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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 29 : Marigold la Fortunée. (3)
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« C’est impossible. »
C’était impossible.
Cette fois, Lancel le nia fermement. Marigold avait beau être imprévisible, elle n’avait pas pu devenir la cheffe d’une bande de brigands en seulement deux ans.
Rassuré, Lancel retourna profiter de la fête des récoltes.
Mais, pour une raison inconnue, il n’arrivait à se concentrer sur rien. Ni sur le doux parfum du vin de fruits qui embaumait la fête, ni sur l’odeur de la viande qui grésillait, ni sur les danses dans les champs ou la musique des instruments.
Ce ne fut qu’à minuit, lorsqu’une silhouette apparut devant lui, plantée devant le panneau d’affichage, qu’il finit par se rendre à l’évidence.
« Sérieusement, combien ils en ont mis ? »
Marigold, dix-neuf ans, arrachait les avis de recherche en maugréant.
« Je savais que ça finirait comme ça. »
Lancel ramassa un bâton par terre et lui tapota légèrement la tête.
« Je vous tiens, cheffe des bandits. »
« Hiii ! »
Elle bondit en arrière sur près de cinq pas, puis s’étala de tout son long.
« Aïe ! »
Lancel s’accroupit pour se mettre à sa hauteur. Marigold était assise, une main sur le nez.
« La prime doit être sacrément élevée, cheffe des bandits Mary. »
« N-Non, pas du tout ! Je suis innocente ! C’est une accusation mensongère ! Je n’ai jamais rien fait de mal ! Je ne suis qu’une pauvre victime ! Épargnez-moi… Hein ? »
Marigold, qui marmonnait les yeux fermés, croisa son regard.
« … »
« Pourquoi ne pas essayer de vous trouver une excuse ? »
Elle le fixa sans répondre, l’air hébété.
Chaque fois qu’il lui tapotait le front du doigt, entre les sourcils, elle se contentait de cligner des yeux en silence.
« Bienfaiteur… ? »
De grosses larmes se mirent à couler des yeux de Marigold.
6.
« Snif… Bouh… Hips. »
Une fois installés dans une auberge voisine, Lancel attendit que Marigold, qui s’était accrochée à lui en pleurant un bon moment, finisse par se calmer.
« Pourquoi est-ce que je te retrouve toujours dans un état pareil, Bienfaiteur ? »
« C’est plutôt à moi de poser la question. Pourquoi es-tu toujours à deux doigts de mourir quand je te retrouve ? »
À ce stade, le plus étonnant, c’était qu’elle soit encore en vie.
« Arrête de pleurer et raconte-moi ce qui s’est passé. Avant que je te livre aux gardes en échange de vingt-cinq pièces d’or, cheffe des bandits. »
« C-C’est une accusation m-mensongère ! Le baron Bake, ce type horrible, m’a pris mon argent et m’a fait porter le chapeau ! »
« Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Quand j’ai racheté la compagnie commerciale, j’ai aussi acquis le droit de recouvrer ses créances, mais tout ça n’était qu’un coup monté par le baron Bake et la compagnie ! Je me suis fait avoir sans rien comprendre, et maintenant on m’accuse d’être à la tête d’une bande de brigands… ! »
« Reprends depuis le début. »
Lancel s’essuya le front moite tandis que son histoire déferlait dans un flot tremblant.
Marigold vida une tasse d’eau fraîche pour reprendre ses esprits, puis poursuivit.
« Il y a un an, j’ai eu de la chance et j’ai gagné beaucoup d’argent. J’ai acheté une épave, mais… ah, tu n’as pas besoin d’en savoir autant, Bienfaiteur… ! »
Elle n’avait tout de même pas investi dans un navire pirate, encore une fois ? Le regard de Lancel se fit plus perçant, et Marigold changea aussitôt de sujet.
