Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 107 : Société secrète pour l’indépendance 【Société de la Croix】 (1)
──────
Retour au matin du 8 novembre 1933.
Chuncheon, Dakgalbi de Han.
Han San venait de rentrer après avoir livré en urgence à Sawada deux adeptes de Baekbaekgyo, le chauffeur Kim et les enfants mendiants. Il fut aussitôt assailli de questions.
« Sajang ! Pourquoi êtes-vous si en retard ?! »
« Q-Qu’est-ce qui s’est passé, sajang… ? »
Les employés du Commerce Myriad de Han avaient tous les yeux injectés de sang, comme s’ils n’avaient pas fermé l’œil. Les traces de pas autour de la boutique prouvaient qu’ils avaient passé la nuit à faire les cent pas dehors.
Han San sourit.
« Il ne s’est rien passé. La livraison des cadeaux a juste pris un peu plus de temps que prévu. »
« Des cadeaux ? Qu’est-ce que vous voulez dire… ? Et ces salauds en blanc, qu’est-ce qu’ils sont devenus ? »
« Ils vont bien. Ils doivent recevoir un accueil des plus chaleureux en ce moment. »
Après leur avoir souri et tapoté l’épaule, Han San jeta un coup d’œil à l’arrière de la boutique.
Les enfants mendiants étaient là, les mêmes qui avaient mangé du porridge au poulet la veille. Il avait demandé qu’on les nourrisse et qu’on leur offre un endroit où dormir pour la journée, mais celle-ci était passée et ils n’avaient toujours nulle part où aller.
« D’abord, occupons-nous de ces gamins. Il faut aller jusqu’au bout. »
Poussant un profond soupir, Han San retroussa ses manches.
Bon, alors.
Face aux enfants mendiants, le sajang du Commerce Myriad de Han et seigneur du hameau du Milieu se plongea dans ses réflexions.
Comment tirer le meilleur parti de ces petits vauriens ?
Il y avait déjà réfléchi avant l’arrivée des adeptes de Baekbaekgyo, mais il en était arrivé à la même conclusion. Pour l’instant, ils étaient difficiles à employer comme main-d’œuvre.
Dans un monde dépourvu de culture, les gens n’étaient guère plus que des animaux capables d’émettre des sons ressemblant à la parole.
Mais la culture, ça s’apprend…
Après avoir relancé son commerce de poulets, Han San prit le temps de se rendre au Hameau inférieur.
« Quoi ? Une bande de mendiants ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Tu me demandes comment transformer une bande de mendiants en êtres humains ? »
Pi Sun-dae arbora son sourire habituel, celui qui lui plissait tout le visage, puis réfléchit à la question.
« Ho ho… Eh bien, je ne venais pas moi-même d’une bande de mendiants. Voyons… Quelqu’un qui en faisait partie… »
Avant qu’il ait pu finir, Gomchi accourut, à bout de souffle.
« Vous m’avez appelé, grand frère ? »
« Appelé pour quoi… ? Ah oui, c’est vrai. Gomchi, tu venais d’une bande de mendiants, non ? Hé, Gomchi ! Comment as-tu fait pour devenir quelqu’un d’aussi convenable ? »
« Ah, tout ça, c’est grâce à la bonté de frère Sundae. »
« Arrête tes conneries… Hé, qu’est-ce que tu fiches planté là ? Réponds donc à la question de Sajang San ! Si c’était toi, comment tu transformerais une bande de mendiants en êtres humains ? »
« Hum. C’est simple. »
Gomchi se frappa la poitrine.
« Il suffit de mettre la main sur un chef et de bien le tenir. Dès que le meneur se redresse, le groupe suit de lui-même. Pas vrai ? »
Si le problème était qu’ils formaient une meute d’animaux, il n’avait qu’à employer la méthode habituelle pour dompter une meute.
Han San claqua la langue.
À bien y penser, c’est ce que j’ai toujours fait.
C’était ainsi qu’il avait dompté Kim Tae-yang. Et les frères Chuk. Le Corps des jeunes maris du hameau du Milieu, Go Tae-chon, même cette bande de voyous du Hameau inférieur : aucun n’avait fait exception.
Inutile d’inventer une nouvelle méthode quand l’ancienne marche si bien.
Han San sourit.
« Oncle Gomchi, si tu as un peu de temps, tu pourrais venir m’aider à Chuncheon ? »
Gomchi se gratta la joue.
