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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 36 : Héritage, itération 1, Lancel dans les coulisses. (4)
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7.
À bien y réfléchir, Lancel n’avait jamais nourri de grandes attentes ni de grandes inquiétudes au sujet de Marigold, la régresseuse.
La voir mener une vie insouciante dans la propriété du baron Evil Shen rendait difficile d’imaginer autre chose.
Il ne s’était pas non plus beaucoup attardé sur son pseudonyme, Verveine citronnelle, derrière lequel il ne pouvait manifestement y avoir rien de sérieux.
« Quand on régresse pour la première fois, on finit forcément par faire des choses bizarres. »
Chaque fois qu’il recevait une nouvelle lettre apportée par un corbeau, c’était tout ce que Lancel se disait.
Comme un vieux régresseur qui observait un débutant…
Ça ne se résumait pas à ça ?
Une vie sans grand danger, mais sans grandes occasions non plus.
Cette itération de la vie de Marigold semblait devoir s’achever à peu près ainsi. Si Lancel n’intervenait pas, c’était probablement ce qui arriverait.
…Du moins, c’était ce qu’il avait cru jusqu’à la veille.
Événement de renommée accompli ! Cinquante pièces d’or ont été offertes à l’Église du Martyre de la Maison impériale au nom de « Marigold » !
« …Je dors encore ? »
Lancel douta de ses propres yeux.
« Cinquante pièces d’or ? Pas des pièces d’argent. Cinquante pièces d’or ? »
La notification annonçant que Marigold avait fait don de la somme colossale de cinquante pièces d’or flottait devant ses yeux comme une illusion.
Il ne l’avait pas mal lue.
C’était bien cinquante pièces d’or.
Une semaine exactement s’était écoulée depuis qu’il avait envoyé à Verveine citronnelle une lettre, sans le moindre espoir, lui demandant de faire accorder le titre de baronnette à Marigold, la servante.
Une semaine. Une semaine seulement.
Pour mémoire, pendant ce temps, Marigold avait consciencieusement passé toutes ses journées à jouer les servantes parasites, à manger et à traînasser.
Alors, quand avait-elle fait ça ?
Qu’est-ce qu’elle avait bien pu fabriquer ?
« Mais qu’est-ce que vous avez fichu, Marigold ?! »
C’est à peu près à ce moment-là que d’étranges phénomènes commencèrent à se produire autour de Lancel.
8.
« Regardez ça, sir Lancel. Vous ne remarquez rien de particulier ? »
« … ? »
Lancel plissa les yeux en dévisageant le baron Evil Shen, qui venait d’apparaître devant lui, l’air suffisant.
Il ne s’attendait pas à ce que ce nouveau riche bedonnant lui réclame soudain son avis sur ses vêtements ; son mécontentement se lut sur son visage.
« Pourquoi vous réagissez comme ça ? Vous me mettez mal à l’aise. »
« … Que voulez-vous que je dise ? »
« Ah, regardez ça. Là. »
À l’endroit qu’il désignait pendait un collier. On y avait enfilé quelque chose de familier à Lancel.
« Du corail ? »
« Je le savais, vous vous y connaissez ! Si vous le saviez, pourquoi faire semblant de rien ? C’est du corail. Du corail venu de la côte lointaine ! »
C’était un collier composé de morceaux de corail multicolores.
Une fois séché et conservé dans une bourse, il dégageait un parfum frais. Pour les habitants de l’archipel, il faisait donc office de désodorisant. Lancel en avait porté un semblable lorsqu’il rédigeait son carnet de voyage culinaire.
« Comment est-il arrivé jusqu’ici ? »
Lancel contempla le collier, partagé entre le plaisir et la curiosité de le voir débarquer dans la Capitale impériale.
« Si vous en voulez, dites-le-moi. De nos jours, dans la Capitale impériale, les nobles considèrent quiconque n’en porte pas un comme complètement démodé. »
« Oui… Mais comment une chose venue d’une région si lointaine est-elle devenue à la mode du jour au lendemain ? »
« Il n’y a pas longtemps, quand un ou deux nobles se sont mis à en porter, je me suis demandé quelle drôle de babiole c’était. Mais apparemment, Son Altesse le prince en porte aussi un. Après ça, la mode s’est répandue en un rien de temps. »
Un prince portait ce genre de chose ? Lancel se demanda si ces évolutions aussi bizarres ne lui semblaient étranges que parce qu’il avait régressé tant de fois.
« Quelle drôle de mode. »
…Il changea bientôt d’avis.
Le baron Evil Shen revint en trombe à la propriété.
