WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Potter
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 15 : Guerrière Marigold. (10)
──────
20.
Quel spectacle.
C’était la seule façon pour Lancel de décrire la situation.
Un véritable spectacle.
« Je vous admire depuis très longtemps, mademoiselle Mary ! Je vous en prie, acceptez ma demande en mariage ! »
« Euh… on se connaît depuis longtemps ? »
Premier genre : les répliques mécaniques.
Bien qu’ils la rencontrassent pour la première fois, ils commençaient par lui balancer une déclaration d’amour éculée.
Étonnamment, ils formaient le groupe le plus nombreux.
« Mary, quand je vous vois, mon cœur s’envole comme s’il traversait les plaines de Ronaronia. Ô femme semblable à la timide lueur de la lune qui se lève après le coucher du soleil éclatant ! Cet Empire sans vous est comme un ciel nocturne vide, alors comment les mots pourraient-ils décrire mon cœur privé de vous… ! »
« Je suis désolée ! »
Deuxième genre : les poètes.
Ils se donnaient beaucoup de mal pour n’obtenir absolument rien en retour.
Déjà, tout était bien trop grandiloquent.
Et puis, où se trouvait donc Ronaronia ? Lancel n’avait jamais entendu parler d’un tel endroit.
Leurs discours étaient inutilement longs, si bien que Marigold les interrompait souvent en plein milieu avant de s’enfuir.
« Écoutez. Je suis un homme appelé à devenir le plus fort du continent. Je me distinguerai sans faute dans cette guerre et intégrerai le meilleur ordre de chevaliers de l’Empire. N’est-ce pas une proposition assez avantageuse pour une femme de basse naissance comme vous ? »
« … »
Troisième genre : les gens beaucoup trop imbus d’eux-mêmes.
À ce stade, Lancel ne savait plus s’ils essayaient de la séduire ou de l’insulter.
« Écoutez, mademoiselle Mary. Voici ce que je vous propose. Sur trois cents pièces d’or, je vous en donne cent. Ce ne sera pas difficile du tout. Faites simplement semblant d’être amoureuse de moi pendant quelque temps. Vous pouvez gagner cent pièces d’or sans même quitter votre siège. Qu’en dites-vous ? C’est une idée brillante, non ? »
Quatrième genre : les négociateurs.
Ils commencèrent à apparaître quand il devint évident que les approches sentimentales ne menaient à rien.
Un détail méritait d’être souligné : pas un seul n’était prêt à céder la moitié de la somme, ou davantage.
« Femme. M’épouserez-vous, ou mourrez-vous de ma main ? »
Cinquième genre : pas la peine d’en parler.
* * *
« Pwahahaha ! Ces idiots se démènent comme des fous. »
Le Sixième Prince se tenait à quelque distance et riait à gorge déployée devant la farce qu’il avait mise en scène.
« Ils ne sont même pas capables de séduire une femme. Je suppose qu’aucun d’eux ne se mariera jamais. Quels idiots. »
Pendant plusieurs jours, il ne s’approcha pas lui-même de Marigold.
Il se contentait de rester assis à observer, comme s’il était certain de pouvoir la faire sienne dès qu’il le voudrait.
Lancel trouva Mary cachée dans un coin, à l’abri des hommes.
« Qu’est-ce que vous faites ? »
« Hii ! Ah, Maître. »
Elle avait l’air sur le point de fondre en larmes.
« … À votre avis, qu’est-ce que Son Altesse prépare ? »
« Rien du tout, probablement. »
Lancel posa une main sur son front douloureux en regardant la jeune fille abattue.
Sixième Prince, vous semez le trouble partout où vous allez.
Il semblait considérer cette expédition comme un simple jeu.
Comme s’il avait complètement oublié qu’il s’agissait d’une Force impériale de secours envoyée pour sauver l’armée du Cinquième Prince, en difficulté.
Et s’ils perdaient la guerre ?
Tous ceux qui se trouvaient ici en porteraient la responsabilité.
Tous, sauf le Sixième Prince, pourtant à l’origine de tout ce chaos.
Le déshonneur d’avoir échoué à sauver un prince ne pouvait pas être passé sous silence.
Lancel était certain que tous les chevaliers et les commandants perdraient leurs titres et seraient envoyés dans quelque province reculée. Certains recevraient peut-être même un châtiment plus sévère.
Et Lancel ne pouvait pas être sûr d’échapper lui-même à ce sort.
* * *
« À quoi pensiez-vous en lançant ce pari ? »
« Hmm ? »
Le Sixième Prince répondit avec un sourire désinvolte.
« Faut-il une raison pour faire un pari ? On parie parce que c’est amusant. »
« Amusant… »
Deux jours s’étaient déjà écoulés.
Depuis deux jours, un banc de piranhas à l’affût des trois cents pièces d’or rivalisait d’astuce avec Marigold.
Lancel n’arrivait pas à oublier l’image de la jeune femme, les yeux à moitié éteints, qui piquait du nez.
