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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 49 : Magicienne Marigold. (1)
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0.
Dans l’Empire à lui seul, il devait y avoir des centaines, voire des milliers de raisons pour lesquelles les chevaliers et les mages ne s’entendaient pas.
Mais la principale, c’était naturellement l’Académie.
« On dit que les mages qui ont fréquenté l’Académie et qui apprécient encore les chevaliers sont presque inexistants. »
Comme l’avait dit le baron Evil Shen, les mages commençaient généralement à détester les chevaliers après leur entrée à l’Académie.
« Là-bas, ils se battent sans arrêt. Et ce sont toujours les mages qui se font prendre pour cible les premiers. »
« Ils ont l’air faciles à intimider, en effet. »
Eh oui.
Des cibles faciles.
C’était étrange.
Les mages étaient des cibles faciles ?
Pourtant, les mages étaient précieux. Rien que parce qu’ils étaient rares.
Leurs aptitudes variaient énormément, mais le simple fait de pouvoir utiliser la magie leur valait un traitement de faveur.
Le problème, c’était qu’ils étaient moins bien traités que les chevaliers.
« Ils peuvent lancer des flammes de leurs mains. Ils peuvent geler des choses. Comment des gens aussi extraordinaires peuvent-ils être moins bien traités que des chevaliers qui savent seulement manier l’épée ? »
Il était naturel de se poser la question, et Lancel avait pensé la même chose avant d’en découvrir la vérité.
Pourquoi ?
Il y avait trois raisons principales.
— Premièrement.
« Comme tu le sais, Lancel, la plupart des mages sont roturiers à l’origine. »
« C’est sans doute le facteur décisif. »
Eh oui.
La question du statut social.
Le talent magique n’étant pas héréditaire, il était inévitable que la majorité des mages soient roturiers, puisque la population de l’Empire était majoritairement composée de roturiers.
Même si leur talent était ensuite reconnu et qu’on leur accordait le statut de baronnet ou de baron, ils n’en avaient pas moins l’air de roturiers sans racines. Du moins, c’était ainsi que les voyaient les chevaliers nés dans la noblesse.
— Deuxièmement.
« Peu de mages ont aussi des capacités physiques assez exceptionnelles pour se distinguer à la guerre. »
« C’est une profession qui exige beaucoup d’études. Ils passent tellement de temps assis à leur bureau qu’ils ont peu de temps pour faire de l’exercice. »
« Exactement. J’ai déjà vu un mage avec un ventre si proéminent que je me suis dit qu’il lui serait bientôt plus facile de rouler que de marcher. »
La plupart des mages avaient l’image de savants.
Beaucoup n’avaient tout simplement pas la force nécessaire pour porter une armure lourde, monter de rudes chevaux de guerre et courir sur les champs de bataille.
« Voilà pourquoi les mages… »
« Ils ont couru combien de temps pour être déjà épuisés ? »
« Tss. Ils n’ont pas un gramme de muscle. »
Les mages rougissaient chaque fois qu’ils entendaient les moqueries des chevaliers, mais qu’y pouvaient-ils ?
Le champ de bataille était un environnement cruel pour quiconque ne pouvait ni marcher au pas ni charger.
Même les chevaliers qui s’étaient entraînés toute leur vie seraient à bout de souffle en moins de cinq minutes s’ils devaient courir dans une boue qui leur aspirait les pieds.
Alors, qu’en était-il des mages ? Leur regard devait se troubler au bout de quelques pas à peine.
Pour un Empire bâti sur le pillage et la conquête, le fait que si peu de mages se soient distingués sur les champs de bataille constituait un problème de taille. Ils n’avaient rien à répondre quand les chevaliers les provoquaient : « Alors, combien avez-vous de héros de guerre, vous autres ? »
— Troisièmement.
« Plus que tout, la plupart des mages sont plus décevants que je ne le pensais. Chaque fois que j’en vois un, je me demande bien trop souvent s’ils sont vraiment mages. »
« Enfin, même quelqu’un qui ne peut allumer qu’une flamme de la taille d’une bougie reste un mage. C’est simplement un peu décevant. »
« Un peu ? C’est bien plus qu’un peu décevant, Lancel. Tu sais combien j’ai dû insister pour voir cette fichue magie ? Il a seulement fait couler un filet d’eau de son éventail. Franchement ! »
« …Dans un endroit sans eau, c’est déjà… »
Tout venait de l’immense différence de niveau entre les mages.
Il était vrai que la plupart étaient si faibles qu’ils auraient eu du mal à tenir tête à de simples voyous. Des exceptions comme le Troisième Prince étaient extrêmement rares.
Hum.
« Quoi qu’il en soit, ce sont les chevaliers qui provoquent les premiers. »
Eh oui.
