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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 125 : Un an après la régression (1)
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La fête de la vallée de Sebeom s’anima d’heure en heure.
« Le deuxième tournoi du roi de janggi de la vallée de Sebeom atteint son apogée !
Le challenger qui a triomphé du tournoi et gagné le droit de défier le roi : Myo Gang, narrateur de films muets !
Face à lui, le premier roi de janggi, Han Bada !
Qui remportera le titre de roi de janggi ? »
Han Bada et Myo Gang se firent face de part et d’autre du plateau de janggi.
Myo Gang avait d’abord participé pour faire plaisir au petit frère du directeur, mais il ne tarda pas à jouer sérieusement. Et même en donnant tout ce qu’il avait, il se fit écraser.
« … Échec et mat. »
Le génie de l’imitation se prit le front à deux mains.
Son grand frère, Han San, lui avait ravi son titre ainsi que deux permis, et voilà qu’il ne pouvait même pas rivaliser avec le roi de janggi, le petit frère de neuf ans de son aîné.
Le perdant avait beau être amer, le vainqueur débordait de joie.
« Grand frère ! J’ai gagné ! »
« Évidemment ! Mon petit frère ne pouvait que gagner ! »
Les deux frères Han s’enlacèrent et roulèrent dans la cour.
« Vous deux ! Regardez par ici, votre grande sœur ! »
« Regardez par ici aussi. Ce cliché ne se limite pas à une simple observation… »
Ayame, cette fois dûment invitée, immortalisa la scène aux côtés de son oncle. Clic, flash !
Même après la fin du tournoi du roi de janggi, les divertissements ne manquaient pas.
« Le concours de lutte coréenne va commencer ! »
« Inscriptions au tournoi de combat de coqs ! »
« Le plus grand tournoi de pierre-feuille-ciseaux du monde ! »
Lutte coréenne, combats de coqs, pierre-feuille-ciseaux, et même concours de chant : la vallée de Sebeom n’était que liesse, et la bonne humeur régnait partout.
Alors que le soleil se couchait au milieu de cette joyeuse effervescence, Han San tomba nez à nez avec Gomchi.
Gomchi sursauta.
« Quoi ? Vous emmenez le jeune maître, le petit frère de Sajang San, à Mogok ?! »
« Oui. Je pense que ce sera bien. »
« Bien, mon œil ! Non ! Vous l’envoyez dans un endroit plein de petits va-nu-pieds ! Sajang San, franchement… vous voyez ce que je veux dire ! »
Han San se plongea dans ses réflexions.
Ce n’était pas parce que Gomchi l’avait convaincu. Une autre idée lui était venue.
En juillet, cette année. Il y avait eu cette prophétie liée à la tribulation appelée la Grande Inondation de l’année Gap-sul, selon laquelle ma famille ne devait pas quitter la vallée de Sebeom. C’est pour ça que j’avais renoncé à partir avec mes parents…
Hein ?
Attendez.
Non.
Dans sa vie précédente, Bada avait survécu à la Grande Inondation de l’année Gap-sul.
Et qu’avait dit Vieille Wangdae, cette fois-ci ?
[ Ne laisse que ton petit frère derrière toi. ]
Cela signifiait…
Bada ne serait-il pas exclu des cibles de la tribulation ?
Autrement dit,
ses parents ne pourraient peut-être pas partir, mais Bada, lui, pouvait quitter la vallée de Sebeom sans risque.
Tandis que Han San hochait la tête pour lui-même, Gomchi, qui crut l’avoir convaincu, insista de plus belle.
« Il sera blessé, vraiment blessé. Si vous faites ça, votre petit frère va en souffrir, Sajang San. »
Han San sourit. L’inquiétude de Gomchi pour lui et Bada ne lui déplaisait pas.
« Pourquoi en souffrirait-il ? Il y a plein d’enfants, et tout ce qu’on leur enseigne est utile. »
Han San avait lui-même conçu le programme. C’était la conviction toute simple d’un vieil homme : apprendre ces choses leur serait utile.
