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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 139 : Grande calamité 【Grande crue de l’année Gap■】 (5)
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— Il n’y aurait pas de glissement de terrain.
— Il attraperait le tigre.
— Son père et lui l’attraperaient ensemble.
Une fois sa décision prise, Han San se sentit soulagé.
Han Man-seok demanda à son fils :
« Si quelque chose d’autre te tracasse, dis-le-moi. »
« Hum. »
Han San sourit. Son sourire était si franc et lumineux qu’il fut lui-même surpris de parvenir à sourire ainsi.
« Ces gens-là. »
Le regard de Han San se posa au-delà de la fenêtre. Han Man-seok comprit ce que son fils contemplait.
Il pensait à un endroit bien plus lointain que la vallée de Sebeom.
« Tu veux faire davantage pour eux ? »
Han San sourit.
« J’ai fait tout ce que je pouvais. »
« C’est vrai. »
Han Man-seok sourit à son tour.
« Si tu veux en faire plus pour eux, fais-le. »
Han San souriait toujours, aussi largement que possible.
« Oui. Hum, mais comment faire ? Je dois rester ici et protéger cet endroit avec toi, père… »
Une fois encore, Han Man-seok résuma la situation en une phrase.
« Il faudra envoyer quelqu’un d’autre. »
« Oui. Je devrais envoyer quelqu’un en qui j’ai confiance. »
Comme Han San se l’était répété maintes et maintes fois.
Il avait fait tout ce qu’il pouvait.
— Et il pouvait encore en faire bien davantage.
Parce qu’il avait son père.
Et parce qu’il était entouré de gens capables d’en faire davantage.
Pendant que les deux chasseurs, père et fils, discutaient au poste de garde de Meokbawi Valley, le hameau du Milieu baignait dans un calme absolu.
Frouu… L’eau de pluie dévalait le toit de tuiles et se déversait dans la cour. Elle n’y stagnait jamais : elle s’écoulait par des rigoles aménagées à l’avance.
« Ah… Ce bruit de pluie est parfait. »
« Moi aussi ! C’est exactement ce que je me disais. »
Choi Seo-bang était assis en tailleur sur la véranda de bois, à regarder l’eau suivre son cours. À côté de lui, Park Seo-bang, installé dans la même position, fixait la pluie d’un air absent en bâillant.
« Au fait, nos congés durent jusqu’à quand ? »
« Jusqu’en août. Enfin, ce ne sont pas vraiment des congés, on est d’astreinte à domicile. »
« C’est quoi, une astreinte à domicile ? »
« Tu ne sais pas ? Ça veut dire qu’on doit être prêts à sortir tout de suite s’il se passe quelque chose. »
Ça devait être ça. Il ne comprenait pas vraiment en quoi c’était différent de vacances, pourtant.
« Dis donc, Park Seo-bang, on a entendu un tas de mots nouveaux et bizarres cette dernière année. Salaire, prime, congés, astreinte à domicile, tout ça… Il y a quelques années, je croyais qu’on allait simplement cultiver des pommes de terre, partir faire des petits boulots en ville, puis vieillir et mourir. »
« Moi aussi ! C’est exactement ce que je me disais. Mais maintenant… Manbok est à l’école, en ce moment ? »
« Oui. À Mogok. On nous a dit qu’il y resterait jusqu’en août, lui aussi. »
« Les fleurs sont si belles, à Mogok. Il doit cultiver son âme comme il faut, en regardant la pluie tomber sur les jardins fleuris. »
À cet instant, la femme de Choi Seo-bang sortit de la cuisine avec une petite table. Elle avait préparé des crêpes à la ciboule, parfaites pour accompagner le bruit de la pluie, un bol de makgeolli et du riz blanc tout juste cuit.
« Ah ! Ma chérie, merci ! Voilà la belle vie ! »
Choi Seo-bang s’émerveilla de voir la crêpe croustillante s’émietter dans sa bouche. Park Seo-bang, lui, savourait le goût riche de l’huile mêlé à celui de la ciboule légèrement grillée.