« J’ai tout le temps du monde. Mais… Sajang San, vous vous souvenez que je vais à l’église, hein ? »
« Bien sûr que je m’en souviens. Comment pourrais-je oublier celui qui a posé une croix sur une table d’offrandes aux ancêtres ? »
Même s’il avait vécu une troisième vie, il n’était pas près d’oublier ça.
Gomchi sourit, puis son visage s’assombrit.
« Ces derniers temps, l’église est toujours fermée. L’église méthodiste d’Inje, je veux dire. Le pasteur Nam Cheon-u n’est pas là non plus… Sajang San, vous savez quelque chose ? »
Han San haussa un sourcil.
« Eh bien… Comment le saurais-je ? Depuis mon arrivée à Chuncheon, je suis occupé à faire tourner l’affaire. Et puis, je ne suis pas croyant. »
Voilà ce qu’il répondit, mais Han San avait une idée de ce qui se passait.
L’École Mogok.
L’incident dont Ayame lui avait parlé.
Il était évident que l’affaire, qu’il avait confirmée dans l’édition du soir du Dong-A Ilbo datée du 7 novembre 1933, après son arrivée à Chuncheon, avait fini par atteindre Inje.
C’est dangereux. Si je laisse faire et que le temps passe jusqu’à la découverte du journal de Kim Bok-dong…
Le régressé avait appris de son petit frère que l’[Incident du Mugunghwa] prendrait de l’【ampleur】 et deviendrait l’[Incident de la Société de la Croix], un brasier qui ravagerait tout le Gangwon.
Mais franchement… Je ne suis pas un héros chargé de sauver le monde.
L’incident de la Société de la Croix.
Han San était prêt à se résigner et à se dire que c’était regrettable, mais qu’il ne pouvait rien y changer.
Une part de lui se demandait s’il était en droit de se mêler d’un événement historique aussi important. Une autre se disait que, puisqu’il n’en avait même pas entendu parler dans sa vie précédente, le brasier ne s’était manifestement pas propagé jusqu’à la vallée de Sebeom.
Le problème, c’est que Gomchi fréquente l’église méthodiste d’Inje.
C’était un croyant à moitié convaincu, qui ignorait même la différence entre le méthodisme et les autres Églises, mais il avait dit avoir été baptisé.
Et contrairement à sa vie précédente, la bande du Hameau inférieur à laquelle appartenait Gomchi participait aussi à l’escorte des charrettes du Commerce Myriad de Han.
Si l’incident prend de l’ampleur, il pourrait se propager par l’intermédiaire d’oncle Gomchi et mettre le feu à tout le Commerce Myriad de Han…
Han San se pourlécha les lèvres et regarda Gomchi.
Je dois l’éteindre avant qu’il ne prenne.
Sa décision prise, Han San continua de sourire comme s’il ne savait rien et leva un doigt.
« Que dirais-tu de ça, oncle Gomchi ? Viens d’abord à Chuncheon et apprends quelques rudiments aux gamins. Tu pourras en profiter pour te renseigner. Ce sera plus facile d’obtenir des informations à Chuncheon, non ? De mon côté, je garderai aussi l’oreille ouverte dès que j’en aurai l’occasion. »
Gomchi afficha un grand sourire.
« Ah, vous avez raison. Compris, Sajang San ! »
C’est ainsi que Han San retourna à Chuncheon avec un instructeur venu de l’extérieur.
« Hé, bande de morveux ! Quand vous voyez un adulte, vous baissez la tête et vous le saluez ! On mange avec une cuillère et des baguettes, pas avec les mains ! »
Il leur apprenait pratiquement à se servir des latrines, mais ça marchait remarquablement bien.
« Lavez-vous les mains et les pieds chaque fois que vous revenez de quelque part ! Ce n’est pas comme ça qu’on s’habille. Boutonnez correctement vos vêtements ! Combien de fois faut-il vous le répéter ? »
Une fois instruits, lavés et habillés, les enfants mendiants en haillons, couverts de crasse, commencèrent enfin à ressembler à de vrais enfants.
Han San siffla d’admiration.
« Waouh. Oncle Gomchi, tu es vraiment doué ! »
Gomchi sourit et se gratta l’arrière de la tête.
« Eh bien, ça me rappelle le bon vieux temps. Quand j’étais dans une bande de mendiants, j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir chef. »
« Je vois. Tu avais de l’expérience. »
Même en discutant, Han San n’avait pas oublié pourquoi il avait fait venir Gomchi à Chuncheon.
L’éteindre avant qu’il ne prenne…
C’est alors qu’une nouvelle arriva d’Inje.
