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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Le génie de la chasse à l’époque coloniale japonaise
Chapitre 10
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Du sérieux
La rue commerçante où il déboucha après avoir traversé quelques ruelles débordait de vie.
« Du coton ! Qui veut du tissu de coton ? Du coton de première qualité ! »
« Des poulpes ! Venez admirer le seigneur poulpe rouge, tout droit venu de Sokcho en palanquin ! »
Les cris des marchands ambulants se mêlaient aux voix des clients qui marchandaient, dans un brouhaha continu.
Han San fendit la foule comme s’il était chez lui. Le paysage de 1933 lui semblait étrange, et pourtant il lui avait manqué. Une époque singulière où des jeunes gens modernes en costume et des femmes en jupe voilée partageaient les mêmes rues.
Ouf.
Han San s’attarda un instant, captivé par le spectacle, puis secoua la tête pour reprendre ses esprits et poursuivit son chemin.
Un peu plus loin, un bâtiment en bois attira son attention.
Des colons pratiquant la culture sur brûlis, leurs porte-faix chargés de charbon ou de fougères séchées, s’inclinaient devant un employé japonais.
« Hé ! Qu’est-ce qu’il a, ce charbon ? Il n’est même pas de troisième catégorie ! »
« Aigo, monsieur. Faites une exception, juste cette fois. Il faut bien que j’obtienne quelques pommes de terre pour ma femme et mes enfants… »
« Tss ! Bon, je le classe en troisième catégorie ! Au suivant ! Vous avez déterré des champignons ou un tas de terre ? »
Une enseigne sur la façade annonçait : [Coopérative forestière du comté d’Inje].
Han San claqua la langue.
Pas d’armes ni de lames, mais ce sont tout de même des bandits.
Pour piller durablement, le Gouvernement général avait inventé une laisse appelée « classement ».
Première, deuxième, troisième catégorie. Ils attribuaient les classes à leur guise et proposaient des prix qui n’atteignaient même pas un quart d’un quart d’un quart de la valeur marchande. Les colons acceptaient pourtant avec gratitude.
Car c’était leur seule occasion de toucher à de l’argent : des jeon et des won.
Pour reprendre l’expression de Go Tae-chon, on aurait dit une sorte de [fenêtre de quête de guilde]. À cette époque, la péninsule coréenne était vraiment un monde fantastique où coexistaient bandits des forêts, guildes et quêtes de collecte.
Le problème, c’est que, du point de vue d’un Coréen comme Han San, il fallait ajouter le qualificatif « sombre » à ce « fantastique ».
Han San détourna sans hésiter le regard de la coopérative forestière.
C’est là que rampent les ignorants sans relations, qui pleurent en avalant leur colère et se font plumer sans même s’en rendre compte.
Pour toucher de l’argent véritable, il fallait franchir non pas la [fenêtre de quête], mais la [bourse].
Han San accéléra de nouveau le pas et s’arrêta enfin devant un élégant bâtiment de briques rouges.
Sur l’enseigne, les caractères [Pharmacie Cheonbo][1] étaient tracés avec finesse.
Ding-dong.
Au bruit de la porte qui s’ouvrait, Ma Jong-sung, le propriétaire de la pharmacie, leva les yeux du journal qu’il lisait à son bureau.
Son regard méfiant balaya le visiteur : des vêtements de coton miteux, un porte-faix couvert de crasse. Dès qu’il reconnut l’allure typique d’un colon montagnard pratiquant la culture sur brûlis, le visage luisant de Ma Jong-sung se renfrogna.
« Va mendier ailleurs. Décharge tes mottes de merde à la coopérative. Fiche le camp avant que j’appelle quelqu’un. »
Ma Jong-sung se contenta de lui faire signe du menton.
Le visiteur, Han San, n’y prêta aucune attention. Il sortit une bouteille de son manteau et la posa sur la table.
« De l’huile de blaireau. »
« Du blaireau ? »
Le sourcil de Ma Jong-sung tressaillit. Il prit la bouteille et la leva vers la lumière du soleil.
