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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 35 : Héritage, partie 1, Lancel dans les coulisses. (3)
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5.
« De la part de Capuche noire, l’organisation secrète dévouée au grand Lancel Dante… »
Capuche noire.
Quel nom atrocement maladroit. Lancel eut un petit rire et poursuivit sa lecture.
« Écoutez-moi bien. Cela peut paraître difficile à croire, mais je suis depuis longtemps une fidèle de Sir Lancel Dante, et je connais beaucoup de choses sur son avenir.
« C’est on ne peut plus suspect. »
« Sir Lancel Dante ne devrait pas en rester là ! Quel gâchis de voir son talent et ses capacités s’étioler dans la maison d’un noble fortuné, à ne rien faire de ses journées. C’est comme manger du pain sans y mettre de confiture. »
« Quelle comparaison, dis donc. »
Marigold, qui passait son temps à paresser, osait le traiter de fainéant.
« Mais ne vous inquiétez pas, Sir Lancel Dante. Je vais m’occuper de tout. À partir de maintenant, je vais faire de cette organisation secrète appelée Capuche noire une force florissante et soutenir Sir Lancel Dante de toutes mes forces, jusqu’à ce qu’il devienne un grand noble que même l’Empire ne pourra pas prendre à la légère.
« À propos, notre organisation compte actuellement trente membres et cinq dirigeants. »
« C’est du pipeau, pas vrai ? »
Il n’y croyait pas. Pas une seconde.
« Dès demain, je vous enverrai une lettre chaque soir. Je vous rendrai compte chaque jour des progrès de l’organisation, alors répondez-moi dès que possible. Ah, si vous avez besoin de quoi que ce soit, écrivez-le dans votre réponse, n’importe quand. J’exaucerai toutes vos demandes. Faites-moi confiance. Sir Lancel, votre vie va enfin prendre un bon tournant. »
« De la part de Verveine citronnelle, dirigeante de Capuche noire. »
« … »
Lancel fixa un instant la fin de la lettre, puis la brûla soigneusement à la flamme de la lampe.
« Et si j’allais dormir ? »
* * *
Le lendemain matin, Lancel vit Marigold tourner autour de lui d’un air étrangement agité.
« Pourquoi est-ce que vous faites les cent pas ? »
« Pardon ? C’est juste… euh… rien… »
Elle s’éloigna, l’air abattu, en marmonnant dans sa barbe.
« …Pourquoi il ne réagit pas du tout… ? »
Apparemment, elle était très déçue que le destinataire d’une lettre de l’organisation secrète Capuche noire se comporte comme si de rien n’était.
« Et qu’est-ce que je suis censé faire, alors ? »
Lancel n’était pas assez froid pour refuser de jouer le jeu avec les lubies étranges de Marigold la régresseuse.
Mais il n’avait aucune idée de la réaction qu’on était censé avoir en recevant une lettre d’une organisation secrète ; il se contenta donc de poursuivre son petit-déjeuner.
De temps à autre, le visage boudeur de Marigold s’attardait au bord de son champ de vision.
.
.
.
Pan ! Pan ! Pan !
À l’aube, Lancel fut de nouveau tiré d’un profond sommeil. Le coupable était un corbeau qui tambourinait obstinément contre la fenêtre. Il devait être environ trois heures du matin.
« Si vous comptez l’envoyer, faites-le plus tôt. Pourquoi attendre si tard ? »
Il ouvrit la fenêtre en bâillant longuement.
Flap !
Le corbeau entra dans la pièce d’un battement d’ailes, et Lancel l’attrapa aussitôt.
Croa ! Croa !
Comme s’il s’attendait à quelque chose, le corbeau se couvrit les yeux et se mit à trembler pitoyablement.
« Je ne vais pas vous poignarder. »
Il ramena près de la lampe la lettre attachée à sa patte.
