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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Le génie de la chasse à l’époque coloniale japonaise
Chapitre 12
──────
Le Maître de la Montagne
Toutes sortes de tabac étaient alignées sur le comptoir.
« Père. »
L’image lui revint sans prévenir : son père, la pipe entre les lèvres, tirant bouffée sur bouffée. Et lorsque les feuilles de tabac venaient à manquer, il froissait des feuilles de haricot pour en bourrer le fourneau et les fumait à la place.
« Celui-là, un paquet de Huiyeon[1]… » Han San s’interrompit, puis reprit : « Non, celui-là. Donnez-moi un paquet de Haetae, s’il vous plaît. »
Le commerçant plissa les yeux.
« Haetae ? Ce sont des cigarettes.
— Je sais. Si on les défait et qu’on les met dans une pipe, ça revient au même que du tabac en vrac, non ?
— Tu vas gaspiller ça pour fumer quelque chose d’aussi cher ? Et du Haetae, en plus ?
— Pourquoi, je n’en ai pas le droit ? Je veux ménager un peu la gorge de mon père.
— … Rien ne t’en empêche. Quel fils dévoué. »
Le commerçant se tut et prit les quinze jeon.
[Haetae, 1 paquet : 15 jeon dépensés / solde : 5 jeon]
Han San aurait voulu que son père arrête de fumer. Mais puisqu’il devait finir par arrêter, Han San voulait qu’en attendant, il fume le meilleur tabac qu’on puisse trouver.
Le tabac était mauvais, quel qu’il soit. Existait-il seulement une variété meilleure que les autres ? Pourtant, les choses ne se résumaient jamais à ça.
Un goût amer lui resta dans la bouche.
À cet instant, le commerçant lui tendit un paquet lisse frappé de l’image du Haetae, dont le parfum lui chatouilla le bout du nez.
« Je pourrais bien en fumer une… »
Le souvenir du vieil homme de soixante-quatorze ans qu’il avait été, gros fumeur, lui picota le fond de la gorge. Une seule profonde bouffée, et il aurait l’impression que le nœud dans sa poitrine se déferait.
Mais…
« Non. »
Han San se rappela le jour où, dans sa vie antérieure, il avait fumé pour la première fois.
Les décombres laissés par la Grande Inondation de l’année Gap-sul. Il avait perdu ses parents, perdu sa maison, et se trouvait assis, hébété, sur les vasières, son petit frère en pleurs à ses côtés. Un homme en durumagi[2] blanc, un éventail pliant à la main, lui avait tendu une Haetae. Tout avait commencé ainsi.
Il avait enseveli son chagrin sous cette fumée âcre, expirant des soupirs, et avait passé soixante-dix années de cette façon.
Il les avait passées ainsi.
« Je ne fumerai pas. »
Parce que, dans cette vie, rien de tout cela n’arriverait jamais !
Une fois le tabac de son père en poche, Han San sortit de l’épicerie et, sans hésiter, héla un vendeur de bonbons. Avec sa dernière pièce blanche de nickel, il acheta des friandises pour son petit frère.
[Sucre candi, 5 morceaux : 5 jeon dépensés / solde : 0 won]
Et voilà, les courses étaient terminées.
Tout cet argent s’était envolé en un clin d’œil. Ses poches étaient vides, mais son cœur, lui, était plein.
« Allons-y ! »
Han San quitta le marché.
Comme partout, la sortie n’était jamais aussi compliquée que l’entrée. Il franchit hardiment le pont de Rimok, l’entrée principale.
« Voyons maintenant si ces cinq wons se multiplient vraiment. »
Le chemin qui montait vers les chutes de Daeseung.
Des bœufs attelés à des charrettes meuglaient longuement. Des pioches et des pelles, des leviers et des masses traînaient un peu partout. Des piquets et des cordes étaient empilés bien proprement ; on voyait aussi des rouleaux de fil de fer de bonne qualité et deux sacs de ciment.
