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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 153 : L’histoire des frères 【Classique des montagnes et des mers】 (5)
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7. 1948, trente-trois ans pour le grand frère, vingt-trois pour le petit frère
Après s’être séparé de son petit frère, le grand frère regagna le Gangwon.
Il passa par Chuncheon, puis Inje, fit un détour par Hongcheon, puis par Sokcho. Ensuite, il s’installa de nouveau près d’Inje.
« Parce que le cénotaphe de nos parents est ici. »
Il lui arrivait aussi de retourner dans la vallée de Sebeom.
Le hameau supérieur, que tous avaient abandonné, n’était plus qu’un amas de maisons vides. Avant longtemps, des gens venus de partout s’installèrent dans ces demeures désertées.
Mais, bien sûr, ce n’était plus la vallée de Sebeom.
Et encore moins le pays natal de Han San.
Il errait dans les montagnes.
Il attrapait ceci, déterrait cela, et vendait le tout à sa guise. De quoi vivre seul.
Puis, un jour, la chance lui sourit.
Il déterra du ginseng sauvage.
En contemplant le ginseng sauvage devant lui, Han San se remémora ses années dans la vallée de Sebeom.
Le ginseng sauvage déterré par Yun Cheom-ji.
[ Grands dieux, regardez cette couronne de racines ! La vertu de l’ancien Cheom-ji est vraiment montée jusqu’aux cieux. Oui, jusqu’aux cieux. ]
Han San se rappela alors une remarque qu’il avait entendue après avoir quitté la vallée de Sebeom : Yun Cheom-ji l’aurait prononcée en observant le hameau du Milieu depuis les hauteurs, pendant la Grande Inondation de l’année Gap-sul.
[ La voie du Ciel consiste à envoyer le malheur à ceux qui manquent de vertu. ]
Han San ricana.
« Ça veut dire que je suis devenu vertueux, maintenant ? »
Impossible.
Han San se rendit à Chuncheon et vendit le ginseng sauvage. Il ne pensait pas en avoir obtenu le juste prix, mais ça lui était égal.
[ La voie du Ciel consiste à envoyer le malheur à ceux qui manquent de vertu. ]
C’était probablement parce qu’il manquait de vertu.
À peu près à cette époque, un homme venu du Nord lui remit une lettre du petit-fils de Yun Cheom-ji.
« Cheol-min m’a écrit ? »
Han San ne s’était pas séparé de lui en très bons termes ; il parut donc perplexe. Le messager remua les orteils dans ses chaussures trouées et hocha la tête.
« C’est bien ça. Il m’a dit de vous la remettre. »
« Pourquoi moi ? »
« Comment voulez-vous que je le sache ? Les professeurs et leurs lubies… »
L’homme claqua la langue. Shin Cheol-min, qui excellait en tout après quelques essais, se faisait déjà appeler professeur Shin.
Han San poussa vers lui une chaussure en caoutchouc qui traînait dans un coin.
« Le messager du professeur Shin porte des chaussures bonnes pour un idiot. Enfile ça. Au moins, tu auras un peu plus d’entrain sur le chemin du retour. »
« Ah, merci. Mes chaussures étaient déjà… hein ? »
Le messager prit un air étrange. On aurait dit qu’il venait d’entendre un jeu de mots répugnant, sorti tout naturellement comme l’eau d’une source.
Han San fit comme s’il ne l’avait pas remarqué et ouvrit la lettre.
[ Grand frère San, ça fait longtemps. Je suis dans le Nord, maintenant. ]
Le Nord.
La région où Han San avait travaillé au barrage de Sup'ung[1] s’appelait désormais ainsi.
Les choses avaient changé vite.
Si l’on considérait qu’Inje se trouvait au nord du trente-huitième parallèle, la région où il s’était installé n’était pas différente. Pour l’instant, il arrivait encore tant bien que mal à s’en sortir.
[ À ce rythme, le Nord et le Sud finiront bientôt par devenir de véritables étrangers l’un pour l’autre. J’essaie d’empêcher ça. ]
Cheol-min avait écrit ces mots, et Han San poursuivit sa lecture.
