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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 147 : Le monde après le Déluge (1)
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La Grande Inondation de l’année Gap-sul laissa dans les trois provinces du Sud des blessures qui ne s’effaceraient pas de sitôt.
Le fleuve Geum déborda. Toute la côte du Chungcheong du Sud fut engloutie sous les eaux.
Dans la province du Jeolla, grenier de la péninsule coréenne, les vagues déferlaient sur les champs à perte de vue, là où auraient dû pousser les rizières.
Toutes les digues qui retenaient le fleuve Nakdong s’effondrèrent. Celle de Geomseri céda la première.
Andong fut emportée. Le bâtiment de la gare fut rudoyé par les eaux en crue et tordu avec les voies ferrées.
Le pavillon Yeonghoru fut emporté, ne laissant derrière lui que ses pierres de fondation. Sur les cent ouvriers envoyés en renfort pendant une brève accalmie, quatre-vingt-quatre furent happés par le courant boueux et portés disparus.
Les imprimeries de tout le pays s’éteignirent les unes après les autres. À la fin, seuls les journaux de Gyeongseong continuaient à publier des éditions spéciales.
Lorsque le typhon qui serait plus tard répertorié sous le numéro 3486[1] toucha la péninsule, la crue atteignit son apogée.
Ceux qui se retrouvaient isolés au milieu des eaux ne pouvaient savoir si le même désastre s’abattait au-delà de leur village. Et ceux qui étaient à l’abri des flots ignoraient combien de gens avaient survécu dans les régions inondées.
Mais…
Plus on remontait vers le nord de la péninsule, plus la situation changeait.
Au nord de la province du Hamgyeong, les pluies n’avaient pas été aussi violentes que dans les trois provinces du Sud, car le typhon avait perdu de sa force.
Mais le Gangwon faisait exception.
Chuncheon.
Bureau provincial du Gangwon.
La pluie tombait toujours dehors. Pourtant, le soleil éclairait déjà le visage de Lee Beom-ik, gouverneur de la province du Gangwon.
« Oui, j’ai compris. Oui. Oui.
Ah ! L’observatoire annonce que le typhon se dissipe… Oui, merci beaucoup de m’en avoir informé. Ah, bien entendu. »
Lee Beom-ik, légendaire guide sur la voie de l’ascension, tenait le téléphone avec une politesse exquise, comme si la main qui le serrait était directement reliée à la voie du succès.
Et c’était bien le cas.
« Non, pas du tout. Qu’ai-je donc fait ? Tout cela, c’est grâce aux conseils de Votre Excellence. Oui, oui. O-ouii, oui.
Monsieur le gouverneur général. »
Avec une souplesse de taille étonnante chez un homme à peine âgé de cinquante ans, Lee Beom-ik s’inclina et se confondit en courbettes devant Ugaki Kazushige, gouverneur général de Corée, au bout du fil.
« Oh, une décoration… Hé hé, j’ai peur que quelques amis ne soient jaloux si j’en reçois encore une. Non, non, je ne saurais la refuser. Après tout, c’est Votre Excellence qui me l’accorde. »
Le fonctionnaire coréen qui se tenait en face de Lee Beom-ik vit les coins de sa bouche se relever lentement.
Ce n’était évidemment pas les courbettes de Lee Beom-ik qui le réjouissaient. Si Lee Beom-ik prospérait, le fonctionnaire en ferait autant.
Et les paroles qui suivirent firent écarquiller les yeux du fonctionnaire.
« Oui, oui. Bien sûr. D’autres que moi mériteraient aussi une décoration ? Oh, certainement. J’en choisirai quelques-uns et les recommanderai. Oui, oui. O-ouii, oui ! »
La récompense que le Gouvernement général réservait au Gangwon ne pouvait certainement pas se limiter au gouverneur provincial !
Plusieurs fonctionnaires la recevraient, ainsi que quelques civils. Et, bien entendu, l’avis du gouverneur Lee Beom-ik pèserait d’un poids décisif dans le choix des récipiendaires.
À vrai dire, le pouvoir de recommander des personnes constituait la plus belle récompense de Lee Beom-ik. Il l’aiderait à bâtir son réseau d’influence.