Une lueur fugace passa dans ses yeux.
Ce n’était pas seulement parce qu’une telle marchandise était rare à cette époque. C’était surtout parce que l’huile contenue dans la bouteille était limpide, sans le moindre résidu.
À en juger par l’allure de celui qui l’avait apportée, elle avait forcément été fondue dans un chaudron. Comment une méthode aussi rudimentaire avait-elle pu produire une huile aussi pure ?
Pas mal…
Mais Ma Jong-sung, bien sûr, ne le dit pas à voix haute. Ne jamais offrir la moindre flatterie gratuitement : c’était le premier principe de Ma Jong-sung, commerçant de la lignée de Gaeseong[2].
Au contraire, il lança un regard noir à Han San.
« Regarde-moi l’état de cette bouteille. Tu ne sais même pas ce que c’est, l’hygiène ? Une marchandise destinée à entrer dans des médicaments, dans une bouteille aussi cabossée… regarde-moi ça, tss ! »
« …… »
« Un won cinquante ! »
Ma Jong-sung l’annonça comme s’il lui faisait une faveur immense.
« Normalement, je ne la prendrais même pas, mais tu fais pitié, alors je te propose ça. À prendre ou à laisser. Si ça ne te plaît pas, la porte est là. »
Un petit sourire accrocha le coin des lèvres de Han San.
Une marchandise qui aurait dû rapporter trois won et cinquante jeon venait de voir son prix réduit au quart d’emblée.
Dans sa vie précédente, le Han San de dix-huit ans aurait rougi sur-le-champ. « Mais c’est de l’huile de blaireau ! Vous savez comme c’est efficace contre les brûlures ? » aurait-il supplié. « Vous savez à quel point j’ai gardé cette bouteille propre ? » aurait-il peut-être geint, vexé.
Le Han San d’aujourd’hui était différent.
En discutant ainsi, au mieux, il aurait pu faire monter l’offre d’un won cinquante à un won soixante-dix. Il se serait alors asséché la gorge à force de marchander, avant de finir par dire « bon, d’accord » et de repartir avec ce qu’on lui donnait.
Pas question.
Alors, au lieu de parler, Han San se mit à agir.
« Je pensais vendre ça aussi. »
Han San dénoua le sac accroché au sommet de son porte-faix et le posa sur la table.
Ça remuait dans tous les sens.
En voyant le sac se tordre et se débattre, Ma Jong-sung plissa les yeux.
« Et qu’est-ce que c’est, maintenant ? »
« À votre avis ? »
La main de Han San plongea dans le sac à la vitesse de l’éclair et en ressortit. Les yeux de Ma Jong-sung s’écarquillèrent.
« Hiik ! »
Sssss !
Dans sa main, il tenait un serpent à la tête triangulaire, dont le corps était encerclé de bandes serrées comme les brins d’une corde.
« U-un serpent à sept pas ! »
Ma Jong-sung manqua de tomber à la renverse. Sss, ssss ! Le bongare annelé se débattait en fouettant l’air de sa queue, mais la main de Han San, serrée autour de sa tête comme un étau, ne bougeait pas.
Au contraire, elle appuya plus fort, comme pour lui écraser le crâne.
« Regardez ça, patron. »
Goutte à goutte.
C’était le venin jaune vif qui coulait des crochets du serpent pour tomber sur la table.
« Il vient de sortir de son hibernation. Vous voyez ? Là, juste ici. Il est tout frais, pas vrai ? »
« Euh, euh, euh… »
« Avec ça, on ferait un excellent tonique, non ? Hein ? Qu’en dites-vous ? »
Ma Jong-sung ne parvint pas à articuler un mot.
Comment un homme de la lignée des commerçants de Gaeseong, qui avait échoué jusqu’à Inje, aurait-il pu ne pas comprendre ce que cela signifiait ?
Ce salaud… c’est du sérieux !
Il avait une tout autre envergure. Ce n’était pas un novice écervelé qui avait eu la chance d’attraper un blaireau et s’était empressé de venir le vendre.
Impossible de rouler un type pareil.