Mais il était déjà tard dans l’après-midi. Le crépuscule tombait vite sur le Seorak, et le travail avait donc cessé.
Une douzaine d’ouvriers environ se tenaient là à regarder en contrebas, par-dessus le bord de la falaise, tout en marmonnant entre eux.
« Ah, y a vraiment aucun moyen de l’atteindre, je vous le dis.
— Le vent ! Ah, la voilà qui se balance encore ! »
Leurs marmonnements avaient quelque chose d’étrangement réjoui.
Leurs yeux étaient rivés au milieu d’une paroi rocheuse à pic, qui plongeait à la verticale. Un sac, accroché à une branche saillante d’un vieux pin, se balançait avec un grincement régulier.
Le contremaître était le seul à paniquer.
« Bande de fils de pute, vous vous croyez au cinéma ? Si vous comptez rester plantés là à regarder, que l’un de vous descende et récupère ce fichu sac ! »
Sa voix grondante était vraiment menaçante, mais les ouvriers se contentèrent de le repousser d’un geste.
« Aigo, contremaître. Comment voulez-vous qu’on descende là-bas ? On est des ouvriers, pas des acrobates de cirque.
— Attachez une corde, descendez vite et remontez vite. C’est tout ce qu’il y a à faire ! »
Le contremaître eut beau crier et gesticuler, les ouvriers ne bougèrent pas d’un pouce.
« Si c’est si facile, contremaître, montrez-nous donc comment faire.
— Cette manœuvre a déjà failli envoyer deux hommes dans l’autre monde.
— En vérité, elle les a envoyés. Un homme se casse le bras. Il ne peut plus travailler. Il ne gagne plus sa vie. Et boum, il est aussi bon que mort. »
Une légère rancœur perçait dans la voix des ouvriers. L’un d’eux alla jusqu’à cracher par terre, sans se cacher.
Le visage du contremaître devint rouge. Mais il n’ajouta rien. S’il poussait les ouvriers trop loin et qu’un accident se produisait, le chantier prendrait du retard.
Pourtant, il ne pouvait pas non plus laisser là le sac de matériel d’arpentage.
Le contremaître battit en retraite et inclina la tête devant le propriétaire du sac.
« Sensei Tsuchimaru, toutes mes excuses. Ces ignorants de vauriens…
— Combien de fois vous ai-je dit de m’appeler Hajama-sensei ? »
Hajama Tsuchimaru, un arpenteur aux lunettes rondes et au regard dur, fronça les sourcils.
Le contremaître ravala une bordée d’injures.
« Les bâtards de la péninsule piquent une colère si on les appelle par leur nom de famille, comme si on cherchait la bagarre ; et les bâtards des îles piquent une colère si on les appelle par leur prénom, comme si on se permettait trop de familiarité. Sur quel rythme suis-je censé danser ? »
Ah, l’harmonie entre le Japon et la Corée[3] ! Un idéal si lointain !
« Crève, et que vous creviez tous. »
Le contremaître, un métis japonais-coréen contraint de servir un fonctionnaire japonais tout en dirigeant des ouvriers coréens, détestait simplement ce monde entier.
Hajama Tsuchimaru croisa les bras.
« Hajama n’est pas un simple nom de famille. C’est la fierté de notre clan, qui a fait de l’arpentage son métier.
— Ah, oui… Toutes mes excuses, Hajama-sensei. » Ce que le contremaître ne dit pas, c’était : « Et alors, en quoi ça compte maintenant, espèce d’ordure ? » « On dirait que nous ne pourrons pas le récupérer aujourd’hui non plus… »
« Vous êtes vraiment inutiles. »
Hajama Tsuchimaru poussa un immense soupir. Son regard irrité débordait de mépris.
« Ce n’est pas une simple inutilité. C’est de la déloyauté envers notre empire, qui vous élève, vous nourrit et vous donne du travail. Je comprends mieux, maintenant : les Coréens séditieux[4] ne sont pas tous en Mandchourie ; ils sont venus ici, tous autant qu’ils sont.