Comment ça ? Un fonctionnaire ne pouvait pas former sa propre faction ?
Hum… Nous étions en 1934.
Et, dans le même ordre d’idées, en 1934, on ne distribuait pas des récompenses uniquement pour services rendus.
« Ah, des provisions. Oui… Notre province peut en céder une partie. Dans ce cas, bien entendu. »
Lorsque Lee Beom-ik tapota le bureau, le fonctionnaire coréen lui glissa aussitôt un rapport sur les réserves entreposées.
« Oui, ce ne sera pas difficile. Bien sûr ! Nous les enverrons dès que les voies de transport seront de nouveau ouvertes. Conformément aux souhaits de Votre Excellence… »
Le sourire de Lee Beom-ik s’élargit.
« Je m’en remets à vous, Votre Excellence. Dès que la situation sera stabilisée, je viendrai vous présenter mes respects à Gyeongseong. »
Un instant plus tard, il raccrocha.
« Vous avez été formidable, monsieur le gouverneur ! »
Le fonctionnaire coréen applaudit avec ferveur, tel un phoque.
Lee Beom-ik retira ses lunettes cerclées d’or et en nettoya les verres en riant.
« Le moment était simplement bien choisi. »
Naturellement, il ne disait cela que pour la forme.
La chance était une compétence à part entière. D’où l’expression « la chance en politique ». Elle existait sous Joseon, sous l’Empire coréen, et elle existait toujours à présent.
Malgré tout…
« N’est-ce pas vous, monsieur le gouverneur, qui avez décidé qu’il fallait se préparer dès le départ ? »
« Oh, ce n’était qu’une petite précaution. »
C’était bel et bien la décision de Lee Beom-ik et, puisqu’elle s’était révélée judicieuse, c’était bel et bien un mérite qui lui revenait.
En envoyant ce mérite vers le sud, il pouvait sauver la face du gouverneur général. Celui-ci lui rendrait alors la pareille. Ainsi s’accomplissait l’infinel ouroboros de la dignité : deux hommes d’âge mûr tournaient sans fin l’un autour de l’autre.
« Cela pourrait avancer mon départ pour Gyeongseong. »
Il avait un certain attachement pour le Gangwon. Devenir magistrat de Chuncheon avait été le premier pas sur la voie du succès de Lee Beom-ik.
Mais qui n’aimait pas Gyeongseong ?
Même les Rouges du Triumvirat de Gyeongseong[3] tenaient désespérément à inclure le nom de la ville dans celui de leur organisation. Lee Beom-ik, qui se considérait comme un technocrate exemplaire, ne voyait évidemment aucune objection à obtenir plus tôt que prévu un siège au Conseil privé[2]…
Bien sûr, pour cela, il lui faudrait mener le nettoyage à la perfection.
Non pas que le grand, l’immense, l’incomparable gouverneur Lee Beom-ik éprouvât un sens du devoir hors du commun et un amour extraordinaire pour le Gangwon… Enfin, il éprouvait tout de même un peu de ce dernier. Juste assez pour que ses rivaux jaloux ne trouvent rien à lui reprocher.
« Où en est la situation ? »
Le fonctionnaire ouvrit un autre dossier.
« Il y a eu quelques dégâts. Le fleuve Hongcheon a débordé, tout comme le fleuve Soyang… Mais tout le monde s’est battu pour survivre. »
Les habitants du Gangwon avaient aménagé des refuges dans toute la province et mis à l’avance leurs provisions et leurs biens à l’abri, en hauteur.
« Pas seulement ici, à Chuncheon. À Inje, Hongcheon, Yangyang. Même ces traîtres de Cheorwon s’étaient préparés et ont limité le nombre de personnes déplacées. »
« Hé hé, ces gens-là ne manquent pas de ressources. »
Le gouverneur Lee Beom-ik se contenta de rire, mais le fonctionnaire coréen de Chuncheon eut un rire un peu différent.
