WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Potter
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 5 : Parce que c’est plus amusant. (4)
──────
« Hmm. Elle dort. »
Marigold approcha la lanterne du visage de Lancel et vérifia s’il bougeait.
Qu’est-ce qu’elle pouvait bien essayer de faire ? Lancel resta parfaitement immobile, feignant de dormir, tout en percevant ses mouvements.
« Voler ? Pas question. »
Si elle avait l’audace de faire une chose pareille, ce serait presque un soulagement.
À peine Lancel eut-il pensé cela que Marigold ouvrit l’armoire. À la voir faire, elle avait tout l’air d’une vulgaire voleuse.
« … ? »
Alors que Lancel commençait à se sentir un peu perplexe, il entendit bientôt des bruits de tissu froissé.
« Aïe, ça fait mal ! »
Après avoir laissé échapper ce cri, elle sembla jeter autour d’elle des regards nerveux. Lancel entrouvrit les yeux et l’observa.
Ce qu’il vit le surprit.
« De la couture ? »
Elle raccommodait des vêtements.
Tenant le vêtement de dessus déchiré plus tôt dans la journée par le couteau d’un ivrogne, Marigold s’appliquait à repriser l’endroit abîmé à l’aide d’un nécessaire de couture sorti de Dieu sait où.
À la faible lueur de la lanterne.
22 juin 816 de l’année impériale. À l’aube.
Pour ne pas déshonorer le nom de sa mère au ciel, Marigold raccommode les vêtements du Jeune noble.
※ Élégance, moralité, foi et condition en hausse !
« Aïe. Hiii. »
Objectivement, Marigold avait encore les mains bien maladroites. Elle se piqua plusieurs fois jusqu’au sang en raccommodant une simple déchirure.
Mais elle n’abandonna pas avant d’avoir terminé.
Comme s’il s’agissait d’une mission qu’on lui avait confiée, elle continua à s’activer de ses petites mains jusqu’à ce que la déchirure soit enfin réparée.
« Ouf. »
Lancel regarda discrètement Marigold s’éclipser, l’air satisfait.
Les points étaient un peu de travers.
Le fil ressortait, si bien que n’importe qui pouvait voir d’un coup d’œil que le vêtement avait été réparé.
« Marigold. »
Lancel eut un petit rire.
Le lendemain, quand Lancel sortit vêtu des mêmes habits, la domestique ouvrit de grands yeux.
« Jeune maître, vos vêtements… »
Elle remarqua aussitôt les points malhabiles.
Marigold, qui se tenait non loin de là, un tablier noué à la taille, cligna des yeux et fit mine de ne rien savoir.
« Je vais les réparer comme il faut, jeune maître. »
« Ce n’est rien. Ça leur donne un charme sans prétention. »
« Mais… »
« Ça suffit. Ça me plaît. J’ai faim, faites préparer un repas, s’il vous plaît. »
« Je m’en occupe tout de suite. »
Marigold suivit en hâte la domestique en direction de la cuisine commune.
Lancel examina une nouvelle fois les points. À la lumière du jour, les irrégularités sautaient encore davantage aux yeux.
« Quel désastre. »
9.
« Mary, où étais-tu passée ? Je me suis inquiétée. »
« Quoi ? Les autres m’ont demandé de les aider avec la lessive, alors j’y suis allée et… »
« Qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne sais donc pas que ces gens n’ont rien à voir avec notre jeune maître ? Ils t’ont clairement méprisée et t’ont refilé leur travail. Allez, dépêche-toi. »
Pendant les quatre mois de route vers la Capitale impériale, la domestique de Lancel suivit fidèlement la consigne : faire travailler Marigold autant qu’elle le souhaitait.
Où qu’elle aille, elle emmenait Marigold et la faisait travailler : ménage, lessive, cuisine, et tout le reste.
« Pas le temps de te reposer, Mary. Debout. À partir d’aujourd’hui, tu prépareras la soupe. Compris ? »
« Oui ! »
« Mary ! Le ménage ! »
« O-oui ! »
« Mary, qu’est-ce que c’est que cet état ? Ces plats sont dans un état lamentable. »
« Je suis désolée ! »
30 juin 816 de l’année impériale. Le soir.
Être domestique, c’était si fatigant ? (Endurance en hausse ! Condition en baisse !)
Lancel avait eu du mal à retrouver Marigold, mais il n’avait pas l’intention de la traiter comme une enfant choyée.
Elle était censée être la protagoniste. Ne devait-il pas voir comment elle vivait ?
Cette fois, Lancel avait l’intention de prendre du recul et d’observer la vie de Marigold.
« Tout le monde, descendez. Nous sommes arrivés à la Capitale impériale. Vous avez tous bien travaillé pendant ce long voyage. »
Quand ils atteignirent la Capitale impériale, quatre mois plus tard, la domestique s’était déjà attachée à Marigold et lui fit des adieux en larmes.
Lancel se contenta de regarder Marigold d’un œil froid. Il n’avait aucune intention de l’aider à partir de là.
