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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 13 : La guerrière Marigold. (8)
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16.
Durant les trois jours qui la séparaient du mariage, l’humeur de Marigold oscilla entre le paradis et l’enfer.
« Jeune Maître Dante va épouser la fille du grand chambellan ? »
« Bon sang. »
« Il faisait comme s’il ne s’intéressait pas aux femmes, mais même lui n’a pas résisté à l’une des trois grandes beautés de l’Empire, on dirait. »
« Moi non plus, je n’aurais pas résisté. Qui pourrait résister à l’une des trois grandes beautés ? J’aimerais bien savoir comment il a réussi à la séduire. »
Tous les membres de la guilde des mercenaires exprimèrent leur stupeur puis, allez savoir pourquoi, jetèrent des regards prudents à Marigold.
« Mary doit avoir le cœur brisé. »
« Elle n’a pas l’air dans son assiette depuis ce matin… »
Marigold entendait parfaitement leurs chuchotements, aussi bas fussent-ils.
Elle marcha droit vers eux.
« Vous n’avez pas du travail ? Vous croyez que la guilde des mercenaires est une taverne ? »
« T-Tu nous as entendus ? »
« Entendu quoi ? Enfin, si vous continuez à traîner, je vais en parler au maître. »
« M-Mais qu’est-ce qu’on est censés faire s’il n’y a pas de travail ? »
Marigold porta la main à son épée.
« Alors, ça vous dirait un petit duel pour vous dégourdir ? »
« J-Je vais devoir y aller. »
« M-Moi aussi ! »
La scène se répéta plusieurs fois au cours de la journée.
Marigold ne comprenait pas pourquoi tout le monde faisait tant attention à elle en apprenant la nouvelle du mariage du maître. Mais une chose était certaine : cela l’agaçait terriblement.
« Vous rencontrerez quelqu’un de bien un jour, mademoiselle Mary. Ou pourquoi pas moi ? »
« Non, merci. »
Plus de gens que d’habitude s’accrochaient à elle et lui faisaient des avances.
* * *
La veille du mariage arriva.
« Mary, ne prends aucune mission aujourd’hui. Viens avec moi. »
« Pardon ? »
« Nous allons t’acheter de nouveaux vêtements. »
« J’en ai déjà plein. »
« Il te faut quelque chose de présentable pour entrer au Palais impérial. Je t’ai dit que tu viendrais avec moi. »
Pour une raison quelconque, Lancel comptait emmener Mary au Palais impérial, où aurait lieu le mariage.
Mary passa donc la journée à visiter des boutiques de vêtements hors de prix et à se faire confectionner une robe sur mesure, de la tête aux pieds.
« Tu es jolie. Ça te va bien. »
Et aussi :
« Même le prince pourrait tomber amoureux de toi. »
Les compliments sans fin de Lancel donnaient à Mary l’impression de flotter.
Mais chaque fois qu’elle entendait des nobles de la capitale reconnaître Lancel dans la rue, son corps se raidissait.
« Eh bien, eh bien ! Si ce n’est pas le gendre du grand chambellan ! Messire Lancel ! Comment diable avez-vous séduit l’une des trois grandes beautés de l’Empire ? »
« On ne sait jamais avec ces choses-là. Je vous prenais pour un jeune homme excentrique, à fonder une guilde de mercenaires, hé hé. »
Lancel Dante va épouser mademoiselle Iceford !
À Rodnis, la capitale impériale, où les rumeurs sentimentales se répandaient à une vitesse stupéfiante, la nouvelle avait fait le tour de la ville en quelques jours. Partout où ils allaient, ils entendaient des conversations du même genre.
« Alors, et les enfants ? Vous en aurez un dès que vous serez mariés ? »
« Eh bien, je n’ai pas encore réfléchi jusque-là, alors je ne sais pas. Rien ne presse, si ? »
« Oh, allons ! Pourquoi faire comme si de rien n’était, alors que tout le monde sait ? »
« Sait quoi ? »
« Ça, évidemment. Vous l’avez déjà fait ? »
Le geste obscène fit éclater de rire les nobles qui les observaient.
« Hahahaha ! »
« Khuhuhuhu ! »
Crac.
Une fissure parcourut le gobelet en bois que tenait Marigold. Le mariage, les enfants, une famille heureuse…
« Grrrnk ! »
Elle mordit dans le pain dur avec une férocité inouïe.