« Madame Choi, votre cuisine s’améliore de jour en jour ! »
« Sinon, pourquoi ma femme serait-elle appelée à la cuisine de la maison du Magistrat du Goût chaque jour de fête ? »
« C’est vrai. Han San vous avait aussi emmenés tous les deux quand il a ouvert son restaurant de menus au maquereau à Inje, non ? »
« Hum. »
Choi Seo-bang avait l’air fier, mais cette remarque lui arracha une toux gênée. À l’époque, les choses ne s’étaient pas vraiment bien passées.
À présent, quand le restaurant était bondé, sa femme donnait un coup de main en cuisine. Quand il y avait moins de monde, elle allait là où l’on avait besoin d’elle, entre Inje, Sokcho et Chuncheon, faisant office d’employée polyvalente. Mais à l’époque, c’était la première fois qu’ils faisaient ce genre de travail et le couple avait été complètement dépassé.
Park Seo-bang semblait s’en souvenir, lui aussi. Il se gratta l’arrière de la tête, embarrassé, puis ramena la conversation sur le repas.
« Hé, mais c’est vraiment délicieux. Je suis juste passé vous voir. Ça ne vous dérange pas que je mange comme ça ? »
« Mange, mange. Le directeur nous a dit de faire des réserves comme il faut, parce qu’une crue allait arriver. Le garde-manger, les placards, les jarres, tout déborde. Il faut qu’on mange tout ça avant que ça ne se gâte. »
« Chez nous aussi ! C’était pareil. Passe dîner tout à l’heure. On jouera au janggi[1] en mangeant. »
Choi Seo-bang éclata de rire et agita la main.
« Hé, je mangerai avec toi, mais je ne jouerai pas au janggi. Tu es nul à ce jeu, Park Seo-bang. »
« Quoi ? Tu m’as supplié de retirer un char, un canon et un cheval, et puis tu as gagné une partie comme ça. Depuis, tu n’arrêtes pas de t’en vanter ! »
« Des excuses. Quoi qu’il en soit, la seule vérité qui demeure, c’est que j’ai gagné et que Park Seo-bang a perdu. »
« Rejouons ! Une vraie partie ! »
« Hmmm… Non, laisse tomber. Parce que… tu es nul au janggi, Park Seo-bang. »
« Ah ! Bon sang ! Sérieusement ! Ah ! »
Ils n’avaient à s’inquiéter ni du manque de nourriture ni de la pluie qui aurait pu s’infiltrer chez eux. Leur seul souci était de trouver de quoi occuper leurs journées.
Voilà à quoi s’employait le Corps des jeunes maris du hameau du Milieu ces derniers temps.
Mais ce jour-là, ils n’eurent pas à chercher comment passer le temps.
« Le directeur nous convoque ! Préparez vos sacs à dos, formulaire 3 ! »
Le cri de monsieur Lee leur parvint de l’autre côté du mur.
Les deux maris se levèrent d’un bond.
« À tout à l’heure ! »
« Ça marche ! »
Park Seo-bang se hâta de rentrer chez lui, juste à côté. Pendant ce temps, Choi Seo-bang enfila rapidement son imperméable et ses bottes en caoutchouc, tous deux fournis par le Commerce Myriad de Han.
« Ma chérie ! Qu’est-ce qu’il faut mettre dans le formulaire 3, déjà ? »
La femme de Choi Seo-bang prit une feuille imprimée en coréen et la lut à voix haute.
« Un rechange de sous-vêtements, des chaussettes, une serviette et de quoi manger pour une journée. »
« Prépare-moi ça ! »
« Je suis déjà en train de le faire. »
À peine vingt minutes plus tard, le Corps des jeunes maris, parfaitement équipé, s’était rassemblé dans la cour de la maison de la famille Han, chez leur capitaine.
Ils clignèrent bientôt des yeux, surpris.
La personne qui se tenait sur la véranda n’était pas leur directeur, Han San.
« Hum ! Comme on pouvait s’y attendre de nos employés. Ça fait plaisir à voir ! »
C’était Chuk Hong-cheol, le chef des frères Chuk. Son nom devait changer après le mois d’août.
« Tout le monde est là. »
À ses côtés se tenait Chuk Jae-seok, vice-président du Commerce Myriad de Han.
« Vice-président ! Directeur… Où est le directeur ? »
À la question du Corps des jeunes maris, Chuk Hong-cheol leur lança un regard noir.