* * *
« Une chambre sous les combles suffirait-elle à une enfant qui doit vivre seule ? »
« De quoi parlez-vous ? »
Le baron Evil Shen dévisagea Lancel, comme pour lui demander ce que signifiait cette absurdité, tout en mangeant.
« Imaginez que vous soyez soudain une jeune fille de quinze ans, lord Evil. »
« Ça ne me déplairait pas. Je me suis souvent dit que ce serait bien pratique d’avoir des nichons. »
« Je ne parlais pas dans ce sens vulgaire. »
« À quoi d’autre pourraient-ils servir ? »
Les serviteurs qui attendaient à table tressaillirent visiblement.
« Je parle d’une situation hypothétique. Imaginez que vous deviez soudain vivre comme une jeune roturière. Vous avez environ six pièces d’argent et sept pièces de cuivre. »
« Voilà une hypothèse bien précise. »
« Que feriez-vous, lord Evil ? »
« J’essaierais de faire fortune au jeu. Si ça ne marchait pas, j’irais dans un bordel. Je chercherais à devenir une prostituée de luxe et je vivrais confortablement grâce à l’argent que les imbéciles me donneraient. »
« C’est tout ce que vous avez en tête ? »
Lancel sentit les regards compatissants des serviteurs posés sur lui.
Le baron Evil Shen se caressa maladroitement la moustache et se mit à réfléchir sérieusement.
« Si vous vouliez vivre honnêtement, il vous faudrait trouver un proxénète, non ? Six pièces d’argent suffiraient peut-être pour payer le voyage, mais ce serait loin d’être assez pour s’installer. »
Un proxénète.
Ça se tenait.
À bien y réfléchir, la Simulation de la jeune noble déchue était fondamentalement un jeu de séduction où l’on cherchait quelqu’un à épouser.
Le genre, c’était bien la romance fantasy, non ? Le but ultime était apparemment d’épouser l’un des princes.
« Par exemple, à votre avis, quelles seraient les chances de séduire Son Altesse le prince pour qu’il devienne votre proxénète ? »
« Bwahahahaha ! »
Evil Shen éclata de rire, comme s’il allait tomber à la renverse. La domestique essuya aussitôt avec un mouchoir les gouttelettes de salive qui avaient atteint le visage de Lancel.
« C’est la blague la plus drôle que j’aie entendue ces derniers temps, Lancel. Séduire Son Altesse le prince ? Une roturière ? Peut-être si vous renaissiez un million de fois. »
Un million de vies, cela faisait dix millions d’années. Cent ans étaient déjà insupportables, mais dix millions d’années ? Il y avait combien de zéros de différence ?
« Mon esprit aurait craqué bien avant. »
Le baron Evil Shen se curait les dents et poursuivit.
« Regardez donc les femmes qui tournent autour de Son Altesse. Elles sont toutes joliment habillées et ravissantes. Vous croyez qu’un rat errant sorti de nulle part attirerait son regard ? Vous épouseriez quelqu’un comme ça ? »
Ça ne méritait même pas une réponse.
Bien sûr que non.
Ce n’était pas comme si les nobles et les roturiers ne se mariaient jamais. Même s’ils devaient subir les mépris de la société pour avoir souillé le sang noble, il arrivait que certains fassent ce choix. Les sentiments pouvaient parfois briser les tabous.
Mais un mariage entre un membre de la famille impériale et une roturière était impossible. Une telle chose n’arrivait tout simplement pas. Elle ne devait pas arriver. C’était du jamais-vu.
« Mais ce jeu, c’est justement ce genre de jeu ? »
C’était un jeu dont la fin principale consistait à épouser un prince.
Et pourtant.
Malgré tout.
« Est-ce que ça marcherait ? »
10.
* * *
[Simulation de la jeune noble déchue]
Définissez le programme de la deuxième semaine de novembre.
Lun. - Travail à temps partiel comme serveuse dans une taverne.
Mar. - Travail à temps partiel comme serveuse dans une taverne.
Mer. - Travail à temps partiel comme serveuse dans une taverne.
Jeu. - Recherche d’emploi.
Ven. - Recherche d’emploi.
Sam. - Repos (rue).
Dim. - Repos (rue).
※ Un vagabond vous a dérobé votre argent. Vous n’avez plus rien pour payer votre logement. À partir de maintenant, vous devrez vivre dans la rue. (Sensibilité et endurance en baisse !)
* * *
Le lendemain, Lancel manqua de recracher son thé en voyant l’écran qui apparut.
« Trouvez une maison avec une chambre sous les combles dans le coin, puis faites en sorte qu’elle lui soit attribuée. Ne la laissez pas savoir que c’est moi qui la lui ai donnée. »
« Oui, jeune maître. »
Comme si elle avait attendu ces mots, la domestique répondit avec entrain.
Après s’être rapprochée de Marigold pendant les quatre mois du voyage, elle quitta le domaine pour transmettre rapidement la nouvelle.
Par la suite, la plupart des nouvelles concernant Marigold lui parvinrent par l’intermédiaire de la domestique.