Qu’il s’agisse de leur statut, de leurs capacités physiques ou d’une magie décevante, les chevaliers étaient toujours les premiers à les chercher.
C’était pourquoi les jeunes apprentis mages, encore innocents, finissaient par avoir les chevaliers en horreur dès leur entrée à l’Académie.
« Des roturiers ! »
« Des faiblards ! »
« Des minables ! »
À leur place, Lancel leur en aurait voulu lui aussi.
Mais il y avait ici une exception.
« …Je déteste simplement les chevaliers. »
Marigold n’avait que seize ans et n’était même pas encore entrée à l’Académie, mais sa haine des chevaliers lui montait déjà à la tête. Elle affichait une moue renfrognée.
« Alors, franchement, je ne vous aime pas non plus. »
« … »
Ce jour-là,
le monde de Lancel s’écroula.
1.
Ce n’était pas une nouveauté, mais Lancel avait encore perdu environ un an avant de rencontrer Marigold dans cette itération.
Peut-être que la capitale impériale lui donnait de l’urticaire quand elle s’y rendait par les voies habituelles, car Lancel la rencontrait toujours dans des endroits inattendus.
« Prépare-toi, Lancel. Nous devons aller voir ça ensemble. »
« Pardon ? Voir quoi, tout à coup ? »
« Je te l’ai dit ce matin. Le baron Zenith a promis de nous montrer quelque chose au Palais impérial. »
« Je faisais semblant d’écouter, alors je n’en savais rien. »
« C’est ce que j’aime chez toi, Lancel. Tu es honnête. »
Lancel n’avait pas particulièrement envie d’y aller, mais il n’eut d’autre choix que de se préparer pour la sortie. Hestie, qui avait écouté leur conversation non loin de là, semblait impatiente de les accompagner.
« Ce Mage Zenith, ce serait celui du Vent chaud ? »
« C’est ainsi qu’on le surnomme. Tu connais ce nom ? »
« Bien sûr. »
Lancel se pencha légèrement en arrière quand Hestie s’approcha, les yeux brillants.
« J’ai entendu dire qu’il fabriquait des choses capables de voler dans le ciel. »
« Elles échouent à chaque fois. »
« Je trouve ça merveilleux, malgré tout. Si les humains peuvent voler dans le ciel, alors un jour, quelqu’un comme moi aura peut-être l’occasion d’en prendre un. »
« Je me demande si ce jour arrivera de ton vivant. »
« Évite de briser mes rêves avec ce genre de remarque, jeune maître. »
« Ah, désolé. »
C’était possible, après tout. Si la civilisation faisait encore un pas en avant.
Sur cette pensée, Lancel monta dans le carrosse.
Une foule de nobles désœuvrés s’était déjà rassemblée dans le champ ensoleillé.
« Veuillez reculer, vous risquez de vous brûler si vous vous approchez trop. Nous ne vous dédommagerons pas si vous venez vous plaindre ensuite que vos cheveux ont roussi. »
— 2 août 818 de l’année impériale. Temps : très dégagé.
— Événement survenu ! « Assistante à la présentation du dirigeable. »
※ J’ai rejoint la Maison impériale, dans la capitale impériale, grâce à un emploi à temps partiel proposé par la Société du Vent chaud ! Je suis heureuse d’aider le maître pour sa présentation, mais je ne peux m’empêcher de m’énerver un peu en voyant tous ces chevaliers arrogants !
C’est là que Lancel rencontra Marigold.
Marigold, seize ans, le visage renfrogné et la voix dénuée de la moindre gentillesse, distribuait des éventails aux nobles présents, un par un.
« Vous êtes la… disciple du baron Zenith ? »
Lancel s’adressa à elle en acceptant un éventail.
Il n’aurait jamais imaginé qu’elle choisirait la voie de la magie. Et elle était devenue l’élève d’un mage aussi éminent que le baron Zenith.
« … »
Marigold le regarda en silence un instant.
« Hum. »
Après s’être éclairci la gorge, elle détourna les yeux et répondit :
« Un vent chaud risque de vous souffler au visage, alors couvrez-le avec l’éventail. Je ne pourrai pas vous dédommager si vos sourcils brûlent. »
Elle n’ajouta rien.
Marigold lui tourna aussitôt le dos et se hâta vers un autre noble.
Quelle froideur.
« Veuillez vous asseoir, je vous prie. »
Peu après, un mage âgé à la chevelure entièrement blanche fit son apparition.
Malgré son corps frêle, ses yeux restaient vifs. C’était Zenith.
« Nous allons commencer la démonstration sans tarder. »
Un grand objet apparut dans le jardin du Palais impérial.