« Oui, c’est bien Capuche noire. La lettre a pu vous sembler difficile à croire, puisqu’elle est arrivée sans prévenir. Mais Capuche noire existe bel et bien. Nous sommes réellement une force influente de l’Empire, dévouée à Sir Lancel Dante ! Ce n’est pas une plaisanterie. Je vous en prie, croyez-nous ! »
« Marigold doit être profondément déçue. »
Elle avait dû croire que Lancel avait pris la lettre de la veille pour une farce lancée par quelqu’un qui s’ennuyait ferme.
Difficile de prétendre le contraire, puisqu’il n’avait pas tout à fait pensé autre chose.
« Mais je l’admets. Si je recevais une lettre pareille à l’improviste, je la trouverais moi aussi un peu suspecte. J’ai mal jugé la situation. C’est très rare et, pour tout dire, assez inhabituel chez moi, mais j’ai commis une petite erreur de jugement. »
Lancel jeta un coup d’œil au corbeau, qui avait on ne savait comment grimpé sur son épaule, puis reprit sa lecture.
« Nous allons donc vous prouver que notre organisation existe. Répondez-nous et confiez-nous n’importe quelle tâche. Oui, donnez-nous un ordre. Nous ferons tout ce que vous voudrez. »
« De la part de Verveine citronnelle, dirigeante de Capuche noire. »
« Hmm. »
La situation était amusante.
Lancel sourit et s’empara rapidement de sa plume.
« Qu’est-ce que je pourrais lui demander pour la faire revenir ? »
Il valait peut-être mieux commencer par quelque chose de simple. S’il demandait quelque chose de trop compliqué, nul ne savait ce qui pourrait arriver.
Dans l’espace laissé libre sous la lettre, Lancel écrivit une courte réponse.
« Apportez-moi la confiture vendue à l’heure du déjeuner par la boulangerie de la douzième rue, à Rodnis. C’est tout. »
.
.
.
« Ah ! »
Le lendemain, Lancel vit Marigold trébucher à grand fracas à l’entrée du domaine. Le pot de confiture qu’elle tenait dans ses bras roula sur le sol et son contenu se répandit partout.
« Non ! Ma confiture ! »
« Mary ! Où étiez-vous passée ? »
« J-juste sortie un instant… ! »
« Qu’est-ce que c’est que ça, par terre ? Vous avez tout renversé ! Nettoyez-moi ça, vite ! »
« O-oui ! »
« Raté. »
Cette demande était-elle donc trop difficile, elle aussi ?
Croa !
« Hmm ? »
Pourtant, à l’aube, le corbeau qui tapait à sa fenêtre tenait dans son bec une ficelle. Elle était solidement nouée autour d’un pot de confiture.
Lancel le fit entrer et ouvrit rapidement le pot.
« C’est… »
La confiture n’avait pas l’odeur de celle vendue à la boulangerie de la douzième rue. Quand il la goûta, sa saveur lui parut étrangement familière.
Elle avait manifestement rempli le pot avec de la confiture qu’elle avait préparée elle-même.
« Je vous ai livré la confiture que vous aviez demandée. Allez-vous maintenant croire que nous existons ? »
Quel culot.
Lancel prit sa plume.
« Oui, je vous crois. Vous êtes vraiment ma fidèle. »
Le corbeau posé sur son épaule déploya les ailes et s’envola.
Sa silhouette qui s’éloignait avait l’air satisfaite.
* * *
« Apportez-moi une bouteille de vin de pomme. C’est difficile d’en trouver dans les environs. »
Le lendemain, le corbeau lui apporta du vin de fruits.
« Il y a un chiot qui vient parfois dans le jardin. Pourriez-vous l’amener dans ma chambre ? »
Le lendemain, Lancel reçut un chiot fourré dans une poche.
« Quel genre de vêtements m’irait bien ? Apportez-moi quelque chose de convenable. »
Le lendemain, le familier de Marigold arriva en volant, peinant sous le poids d’au moins quatre tenues.
Contre toute attente, elles lui allaient très bien.