« Quoi ? Vous ne nous faites pas confiance ? »
« Non, ce n’est pas ce qu’on voulait dire… »
« Comment ça, ce n’est pas ce que vous vouliez dire ? La méfiance vous dégouline des yeux. »
« Allons, directeur. Qu’est-ce que vous racontez… »
Chuk Jae-seok remonta ses lunettes.
« Le directeur a une affaire plus importante à régler. Il est parti avec le président principal. »
Les membres du Corps des jeunes maris échangèrent des regards.
Mais cela ne dura pas. Ils n’avaient peut-être pas autant d’autorité que le directeur, mais le chef des frères Chuk et le vice-président Chuk Jae-seok en avaient accumulé suffisamment pour tenir les employés à carreau.
« Ah ! Ça doit vraiment être important, alors. »
« On n’y peut rien. Directeur, vice-président, on compte sur vous. »
« Comment ça, on n’y peut rien ? »
Chuk Hong-cheol leur lança un regard noir comme pour rétablir la discipline, mais Chuk Jae-seok sourit de toutes ses dents.
« En route. »
Les deux hommes en qui Han San avait confiance menèrent leurs troupes jusqu’à Inje.
Jusqu’à ce qu’on les appelle, tous les membres du Corps des jeunes maris s’étaient reposés tranquillement chez eux. Ils n’avaient pas vraiment saisi la gravité de la situation.
« Je crois que le directeur en a fait toute une histoire pour rien, cette fois. Quelle crue ? »
« C’est vrai. L’année dernière, c’était terrible. Mais là, qu’est-ce qu’il y a ? Pas de vent, pas de tonnerre ni d’éclairs, pas de pluie battante. Il pleut juste sans arrêt. »
Ils continuaient à penser ainsi même après avoir traversé le Hameau inférieur.
On avait aussi apporté des améliorations dans tout le Hameau inférieur, tandis qu’on travaillait au hameau du Milieu et à Meokbawi Valley. Le village était un peu détrempé, mais rien n’avait été endommagé.
Le problème se présentait plus loin.
Dès qu’ils atteignirent la nouvelle route, tout changea.
« … Hein ? »
La nouvelle route avait disparu.
Elle ne s’était pas effondrée.
Elle n’était pas non plus submergée.
Mais dès que les membres du Corps des jeunes maris y posèrent le pied, crriik ! L’un d’eux glissa de tout son long, comme si le sol avait été graissé, tandis que l’autre s’enfonça jusqu’à la cheville dans une boue épaisse comme de la pâte de piment rouge : plouf !
« Qu-qu’est-ce que c’est que ça ? »
« Qu’est-ce qui est arrivé à la route ? »
Le gravier qu’on avait étalé et tassé s’était défait. Les ornières laissées par les véhicules s’étaient creusées toujours plus, se remplissant d’une boue liquide.
« Voilà pourquoi on n’a pas pris la voiture. »
« Et les charrettes à bœufs non plus, ce n’était pas pour rien… »
Heureusement, la route n’était pas dans cet état partout. Après avoir marché quelque temps, ils trouvèrent des tronçons qui ressemblaient encore à des routes.
Mais des passages qui n’avaient plus rien d’une route étaient éparpillés un peu partout, rendant le trajet atrocement pénible. C’était pire qu’avant la construction de la nouvelle route, quand les gens s’étaient contentés de piétiner pour ouvrir un chemin.
Le Corps des jeunes maris poussa des gémissements.
« Ça me rend dingue. Encore un bourbier. »
« Sans nos bottes, on les aurait déjà jetées et on marcherait pieds nus. »
À l’origine, il fallait bien quatorze heures pour aller de la vallée de Sebeom à Inje en faisant le grand détour.
Mais au fil de l’année écoulée, Han San avait peu à peu ouvert des raccourcis entre la ville et la vallée de Sebeom, assez larges pour laisser passer des gens, des porteurs à armature et des charrettes à bœufs légèrement chargées.
« Ah, c’est plus facile de marcher par ici. »
« Je me souviens de cet endroit. Cho Seo-bang et moi l’avons creusé ensemble. »
Ces raccourcis qui longeaient le flanc de la montagne tenaient bon. Beaucoup plus étroits que la nouvelle route, ils avaient moins de terrain à protéger et avaient été solidement aménagés dès le départ.