« Bon sang, j’aurais dû en acheter d’avance ! Si j’avais su que ça arriverait, j’aurais fait des réserves ! »
« Pourquoi courez-vous partout en soulevant la poussière ? »
« Le corail, le corail ! »
Bien qu’il eût l’air de s’apprêter à repartir au pas de course, le baron Evil Shen lui répondit tout de même.
« Tout le corail destiné à la Capitale impériale a été volé par des bandits ! Apparemment, il n’y en aura pas pendant des mois. Le prix a déjà été multiplié par dix ! Vous trouvez ça normal ? »
« … Il coûtait combien au départ ? »
« Jusqu’à récemment, vingt pièces d’argent la bourse. »
Vingt pièces d’argent la bourse. Multiplié par dix, cela faisait deux pièces d’or. C’était effectivement cher.
« Et le prix va encore grimper plusieurs fois. Il faut que j’en achète maintenant. Sinon, je vais rester là à regarder les autres s’enrichir ! Et ça, je ne le supporte pas ! »
Le baron Evil Shen s’éloigna à grands pas, les bras chargés d’argent.
Il devait être malade de jalousie en voyant les marchands qui avaient fait des réserves à l’avance gagner des pièces d’or sans lever le petit doigt.
« Attendez. »
À cet instant, Lancel sentit que quelque chose clochait. Il jeta un coup d’œil dans le couloir de la propriété et aperçut Marigold, qui s’était interrompue dans son ménage pour se cacher dans un coin.
« Lulu. Louloulou. »
Elle remuait les orteils en fredonnant un air impossible à reconnaître.
« Impossible. »
Ça ne pouvait pas être elle.
Il suffisait de la regarder.
« … »
Pourtant, il ne savait pourquoi, un soupçon germa dans un coin de son esprit.
« Je me fais peut-être des idées. »
* * *
« … Voilà ce qui s’est passé. »
« Oui, sir Lancel. »
Le lendemain, Lancel fit aussitôt venir un homme à la propriété. C’était le maître de la Guilde des voleurs, mieux informé que quiconque des nouvelles de la Capitale impériale.
« Je vous ai fait venir parce que je me demande pourquoi cet objet est soudain à la mode et pourquoi son prix a flambé. Vous savez quelque chose ? »
« Ce serait à cause de la cupidité et de la foi des nobles, sir Lancel. »
« La cupidité et la foi ? »
« Oui. »
La cupidité, il comprenait. Mais la foi ?
Comme Lancel penchait la tête, le maître de la Guilde des voleurs poursuivit :
« Vous parlez de ça, n’est-ce pas ? »
Il fouilla dans une bourse et en sortit du corail.
« Ce n’est peut-être qu’un produit de luxe, maintenant, mais quand il a commencé à se faire connaître, on le présentait comme une relique sacrée capable de vaincre les démons. »
« Une relique sacrée ? Du corail ? »
Lancel fronça les sourcils.
« Ce n’est pas juste un truc qui sent bon ? »
« En effet. Mais d’après les nobles, ils en ont jeté sur un démon et la créature a été assommée d’un seul coup. Ce n’est qu’une rumeur, bien sûr. »
« … Comment une superstition pareille s’est-elle répandue ? »
« C’est ce que j’aimerais savoir. Il y avait tout simplement tant de nobles qui affirmaient l’avoir vu de leurs propres yeux… Que pouvait-on faire d’autre ? Tout le monde a fini par l’accepter. »
Le maître de la Guilde des voleurs versa le corail de la bourse dans sa paume.
« On raconte qu’ils en ont répandu sur un cadavre qui bougeait, et qu’il s’est effondré avant de tomber en poussière. Qu’on y croie ou non, après ça, on a commencé à le considérer comme une relique sacrée capable de vaincre les démons. »
Un cadavre qui bougeait.
« Magie noire. »
Le choc qui le frappa faillit faire perdre ses moyens à Lancel un instant.
Le baron Evil Shen n’avait pas entendu cette partie. Il ne croyait jamais aux superstitions sans les avoir constatées de ses propres yeux.
Mais Lancel, lui, savait.
Une mage noire avait récemment gagné une somme suspectement élevée. Une mage noire qui avait amassé une fortune telle qu’elle pouvait offrir sans sourciller cinquante pièces d’or à l’Église du Martyre de la Maison impériale.
« Marigold, c’est vous qui avez fait ça. »
Elle avait répandu une superstition grâce à la Magie noire, puis en avait même tiré de l’argent.
« Peu après, une compagnie commerciale s’est mise à fournir du corail en grandes quantités à la Capitale impériale… »
Le maître de la Guilde des voleurs reprit la parole.