Non, il ne fallait surtout pas essayer de rouler un type pareil !
Ce n’était pas que le spectacle du serpent le menaçait physiquement. Enfin, si, il se sentait un peu menacé, à peine d’un poil, mais ce n’était pas la seule raison.
C’est qu’une tromperie aurait porté atteinte au deuxième principe du commerçant de Gaeseong : la [recherche d’un profit durable].
S’il ne devait venir qu’une fois, je le plumerais jusqu’au dernier sou, mais…
Pourquoi ? Parce que c’était ainsi qu’on maximisait ses bénéfices.
Mais un vrai dur capable d’immobiliser un serpent à mains nues ? Vu que le sac remuait encore, il devait bien y en avoir un autre dedans, non ?
Ce qui veut dire qu’il les a attrapés lui-même…
Ma Jong-sung n’avait pas encore fini d’y réfléchir que Han San reprit avec un léger sourire :
« Au fait, patron. Je n’ai pas bien entendu tout à l’heure… vous m’aviez proposé combien pour l’huile de blaireau ? »
Ma Jong-sung s’éclaircit la gorge. Il répondit plus vite que son ombre.
« Trois won. Non, je vais arrondir à trois won cinquante. »
« C’est mieux, non ? Et pour ceux-là ? J’en ai deux. »
Han San posa la question en remettant le bongare annelé dans le sac.
Ma Jong-sung répondit à toute vitesse.
« Soixante jeon… non, soixante-dix ! Il y en a deux, donc un won quarante. »
« Ah, vous n’avez vraiment pas de cœur. »
Han San resserra le sac.
« Trois won cinquante pour l’huile et un won quarante pour les serpents, ça fait quatre won quatre-vingt-dix. » Il ouvrit grand la main. « Faites un chiffre rond. Arrondissez à cinq won. »
Ma Jong-sung s’apprêtait à répondre, mais Han San prit les devants.
« Si je trouve d’autres serpents, je vous les apporterai en premier, patron. C’est promis. »
« Tss, gamin… »
Ma Jong-sung avait l’air de s’être mis quelque chose d’amer dans la bouche. Pourtant, c’était précisément ce qu’il avait voulu entendre.
Avoir un fournisseur de marchandises sérieuses qui venait de son plein gré, c’était une affaire gagnante à tous les coups.
« Tiens, prends-les ! Je te jure que je ne garde pas une seule pièce pour moi. »
Han San prit les cinq billets d’un won que Ma Jong-sung lui tendait et les glissa dans sa poche avec un léger sourire.
« Merci. Je reviendrai. »
« Ouais, t’as intérêt », grommela Ma Jong-sung. « Mais pas trop tôt. Aigo, j’ai encore le cœur qui cogne, tu sais ! »
La poche de son manteau bien garnie, Han San laissa derrière lui cette malédiction et franchit la porte.
Cinq secondes plus tard, il revint.
« Ah, patron. Je vais reprendre la bouteille et le sac aussi. Je suis un peu à court en ce moment, alors je dois économiser jusqu’au moindre petit truc. »
« Hein ? Non, tu peux les reprendre. La bouteille, ça va, mais si tu prends le sac, les serpents dedans… »
« Je les laisse ici, alors ? »
« Ah, espèce de cinglé ! Le sac de chanvre qui pend là ! Prends celui-là, je te le donne ! »
« Merci. »
Les cinq won dans son manteau pesaient lourd.
Il aurait fallu à un ouvrier du port quatre longues journées de labeur pour gagner une telle somme. L’envie lui prit de rafler tout le marché sur-le-champ et de tout déposer dans les bras de sa famille.
Mais Han San ne retourna pas directement aux étals.
D’abord, il faut se renseigner.
Il lui était difficile de poser ses questions avec un porte-faix chargé sur le dos.
Et remplir un peu le ventre.
Han San acheta quelques journaux à l’échoppe du coin, devant le bureau de poste de la ville.