Il était allé à Pyongyang avec Baekbeom[2]. La Conférence conjointe Nord-Sud[3]. Si seul le Sud organisait des élections, le peuple coréen serait divisé pour toujours. Il fallait absolument que le Nord et le Sud organisent des élections ensemble, le même jour et selon les mêmes règles.
[ Je vais faire en sorte qu’il y ait des élections générales Nord-Sud. ]
C’était pour cela qu’il était allé à Pyongyang.
Un larbin soviétique du nom de Kim Il-sung et les proches de ce salaud. Baekbeom et les gens qu’il avait emmenés. S’ils continuaient tous à discuter, peut-être finiraient-ils par trouver une issue.
Des paroles.
[ Parce que je dois faire quelque chose. ]
La lettre s’arrêtait là.
Han San paya le messager, qui avait toujours l’air bizarre, pour le dérangement et le congédia. Puis il replia la lettre.
Shin Cheol-min. Le petit-fils de Yun Cheom-ji. Le garçon qui excellait en tout après quelques essais, devenu professeur Shin, puis l’un des protégés de Baekbeom.
« Qu’est-ce que tu peux bien faire ? »
Han San réprima cette pensée méprisante avant qu’elle ne prenne forme.
Quoi qu’il en soit, Cheol-min était quelqu’un qui s’avançait pour agir. Han San, qui ne faisait rien d’autre que gagner sa vie, n’avait pas le droit de le juger.
Et puis, Cheol-min réussirait peut-être vraiment à accomplir quelque chose.
Han San repoussa la lettre.
Une autre était posée à côté. Une lettre de son propre petit frère.
Shin Cheol-min était devenu le professeur Shin, mais Han Bada, qui avait fait des études à l’école normale, n’était pas devenu le professeur Han.
[ Grand frère. Je me suis engagé dans l’armée. ]
Han San ignorait pourquoi Bada avait abandonné une école normale prestigieuse après y avoir étudié assidûment jusqu’en troisième année, pour s’engager dans l’armée. Depuis qu’il avait grandi, son petit frère précoce ne lui confiait plus ce genre de choses.
« Il l’a dit à ce baron ? »
Quoi qu’il en soit, son frère était devenu simple soldat, puis sergent, et n’avait pas chômé dans l’armée. À présent, il fréquentait l’Académie militaire de Corée. Il disait qu’il serait sous-lieutenant dès qu’il aurait obtenu son diplôme.
[ Il va m’arriver quelque chose d’important, grand frère. Quand ce sera le cas, essaie de rester quelque part aussi près de Séoul que possible. ]
Quelque chose d’important ? Comme toujours, il ne faisait que parler par énigmes…
Han San s’interrompit.
Il se frotta les yeux et relut la lettre. C’était bien ça.
Il avait écrit « grand frère » avec une marque d’affection.
Pourquoi ?
« … »
Ce n’était pas parce que Bada se rappelait soudain le bon vieux temps. Han San en était certain.
Alors, quoi ?
« Il essaie de me faire comprendre quelque chose ? »
Han San se demanda pourquoi Bada ne le disait pas franchement, puis comprit.
L’armée pratiquait la censure. Han San, qui avait ciré quantité de bottes de la police militaire pendant l’occupation japonaise, le savait bien.
[ Il va m’arriver quelque chose d’important. ]
Qu’est-ce que Bada pensait qu’il allait se passer pour lui demander de venir près de Gyeongseong — non, de Séoul ?
Han San déplia de nouveau la lettre de Shin Cheol-min.
[ À ce rythme, le Nord et le Sud finiront bientôt par devenir de véritables étrangers l’un pour l’autre. ]
Han San se leva.
Tandis qu’il rassemblait quelques affaires et de l’argent, la lettre de Cheol-min resta ouverte.
[ J’essaie d’empêcher ça. ]
Han San s’était retenu de mépriser Cheol-min. À présent, il alla plus loin et se mit à espérer.
« J’espère que tu arriveras à accomplir quelque chose. »
Bien sûr, la vérité, c’était qu’on ne pouvait rien accomplir avec des paroles seules.