… Maître, cachez-moi quelque part, je vous en prie. Les gens me suivent partout. Partout…
Marigold voyait la cupidité se cacher dans les yeux de ceux qui s’approchaient d’elle en lui jurant leur amour. Les humains sont vraiment terrifiants. Tellement terrifiants.
※ L’endurance et l’état de Marigold diminuent considérablement. La fatigue continue de s’accumuler.
« Pourquoi ? Vous voulez que ça s’arrête ? Alors il vous suffit d’admettre une chose. »
Le Sixième Prince baissa la voix, d’un ton menaçant.
« Votre relation avec mademoiselle Mary ne se limite pas à celle d’un supérieur et de sa subordonnée. Elle est bien plus intime. Si vous l’admettez, je mettrai immédiatement fin à tout ça. »
« … »
« Bien sûr, une vilaine rumeur se répandra dans la Capitale impériale. Un homme marié depuis seulement trois jours garderait déjà une maîtresse à ses côtés… »
Bien sûr.
Les nobles de la Capitale impériale s’intéressaient toujours de très près aux histoires de cœur des autres. Dès que la nouvelle se répandrait que Lancel délaissait sa femme pour la tromper, ces oisifs ne manqueraient pas de le dépecer à coups de ragots pendant des mois.
Le Sixième Prince comptait là-dessus pour empêcher Lancel de s’immiscer dans le pari.
Il semblait aussi persuadé, au fond de lui, que Lancel et Marigold entretenaient une telle relation.
« La nouvelle parviendra bientôt à lady Iceford. À votre avis, que dira le Comte de la Cour en l’apprenant ? Ce vieil homme a beau avoir l’air aimable, savez-vous qu’il est en réalité terrifiant ? »
La main du Sixième Prince se posa lentement sur l’épaule de Lancel.
« Alors, je prendrai mademoiselle Mary, Lancel. Voyez cela comme le prix à payer pour avoir osé prendre lady Iceford, que je convoitais. Ça vous consolera peut-être. »
Son regard croisa soudain celui de Marigold, au loin.
Hmm… Mon objectif était de la marier à un prince, mais voilà que le prince se présente de lui-même ?
Ce serait peut-être la voie la plus facile.
Puisque les choses en étaient arrivées là, rapprocher le Sixième Prince et Marigold serait peut-être le moyen le plus rapide de faire d’elle une Épouse impériale.
Même dans cet état lamentable, il restait un prince. L’un des huit personnages à l’origine de l’une des fins principales du jeu.
Pourquoi Lancel avait-il passé des décennies à chercher Marigold ?
N’était-ce pas pour la rapprocher d’un prince ?
Et maintenant, toutes les conditions étaient réunies.
Il ne restait plus qu’à faire un choix.
Mais…
« … »
Lancel laissa échapper un petit ricanement.
« Pourquoi riez-vous ? »
L’expression du Sixième Prince se durcit légèrement.
« Ce que j’ai dit vous amuse ? »
« Non, pas du tout. »
Sans tenir compte du regard acéré du Sixième Prince, Lancel poursuivit :
« Ne pensez-vous pas que vous négligez un détail important, Votre Altesse ? »
« … De quoi parlez-vous ? »
Il avait beau être un prince.
Vous ne ferez pas l’affaire.
Lancel tourna les yeux vers le Sixième Prince.
« Pourquoi êtes-vous déjà si sûr que Mary tombera amoureuse de vous ? »
« … ? »
Le Sixième Prince avait l’air de ne vraiment pas comprendre.
C’était peut-être une idée qui ne lui avait jamais traversé l’esprit. L’erreur classique d’un homme habitué à obtenir tout ce qu’il voulait.
Mais Lancel le savait.
Marigold, la protagoniste de ce monde, n’était pas si facile à conquérir que le premier prince venu pouvait l’obtenir.
Et si Lancel intervenait, les chances seraient encore plus minces.
« Vous le découvrirez bien assez tôt. »
Le lendemain, Marigold reçut une invitation du Sixième Prince à dîner. Le repas ne réunirait qu’eux deux.
Marigold refusa.
Ce n’était pas l’invitation d’un homme ordinaire, mais celle d’un prince.
.
.
.
« Sale insolente ! »
Fou de rage, le Sixième Prince renversa la table d’un coup. La vaisselle et les plats s’écrasèrent au sol dans un fracas assourdissant.
Tout ce qu’il avait préparé pour mettre Marigold dans l’ambiance vola en éclats et se dispersa partout.
« … Elle a vraiment dit ça ? »
« O-oui, Votre Altesse. Je l’ai clairement entendue dire qu’elle ne voyait aucune raison pour qu’ils dînent ensemble. »
« Hein. Hahaha. »
Le visage du Sixième Prince se tordit d’incrédulité. Jusqu’alors, il n’avait jamais invité qui que ce soit sans que l’invitation soit acceptée. Il sentit la colère lui monter à la tête.
« Montrez-moi le chemin. J’irai moi-même. »
Pan, pan. Il dévala le couloir du train à grandes enjambées.