« Donnez-moi les éditions du matin et du soir, les deux. »
« Cinq jeon pièce, dix jeon en tout. »
« Pas de réduction si je prends les deux ? »
« Ils datent d’hier seulement. Et le papier sert à toutes sortes de choses, vous savez. Payez le prix affiché. Je ne suis pas le propriétaire, moi non plus, je tiens juste la boutique un moment. »
Impossible d’y glisser un doigt. Han San soupira et paya le prix demandé. Puis il choisit un restaurant de gukbap[3], fit coulisser la porte et entra.
« Un bol de gukbap. »
« Oui, monsieur. Dix jeon. »
Vingt jeon s’envolèrent en quelques instants, comme un oiseau des montagnes, mais c’était un investissement nécessaire.
Il calma son estomac qui le tiraillait, s’assit et déplia les journaux.
[Showa 8[4], vendredi 7 avril]
Un journal du vendredi 7 avril 1933.
Han San ne prit pas cette date pour celle du jour. Il se trouvait à Inje, pas à Gyeongseong.
Le boutiquier le lui avait dit lui-même, pas vrai ? Le journal datait d’hier.
Cela signifiait que…
Nous sommes le samedi 8 avril 1933.
Bien. À partir de maintenant, il prendrait cette date comme point de repère.
Han San se mit à parcourir les caractères imprimés. Sa mémoire, qui s’était aiguisée depuis son retour, absorbait les informations du journal et les classait dans les tiroirs de son esprit.
La plus grande nouvelle venait de l’autre côté du Pacifique.
[Décret présidentiel américain… Interdiction de thésauriser de l’or à titre privé, jusqu’à dix ans de prison pour les contrevenants][5]
Han San plissa les yeux.
La nouvelle concernait un décret signé trois jours plus tôt, le 5 avril, par le président Roosevelt. Ébranlée par la Grande Dépression, l’Amérique s’apprêtait à récupérer l’or détenu par des particuliers.
Il se passait quelque chose à cette époque aussi ?
Comme prévu, sa mémoire aiguisée ne lui était d’aucune aide sur les sujets qui ne l’avaient jamais intéressé. Il se souvenait vaguement des histoires d’or et d’Amérique, de ce Nixon ou je ne sais qui, à l’époque où il avait passé la cinquantaine…
Mais même sans connaître les détails, ses soixante-quatorze années d’expérience lui permirent d’aller droit au cœur du sujet.
Le prix de l’or va exploser. Pas étonnant qu’à cette époque le pays ait grouillé de types armés de pioches.
Le Gangwon, ici, était lui aussi criblé de mines d’or. C’était l’époque de la ruée vers l’or. La fièvre de la ruée n’avait pas épargné la Corée, pourtant située à dix mille lieues de là.
L’ordre public va devenir un vrai merdier.
Cela lui donnait mal à la tête, mais d’un autre côté, tout n’était pas mauvais. Plus l’eau était trouble, plus le poisson pouvait nager loin.
Et s’il parvenait à se constituer un capital avec le temps, cette bande de vagabonds débarqués d’ailleurs pourrait bien lui être d’une aide inattendue…
Avec quelques projets encore vagues en tête, Han San passa à l’article suivant.
[L’Armée des volontaires pro-Mandchoukouo[6] s’empare de Haiyangzhen… Forte tension aux abords de Qinhuangdao]
La page était couverte, en grosses lettres, de slogans de propagande au sujet du front du Mandchoukouo. En apparence, l’article parlait de rétablir l’ordre public, mais Han San comprit ce qui se cachait derrière.
L’Empire du Japon était un monstre insatiable. Jusqu’au jour où il mordrait dans Pearl Harbor et exploserait de l’intérieur, « davantage de territoire » ne signifierait pour ces gens qu’« un front plus vaste ».
Il leur faudrait davantage de ravitaillement.
L’article suivant le confirmait déjà.
[Plan quinquennal de construction de la nouvelle capitale… Vaste programme de travaux routiers]
Il était question de construire à Hsinking, la capitale du Mandchoukouo, des routes de plus de vingt-six mètres de large et de poser des voies ferrées souterraines.