« Sajang ! Quelqu’un du nom de Tendo nous a contactés ! »
« Ah. L’adjoint de Sawada. »
L’interrogatoire des enfants mendiants en tant que témoins était terminé. Comme promis, ils seraient tous confiés au bureau d’Inje du Commerce Myriad de Han.
Han San partit aussitôt pour Inje, en emmenant Gomchi avec lui.
Huit enfants étaient accroupis dans la cour du bureau d’Inje. Ils ne récitaient plus leur formule de trois syllabes, mais leurs yeux demeuraient vides.
Puis ces regards vides se posèrent sur Han San.
Les enfants, que Baekbaekgyo avait manipulés et qui l’avaient attaqué cette nuit-là avec des armes bon marché, reconnurent l’homme qui les avait maîtrisés sans une égratignure et sans leur faire de mal.
« Monsieur… »
« Grand frère… »
Les enfants murmurèrent les uns après les autres, puis éclatèrent en sanglots.
Han San se gratta l’arrière de la tête.
« Pourquoi vous pleurez, bande de morveux ? Ce n’est pas comme si ce salaud de Sawada avait le temps de battre des enfants… Enfin bref. »
« Sajang San, vous ne passez vraiment pas inaperçu, où que vous alliez. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Ça suffit. Oncle Gomchi, garde un œil sur les enfants pour moi. »
« Où allez-vous, sajang ? »
« J’ai quelque chose à régler. »
Il confia à Gomchi les enfants qui s’agrippaient à lui, puis partit trouver Sawada.
« Commandant, puis-je vous demander un service en échange d’une petite part des mérites qui me reviendront ? »
« Un service ? »
« Oui. Je m’occupe de quelques enfants mendiants. Je ne sais pas si votre adjoint vous en a parlé, mais j’ai l’intention d’accueillir aussi les huit enfants venus témoigner… »
Le moment était bien choisi.
On venait de retrouver les corps du président Choi et de sa famille, et un rapport était en cours de rédaction, tandis que l’affaire Baekbaekgyo prenait de l’ampleur.
Dans le même temps, Sawada venait d’apprendre du Quartier général de la police militaire de Chuncheon que Baekbaekgyo avait mené une opération de nettoyage des rues.
Autrement dit, Han San était tombé à point nommé pour demander quelque chose au sujet des enfants mendiants.
Sawada se caressa le menton.
« Vous vous occupez de mendiants. Dites-moi exactement ce que vous voulez. »
« Je n’ai pas de mauvaises intentions, mais je ne m’y connais pas vraiment en enfants… Vous savez, les œuvres de secours et l’aide aux pauvres avancent plus vite quand on travaille avec des gens religieux, non ? »
Avec le même visage et la même voix que lorsqu’il avait demandé le poste contractuel d’assistant garde forestier, Han San se frotta les paumes et inclina la tête.
« Est-ce que je pourrais faire venir ces gens de l’École Mogok et les employer ? »
Sawada fit lentement tourner dans sa main la bille de métal, qui cliqueta.
L’École Mogok, c’est l’affaire de ce salaud de caporal Ishihara.
Et ce caporal Ishihara n’était-il pas un arrogant qui, simple caporal, avait essayé de se mesurer à Sawada, adjudant-chef ?
Ce serait une belle revanche de faire remonter les mérites que ce salaud s’est attribués dans son rapport.
Sawada avait toujours méprisé les manœuvres politiques de ce genre. Un guerrier s’exprime par son sabre.
Pourtant, il avait déjà pris une photo avec cet homme de Joseon et l’avait envoyée à ses supérieurs.
Cette photo lui avait valu davantage d’éloges que la capture de Ginsei. Il ne pouvait s’empêcher d’y réfléchir.
Oui, c’était bien cela.
Le samouraï intègre Sawada, qui avait vécu dans la solitude et la pureté, sans se laisser corrompre par les pots-de-vin, les flatteries ou la flagornerie — même si ce n’était pas son choix —, commençait à son insu à subir l’influence de Han San !
Encore une fois, Sawada lui-même n’en avait pas conscience. Il y avait déjà tant de choses qu’il ignorait que cela ne lui aurait pas causé grand tort de continuer ainsi.
Qu’aurait fait le seigneur Oda Nobunaga ?
Comme toujours, Sawada invoqua le nom de celui qui avait servi de tremplin à Toyotomi Hideyoshi pour élever ses propres pensées.
La réponse ne fut pas difficile à trouver.
« Attendez ici. »
Sawada se rendit au Quartier général de la police militaire de Chuncheon.