« Mary, montre-leur. »
« Oui, maître. »
Du haut de sa petite taille, Marigold se dressa sur la pointe des pieds. Lorsqu’elle retira la toile qui le recouvrait, un dirigeable miniature apparut.
« Oh… »
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
« On dirait un navire avec un ballon accroché dessus. »
Des réactions enthousiastes fusèrent.
« Ce que je vais présenter aujourd’hui à nos distingués invités, c’est un dirigeable qui vole dans le ciel grâce à la magie du vent chaud. Un jour, une centaine de personnes, voire plus, monteront à bord de cet engin et s’envoleront. »
« Vous dites que cette chose peut voler sans ailes ? »
« Tout à fait. Si cela vous plaît, je vous demande d’investir généreusement dans mes recherches. Je vais le faire décoller. »
Zenith s’approcha du flanc du dirigeable et ferma doucement les yeux.
« Élève-toi. »
Le mana s’écoula doucement de tout son corps. Le dirigeable commença à s’élever lentement dans les airs.
« Il vole ! »
« Oh… ! »
Pendant un instant, Marigold afficha un petit air satisfait, le temps de se dire : « Héhé ! »
Boum !
Le ballon fixé au dirigeable se déchira soudain. Des flammes se mirent à jaillir tout autour.
« Maître ! »
« Oh non… ! »
Le dirigeable, qui s’était élevé à une dizaine de mètres, voire davantage, vacilla et retomba au sol. En un instant, sa coque entière fut engloutie par les flammes.
« I-il vient par ici ! »
« Courez ! »
Lancel attrapa le baron Evil Shen et Hestie et prit la fuite.
Ka-boum !
Une vague d’air brûlant se répandit autour du dirigeable comme une onde de choc, tandis qu’il explosait et s’écrasait. En un instant, le lieu de la démonstration fut sens dessus dessous.
« Aïe ! Mes vêtements ! »
« Mes cheveux ! Le peu qu’il m’en reste ! »
« Aaah ! Ça brûle ! »
Zenith.
Marigold était devenue la disciple de ce vieux mage sénile qu’on finirait par traiter de charlatan.
Lancel sentit toute trace de somnolence s’évanouir.
« Est-ce que j’ai obtenu la route de l’Archimage Marigold ? »
La route de l’Archimage Marigold était considérée comme l’une des grandes routes classiques.
Elle dépassait presque toutes les voies de combat : Guerrière Marigold, Chevalière Marigold, Vagabonde Marigold, Capitaine mercenaire Marigold, Commandante de bataille Marigold…
C’était l’une des véritables routes principales.
Son potentiel n’avait rien à voir avec celui des autres.
Les capacités de l’Archimage Marigold pourraient faire d’elle l’être le plus puissant de ce monde. Après tout, si on l’appelait Archimage, ce n’était pas pour rien.
Jusqu’ici, Marigold n’avait jamais manifesté la moindre aptitude magique.
Mais cette itération était différente. Elle était devenue l’élève d’un mage. Cela prouvait qu’elle possédait un talent magique.
Lancel était déjà satisfait d’avoir appris cela.
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« J’aime la magie, j’aime ça, j’aime ça ! »
« Mary, petite insolente ! Est-ce une façon de se comporter devant un invité de marque ? »
« Aïe ! »
Marigold venait de recevoir une tape sèche sur la tête de la part de Zenith.
« Mon élève est encore immature. Soyez indulgent avec elle, sieur Lancel. »
« … »
— Je déteste simplement les chevaliers.
— Je ne vous aime pas non plus.
La haine implacable de Marigold envers les chevaliers.
Lancel s’efforça de rassembler ses pensées embrumées.
« Apporte le thé, bon sang, petite insolente. »
« Raaah… »
Marigold s’éloigna en se tenant la tête.
Essuyant une sueur froide, Lancel parvint à reprendre ses esprits et prit la parole.
« Vous avez tout de même eu du flair en trouvant une enfant douée pour la magie. Qu’elle soit l’élève du baron Zenith à son âge augure bien de l’avenir de la Société du Vent chaud. »
Le baron Zenith eut un petit rire.
« Mary est mon élève, mais je ne l’ai pas recueillie parce qu’elle avait du talent pour la magie. »
« Pardon ? »
Il se caressa la barbe et poursuivit :
« C’est plutôt une servante que je garde parce que sa situation m’a fait pitié. Elle veut tellement apprendre la magie que je lui enseigne quelques rudiments, mais elle n’a naturellement aucun talent et ne maîtrise même pas la magie de base. Étrange, n’est-ce pas ? Disons que c’est un passe-temps pour mes vieux jours. »
« …Ah. »
Marigold était déjà condamnée.
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