Digne de la Vieille Wangdae, qui, tapie dans le Hameau supérieur, tenait les rênes du pouvoir depuis des décennies.
Mais…
« Attendez un instant. »
Sans la moindre trace de trouble, Han San épousseta son pantalon et se leva. Il passa juste devant l’oncle Baek, qui évitait les regards d’un air gêné tandis que Ham Ssang-sim le réprimandait.
L’oncle Baek sursauta.
« Hé, où vas-tu ? »
« Chercher quelqu’un. »
« Quelqu’un… »
Han San ne répondit pas. Il s’éloigna d’un pas décidé.
« Mais qu’est-ce qui lui prend… »
L’oncle Baek cligna des yeux, puis fut de nouveau surpris, mais cette fois pour une autre raison. Malgré le départ soudain de Han San, sa famille ne semblait pas le moins du monde ébranlée.
Non, loin de là…
« De la confiance ? »
Ham Ssang-sim, toujours aussi énergique, le jeune Han Bada et même Han Man-seok, le chef de famille, gardèrent le silence sans montrer le moindre signe d’inquiétude ou d’incompréhension.
On aurait même pu discerner une sorte de soulagement, comme si cette affaire allait se régler toute seule.
« Comment… »
La réponse se révéla un peu plus tard, lorsque Han San revint.
Mais il n’était pas seul. Han San avait passé le bras autour des épaules d’un homme.
« Bon, laissez-moi vous le présenter. L’oncle de ma famille est arrivé. »
L’oncle Baek regarda l’homme d’un air égaré.
Ce visage couvert de marques de petite vérole lui était familier. C’était l’un des hommes de main que Pi Sun-dae gardait autour de lui, au Hameau inférieur. On l’appelait Gomchi.
Han San lui tapa sur l’épaule et lui adressa un grand sourire.
« C’est cet oncle qui ira faire les travaux collectifs pour notre famille. »
« Bien sûr ! Ce sont les travaux collectifs de la famille de mon neveu. Je dois naturellement me porter volontaire et y aller, pas vrai ? »
Gomchi découvrit ses gencives dans un sourire hé hé. Une dent en or jaune étincela.
« Non, attends… »
L’oncle Baek resta bouche bée.
À cet instant, Ham Ssang-sim bondit en avant.
« Gomchi ! »
Qui était-elle ? Une femme de caractère qui avait élevé deux fils malgré son mari chasseur, estropié d’une jambe. Elle en avait même mis un au monde après que son mari se fut blessé à la jambe et qu’ils eurent déménagé dans la vallée de Sebeom.
Il ne lui fallut pas une seconde pour comprendre les intentions de son fils.
« Aigooo ! Gomchi ! Pourquoi tu ne viens que maintenant ? »
Ham Ssang-sim saisit les mains de Gomchi entre les siennes.
Gomchi lui prit les mains à son tour.
« Grande sœur ! Comme tu m’as manqué, grande sœur ! »
« Comme si ça avait besoin d’être dit, espèce de vaurien ! Pas un mot de nouvelles, et tu ne réapparais que maintenant ? Eeeh ! À force de m’ennuyer de toi, j’en ai les yeux tout rouges, moi aussi ! »
« Grande sœur ! Ouahouh ! Je suis si heureux de te revoir, vraiment ! »
Une scène de retrouvailles familiales pleine d’émotion venait de se dérouler sous leurs yeux.
Han San se frotta le coin des yeux avec sa manche.
« Oncle Baek, quel moment bouleversant… Verse donc quelques larmes, toi aussi. Ne viens pas gâcher l’ambiance. »
L’oncle Baek resta bouche bée.
[1] Le titre du chapitre joue sur la proximité entre le nom de la ville d’Inje (인제) et le mot injae (인재, 人材), qui signifie « talent » ou « personne capable ». La phrase se comprend donc à peu près comme « ramener un talent d’Inje ».
[2] Les Inwang (인왕, 仁王) sont deux rois gardiens Vajra musculeux qui encadrent les entrées des temples bouddhistes. Ils sont traditionnellement représentés comme de féroces protecteurs immobiles.
[3] Seokguram (석굴암, 石窟庵) est un célèbre temple bouddhiste aménagé dans une grotte au VIIIᵉ siècle, près de Gyeongju. Il est réputé pour son Bouddha de pierre et ses sculptures de gardiens.
[4] La corvée était un travail obligatoire et non rémunéré que les villageois devaient à une autorité collective. Ici, on parle de « travaux collectifs », mais il s’agit bien de travail forcé.
[5] La pierre de fiel de sanglier (저황, 猪黃) est une substance durcie, ou une vésicule biliaire séchée, prélevée sur un sanglier et utilisée en médecine traditionnelle. On lui prête des vertus pour l’estomac.
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