« J’ai trouvé une maison convenable dans les faubourgs de la Capitale impériale et je l’ai achetée. Il y a une chambre sous les combles, mais elle a l’air de lui plaire. »
« Vraiment ? Très bien. »
Ou encore :
« Comme elle n’a plus de loyer à payer, elle arrive à mettre un peu d’argent de côté. Elle m’a proposé d’aller pique-niquer avec elle, mais je ne sais pas trop quoi faire… »
« Pourquoi ne pas y aller ? Il y a plein de gens pour s’occuper de moi si tu t’absentes un jour ou deux. »
« Merci, jeune maître ! »
Et puis :
« J’ai entendu dire que des vauriens de la taverne avaient encore essayé de lui faire un mauvais coup. J’ai peur qu’elle n’aille pas bien, jeune maître. »
« Vraiment ? Elle doit aussi apprendre à se débrouiller seule. En quoi ça me concerne ? »
« Je m’inquiète parce qu’elle est jeune et ne travaille que dans une taverne… »
« Pour vivre dans la Capitale impériale, il faut parfois endurer ce genre de choses. Elle affrontera bien pire à l’avenir. »
Après ces mots, Lancel garda longtemps le silence.
Des vauriens. Lancel se souvint brusquement du message qui était apparu deux jours plus tôt.
21 décembre 818 de l’année impériale. À l’aube.
Marigold a passé une journée éprouvante. Malgré tout, elle a décidé de ne pas haïr les gens. Elle sait déjà qu’il y a autant de bonnes personnes que de mauvaises. Elle chasse sa tristesse et sa colère pendant la nuit, puis regarde le soleil se lever à l’aube. Marigold déborde de motivation.
※ Élégance, moralité et foi en hausse !
À la taverne, il y avait quantité de gens qui cherchaient querelle ou faisaient des avances. Un travail dans une taverne ne convenait décidément pas à une jeune fille.
Même dans le jeu, continuer à travailler à la taverne pouvait parfois mener à une fin catastrophique.
« Je devrais demander à lord Evil s’il y a une place aux écuries. Dites-lui de quitter la taverne. »
Le visage de la domestique s’éclaira.
« … Oui ! »
En vérité, la plupart des informations lui venaient déjà du système du jeu.
Faire appel à la domestique n’était qu’une précaution pour éviter que le lien entre Lancel et Marigold ne se rompe.
Cela avait peut-être été d’une grande aide. Grâce au peu d’attention que Lancel lui accordait, Marigold s’était peu à peu acclimatée à la vie dans la Capitale impériale.
Plus tard, Marigold gagna Dieu sait comment une grosse somme d’argent et se fit même construire une petite maison. Quatre années complètes s’étaient écoulées depuis son arrivée dans la Capitale impériale.
Marigold ne pouvait pas rêver d’épouser un prince, comme dans le jeu, mais sa vie restait plutôt agréable.
Travailler, gagner de l’argent, décorer sa maison, acheter de bons petits plats, rencontrer des gens. La vie de Marigold était manifestement devenue plus stable.
Puis dix années passèrent.
.
.
.
[Temps de jeu : 10 ans, 0 jour]
Marigold a vingt-cinq ans.
Elle a un partenaire de mariage.
Aucun succès.
[Fin de mariage 23. Mariage avec le Jeune noble « Lancel Dante »]
Cette fin a été ajoutée à l’Album des souvenirs.
Ouverture de l’album.
.
.
.
Marigold avait déjà découvert l’identité de la personne qui l’avait soutenue pendant ces dix dernières années.
Un jour, elle aperçut sa silhouette dans la rue. Elle accourut aussitôt, lui saisit le bras et lui demanda :
« Pourquoi êtes-vous si bon avec moi ? Est-ce que j’en valais la peine ? Pourquoi n’êtes-vous pas venu me voir ? Qu’est-ce que je suis pour vous, au juste ? »
« Vous n’êtes rien pour moi. C’est juste amusant. Voilà pourquoi je vous ai aidée. Ne vous en faites pas. »
« Ça m’est égal. Vous êtes tout ce que j’ai. S’il vous plaît, vivez avec moi. »
Ils se marièrent.
Marigold fut heureuse pendant les premières années. Mais cela ne dura pas. Elle passa ensuite ses journées à se blâmer, le cœur accablé de chagrin.
[Mariage avec le Jeune noble « Lancel Dante » - fin]
Voulez-vous recommencer la partie ?
.
.
.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Lancel Dante fixa le résultat de ces dix dernières années et douta un instant de ses yeux.
Lancel s’était attendu à une fin sans éclat, mais n’aurait jamais imaginé que cela tournerait ainsi. Forcer au mariage quelqu’un qu’il s’était contenté d’observer, quelle fin absurde !
Lancel claqua amèrement la langue.
Ça ne finirait donc jamais.
Lancel prit alors une décision.
« Ça ne va pas. Tu devrais simplement épouser un prince. »
Ne serait-ce que pour mettre fin à cette régression épuisante, Lancel lui offrirait le « vrai bonheur ».
[Parce que c’est plus amusant. - Fin]
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>