8. 1950, trente-cinq ans pour le grand frère, vingt-cinq pour le petit frère
Han San vivait à Hongcheon depuis quelque temps, après avoir quitté Inje, lorsqu’il entendit des tirs d’artillerie.
Le 25 juin 1950[4].
Il les entendit alors qu’il déterrait des plantes médicinales au sommet d’une montagne. Il ne savait pas si c’était parce qu’il était en altitude ou si son pressentiment avait simplement pris la forme d’un son.
Au cours des mois suivants, voici, dans l’ordre, ce que fit Han San :
« Je vous en prie, sauvez-nous ! Ils tirent sur les gens ! »
« Oncle San ! Oncle San, toi qui arpentais les montagnes, aide-moi, je t’en prie ! Mon petit frère est encore à Inje ! »
Les réfugiés affluèrent à Hongcheon depuis le nord du Gangwon. Han San connaissait beaucoup de leurs visages et ne pouvait pas les abandonner à leur sort.
Les années passées à s’enfoncer dans les montagnes avaient donné à Han San une connaissance du terrain sans égale. Il connaissait de nombreux sentiers que l’Armée populaire ignorait, et s’en servit pour aider ses connaissances et les êtres chers de celles-ci à s’échapper.
Puis il tomba sur une patrouille de reconnaissance de l’Armée populaire[5].
« Espèce de sale larbin de l’impérialisme américain ! Alors, c’est toi qui sèmes le trouble ici et qui emmènes le peuple pour en faire des esclaves sur le territoire de l’impérialisme américain ! Exécutez-le ! »
Les coups de feu s’abattirent sur lui sans prévenir.
Han San resta stupéfait. Un larbin de l’impérialisme américain ? Qu’est-ce qu’ils racontaient, bordel ? Les salauds d’Anglo-Américains démoniaques, ce n’était pas une expression inventée par l’Empire du Japon ? Ces Rouges communistes n’avaient-ils pas passé l’occupation à combattre l’Empire du Japon ?
Pourquoi ces salauds de Rouges reprenaient-ils les mots de l’Empire du Japon à peine édulcorés, tout en faisant exactement la même chose ? Ce jeune homme de trente-cinq ans, déjà un peu dépassé, n’y comprenait absolument rien.
Qu’il comprenne ou non, les balles continuaient de siffler. Il n’eut d’autre choix que de fuir.
Mais les soldats de l’Armée populaire le poursuivirent.
Sans cesser de tirer.
Han San n’eut donc d’autre choix que de riposter. Puis de s’emparer d’une arme. Puis d’appuyer sur la détente. Quand il reprit ses esprits, il se tenait immobile devant les cadavres de quatre éclaireurs de l’Armée populaire.
Le fusil qu’il leur avait pris à la main.
« Ah, merde. »
C’était tout ce qu’il pouvait dire. On disait qu’un premier meurtre vous faisait remettre toute votre vie en question, ou quelque chose du genre. Foutaises. Ça faisait juste sacrément chier.
« Heureusement que j’avais déjà tiré avec un fusil… »
Il avait tiré pendant les parties de chasse qu’il guidait sous l’occupation japonaise, puis, après la Libération, lorsqu’il chassait pour son propre compte. Grâce à cela, il ne s’était pas figé après s’être emparé d’une arme.
Abattre des animaux ou des hommes, ce n’était pas si différent qu’on pourrait le croire. À vrai dire, il y avait moins d’endroits où viser sur un homme, mais pour les mains habiles de Han San, ce n’était pas vraiment un problème.
Contrairement aux animaux, toutefois, on ne pouvait ni dépouiller ni manger les hommes ; cette sensation épouvantable ne le quittait donc pas.
L’Armée de la République de Corée[6] arriva à ce moment précis. Le capitaine qui la commandait lui demanda :
« Qui êtes-vous ? Un membre des forces spéciales ? »
Han San soupira. Il ne posa pas son arme.
« Non. Je suis juste un chasseur de montagne. »
Le capitaine de l’armée sud-coréenne examina avec méfiance les cadavres de l’Armée populaire.