« Ils ont offert des parts de la compagnie à plusieurs personnes influentes et, à partir de là, le corail est devenu extrêmement à la mode. »
« Le propriétaire de cette compagnie savait donc qu’en partageant ses bénéfices avec les nobles, il gagnerait davantage. »
« C’est exact. »
« C’est pour ça que vous avez parlé de cupidité et de foi ? »
« Oui. Vous comprenez vite, comme on pouvait s’y attendre. »
« Ne me flattez pas. »
« Ah, oui. »
Lancel fut soudain pris de curiosité.
« De quelle compagnie commerciale s’agit-il ? »
« Eh bien… »
Le maître de la Guilde des voleurs se gratta la tête.
« Personne ne le sait. »
.
.
.
« Bienfaiteur. »
Les yeux de Marigold luisaient dans l’obscurité.
« Lancel. »
Elle n’était pas seule. Une multitude de Marigold apparurent soudain autour de Lancel et se mirent toutes à s’accrocher à lui.
« Maître. »
« Frère dans la foi. »
« Jeune Maître Lancel. »
Lourd.
Les bras d’innombrables Marigold s’enroulèrent autour de son corps comme des serpents. Pour une raison quelconque, il ne parvenait pas à bouger.
« Héhéhé, viens par ici ! »
Après s’être débattu longuement sous les assauts des Marigold qui affluaient de toutes parts, Lancel ouvrit soudain les yeux.
« … »
Il se rendit compte qu’il était allongé sur un canapé. Il semblait s’être profondément endormi en faisant une courte sieste.
« Un rêve ? »
Un cauchemar, peut-être.
Il avait la gorge sèche.
Alors qu’il tendait la main vers la bouteille d’eau toute proche, il remarqua soudain quelque chose.
« Mmm. »
Marigold était serrée contre lui. Toujours vêtue de son uniforme de servante, elle était allongée à ses côtés et bavait dans son sommeil.
Était-ce possible ?
Était-elle à l’origine de ce cauchemar ?
« Hé. »
Elle ne réagit même pas quand il lui pinça la joue.
Comment une servante osait-elle se coller à un noble ?
Lancel lui donna une pichenette sur le front.
Flik !
« Hi ! »
Après ça, Marigold fut chargée du ménage punitif pendant un mois.
C’était un ordre de Lancel.
10.
Capuche noire.
À l’aube, Lancel attrapa rapidement la lettre apportée par un corbeau et la lut.
Conformément à vos instructions, une certaine Mary a rejoint notre organisation secrète en tant que cadre. Comme elle a été recommandée par Lancel Dante, elle semble remarquable à bien des égards.
« Elle se lance des fleurs. »
J’ai appris qu’elle était chargée du ménage punitif pour une petite erreur. Comme c’est une bonne personne, peut-être pourriez-vous lui pardonner généreusement.
« … ? »
Après vérification, je peux confirmer qu’elle regrette profondément sa faute. Elle est si contrariée qu’elle refuse même de se promener ou de grignoter depuis deux jours. Je vous serais très reconnaissante, ô magnanime Lancel, de bien vouloir fermer les yeux cette fois-ci.
Comme c’est pathétique, Marigold.
Quel culot de demander la clémence en se cachant derrière la fausse identité de Verveine citronnelle.
Lancel retroussa le coin des lèvres et marmonna : « Même pas en rêve. »
Un mois de ménage punitif était déjà une peine clémente, compte tenu des cauchemars qu’elle lui avait causés.
P.-S. Notre première réunion est prévue dans une semaine. Si possible, veuillez absolument y assister. Venez déguisé afin que votre identité ne soit pas découverte.
De Verveine citronnelle, de Capuche noire.
« Une réunion ? »
Sans hésiter, il prit une plume. Il voulait découvrir ce qu’était vraiment l’organisation secrète de Marigold.
Après qu’il eut annoncé son intention d’assister à la réunion, une réponse lui parvint bientôt, avec le lieu et la date.
Lieu : propriété du baron Evil Shen.
Heure : minuit, dans une semaine.
« C’est ici. »
Elle n’avait tout de même pas choisi cet endroit parce qu’elle avait la flemme d’aller plus loin ? Il ne pouvait s’empêcher de le soupçonner. Minuit était aussi l’heure où Marigold, dont le jour et la nuit s’inversaient souvent, traînait le plus volontiers.
« … Comment quelqu’un comme elle a-t-elle pu gagner autant d’argent… ? »
Quoi qu’il en soit, la semaine passa en un clin d’œil.
Quand arriva le jour de la réunion…
Événement de rencontre déclenché ! Vous avez rencontré « Yuri Langris Freesia, Troisième Prince ».
Événement de rencontre déclenché ! Vous avez rencontré « Arwen Louis Freesia, Deuxième Prince ».
Lancel y rencontra deux princes.
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