D’après ce que Han San apprit, les hauts gradés étaient globalement du même avis :
[ Le mugunghwa… Quelle plaie, mais ils n’ont tué personne, si ? Ils n’ont certainement pas tué de civils. ]
[ Comparés à ces salopards de Baekbaekgyo, ils ont l’air d’anges. ]
[ Le sajang du Commerce Myriad de Han ? Il prend de bonnes photos, il est doué en affaires, le baron l’a félicité et, vu qu’il s’entend bien avec vous, il n’a pas l’air de poser problème… Plus important encore, j’ai entendu dire que c’est lui qui a déclenché cet incident ? ]
[ Il a du talent. ]
En d’autres termes, ils refilaient un fardeau dont ils ne voulaient pas.
Et c’était là l’écart presque magique que créait le pouvoir.
Le profit qui avait semblé une véritable poule aux œufs d’or à Yi Gyeong-deuk, numéro deux de Baekbaekgyo et do-yusa, n’était pour ceux qui contrôlaient réellement la sécurité de Chuncheon qu’une poubelle nauséabonde remplie de déchets alimentaires.
Bien sûr, les détenteurs du vrai pouvoir savaient qu’il y avait beaucoup de gens pour qui les déchets alimentaires constituaient un repas.
C’est pourquoi ils prenaient soin de choisir à qui les remettre. Cette fois, grâce aux renseignements fournis par Han San, celui-ci avait suffisamment d’【influence】 pour franchir cette étape haut la main.
« Il y a deux conditions. »
La première concernait Namgung Eok et les gens liés à l’École Mogok.
[ Ils devront signer une déclaration promettant de ne plus planter de mugunghwa et de se consacrer loyalement à l’Empire. ]
La seconde concernait Sawada.
Le commandant de bataillon lui avait tapoté l’épaule en disant :
[ Commandant de compagnie ! Vous avez l’œil, pas vrai ? Allez tout inspecter et vérifiez qu’il ne vous a rien échappé. ]
Le chef des opérations, qui se tenait à côté de lui, avait eu l’air contrarié tout du long, mais il avait approuvé les paroles du commandant de bataillon.
[ C’est ça, espèce de crétin. Si toi, Sawada, tu ne vois pas de problème majeur, c’est qu’il n’y en a probablement pas. Pas vrai ? ]
En racontant ce qui s’était passé au Quartier général de la police militaire de Chuncheon, Sawada ne fit pas une seule fois tourner sa bille de métal.
Ses supérieurs lui faisaient confiance, même si c’était dans un domaine très restreint.
Si quelqu’un avait vu à quel point cet homme, qui ne parvenait jamais à gravir les échelons, en était heureux, il aurait eu pitié de lui.
On disait que celui qui fréquentait l’encre finissait par se tacher en noir.
Le samouraï intègre malgré lui devenait de plus en plus dépendant d’un opium appelé Han San. Si Sawada et Han San lui-même l’avaient su, ils en auraient été profondément contrariés.
« Bref. »
Sawada s’éclaircit légèrement la gorge.
« On m’a demandé d’inspecter les maisons des gens de l’École Mogok. »
Han San serra le poing. Intérieurement, bien sûr.
« Je peux venir avec vous ? »
« Hum. »
L’œil unique de Sawada — celui de la vipère, dont ses supérieurs avaient vanté le coup d’œil — balaya Han San une fois.
« Pourquoi ? »
« Eh bien… C’est moi qui ai demandé à engager ces gens. C’est moi aussi qui les paierai. Je devrais bien voir quel genre de personnes ils sont et à quoi ressemblent leurs maisons, non ? »
Tout en parlant, Han San agita les mains, au cas où Sawada se méfierait de lui.
« Évidemment, si ça vous complique les choses, Commandant, ce n’est pas grave. Je resterai simplement près de vous jusqu’à ce que vous ayez terminé… »
Mais il avait pris bien trop de précautions.
« Cela ne me dérange pas. »
Sawada ne se méfiait pas de Han San.
Il ne soupçonnait pas que Han San l’avait peut-être amadoué pour apprendre les noms des gens de l’École Mogok.
Qu’il pourrait trouver l’adresse de quelqu’un sur cette liste.
Qu’il pourrait se glisser à cette adresse et y prendre quelque chose.
Ou que, si Sawada refusait de le laisser venir, il pourrait tout simplement battre en retraite, voler la liste, s’introduire chez eux avant lui et agir malgré tout.