« Quand nous nous sommes préparés, ils ont dit que ces abrutis de Chuncheon faisaient tout un tapage. On dirait qu’ils se sont empressés de prendre leurs propres précautions en douce. S’il était arrivé quelque chose et qu’ils avaient été emportés alors que nous, nous nous en sortions… Hum. Ils ne l’auraient sans doute pas supporté. »
Lee Beom-ik rit de nouveau.
Les gens d’en bas devaient apprendre à rivaliser avec ardeur. Pas au point de s’entredéchirer et de se nuire, mais dans un esprit constructif, comme cette fois-ci.
« Oui, oui. Ajoutez-les au rapport, eux aussi. Il sera plus présentable si l’on donne l’impression que toute la province s’est préparée ensemble. Cela nous donnera aussi l’air plus mûrs. »
« Bien, monsieur le gouverneur. »
« Hum. Et au sujet de ces décorations… »
Le fonctionnaire coréen tendit le cou comme une girafe. Lee Beom-ik renifla et hocha la tête.
« Je m’occuperai bien sûr de vous… Et faites prévenir le jeune homme qui nous a poussés à prendre cette précaution. »
« Le faire prévenir ? »
« Oui. Dites-lui de se préparer à venir à Gyeongseong recevoir un nouveau certificat de décoration, une fois la situation réglée. »
Le fonctionnaire baissa la tête.
« Compris. »
Il ne demanda pas de qui il s’agissait. Il quitta simplement le bureau et dit à son subordonné :
« Le gouverneur souhaite voir le sajang du Commerce Myriad de Han. Faites passer le message à Inje. »
Son subordonné cligna des yeux.
« Euh… Comment s’appelait-il, déjà ? »
Le fonctionnaire coréen fixa son subordonné un instant.
Penser qu’un homme travaillant sous ses ordres ne connaissait même pas ce nom… Voilà bien pourquoi il n’avait pas encore gravi les échelons : à cause de ses subordonnés.
« Han San. »
Pour faire porter un message, rien ne valait un soldat.
Naturellement, l’Empire du Japon n’était en aucun cas un pays militariste, mais une nation avancée, saine et pacifique. Et sur le sol coréen, censément à l’époque de la domination culturelle, il ne devrait absolument pas y avoir de collusion entre le gouvernement et l’armée.
Et pourtant, pour une raison ou une autre, ce genre de chose arrivait de temps en temps.
Cela se reproduisit cette fois encore. C’était vraiment incompréhensible.
« Chef, on demande qu’un message soit envoyé à Inje. »
Le commandant de la police militaire de Chuncheon s’exprima, les mains derrière le dos.
« Oui ! Je vais trouver quelqu’un de libre et l’envoyer tout de suite. »
La réponse venait de celui qui était, grosso modo, le chef des opérations.
« Bien, bien. Il n’y a aucun problème ailleurs ? »
« Tout cela, c’est grâce à la prévoyance du commandant de bataillon, qui nous a fait renforcer nos positions comme il fallait. »
Le chef des opérations se frotta les mains avec le naturel d’un homme qui respire, et le commandant renifla.
« Ça suffit, gamin. Plus important, ceci vient de Gyeongseong. »
Un document glissa sur le bureau.
Le chef des opérations se raidit dès qu’il vit l’expéditeur.
Le baron Kannoizuna Toono.
Le télégramme du Renard d’Argent du Quartier général de la police militaire venait tout juste d’arriver, alors que le temps commençait à s’éclaircir.
Il disait…
« Kim Gun-ok, chef des Maîtres de la Foudre et dernier représentant des vestiges de Baekbaekgyo[4], a fui vers le Gangwon avec ses partisans pendant la crue !? »
Le chef des opérations releva brusquement la tête.
« Quoi ? Je vais les poursuivre et les arrêter sur-le-champ ! »
« Pourquoi ? Tu ne vas pas semer la discorde parmi eux, cette fois ? »
« Non, euh… Commandant… »
Le visage du chef des opérations s’assombrit aussitôt. Il se souvenait encore très bien de ces gens qu’il avait essayé de dresser les uns contre les autres, avant qu’ils ne se retournent finalement contre lui.
Le commandant de la police militaire de Chuncheon renifla une nouvelle fois, mais ne le taquina pas davantage.