— Toutes mes excuses…
— Ce n’est pas un simple équipement. C’est un symbole de la science occidentale, importé d’Allemagne. N’y a-t-il donc pas une seule âme brave pour sauver ce symbole ? Alors que j’ai même promis cinq wons de récompense ?
— Toutes mes excuses…
— Ce n’est pas une simple récompense. C’est un hymne à la gloire, offert à celui qui me rapportera ce sac. Ne souhaitez-vous pas recevoir cet hymne ?
— Toutes mes excuses… »
Tandis qu’il inclinait la tête encore et encore, toutes sortes de questions se bousculaient dans l’esprit du contremaître.
D’abord, pourquoi diable ce bâtard parlait-il comme ça ? Pourquoi se reprenait-il sans cesse pour ajouter « ce n’est pas un simple ceci ou cela » ? Pourquoi, plus on l’écoutait, plus l’irritation montait, au point de donner envie de lui casser les dents ?
« Vous êtes encore là à discuter ? »
Une jeune voix s’éleva à cet instant.
Les ouvriers, le contremaître et Hajama l’arpenteur — qui venait de rabrouer le contremaître sur un ton doux et mesuré — tournèrent tous la tête. Un homme chaussé de bottes en caoutchouc, un porte-charge en A sur le dos avec une poule attachée dessus, venait de se frayer un chemin à travers les broussailles.
Voyant enfin l’occasion d’échapper aux remontrances, le contremaître le foudroya du regard.
« Qui êtes-vous ? C’est un chantier. Si vous voulez travailler comme ouvrier, allez en ville et trouvez le bureau des travaux publics…
— J’ai entendu dire que vous offriez cinq wons. »
L’homme n’était autre que Han San.
Han San ôta son porte-charge en A et le posa à terre. « Cot-cot ! » La poule blanche attachée dessus poussa un cri plaintif. Il s’avança, puis baissa les yeux vers la paroi rocheuse où pendait le sac. C’est alors seulement que les expressions changèrent autour de lui.
« Ils ont dit qu’on avait affiché quelque chose sur le panneau. Il est venu jusqu’ici pour ça ?
— Ha ! Aveuglé par cinq wons.
— Encore un qui va se casser les bras et les jambes, et boum.
— Ce jeune homme, quand même… »
Sans prêter attention aux murmures moqueurs et inquiets, Han San s’approcha, leva la tête et observa l’endroit où le sac était accroché.
« Hum. »
Toc. Han San venait de donner un coup de pied dans un petit caillou. Toc, toc-toc, toc. Trois ou quatre cailloux et quelques mottes de terre rebondirent dans différentes directions avant de dévaler la falaise.
« Je vois. »
En suivant du regard les pierres et la terre qui roulaient, Han San déchiffra le relief de la paroi.
Pour les autres, ce n’était qu’une falaise lisse. Mais aux yeux d’un montagnard de soixante-quatorze ans, les saillies où s’agripper et les fissures où poser le pied se détachaient nettement.
« Ça vous dérange si j’emprunte une corde ? »
Le contremaître sortit de sa torpeur.
« Vous comptez vraiment vous y risquer ?
— Je n’en ai pas le droit ?
— Non, non ! Si, bien sûr… vous pouvez. Vous pouvez ? Vraiment ?
— S’il y a une corde. C’est pour ça que je demande si je peux en emprunter une. Et des gants aussi.
— Apportez-lui ça. »
Ce fut Hajama, l’arpenteur, qui, observant Han San avec intérêt, donna l’ordre le premier.
Le contremaître voulut dire quelque chose, mais puisque Hajama l’avait ordonné, il se contenta d’un geste de la main. Un des ouvriers, après avoir échangé un regard avec les autres, apporta une corde et des gants de travail en coton.