« Je me demandais pourquoi il nous faisait transporter toutes ces pierres lourdes, au lieu de bricoler un passage où l’on puisse circuler. »
« Le directeur a toujours un plan. »
Ils furent retardés par des bourbiers en chemin, puis rattrapèrent leur retard grâce aux raccourcis. Environ sept heures après leur départ, le Corps des jeunes maris atteignit une crête d’où l’on dominait Inje.
Alors, ils se figèrent, horrifiés.
« Mon Dieu… »
« C-c’est… »
On appelait confluent l’endroit où le ruisseau d’Inbuk, qui descendait du Mont Seorak, rejoignait le ruisseau de Naerin, qui descendait de Bangtae Hapgang.
Le bourg d’Inje se trouvait juste au-delà de Hapgang.
Selon la géomancie, c’était l’exemple parfait d’un terrain adossé aux montagnes et ouvert sur l’eau. Mais après des pluies ininterrompues, la situation avait changé.
Pourtant, ce n’était pas l’image qu’on se faisait d’ordinaire d’une inondation.
Les maisons n’avaient pas été emportées et la rivière n’avait pas englouti le bourg.
Comme la nouvelle route qu’ils venaient de traverser, tout était resté en place.
Et comme cette nouvelle route, tout se dégradait en silence.
Toutes les routes étaient devenues des bourbiers. Les toits de chaume avaient absorbé tant d’eau qu’ils semblaient prêts à s’effondrer d’un instant à l’autre.
Les maisons aux toits de tuiles résistaient mieux, mais toutes les cours s’étaient transformées en gadoue. Les gens avaient posé des planches entre leur perron et leur portail, et même celles-ci s’étaient enfoncées à mi-hauteur dans la boue, comme si elles avaient sombré dans un marécage.
« Pas une seule goutte n’est entrée chez nous… »
« Chez nous non plus ! Et tant pis pour la cour : les chemins de notre village étaient impeccables. »
Le Corps des jeunes maris sentit un frisson lui parcourir l’échine. L’idée que le directeur avait exagéré s’évanouit comme si elle n’avait jamais existé, ne laissant place qu’au soulagement.
Chuk Hong-cheol claqua la langue.
« Le directeur voit vraiment l’avenir ? Qu’est-ce que tu en penses, vice-président ? »
« Allons, grand frère Hong-cheol. Tu as lu Marx et tu racontes des choses aussi antiscientifiques ? Il s’est simplement préparé à toutes les éventualités. C’est ça qui est remarquable, non ? »
Chuk Jae-seok avait répondu avec un sourire qui ressemblait un peu à celui du jeune directeur.
Toujours souriant, Chuk Jae-seok s’adressa aux employés.
« Tout le monde. Voici les instructions du directeur. Allons aider ces gens. »
Les employés du Commerce Myriad de Han échangèrent des regards.
Puis ils firent exactement cela.
Mais Chuk Jae-seok, qui était entré dans Inje sous la pluie pour aider les gens, ne se dirigea pas d’abord vers les maisons des habitants dans le besoin.
Il se rendit au poste de police militaire.
« V-vice-président ? Pourquoi sommes-nous ici ? »
Choi Seo-bang sursauta. Chuk Hong-cheol se glissa lui aussi tout naturellement parmi les membres du Corps des jeunes maris, passant de la « respiration du chef » à celle du « criminel recherché », tandis que Chuk Jae-seok gardait son calme.
« Parce qu’il le faut. »
Chuk Jae-seok n’avait pas oublié les instructions que Han San lui avait données lors de leur entretien privé.
[ Jae-seok. Tu dois suivre la procédure. Il nous faut une autorisation pour rassembler des gens. ]
Il ne parlait pas de l’absurde idée de demander la permission aux gens qu’ils allaient rassembler. Il parlait de l’autorisation des détenteurs du pouvoir.
Bien que le 【statut】 de Han San eût augmenté — grâce au succès de ses affaires à Chuncheon, il avait franchi tout le Royaume de Chuncheon, puis atteint le Royaume de Gyeongseong à mi-chemin en fondant une maison d’édition —, il n’avait pas oublié qu’il était un simple civil.