Gomchi secoua vivement la tête.
« Non, je veux dire… peu importe que ce soit utile ! Le petit frère du directeur ne devrait pas être dans un endroit pareil. Il devrait aller dans une belle école, porter de beaux vêtements, avoir de bons professeurs et tout ça… »
« Vous vous faites du souci pour rien. Il y a un an à peine, mon frère et moi étions des défricheurs ignorants, sans même de registre de famille. Nous ne pouvions pas rêver d’apprendre l’anglais ou le japonais. Notre ascension sociale a été rapide, non ? »
« M-mais les choses ont changé ! Le petit maître ne va-t-il pas se sentir blessé ? Il va se dire : “Mon grand frère m’a largué dans un orphelinat”… »
« Hum. »
Ce n’était pas faux.
Dire qu’il avait placé son propre petit frère dans un orphelinat, ça sonnait tout de même bizarrement.
Impossible de présenter ça joliment comme une histoire touchante, du genre : [La nourriture de notre restaurant est assez sûre pour ma propre famille.]
La raison, pourtant, était évidente.
« C’est juste le mot “orphelinat” qui donne cette impression. Nous allons séparer l’orphelinat où les enfants dorment de l’école et de ses salles de classe. Désormais, nous appellerons l’orphelinat un dortoir. »
« Ah, non… »
« Que pensez-vous de l’Académie Han-ga ? »
Le Commerce Myriad de Han, cette vaste entreprise qui avait étendu ses activités à la distribution, à la restauration, à la charité, aux loisirs et à tout ce qui lui tombait sous la main, se lançait désormais dans l’enseignement privé.
Quand Han San prenait une décision, il ne tardait pas à passer à l’action.
« Bada, tu te souviens de notre dernière conversation sur l’école ? »
« Oui ! »
« Tu veux venir avec moi quand mon congé sera terminé ? »
« Oui ! Oui ! J’en ai vraiment envie ! »
Après s’être mis d’accord avec son petit frère, Han San alla aussitôt trouver Ham Ssang-sim et Han Man-seok, puis s’inclina profondément.
« Patientez encore un peu. Juste jusqu’à la fin du mois de juillet.
Après ça, nous aurons aussi une maison en ville. Quand la vallée nous manquera, nous reviendrons. Nous ferons des allers-retours comme ça. »
Ham Ssang-sim sourit et agita la main.
« Oh, ça suffit. Tu as tes propres projets, San. Ton père et moi, nous n’aurons qu’à te suivre, quoi que tu décides… »
« Hum. »
Han Man-seok hocha lui aussi la tête.
Sa famille ayant donné son accord, il était temps de discuter avec les gens de Mogok.
Pas besoin d’aller jusqu’à Mogok pour cela.
Han San avait invité Ayame et Tsuchikaku à la fête de la vallée de Sebeom. Bien entendu, il avait aussi convié les enseignants et les enfants de l’École Mogok.
Han San alla directement trouver Namgung Eok et les autres.
« Je vais transformer l’orphelinat en dortoir et faire de l’établissement scolaire une véritable école reconnue. Mon petit frère y étudiera lui aussi. Je vous le confie, prenez bien soin de lui à partir de maintenant. »
Tout le monde resta stupéfait.
« Président ! Vous êtes sérieux ?! »
« C’est… Non, comment dire ? Même quand on part des meilleures intentions, les sentiments des gens sont rarement aussi simples. »
Namgung Eok lui-même était décontenancé.
« Bon sang. Jeune homme, vous êtes vraiment… »
Même lui, qui pensait avoir traversé soixante-dix années pleines d’épreuves, semblait n’aller de surprise en surprise depuis sa rencontre avec ce jeune homme.
« Vous pensez vraiment que ça ira ? Oublions ce que les gens pourraient dire. Regardons le côté pratique. Nos enfants sont tout de même un peu turbulents, non ? »
« Je le sais. Je veillerai à ce qu’il soit bien protégé. »
Le programme scolaire était une chose, mais c’était aussi vrai que des enfants qui avaient besoin de commencer par apprendre à se comporter en êtres humains arrivaient régulièrement.