À ce stade, Lancel avait commencé à se prendre au jeu.
Cette organisation secrète atrocement maladroite, qui ne comptait presque certainement que Marigold, s’appliquait à satisfaire ses demandes.
Se demandant : « Ça aussi, elles peuvent le faire ? », Lancel fit courir sa plume sur le papier.
« Apportez-moi une pièce d’or. Je suis dans une situation délicate, car je n’ai pas d’argent. »
Le lendemain, le familier apparut avec une pièce d’or dans le bec, sans qu’on sache où il l’avait trouvée.
Croa !
En prenant la pièce d’or étincelante, Lancel eut de plus en plus de mal à cacher sa stupéfaction.
« Mais où est-ce qu’elle a bien pu trouver ça ? »
À sa connaissance, Marigold était restée toute la journée dans le domaine. Comme d’habitude, elle avait un peu travaillé avant de s’éclipser pour faire une sieste.
Alors, comment avait-elle obtenu une pièce d’or ?
Si elle avait pu la trouver quelque part, c’était forcément dans le domaine. Mais cela n’avait aucun sens non plus. Le baron Evil Shen, célèbre pour son avarice, surveillait ses finances avec une extrême minutie. Il n’aurait jamais laissé traîner une pièce d’or, une somme aussi précieuse.
Lancel déplia rapidement la lettre.
« Voici la pièce d’or que vous avez demandée ! Voilà le pouvoir de notre organisation secrète ! Si vous en voulez davantage, nous pouvons vous en procurer autant que vous le souhaitez ! »
Lancel se caressa le menton.
« Elles sont plus capables que je ne le pensais. »
Mais quand même…
« Ce n’est pas plutôt un service de courses qu’une organisation secrète ? »
Enfin.
À proprement parler, si Marigold se retrouvait ainsi à son service, c’était à cause de lui. Mais, vu ce qu’elles avaient accompli jusqu’ici, elles n’étaient que de très pratiques coursières. Rien à voir avec la grande organisation secrète qu’elle avait imaginée au départ.
Lancel remit la pièce d’or dans le bec du corbeau et le renvoya, en lui demandant de rapporter l’argent à l’endroit où il l’avait trouvé.
« Il n’y a vraiment pas des dizaines de membres, au moins ? »
… Non. Impossible.
6.
« À bien y réfléchir, la Capitale impériale est plutôt agitée ces derniers temps. »
« Pardon ? »
« Le Bal impérial. »
Aux mots du baron Evil Shen, Lancel reposa le morceau de viande qu’il allait porter à sa bouche. Ils dînaient.
« Pour une raison ou une autre, il paraît que tout le palais sera ouvert pour la fête des récoltes, dans deux ans. Je me suis dit que ce serait une excellente nouvelle pour les jeunes nobles prometteurs comme Sir Lancel. »
« Dans deux ans… »
Marigold avait fêté ses dix-sept ans peu de temps auparavant. Dans deux ans, elle en aurait dix-neuf, l’âge où elle pouvait atteindre la Fin du mariage.
« Bien sûr que vous devrez y assister cette fois-ci, Sir Lancel. Il paraît que plusieurs personnes se sont mariées après de précédents Bals impériaux. Cela remonte à longtemps, tout de même. »
« C’est vrai. »
« Profitez-en pour séduire une jeune dame et l’amener au vicomte Dante. Si vous n’en profitez pas maintenant, quand aurez-vous l’occasion de tenter votre chance auprès de jeunes dames aussi distinguées ? N’êtes-vous pas d’accord ? »
Le baron Evil Shen était déjà tout excité, alors que cette affaire ne le concernait même pas. À côté de lui, Marigold, qui remplissait son verre d’eau, tendit l’oreille.
La mention du Bal impérial semblait l’avoir intriguée, elle aussi.
« C’est effectivement une occasion à saisir. »
Une occasion.