[ Même si je leur dis de se rassembler, ils ne m’écouteront pas. Et s’ils viennent, ça posera un autre problème. Un civil coréen qui rassemble des centaines de sinistrés pendant une catastrophe ? Le Gouvernement général ne piquerait-il pas une crise ? ]
Chuk Jae-seok était un homme intelligent. Il comprenait les préoccupations de son directeur et, malgré ses réticences, entra dans le poste de police militaire.
À l’intérieur, Sawada Kazuo, qui fixait d’un œil mauvais la pluie au-delà de la fenêtre, accueillit Chuk Jae-seok. Son expression était complexe.
« Ton fichu directeur a vraiment un œil qui voit l’avenir, ou quoi ? »
Normalement, un œil capable de voir l’avenir ne devrait-il pas être spécial ? C’était Sawada qui n’avait qu’un œil, pourtant il y avait apparemment quelque part un prophète qui en avait deux. Cette idée le tracassait étrangement…
Chuk Jae-seok sourit et agita la main. Puis il répéta ce qu’il avait dit à Hong-cheol sur la colline.
« Non. Il s’est simplement préparé à toutes les éventualités, vous ne trouvez pas ? »
Sawada renifla.
« Hmph. Ne prends pas la grosse tête. Même si ton fichu directeur a un œil qui voit l’avenir, il a l’air fabriqué en Corée. »
Le commandant du poste de police militaire d’Inje, l’ambitieux homme destiné à régner sur le royaume, désigna Hapgang du menton.
L’eau n’avait pas débordé, après tout. Ce n’était donc pas la crue dont ce fichu type l’avait averti. C’était une provocation muette.
Chuk Jae-seok ne protesta pas. Han San lui avait déjà expliqué bien des choses.
Comment la crue allait évoluer, et quel genre d’homme il avait en face de lui.
[ Il va s’énerver et chercher la petite bête dans tout ce que tu dis. Tu le vois souvent parce que tu es souvent avec moi, Jae-seok, alors tu sais comment il est. Fais comme si tu étais Park Seo-bang pendant un moment et joue le jeu. Dis-lui : « Là, là. Ah bon ? » ]
Comme prévu, faute d’avoir obtenu la réaction qu’il cherchait, Sawada sembla se désintéresser de lui-même.
« Alors, où est ce fichu directeur ? On dirait qu’il n’est pas venu avec vous. »
Sawada n’envisageait même pas que Han San ait pu venir à Inje et envoyer son vice-président à sa place. Cela signifiait qu’il n’était pas venu à Inje du tout.
Quelle que fût sa logique, son intuition était juste.
« Il s’occupe d’une autre affaire pour le moment. Il a dit que la situation dans son village natal était urgente et qu’il ne pouvait pas le quitter. »
« Hm. »
La dernière fois que Sawada s’était rendu dans la vallée de Sebeom, c’était l’année précédente, quand il était passé réquisitionner une auberge pendant la chasse à Ginsei.
Inje, qu’il gouvernait, était dans cet état. À quoi pouvait bien ressembler ce village de culture sur brûlis ?
Sawada s’imagina ce bonhomme arrogant s’efforçant, avec ses voisins, de vider l’eau et la boue de leurs maisons, tout en sanglotant : « Ouin ! », comme une petite créature impuissante. Cette image le réjouit énormément.
« J’ai entendu dire qu’il avait dépensé de l’argent pour des travaux. On dirait que ça ne lui a servi à rien, finalement. »
« Ha ha… »
Chuk Jae-seok se contenta d’un rire vague et n’insista pas.
Comme Sawada se désintéressait de nouveau de lui, il lança : « Tss. Si c’est vraiment si grave, dis-lui d’abandonner le village quelque temps et de descendre en ville. On pourra reconstruire les maisons quand la pluie se sera arrêtée. »
« Ah… Oui, monsieur. »
Le sourire de Chuk Jae-seok changea légèrement.
« Cet homme est un peu différent de ce que le directeur m’en avait dit… »
Se sentant beaucoup plus léger, Chuk Jae-seok inclina la tête.
« Je ne manquerai pas de le lui dire, commandant. »
« Hum. » Sawada hocha la tête, puis avança de nouveau le menton d’un air arrogant. « Alors, qu’est-ce qui vous amène ? »
Notes de bas de page :
[1] Le janggi est un jeu coréen apparenté aux échecs, qui se joue sur un plateau quadrillé de neuf cases sur dix et comporte des palais.
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