Han San ne confondait pas les deux problèmes. Il devait se préparer à ce qui exigeait de l’être.
D’une part, Han San demanda aux adultes de veiller sur Bada.
« Oncle Gomchi. Veuillez assurer la sécurité de mon petit frère avec les hommes en qui vous avez confiance. Je vous verserai une prime spéciale en plus. »
« Oh, Sajang San, inutile de le dire ! Nous veillerons à ce qu’il ne lui manque pas un cheveu, à notre petit maître. »
D’autre part…
« Su-jeong. »
Comme il l’avait déjà fait, Han San plia les genoux pour se mettre à la hauteur de Han Su-jeong, puis lui parla d’un ton sérieux.
« Tu m’as dit que tu étais désolée, l’autre fois, pas vrai ? Moi, ça va vraiment. Mais si tu veux faire quelque chose pour moi, même un tout petit peu, j’aimerais te demander une faveur. »
Le moyen le plus rapide et le plus efficace de libérer quelqu’un de sa culpabilité consistait à lui confier un rôle qui lui permettrait réellement de se racheter.
« Il s’agit de Han Bada, mon petit frère. Prends bien soin de lui, s’il te plaît. »
Han Su-jeong, qui jouait au yut avec les enfants pendant la fête de la vallée de Sebeom, cligna des yeux et regarda tour à tour Han Bada et Han San.
Peu après, Han Su-jeong acquiesça. Ses yeux clairs étaient pleins de détermination.
« D’accord, laisse-moi faire. Je le protégerai, quitte à me jeter devant le danger. »
« Hum. »
Han San accueillit la résolution de la fillette sans protester ni chercher à la dissuader.
« Je compte sur toi. »
Han San alla ensuite trouver Ayame et s’inclina devant elle.
« Pourriez-vous nous aider à déposer les demandes administratives nécessaires dès votre retour, après la fête ? Je suis vraiment désolé de vous demander encore de vous occuper des affaires de l’entreprise alors que vous êtes journaliste… »
« Ça n’a rien de nouveau, San ! Demande-moi chaque fois que tu en as besoin. »
Ayame accepta avec un sourire.
Puis elle pencha légèrement la tête et ajouta :
« Désormais, essaie de dire “je te serais reconnaissant si tu pouvais” plutôt que “je suis désolé de te demander ça”. Je ferai pareil. »
Han San rayonna. Même Sawada n’aurait pas trouvé à redire à ce sourire.
« Oui, mademoiselle. »
Les démarches internes pour créer l’Académie Han-ga furent achevées avant même la fin de la fête de la vallée de Sebeom.
Les démarches externes furent réglées en un rien de temps, elles aussi.
Pendant qu’Ayame faisait le tour des administrations après la fête, Han San demanda à Sawada de s’occuper des formalités de sécurité.
« Commandant ! Vous savez, l’orphelinat que je dirigeais ? Je compte l’agrandir et le transformer ainsi… »
« Hum. »
Sawada venait de rentrer d’un voyage d’affaires à Gyeongseong, où il avait réussi à se faire une certaine réputation. Peut-être parce qu’il était de bonne humeur, il se rendit au Quartier général de la police militaire de Chuncheon et déposa le rapport sans faire la moindre objection.
Le commandant de la police militaire de Chuncheon acquiesça aussitôt.
« Très bien. Le gouverneur s’intéresse aussi à ce jeune Han San. Il faut l’aider à garder la face. »
« Vous avez tout à fait raison, commandant de bataillon. Je suis du même avis. »
Le chef des opérations, assis à côté de lui, renchérit.
Puis il prit Sawada à part, se racla la gorge à plusieurs reprises et lui demanda :
« Hé, Sawada. Plus important encore, quand tu es allé à Gyeongseong et que tu as raflé ces adeptes de Baekbaekgyo, tu as entendu… quelque chose ? »
Sawada cligna de son œil unique.