Han San déclara :
« Ces salauds ont tiré les premiers. »
Quand Han San lui expliqua qu’il guidait des réfugiés à travers les montagnes, le capitaine éclata de rire, comme s’il n’en croyait pas un mot. Puis il prit quelque chose sur son uniforme et l’épingla sur Han San.
Des galons.
« À partir de maintenant, vous êtes sous-lieutenant. »
« Quoi ? »
« C’est une promotion sur le champ de bataille. Pour les subordonnés… Désolé, mais je ne peux pas placer des soldats de l’armée sud-coréenne sous vos ordres. Si vous connaissez des gens du coin, des types comme vous, faites-en des soldats. »
« Vous pouvez faire ça ? »
« Oui. J’en prendrai la responsabilité. Prévenez-moi quand vous serez prêt. Je vous fournirai des uniformes, des fusils et des munitions. »
À proprement parler, le capitaine ne pouvait pas en prendre la responsabilité. Le temps que Han San soit prêt et que les papiers suivent, le capitaine avait déjà été tué au combat.
Mais la promesse fut tenue.
Des uniformes. Des fusils. Des munitions.
Et une autonomie opérationnelle limitée, assortie d’un secteur de garnison obligatoire.
C’est ainsi que Han San devint sous-lieutenant, alors que cela n’avait jamais été dans son destin.
Son petit frère servait lui aussi comme sous-lieutenant à cette époque ; ils étaient donc devenus une paire de frères officiers. Malgré tout, le grand frère ne put s’empêcher de grommeler.
« Bada disait que je n’étais pas fait pour être soldat… »
C’était à la fois vrai et faux.
Le sous-lieutenant Han San était cantonné dans les contreforts du Gangwon. L’ancien gouverneur du Gangwon fut enlevé et emmené au Nord. L’Armée populaire avançait. L’armée sud-coréenne arrivait. Les deux camps allaient et venaient. Tandis que le front se déplaçait vers le nord et le sud, la pierre de baduk appelée Han San restait fermement plantée dans les monts Taebaek.
« Han San ! Ce fichu salaud ! »
« Y a personne pour tuer ce salaud !? »
Au moins, l’Armée populaire ne parvenait pas à le tuer avec des fusils et des lames.
Han San et les quelques hommes qui entraient et sortaient de son unité connaissaient le terrain sur le bout des doigts. Dès qu’une ou deux patrouilles de l’Armée populaire tentaient de leur tendre une embuscade, ils renversaient la situation et les capturaient à leur tour.
L’Armée populaire ne pouvait pas non plus envoyer une force plus importante pour les anéantir. Seorak était vaste, et les monts Taebaek, encore plus vastes, l’enserraient. Si le peloton de Han San se cachait, une compagnie entière de l’Armée populaire s’en trouverait immobilisée. Le jeu n’en valait tout simplement pas la chandelle.
« Merde. Laissez ces salauds tranquilles ! »
« Plus tard, quand on aura chassé ces larbins de l’impérialisme américain et ces grands nez d’Américains… »
Les soldats de l’Armée populaire grincèrent des dents et se retirèrent.
Le grand frère était très doué pour la vie militaire.
Mais.
Ça ne voulait pas dire que les contreforts où Han San s’était installé étaient devenus paisibles simplement parce que l’Armée populaire faisait semblant de ne pas les voir.
« Ce sont tous des collaborateurs. Tuez-les jusqu’au dernier. »
Un lieutenant de l’armée sud-coréenne pénétra dans un village situé dans le secteur du peloton de Han San et déclara cela.
Han San échangea un regard avec les membres de son peloton, puis regarda les villageois qui tremblaient derrière lui, avant de reporter les yeux sur le lieutenant. D’un air intrigué, il demanda :
« Pourquoi ? »
« Pourquoi, mon cul. L’Armée populaire a balayé cet endroit. Mais ces salauds ne se sont pas enfuis. Ils sont restés ici. À ton avis, ça veut dire quoi ? »
Eh bien, soit ils n’avaient pas la force de fuir, soit ils n’avaient nulle part où aller. Mais le lieutenant semblait voir là un complot sinistre visant à transformer le village en base de partisans pour nuire à l’armée sud-coréenne.