« Jeune homme… écoutez, vous ne pouvez pas risquer votre vie à la légère. Vous ne pouvez pas. »
Le ton était réprobateur, mais Han San ne s’en offensa pas. Après tout, l’homme ne parlait ainsi que parce qu’il s’inquiétait pour lui.
Il enfila les gants et mesura la longueur de la corde entre ses mains. Il la noua fermement autour de sa taille. Puis il l’enroula trois fois autour d’un arbre, en garda l’autre bout dans une main et répondit enfin :
« Je ne ferai pas l’idiot. Regardez bien. Et gardez aussi un œil sur mon porte-charge. »
Han San s’engagea sur la paroi rocheuse.
Tous les regards le suivirent. Lorsqu’il posa le pied sur la pente et disparut de leur vue, chacun tendit le cou en avant. C’est alors que ça arriva.
Han San fit un léger bond.
« Oh là, oh là, oh là ! »
Au moment précis où la foule poussa des cris d’effroi — boum —, les mains et les pieds de Han San s’agrippèrent à la roche de la falaise.
Son corps s’immobilisa.
Ses mains s’agrippaient à une petite saillie de la roche et les semelles de ses bottes en caoutchouc s’aplatissaient contre la paroi. Il tenait ainsi en équilibre, avec une aisance presque miraculeuse.
« C’est… c’est vraiment un être humain ?
— Un singe… Non, plutôt un gecko, non ? »
Les ouvriers restèrent bouche bée tandis que Han San se remettait à avancer. Comme ils l’avaient dit, il se déplaçait tel un gecko : il desserrait à peine la main qui tenait la corde, puis, chaque fois qu’il agrippait une fissure de la roche avec l’autre main, il descendait d’un pas, puis d’un autre.
« Mon corps est si léger que je pourrais m’envoler. »
Dans le vieux corps de sa vie antérieure, il n’aurait même pas osé en rêver. Mais ses muscles actuels étaient durs comme l’acier et ses articulations bougeaient avec la souplesse de pièces bien huilées.
Sans même s’en rendre compte, il était déjà descendu d’une vingtaine de mètres. Han San atteignit la branche du pin.
« I-il y est vraiment arrivé !
— Ouah !
— Attention ! Hé, faites attention ! C’est plus lourd que ça en a l’air !
— Ne le portez pas dans vos mains, mettez-le en bandoulière ! Vous savez comment faire ?! »
Les ouvriers crièrent tous en même temps. Les moqueries et l’inquiétude avaient disparu sans laisser de trace, remplacées par une attention totale et des encouragements.
Han San leur adressa un sourire, touché par leur simplicité. Il tendit la main et saisit l’extrémité du sac accrochée à la branche. Tac. Comme ils l’avaient dit, il était lourd. Il le fit tournoyer une fois, le jeta sur son épaule, puis se plaqua contre la paroi et s’accroupit pour compenser le poids supplémentaire.
Des acclamations retentirent au-dessus de lui.
« Il l’a ! Il l’a mis sur son épaule !
— Remontez prudemment ! On vous tire ? La corde !
— Tout le monde ! Remettez vos gants et attrapez les cordes… »
Le contremaître cria. Les ouvriers étaient déjà en train de retrouver leurs gants de coton et de les enfiler.
Mais Han San les héla aussitôt :
« Non, ça va ! Ne tirez pas !
— Quoi ?
— Je descends encore ! Je vais contourner la paroi ! Je remonterai par l’autre côté, alors ne tirez pas !!
— Vous descendez encore… ? »
Avant même que le contremaître ait compris, Han San commença à descendre plus bas, comme il l’avait annoncé.
« C’est plus facile par là. »
Pour descendre, il suffisait de lire le relief de la roche et de garder son équilibre. Mais remonter… et qui plus est, escalader une falaise presque verticale avec un sac au centre de gravité instable sur l’épaule ? Han San n’avait jamais eu l’intention de tenter ça.
Ce n’était pas qu’il en fût incapable, mais puisqu’il y avait un chemin plus facile et plus sûr, pourquoi se compliquer la vie ?