Il ouvrit brusquement la porte du wagon-restaurant où se trouvaient Lancel et Marigold.
« Lancel Dante ! »
« … ? Que se passe-t-il, Votre Altesse ? »
Lancel Dante et Marigold.
Tous deux partageaient sans vergogne un repas dans un coin du wagon-restaurant.
Ils n’avaient qu’un morceau de pain et quelques tranches de jambon, un repas plutôt modeste.
Comparer cela au festin somptueux qu’avait préparé le Sixième Prince aurait été injuste.
« Je suis venu voir ce que faisait la femme qui a refusé mon banquet, et voilà ce que je trouve… »
Lancel fixa le prince sans répondre pendant un moment.
« Je vois. »
Il s’essuya les mains, pleines de graisse, avant de poursuivre :
« Cela dit, ne soyez pas trop déçu, Votre Altesse. »
« Quoi ? »
« Vous courtisez Mary en ce moment, n’est-ce pas ? Ce genre de choses peut se terminer par un refus. »
« L-la courtiser ? La courtiser ? »
Le Sixième Prince avait l’air d’avoir reçu un coup terrible à la tête.
« Votre Altesse ? »
Après être resté planté là, hébété, un long moment, il fit volte-face si violemment que l’air siffla, puis disparut.
Le choc l’avait-il laissé sans voix ? Lancel jugea que c’était sans doute mieux ainsi.
« Peut-être que les choses vont se calmer, maintenant. »
« … Je l’espère vraiment. »
Marigold poussa un profond soupir.
Trois cents pièces d’or étaient en jeu. Même à présent, des hommes ne cessaient de se présenter pour la courtiser.
Mais ils n’étaient pas complètement idiots.
En voyant le Sixième Prince lui-même repartir bredouille, ils commençaient à comprendre qu’ils n’avaient aucune chance de gagner le cœur de Marigold.
Le désespoir gagnait du terrain, et la défaite assombrissait le visage des hommes.
« C’est déjà difficile de lui adresser la parole. Comment voulez-vous qu’on la séduise ? »
« Trois cents pièces d’or, mon œil. Je n’y arriverais pas, même pour mille. Elle vous évite dès que vos regards se croisent… »
Cette expédition n’était pas une partie de plaisir, à l’origine.
Les gens partis faire la guerre ne peuvent pas continuer à s’obséder éternellement pour un pari aussi absurde.
Ils n’étaient plus qu’à quelques jours de leur destination.
Les soldats de la Première Force impériale de secours sortaient peu à peu de leur rêve pour revenir à la réalité.
Ce qui les attendait, ce n’était pas trois cents pièces d’or, mais un champ de bataille qui réclamait du sang.
CONSEIL : L’état de Marigold est trop bas. Pourquoi ne pas bientôt partir en pique-nique pour lui remonter le moral ?
Des cernes s’étaient formés sous les yeux de Marigold, qui piquait du nez.
« Quand nous serons rentrés, voulez-vous qu’on parte quelque part, au calme ? »
« Quoi ? »
Marigold ne répondit pas tout de suite aux paroles de Lancel, puis hocha légèrement la tête. La fatigue qui se lisait sur son visage sembla s’évanouir en un instant.
« … J’irai. J’en ai envie. »
21.
À l’aube, le 13 octobre de l’année impériale 818.
Quand l’homme caché dans la chambre de Marigold se jeta sur elle, elle le frappa par réflexe avec son épée. Elle terrassa l’intrus d’un seul coup. Tous ces entraînements assidus avaient fini par payer.
※ Marigold a obtenu le succès « Premier meurtre ». (Sensibilité, Foi, Élégance en baisse !! Charme, Sex-appeal en hausse !!)
Bam !
Lancel ouvrit brusquement la porte de la chambre de Marigold.
Il venait à peine de se réveiller d’un sommeil profond, mais toute trace de fatigue s’était déjà envolée.
Marigold se tenait devant lui, tremblante.
La poignée de l’épée, couverte de sang, lui glissa des mains. Des gouttes rouge vif tombèrent sur le sol.
« M-Maître. »
Sans dire un mot, Lancel examina l’homme effondré devant Marigold.
Pas de pouls. Il était mort d’un seul coup. L’homme avait rendu son dernier souffle, les yeux écarquillés d’incrédulité.
Ce n’était évidemment pas le Sixième Prince. Mais il l’avait clairement envoyé. Le mort serrait dans sa main une petite bourse.
Serait-ce… ?
À l’intérieur se trouvait une poudre violette finement moulue, à l’odeur sucrée.
Lancel savait déjà de quoi il s’agissait.
« Herbe aveuglante. »
C’était une herbe vénéneuse très précieuse qui faisait d’abord perdre connaissance, puis rendait aveugle.
Quelque chose sembla brûler en Lancel. Une émotion qu’il avait brièvement oubliée depuis sa rencontre avec Marigold.
« Karin, Sixième Prince… Vous avez fini par franchir la ligne. »
Seul le bruit des roues du train roulant sur les rails troubla le silence.
Rejoignez notre serveur Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>