« Qu’est-ce que vous voulez dire ? »
Le chef des opérations se réjouit intérieurement et hocha la tête.
« Hum. Rien. Si tu n’as rien entendu, tant mieux. Comme disent les gens de cette péninsule, pas de nouvelles, bonnes nouvelles. J’espère vraiment que ça restera ainsi. Pas toi ? »
Sawada pencha la tête, mais ne posa pas d’autres questions.
Il en posa une autre.
« Au fait, le caporal Ishihara est en permission ? Je ne l’ai pas vu dans la salle de situation. »
Cette question comptait beaucoup pour Sawada.
Il était allé jusqu’à Gyeongseong, s’y était brillamment illustré, puis était rentré. Si le caporal Ishihara, cet insolent, n’était pas là, à qui pourrait-il raconter ses exploits ?
Même le seigneur Nobunaga, destiné à régner sur le pays, veillait à se vanter auprès de son entourage chaque fois qu’il remportait une guerre !
Le chef des opérations posa une main sur son front en regardant le samouraï Sawada, incapable de préserver à lui seul son intégrité comme sa dignité.
La moitié de ce geste était due à Sawada, l’autre moitié au caporal Ishihara.
« Il s’adonne à la discipline spirituelle, ces derniers temps. »
« À la discipline spirituelle… ? »
« Oui. Il va dans des temples et des églises, part seul méditer dans des montagnes pittoresques, et tout ça. Ce n’est pas comme s’il s’était fait posséder en chassant des fantômes ou je ne sais quoi…
Garde la tête froide. »
Sawada resta bouche bée.
Pour parfaire sa discipline, il ferait mieux de venir discrètement devant moi et de me laisser lui donner de bonnes raisons d’envier ma vie.
Sawada, qui avait passé une bonne partie de sa vie à donner aux autres de quoi l’envier, le pensa, mais ne demanda pas au chef des opérations de lui transmettre le message.
« Je comprends. Dans ce cas, je vais y aller. »
« Bien, bien. … Si tu entends quoi que ce soit d’autre au sujet de Baekbaekgyo, préviens-moi tout de suite ! »
« Hein ? Oui. »
Le commandant de la police militaire de Chuncheon ne s’opposa pas au projet et le chef des opérations, préoccupé par sa propre sécurité, ne chercha pas à s’en mêler : les démarches administratives de l’orphelinat Mogok de Han se déroulèrent sans difficulté.
L’École Mogok redevint une école. Son nom et sa fonction changèrent toutefois considérablement.
Le bâtiment consacré à l’enseignement fut appelé [Académie Han-ga], tandis que le logement où résidaient les enfants prit le nom de [dortoir].
Bada, que Han San avait amené avec lui, fut installé dans le même dortoir que Han Su-jeong et les enfants choisis personnellement par Han San.
« Bada. Tu dormiras dans ce dortoir. »
« D’accord, grand frère ! Dans ce dortoir ? Comment il s’appelle ? »
« Son nom… Eh bien. Appelons-le provisoirement le Dortoir du Tigre. »
Malgré son ressentiment envers le Seigneur de la Montagne, le tigre restait le roi des bêtes.
Comment ça, le roi des bêtes, c’était le lion ?
Hum… Aux yeux d’un chasseur de niveau maximal âgé de soixante-quatorze ans, lions et tigres n’étaient que des chats Gigamax.
Bref.
Et si j’ouvrais plusieurs dortoirs et les faisais s’affronter pour déterminer lequel serait en tête de sa promotion ?
Une idée étonnamment originale traversa soudain l’esprit du régressé.
Han San avait régressé avant de voir les années quatre-vingt-dix : cette idée était donc originale à cent pour cent. Pourtant, pour une raison ou une autre, elle aurait fait grincer des dents le futur monde littéraire fantastique de l’Empire britannique.
Notes de bas de page :
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