Pour le moment, il ne le taquinait pas, c’est tout. Il comptait bien profiter de la prochaine occasion pour lui lancer une autre pique.
L’armée militariste était aussi la plus grande arène de rancuniers au monde.
Quoi ? Qui avait approuvé cette opération ?
Hum… Le commandant de la police militaire de Chuncheon ne s’en souvenait plus très bien. Sa réponse finale fut que le chef des opérations avait dû agir de son propre chef.
Quoi qu’il en soit…
« Laisse tomber. Avec les routes dans cet état, tu crois qu’on peut les retrouver ? Fais simplement passer le message à Inje. »
« Bien, monsieur ! »
Le chef des opérations rassembla aussitôt les documents et sortit.
Peu après, il arriva là où les soldats et les assistants déblayaient la boue.
Le caporal Ishihara dirigeait les travaux.
« Ne creusez pas là en premier ! Déblayez d’abord de ce côté ! »
« Oui, caporal ! »
Lorsqu’un soldat enfonça le manche de sa pelle dans l’obstruction, une eau jaunâtre s’en échappa dans un gargouillis.
Le chef des opérations applaudit.
« Beau travail ! Notre caporal Ishihara est de retour, pas vrai ? »
« Ah, chef ! »
Ishihara planta sa pelle à la verticale et releva la tête. Ses yeux brillaient.
« Alors, comment avance ta quête intérieure ? »
« Ah ah ah… Vous m’avez vu sous un jour bien embarrassant. »
Le caporal Ishihara baissa la tête, tout penaud.
« Au fait, j’ai voyagé dans bien des endroits. Je suis allé dans des temples. J’ai visité des églises de toutes les confessions. Je me suis assis seul et j’ai beaucoup réfléchi…
Et j’ai compris quelque chose. »
« Quoi donc ? »
« Que Dieu se trouve, au fond, dans le cœur des gens. »
Le caporal Ishihara avait vraiment l’air d’avoir gagné en profondeur lorsqu’il répondit.
Le chef des opérations cligna des yeux un instant.
« C’est plutôt bien dit… Oui. Dieu est parmi les gens, tout ça. Surtout dans une catastrophe comme celle-ci. Alors, nous devons respecter les gens. C’est à peu près ça… »
« Par exemple, j’ai décidé de servir ce dieu. »
Le caporal Ishihara s’essuya les mains sur son pantalon militaire. Après en avoir soigneusement ôté toute trace de boue et d’eau, il sortit une petite enveloppe en papier.
C’était une photographie.
À l’intérieur, une jeune fille à la coiffure soignée souriait.
« ? »
Le chef des opérations plissa les yeux, comme s’il regardait quelque chose d’étrange.
Le caporal Ishihara contempla tendrement la jeune fille sur la photographie et dit :
« C’est Lee Nan-young, d’Okeh Records[5]. Elle a fait ses débuts l’année dernière. »
Le chef des opérations passa des yeux de la photographie à son subordonné, puis revint à la photographie. Son air d’incrédulité ne fit que s’accentuer.
« Une chanteuse ? »
« Oui. »
« Une Coréenne ? »
Les yeux brillants du caporal Ishihara s’assombrirent instantanément.
« Chef… Vous n’êtes tout de même pas en train de charger une cartouche de racisme, vous qui servez l’empereur en tant que soldat ? »
« Non, enfin… Hé, non… Ce n’est pas ce que je voulais dire. Une simple artiste de variété comme elle… »
« Chef… Vous n’êtes tout de même pas en train de charger une cartouche de discrimination professionnelle, vous qui servez un empire moderne ? »
« Non, non ! Hé, ce n’est pas… »
« Oui ! Je savais bien que vous n’étiez pas ce genre de personne, chef ! »
Les yeux de nouveau brillants, le caporal Ishihara contempla la photographie.
« Son succès s’intitule [Phénix]. Vous ne trouvez pas que c’est exactement la chanson dont la péninsule a besoin en ce moment ? Renaître après le désastre, tel un phénix. »
Le chef des opérations décida de ne pas chercher plus loin.