« À force de côtoyer des compagnies commerciales, j’ai compris que, pour gagner de l’argent, il fallait que j’en possède une. »
« Les commissions qu’on touche sans bouger le petit doigt sont plutôt intéressantes. »
« C’est ça ! Exactement, Bienfaiteur ! »
Marigold s’illumina aussitôt qu’il fut d’accord avec elle. Elle se mit à babiller avec enthousiasme, mais son expression s’assombrit bientôt.
« Alors, quand j’ai appris qu’une célèbre compagnie commerciale de la région était mise en vente dans son intégralité, je l’ai achetée. »
« Combien ? »
« Vingt-cinq pièces d’or… »
Par coïncidence, c’était exactement le montant de la prime offerte pour Marigold.
« Et j’ai aussi acquis le droit de réclamer les cent cinquante pièces d’or que le baron Bake devait à la compagnie. »
« Et ensuite, le baron Bake a accusé ta compagnie d’être une bande de brigands ? »
« Oui ! C’est ça ! Bienfaiteur, t-tu me crois, n’est-ce pas ? »
« … »
« Tu me crois… n’est-ce pas… ? »
Lancel s’en était honnêtement douté.
Dès qu’il avait appris que Marigold avait été désignée comme cheffe d’une bande de brigands, il avait deviné que l’histoire ressemblait probablement à ça.
« On se débarrasse du créancier, et la dette disparaît. »
Au cours des centaines d’années qu’il avait vécues dans ce monde, il avait entendu parler de manigances de nobles bien pires que celle-là.
« Brigand » était une étiquette bien pratique à cette époque. Un voisin, quelqu’un qui vous en voulait, les soldats d’un autre pays ou simplement une personne qui ne vous revenait pas. Du moment que ça paraissait crédible, on pouvait coller cette étiquette à n’importe qui.
Après tout, il était courant d’arrêter quelqu’un au hasard, de lui trancher la tête, de l’exposer et de le faire passer pour un brigand sans même entendre sa version des faits.
« Bienfaiteur… »
« Essuie-toi d’abord le visage. »
« Mmph ! »
Lancel essuya le visage ruisselant de larmes de Marigold avec un mouchoir.
« Tu as le contrat de prêt ? »
« Oui, oui ! »
Persuadée qu’il lui faisait confiance, Mary fouilla dans ses vêtements.
Elle en sortit bientôt un parchemin soigneusement roulé.
« Le voilà… ! »
« Je vous apporte votre repas. »
C’est alors que cela arriva.
La porte de la chambre de l’auberge s’ouvrit sans qu’on frappe. Lancel poussa aussitôt la tête de Mary sous sa robe pour la cacher.
Un bref cri retentit dans les plis du vêtement. Au même instant, la serveuse entra.
« … Qu’est-ce que vous faites ? »
La serveuse regarda Lancel d’un air étrange tandis qu’il redressait à la hâte la tasse d’eau renversée.
« Rien. Posez ça et allez-vous-en. »
Lancel répondit en repoussant Marigold, qui gigotait, plus profondément sous sa robe.
« Très bien… »
Son regard était méfiant.
« Vous faut-il autre chose ? »
Snif, snif.
Il repoussa doucement la tête qui venait de se mettre à renifler contre sa poitrine.
« Je vous le dirai si quelque chose me vient à l’esprit. »
« Nous allons bientôt proposer un service d’aide au bain. N’hésitez pas à nous appeler quand vous en aurez besoin. »
La serveuse sortit et referma la porte.
Ce ne fut qu’une fois ses pas complètement dissipés que Lancel tira de sa robe ce qu’il y avait caché.
Marigold émergea des plis épais, le visage rougi par la chaleur après être restée enfermée là-dedans.
Elle avait l’air d’avoir résisté un instant avant de sortir. C’était sans doute son imagination.
« Enfin bref. »
« … Oui ! »
Il prit le contrat de prêt des mains de Marigold, encore sous le choc.