Les routes reliant l’Empire à la Mandchourie seraient elles aussi élargies.
Les chantiers des nouvelles routes vont prendre de l’ampleur.
Des travaux gigantesques, qui entailleraient les collines et perceraient les forêts. La Vallée de Sebeom n’y échapperait pas non plus. Après tout, dès l’ouverture des premiers chantiers, cette bande de vauriens du Hameau inférieur ne s’y était-elle pas accrochée comme une tumeur ?
« Voilà le gukbap. »
À ce moment-là, le gukbap arriva, fumant à grosses volutes. Han San continua à absorber les informations tout en prenant sa cuillère, et ne s’arrêta pas même après avoir fini de lire les journaux.
Les journaux collés aux murs.
Il ne s’était pas arrêté au restaurant pour se payer du luxe.
Les murs étaient tapissés de vieux journaux périmés, collés les uns sur les autres à la place du papier peint. Ces couches jaunies d’informations suffisaient à lui donner une idée plus précise des derniers mois écoulés.
[Le mouvement de revitalisation des campagnes bat son plein dans tout le Gangwon][7]
Han San avala une gorgée de bouillon. La soupe chaude lui coula dans la gorge, mais un frisson lui parcourut l’échine.
Han San savait parfaitement ce que signifiait réellement ce Mouvement de revitalisation des campagnes, qui semblait inoffensif.
Le projet d’expulsion des colons pratiquant la culture sur brûlis.
À cet instant, une cloche sembla sonner dans sa tête.
L’inondation de l’année prochaine ne se résume pas à la crue.
Attirés par la flambée du cours de l’or en Amérique, les prospecteurs retournaient la terre à coups de pioche.
Les travaux routiers en direction de la Mandchourie abattaient les forêts sur leur passage.
La pression du Gouvernement général sur les colons pratiquant la culture sur brûlis, toujours plus forte, secouait les montagnes partout où elle s’exerçait.
Au terme de ces immenses courants, la Grande Inondation de l’année Gap-sul, prévue pour l’été suivant et responsable de la mort de ses parents, attendait, la gueule béante.
Han San reprit son souffle. Contrairement aux gencives branlantes du vieillard de soixante-quatorze ans, les dents blanches et intactes du jeune homme de dix-huit ans s’enfoncèrent dans sa lèvre. Bientôt, pourtant, son regard retrouva son calme glacial.
Ma famille passe avant tout.
Han San termina son gukbap. Le bol de terre cuite se reposa sur la table dans un claquement sec.
« Merci pour le repas. »
Han San posa l’argent et se leva. Il lui restait un endroit à visiter pour s’assurer de la situation.
[1] Pharmacie Cheonbo : 천보약당 (天寶藥堂), que l’on pourrait traduire par « officine du Trésor céleste » — une herboristerie.
[2] Les marchands de Gaeseong, ou songsang (송상), étaient une classe de commerçants coréens réputée pour ses réseaux couvrant tout le pays et sa comptabilité en partie double rigoureuse. Leur nom était synonyme de ruse commerciale et de dureté en affaires.
[3] Le gukbap (국밥) est un plat coréen modeste composé de riz servi dans un bouillon chaud à la viande, ou à côté de celui-ci.
[4] Showa (昭和) était le nom de l’ère impériale japonaise employé dans le calendrier colonial ; l’an 8 de l’ère Showa correspond à 1933.
[5] Le décret présidentiel américain 6102, signé par le président Franklin Roosevelt le 5 avril 1933, interdit la thésaurisation privée de l’or pendant la Grande Dépression.
[6] Le Mandchoukouo (만주국) était un État fantoche établi par le Japon en Mandchourie en 1932, officiellement dirigé par Puyi, le dernier empereur des Qing. Sa capitale, Hsinking (« Nouvelle Capitale »), est l’actuelle Changchun.
[7] Le Mouvement de revitalisation des campagnes (농촌진흥운동), lancé en 1932, dissimulait derrière son discours d’amélioration des conditions rurales une campagne visant à expulser les colons pratiquant la culture sur brûlis.
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