« Une occasion de faire de Marigold une épouse impériale. »
Pour les nobles de ce monde, le mariage n’était généralement qu’un moyen de nouer des alliances entre familles. Ils choisissaient quelqu’un qui servirait les intérêts de leur maison et concluaient une union à moitié forcée.
Les fiançailles de Lancel avec la jeune dame Iceford, l’une des trois grandes beautés de l’Empire, lors de l’itération précédente, avaient suivi le même principe.
Mais le Bal impérial était différent.
On pouvait s’y faire une demande en mariage.
Lors de cet événement, deux personnes pouvaient se fiancer uniquement selon leurs propres désirs. Étonnamment, c’était une règle tacite de la société aristocratique de la Capitale impériale.
Lancel avait déjà une idée de la raison pour laquelle cette coutume avait vu le jour.
« Il y avait tant de scènes de ce genre dans le jeu. Qu’il s’agisse d’une rupture de fiançailles ou d’une demande en mariage, ces événements de romance fantasy qui se déroulaient pendant un Bal impérial… »
Le Bal impérial était ainsi devenu le dernier bastion de l’Empire pour les histoires d’amour et les idéaux romantiques.
Naturellement, même la famille impériale y assisterait.
« Si je parviens à faire entrer Marigold là-dedans, tout ne pourrait-il pas basculer d’un seul coup ? »
Comment séduire un prince, c’était un problème pour plus tard. La priorité était qu’une occasion se présente.
Oui. Le Bal impérial n’avait pas lieu souvent. Au cours de toutes les décennies qu’il avait vécues, ce ne serait que la troisième fois. L’occasion était extrêmement rare.
« N’importe quel noble peut y assister ? »
« Bien sûr. Pourquoi quelqu’un comme Sir Lancel ne pourrait-il pas entrer ? »
« Et les roturiers ? »
« Il va de soi qu’ils ne peuvent même pas s’en approcher. »
« Et ceux qui se trouvent entre les deux ? »
« Ils pourraient probablement y entrer, au moins. »
Entre les nobles et les roturiers.
Il parlait du titre de noblesse honorifique de baronnet.
« …Comment fait-on déjà pour devenir baronnet ? »
Le baron Evil Shen eut l’air de se demander pourquoi Lancel posait la question, mais, comme celui-ci insistait, il finit par répondre.
« D’abord, il faut faire un don d’au moins cinquante pièces d’or… »
« Et ensuite ? »
« Et si vous obtenez un grand nombre de recommandations de nobles… Je crois que la Maison impériale attribue le titre aux alentours du Nouvel An… Mais pourquoi cette question, tout à coup ? »
La Maison impériale examinait donc la fortune et les relations du candidat avant d’étudier son dossier et de lui accorder le titre. En bref…
« Hmm… »
« Hmm… »
Pour une raison quelconque, Marigold, à ses côtés, semblait elle aussi réfléchir intensément.
* * *
À l’aube, Lancel se mit aussitôt à écrire à Verveine citronnelle, le pseudonyme de Marigold.
« Cela vous paraîtra peut-être soudain, mais j’aimerais proposer quelqu’un comme dirigeante de Capuche noire. Il y a une servante nommée Mary dans le domaine où je séjourne. Elle m’écoute bien, alors veillez à l’intégrer à l’organisation.
« Mon plan est de faire obtenir à Mary le titre de baronnet au plus vite et de l’envoyer au Bal impérial. Tout cela est pour l’organisation, alors n’y réfléchissez pas trop. Voilà tout. »
« Est-ce que ça suffira ? »
Lancel n’en était pas certain non plus, mais il n’avait pas le choix.
Il ne lui restait que deux ans. Il devait trouver un moyen de faire entrer Marigold au Bal impérial d’ici là.
.
.
.
« …Jeune Maître Lancel… me veut… »
« Pardon ? »
La lettre à la main, Marigold resta bouche bée.
« Est-ce qu’il… veut recevoir… une demande en mariage de ma part ? »
« Qu’est-ce que vous racontez, dès le petit matin ? »
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