« Donc, il suffit de récupérer cet argent ? »
« C-C’est possible ? »
« Il y a toujours un moyen. Je suis noble, après tout. »
Il n’aurait qu’à faire jouer l’influence de sa famille.
* * *
« Je viens recouvrer une dette. »
Par un matin de printemps, alors que la saison s’éveillait peu à peu, Lancel arriva devant le bastion du baron Bake.
« Je viens réclamer les cent cinquante pièces d’or que le baron Bake a empruntées. Ouvrez la porte, s’il vous plaît. »
Après avoir crié un bon moment devant les murs ceints de palissades, il vit des soldats sortir prudemment la tête.
« D’où venez-vous ? »
« Je représente la Compagnie Mary. »
« La Compagnie Mary ? Une compagnie pareille existe ? »
« Le baron Bake comprendra quand vous le lui direz. »
« Attendez là. »
Le soldat disparut, puis revint peu après, un arc à la main. La porte s’ouvrit et des gardes se précipitèrent dehors.
« Attrapez ce brigand ! »
« Quel culot, ce brigand, de venir réclamer de l’argent ici ! »
Lancel fit aussitôt reculer son cheval. Plusieurs flèches sifflèrent dans les airs, passant près de lui.
« Baron Bake ! Vous avez fait une erreur ! »
7.
« Voilà ce qui s’est passé. »
« Tss, tss. »
Lancel raconta tout ce qui lui était arrivé à la Maison Dante, son foyer, qu’il n’avait pas revu depuis un bon moment.
Marigold était assise à côté de lui, le regard fuyant comme si elle ne tenait pas en place.
À bien y réfléchir, c’était la première fois qu’il la ramenait chez lui.
« Alors. »
Le vicomte Dante prit la parole, les sourcils profondément froncés.
« Tu as investi de l’argent dans cette propriétaire de compagnie commerciale appelée Mary, et le baron Bake, qui lui devait de l’argent, l’a fait passer pour une brigande ? Il t’a pris avec elle ? Il ne s’est pas contenté de te refouler à l’entrée : il t’a menacé en tirant des flèches ? »
« Vous comprenez vite. Vous êtes vraiment mon père. Si ces flèches avaient été un peu plus précises, à votre avis, où en serais-je maintenant ? Imaginez un peu. »
« Je dirais que tu l’aurais bien mérité. »
Sa mère, Lady Dante, assise en face de lui, porta une main à son front.
« Je croyais que tu t’étais enfin décidé à te marier en ramenant une femme à la maison. Pourquoi faut-il que tu sois plus turbulent que tes frères ? »
« Je suis un esprit libre… »
« Esprit libre, mon œil ! »
Marigold tressaillit au cri furieux.
« Ça suffit. »
Après un instant de réflexion, le vicomte Dante reprit la parole.
« Le baron Bake n’aurait pas fait ça sans raison, espèce d’idiot. À mon avis, tu as dû faire quelque chose de mal. C’est toi le pire, toujours à te faire des ennemis sans raison. »
« Vous êtes bien dur avec votre fils. »
« Des conneries… »
Le vicomte Dante lui fit signe de se taire, visiblement préoccupé par cette affaire.
Même s’il était dans son bon droit, il tenait à éviter de se quereller avec un autre noble.
« Ça suffit. Considère cet argent comme perdu et oublie-le. J’enverrai moi-même un messager pour dissiper le malentendu. Il fera au moins un petit geste de bonne volonté. »
« Cent cinquante. »
« … »
« Pièces d’or. »
« … »
« Rien que le principal. »
« … ! »
Le vicomte Dante se leva brusquement.
« De qui le baron Bake est-il le vassal ? »
« J’ai entendu dire qu’il servait le marquis Chalet. Il paraît raisonnable. »
« Préparez-vous. »
Le vicomte Dante se mit à s’habiller. À ses côtés, sa femme secoua lentement la tête.
« Allons récupérer cet argent tout de suite. Vous vous appelez Mary ? »
« O-Oui, oui ! Votre Excellence ! »
« Montrez-nous le chemin. »
.