Han San continua donc à descendre, toujours plus bas. À mesure que le sol se rapprochait, il redoublait de prudence et restait sur ses gardes jusqu’au bout.
Enfin, Han San atteignit le pied de la falaise. Toc, toc. Il tira sur la corde pour signaler qu’ils pouvaient la remonter, puis repéra une crête et se faufila sur le côté.
Quand les ouvriers virent la petite silhouette de Han San disparaître dans les broussailles, loin en contrebas, ils se permirent enfin de souffler.
« Il est incroyable, quand même. C’est un gars du Gangwon ?
— Un ami m’a dit que tous ces colons sur brûlis étaient des sauvages, des ignorants. Mais à ce niveau-là, il a bien mérité le droit d’être un sauvage, non ?
— Sauvage, ta mère ! Choi, tu te prends pour quelqu’un de spécial ?
— Qu’est-ce que t’as dit, espèce de bâtard ? »
Comme on pouvait s’y attendre de ces hommes rudes, l’ambiance tourna de nouveau au vinaigre en un rien de temps. Mais la tension angoissante d’un peu plus tôt avait disparu.
Non… en un autre sens, une tension angoissante subsistait bel et bien.
Le contremaître fut soudain saisi par le genre de malaise qu’on éprouve quand on n’arrive pas à se rappeler le nom inscrit sur un contrat signé et scellé.
« Il ne va pas s’enfuir avec le sac, quand même… »
Qu’est-ce qu’un pouilleux en vêtements de coton ordinaires et en bottes de caoutchouc pourrait bien faire d’un sac de matériel d’arpentage allemand, même s’il s’enfuyait avec ? Mais comme Han San avait disparu de sa vue, le malaise ne cessait de grandir.
Un des ouvriers ricana.
« Allons, son porte-charge est juste là. Avec quoi voulez-vous qu’il s’enfuie ?
— Ah, c’est vrai. »
Le contremaître continuait tout de même à s’inquiéter. Un homme ne pouvait-il pas abandonner son porte-charge et s’enfuir ? Le sel, le riz et la poule valaient tout au plus quelques wons… alors que le matériel dans le sac en valait des centaines… Hein ? Oh ?
Le contremaître se rongeait les ongles et mourait d’envie de fumer quand les broussailles frémirent dans les bois.
« Me voilà. »
Han San était revenu. Le sac de cuir pendait à son épaule.
« Oh, oh !
— Il a vraiment réussi ! »
Le contremaître fut tellement soulagé qu’il faillit s’effondrer sur place.
« Aigo, beau travail ! C’est vraiment remarquable ! Allez, donnez-le-moi, vite ! »
Le contremaître tendit la main pour prendre le sac, mais quelqu’un le devança. C’était Hajama Tsuchimaru.
Hajama examina Han San de la tête aux pieds, puis applaudit : clap, clap.
« Splendide. Vraiment splendide. »
L’arpenteur Hajama prit la parole, satisfait :
« Vous n’êtes pas un simple montagnard. Vous êtes un maître, un homme qui joue de la montagne comme d’un instrument, frappant sa roche et sciant ses broussailles. »
Le contremaître, les ouvriers et même Han San ressentirent tous une irritation qu’ils ne parvenaient pas à exprimer.
[1] Huiyeon (희연) et Haetae (해태) étaient des marques de cigarettes de l’époque coloniale. Haetae était la plus chère et la plus recherchée des deux.
[2] Un durumagi (두루마기) est un manteau traditionnel coréen porté par-dessus la veste et le pantalon.
[3] « L’harmonie entre le Japon et la Corée » traduit naisen ittai (내선일체, 内鮮一体), « le Japon et la Corée ne font qu’un », slogan assimilationniste colonial qui fut particulièrement promu à partir de la fin des années 1930.
[4] « Coréens séditieux » traduit futei senjin (불령선인, 不逞鮮人), terme colonial méprisant désignant les Coréens considérés comme rebelles ou mécontents.
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