Han San lui répondit simplement :
« Dégage. »
Le lieutenant resta bouche bée. Un instant plus tard, le bout de ses doigts se mit à trembler.
« C’est un ordre. »
« Et alors ? »
« Tu ne vois pas mes galons, pauvre merde ? Comment un vulgaire promu sur le champ de bataille ose-t-il me désobéir ? Hé ! Je suis diplômé de l’Académie militaire de Corée ! C’est de l’insubordination ! »
« Je sais. Pourquoi tu cries et tu piques une crise ? » Han San agita la main. « Tire-toi avant d’être promu à titre posthume. »
Le lieutenant serra les dents. Il jeta un regard brillant aux villageois, puis à Han San.
« Je vais signaler tout ça. »
« Fais donc. »
Le grand frère était très mauvais pour la vie militaire.
Le lieutenant de l’armée sud-coréenne déposa bel et bien un rapport.
Han San. Promu sur le champ de bataille. Origines inconnues. Grâce à l’influence du capitaine Park, déjà tué au combat — bien qu’il reste peu de dossiers, au vu des agissements de Han San, il est raisonnable de supposer que le capitaine Park était un collaborateur de l’Armée populaire et qu’il a délibérément promu Han San sur le champ de bataille afin de nuire à l’armée sud-coréenne —, il a usé de ses relations (pots-de-vin ? piston ? peut-être une conspiration encore plus vaste ? Des pièces jointes suggèrent que le capitaine Park était soupçonné de collaborer avec l’Armée populaire) pour abriter des repaires de partisans composés de bandits rouges (pièces jointes à l’appui) et se livrer à des activités aidant l’ennemi (pièces jointes à l’appui). Il faut donc envoyer immédiatement la police militaire pour l’arrêter…
Le rapport, préparé avec soin, remonta les échelons.
Plus haut.
Encore plus haut.
Toujours plus haut.
Puis il disparut.
Peu après, la police militaire emmena le lieutenant de l’armée sud-coréenne.
Il fut accusé d’avoir aidé l’ennemi pendant l’occupation de l’Armée populaire.
Le lieutenant protesta de son innocence, mais les documents préparés avec un soin excessif le réduisirent au silence. Il fut envoyé dans une unité de service spécial et ne revint jamais.
« C’est réglé. »
La femme prit la parole.
« Tu as bien travaillé, Su-jeong. »
Han Bada, officier du Bureau du renseignement du quartier général de l’armée, lui répondit. Un sourire affable lui éclairait le visage.
Su-jeong contempla ce sourire en silence. Puis elle demanda :
« Je m’en occupe ? »
Han Bada ne demanda pas de qui elle parlait.
« Non. »
« Pourquoi ? »
Han Bada regarda Su-jeong, le même sourire chaleureux aux lèvres.
« N’en fais rien, c’est tout. »
Kim Su-jeong ne répondit pas.
Elle s’en alla, tout simplement.
Notes de bas de page :
[1] Le barrage de Sup'ung est un grand barrage hydroélectrique sur le fleuve Yalu, construit sous la domination japonaise et achevé en 1943.
[2] Baekbeom est le surnom honorifique de Kim Gu (1876-1949), dirigeant indépendantiste coréen opposé à la division de la péninsule.
[3] La Conférence conjointe Nord-Sud fut une réunion de dirigeants politiques coréens tenue à Pyongyang en 1948 dans le but d’empêcher des élections séparées et la division du pays.
[4] Le 25 juin 1950 marque le début de la guerre de Corée, lorsque les forces nord-coréennes envahirent la Corée du Sud.
[5] L’Armée populaire de Corée est la force militaire de la Corée du Nord, créée en 1948.
[6] L’armée de la République de Corée est la force armée de la Corée du Sud.
Notes du traducteur :
Le jeu de mots autour de la chaussure enchaîne plusieurs sens du mot « shin » : le nom de famille Shin, « chaussure », une partie du mot « idiot » et une expression qui signifie se sentir plein d’entrain.
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