.
.
« Espèce de putain de baron Bake ! Sortez de votre bastion sur-le-champ, pour avoir osé traiter mon précieux fils de brigand et le menacer ! »
La voix tonitruante du vicomte Dante résonna sur les terres du baron Bake.
Des soldats aux habitants, tous regardaient les visiteurs indésirables d’un air tendu.
La fête des récoltes était terminée, mais une cavalerie armée s’était rassemblée dans les champs sous un ciel limpide.
Les gardes chargés de protéger le village n’osèrent même pas les arrêter. Devant l’aura d’une vieille maison de chevaliers, ces gardes de milice ne purent que s’écarter en toute hâte. Le domaine rural du baron Bake ne faisait pas le poids.
« Baron Bake ! Vous ne m’entendez pas ? Sortez immédiatement ! Ou faut-il que j’ouvre moi-même cette porte pour obtenir satisfaction ? »
La porte du bastion s’ouvrit bientôt.
« Hal… hal… ! »
« Vous avez enfin décidé de sortir. »
Un homme d’âge mûr et corpulent accourut, le dos trempé de sueur froide. C’était le baron Bake.
« P-Pourquoi le célèbre vicomte Dante a-t-il fait tout ce chemin jusqu’à cette humble campagne… ? »
« J’ai entendu dire que vous aviez tiré sur mon fils, et vous prétendez encore ne pas savoir pourquoi je suis là ? »
« V-Vous parlez de votre fils ? »
« Oui. Vous ne vous souvenez pas du visage de cet idiot ? »
Un doigt pointa Lancel.
Le regard du baron Bake le dépassa pour s’arrêter sur la femme qui chevauchait devant lui.
« Mary, espèce de salope… ! »
Mary adressa à l’homme stupéfait un sourire satisfait, comme si elle sentait derrière elle une armée de mille hommes.
« Rendez-moi mon argent ! »
« Espèce de salope… ! »
« Surveillez votre langage, baron Bake. »
Lancel l’interrompit.
« La propriétaire de la Compagnie Mary est l’une des nôtres, à la Maison Dante. Tout ce que vous avez dit et fait à la propriétaire de la compagnie revient à vous en prendre à notre maison. »
« … »
Le baron Bake perdit toute contenance. On s’inclinait devant les forts et on s’en prenait aux faibles. Telle était la loi de ce monde.
« Eh bien. »
Un sourire se dessina sur les lèvres du vicomte Dante.
« Entrons donc pour régler les comptes comme il se doit. »
« A-Attendez, nous n’avons pas une telle somme non plus, Votre Excellence. Donnez-nous un peu de temps et nous rembourserons tout, en plusieurs fois, sans faute… ! »
« Qu’est-ce que vous racontez ? »
Le vicomte Dante promena lentement son regard autour de lui.
Il contempla le vaste paysage du domaine du baron Bake.
« N’y a-t-il pas des terres ? »
« … ! »
Le désespoir emplit les yeux du baron Bake.
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Événement d’urgence réussi ! Selon le taux d’intérêt prévu par le contrat de prêt, soit 35 %, vous avez obtenu 30 pièces d’or, 30 % du domaine du baron Bake et deux forêts destinées à la chasse ! Le succès de la Compagnie Mary ne fait que commencer !
※ La famille du vicomte Dante a acquis 50 % des parts de la Compagnie Mary. C’est un peu dommage, mais avoir un partenaire est rassurant ! (Charme, Sex-appeal, Sensibilité, Endurance EN HAUSSE !!)
※ À partir d’aujourd’hui, la Compagnie Mary recrutera des employés ! Le premier quota de recrutement est de 100 personnes ! (Charme, Élégance, Sex-appeal EN HAUSSE !!)
Tout commença dans les marches frontalières.
Une compagnie commerciale à la richesse suspecte.
Ce fut le moment où la Compagnie Mary fut officiellement fondée.
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