Sawada ne soupçonnait pas la moindre de ces possibilités. Pas le moins du monde.
Après tout…
Il suffit de voir tout ce que cet homme de Joseon a fait jusqu’ici.
Il tenait la taverne de la Grande Ourse et vidait les poches de ses compatriotes, tout en rampant devant Sawada et le baron…
Et ce n’était pas tout.
Il s’était collé à la riche famille Hajama, feignant d’être proche d’eux et leur faisant des courbettes. Il avait exécuté en secret les bandits du col de Misiryeong, ses compatriotes, puis enterré leurs corps à l’abri des regards…
Et ce n’était pas tout.
Il avait pris des photos insolentes qui lui avaient valu des éloges sans fin de ses supérieurs. Il avait obtenu par la petite porte le poste d’assistant garde forestier, une fonction officielle même si elle était contractuelle. Il n’était obsédé que par l’argent…
Et ce n’était toujours pas tout !
Sawada aurait pu continuer toute la journée !
Comment le monde appelait-il un tel homme de Joseon ?
Un collaborateur pro-japonais !
Un traître qui avait vendu son pays !
Un traître à la nation !
Qu’est-ce qu’un singe pareil, qui connaît si bien son époque qu’il ne lui reste même pas un soupçon d’intégrité, pourrait bien faire ? De toute évidence, il ne cherche qu’à gagner l’【influence】 que lui vaudrait le fait de suivre à mes côtés, moi, le maître de tout ce qui est sous le ciel, et à emprunter la puissance du tigre comme un renard.
Kim Gang-cheol était un cas trop particulier pour être représentatif des gens de Joseon, mais Sawada avait côtoyé assez de policiers auxiliaires et d’assistants de Joseon pour croire qu’il comprenait parfaitement l’esprit médiocre de cet homme.
S’il fait quoi que ce soit de suspect, je le maîtriserai sur-le-champ.
Avec un discernement aussi stupéfiant, comment aurait-il pu manquer le moindre 【comportement suspect】 de cet homme de Joseon ?
Et puis, cet individu était chasseur et commerçant. Il pouvait apporter un point de vue différent de celui de Sawada, qui était policier militaire.
« Suivez-moi. »
Les recherches durèrent deux jours.
Les maisons des gens de l’École Mogok se ressemblaient toutes. Quelques livres, de simples couvertures de coton, une mesure de riz. Aussi minutieusement qu’ils fouillaient, ils ne trouvaient que la pauvreté.
« Il n’y a pas grand-chose ici. »
La maison suivante.
« Rien ici non plus. »
La maison suivante.
« Commandant, vous avez trouvé quelque chose ? »
Encore une maison…
Après avoir fouillé plusieurs maisons, ils arrivèrent enfin chez Kim Bok-dong.
Pendant que Sawada inspectait la cuisine, Han San balaya la pièce du regard.
L’œil d’un chasseur de soixante-quatorze ans, celui du sajang du Commerce Myriad de Han, qui avait fait construire et démoli d’innombrables maisons après le typhon 3383, remarqua qu’un côté du bureau était incliné d’environ un quart d’articulation de doigt.
Bingo.
Une latte du plancher, sous le pied du bureau, n’était pas ajustée comme les autres. Quand il la souleva, un vieux carnet apparut dessous.
Un journal écrit en tout petits caractères.
[ Nous sommes les fils et les filles de Joseon, prêts à sacrifier notre corps comme notre dévouement. Si nous étudions jour après jour, c’est que nous souhaitons revoir Joseon… ]
Commençant par les paroles d’un chant intitulé 【Sens】, il contenait notamment [une salutation permettant aux membres de se reconnaître grâce à leur croix commune].
Hum.
À cet instant, Han San était le seul homme au monde à savoir quelle bombe énorme représentait ce carnet.
« Vous avez trouvé quelque chose ? »
« Pas du tout. Il n’y a pas grand-chose ici non plus. »
Han San cacha rapidement le journal de Kim Bok-dong en répondant.
Sawada, homme au discernement stupéfiant, hocha la tête.
« Allons à la maison suivante. »
« Oui. »
Les deux hommes quittèrent la maison de Kim Bok-dong.
Incendie préventif maîtrisé !
Dans l’histoire de sa vie précédente, l’[Incident de la Société secrète de la Croix] avait ébranlé tout le Gangwon. Cette fois, il ne s’embraserait pas complètement et ne serait plus qu’un [Incident du Mugunghwa de l’École Mogok], un remous autour de Chuncheon, Hongcheon et Inje.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>