Il lui tendit les documents.
« Très bien. Va à Inje. Et renais tel un phénix. »
« Ah, oui. À qui dois-je remettre ceci ? »
« À qui d’autre ? C’est un message pour le jeune Han San. Va donc trouver son copain. Compris ? »
Le chef des opérations conclut dans un soupir las.
« Remets-le à Sawada. »
Au refuge aménagé par le Commerce Myriad de Han, des vêtements mouillés séchaient sous les avant-toits.
La bouillie de viande qui avait mijoté sans interruption fumait tandis qu’on la distribuait à ceux qui n’avaient nulle part où aller.
Sawada Kazuo, commandant du détachement de la police militaire d’Inje, parcourut le refuge les mains derrière le dos et hocha la tête.
« Ça tourne plutôt bien. »
« N’est-ce pas grâce à la bienveillance du commandant, un homme né pour régner sur le monde ? »
Chuk Jae-seok le dit sans la moindre honte. Sawada trouva que ces paroles, aussi glissantes qu’une anguille enduite d’huile, lui rappelaient un certain salaud coréen, mais il n’en fit pas la remarque.
Il se contenta de relever légèrement le menton.
« Je n’ai fait que ce qu’il fallait. »
« Ah ah ah. »
« Alors, il est où, ton salaud de sajang ? Toujours pas de nouvelles ? »
Chuk Jae-seok poussa un soupir.
« Oui. La pluie s’est arrêtée pour le moment, mais… »
Les routes n’avaient pas encore séché, et aucune nouvelle récente n’était parvenue de la vallée de Sebeom.
« Pff. Il aurait dû venir quand on le lui a dit. Quel idiot. »
Sawada regarda par la fenêtre, son œil unique plissé. Le ciel couvert de nuages flous lui rappela autre chose.
« Maintenant que j’y pense, j’ai entendu dire que ce salaud avait prétendu savoir quand la crue prendrait fin. »
« Ah. »
Chuk Jae-seok acquiesça aussitôt et se redressa.
« Il a dit qu’un signe apparaîtrait dans le ciel. Qu’on le saurait tout de suite, à ce qu’on verrait et au bruit qu’on entendrait. »
Sawada renifla.
« Pff. Un arc-en-ciel et des oiseaux qui chantent. Comme tous les Coréens, il a sorti une évidence qu’il n’était même pas nécessaire de dire… »
C’est alors que cela se produisit.
La lumière du soleil perça les nuages.
Le moment était si parfaitement absurde que Sawada frissonna, se demandant si son œil unique n’avait pas éveillé le pouvoir divin d’un homme né pour régner sur le monde et fendu les nuages pour révéler un ciel dégagé.
Heureusement pour tout le monde, et surtout pour Sawada, qui échappa à une nouvelle humiliation, le frisson ne dura pas longtemps.
Car un bruit retentit avant l’apparition de l’arc-en-ciel.
Tatatata…
Tatatatata…
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Euh… »
Sawada s’approcha de la fenêtre. Chuk Jae-seok en fit autant.
Entre la terre jaune-brun et le ciel qui s’éclaircissait, une petite ombre fendait les airs.
Notes :
[1] Le typhon no 3486 est le numéro sous lequel fut répertoriée par la suite la tempête qui frappa la péninsule coréenne pendant la crue de 1934.
[2] Le Conseil privé de Chōsen était un organe consultatif auprès du gouverneur général japonais de Corée. Ses membres coréens nommés jouissaient d’un certain prestige, mais disposaient de peu de pouvoir indépendant.
[3] Le Triumvirat de Gyeongseong était un groupe communiste clandestin de Séoul sous domination coloniale ; « triumvirat » est un terme d’origine soviétique désignant un groupe dirigeant de trois personnes.
[4] Baekbaekgyo était un mouvement religieux syncrétique coréen, dont les dirigeants se rendirent tristement célèbres par les meurtres révélés après l’effondrement de la secte, dans les années 1930.
[5] Okeh Records était une grande maison de disques coréenne fondée en 1933. Lee Nan-young fut l’une de ses premières chanteuses populaires.
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