Quelque chose clochait. Marigold avait l’impression qu’une braise couvait au creux de sa poitrine.
Chaque fois qu’elle entendait parler de mariage, de mademoiselle Iceford ou de l’une des trois grandes beautés de l’Empire, un coup de vent semblait attiser l’étincelle en elle, comme un soufflet.
La chaleur qui montait de son corps le prouvait bien.
« Mary, tu en mets la moitié par terre. »
« C’est le pain ! Il est trop dur ! Je n’y peux rien ! Grrrnk ! »
« Déchire-le avec les mains. Cette robe coûte cher. »
Et chaque fois que Lancel Dante s’approchait, le feu s’apaisait.
Marigold répéta le même cycle toute la journée.
« Est-ce que tu l’aimes, par hasard ? »
« Hum ? »
Pina lui posa la question ce soir-là, avant de dormir.
« Oncle Lancel. »
« L’aimer ? Moi ? Le maître ? »
« Oui. Est-ce que tu l’aimes ? »
« Eh bien, oui, je l’aime bien. »
« Pas comme ça. Est-ce que tu l’aimes comme une femme ? Comme si tu avais envie de l’embrasser. »
« Q-Qu’est-ce que tu… »
Les mots trébuchèrent sur les lèvres de Marigold.
Lancel Dante. C’était l’homme apparu autrefois dans ses rêves. Son époux dans une vie antérieure, rien que ça.
Chaque fois que Marigold le voyait, elle ressentait une sorte de nostalgie. Comme si elle se souvenait de sa mère, dont elle avait été séparée enfant.
Quand elle le prenait dans ses bras, les souvenirs de cette époque lui revenaient, et il lui arrivait souvent de ne pas vouloir le lâcher. C’était indéniable. Mais cela signifiait-il qu’elle l’aimait ? Était-ce vraiment de l’amour ? Marigold connaissait mal ce genre de sentiments.
« Je… »
Quelle sorte de personne suis-je ?
Pourquoi était-il apparu dans ses rêves ?
Pourquoi était-elle sans cesse attirée par lui ?
S’il existait un dieu, elle voulait lui poser la question.
Oui.
Un dieu.
.
.
.
« Dieu !!! »
La fureur monta en Marigold tandis qu’elle regardait la femme crier comme si elle allait fendre les cieux.
Lancel Dante se bouchait les oreilles à deux mains.
« Qu’allons-nous faire ? »
« Essaie de la comprendre. C’est ma fille, mais dès qu’elle se met quelque chose en tête, elle est comme ça. »
Même le Comte de la Cour, accouru après avoir appris la nouvelle, se tenait la tête à deux mains.
« Quoi qu’on fasse, la cérémonie doit avoir lieu dans les deux heures. On ne peut plus la reporter, pas avec tous ces gens réunis. »
« Tss. Quelle prise de tête. »
Les suggestions fusèrent de tous côtés.
La calmer d’une façon ou d’une autre, lui couvrir la bouche, l’assommer puis la traîner jusqu’à la cérémonie, lui jeter un sort pour la maîtriser, et ainsi de suite.
Mais toutes furent rejetées.
« Mon partenaire devrait être Son Altesse le prince… Snif… »
Le regard de Marigold se fit glacial.
« Ton regard est terrifiant, Mary. »
« C’est ce qui arrive quand on élève les jeunes nobles comme des petites princesses, maître. »
« Tu n’as pas oublié que la personne qui l’a traitée ainsi est juste à côté de nous, tout de même ? »
« Ça ne me dérange pas. Elle a raison, après tout. »
Le Comte de la Cour l’admit sans hésiter. Lui aussi semblait trouver sa fille encombrante.
« Mais, Jeune Maître, en regardant la tenue de la mariée, j’ai eu une idée. »
Hestie rompit le silence.
Elle brandit le voile que la mariée devait porter sur son visage.
« Alors, les nobles de la capitale célèbrent leur cérémonie avec ça sur la tête, c’est bien ça ? »
« Eh bien, oui. Pourquoi ? »
« Dans ce cas, je n’ai qu’à le mettre et à célébrer la cérémonie à sa place, non ? »
« … Hestie, toi non plus, tu n’as pas toute ta tête. »
« C’était bizarre ? »
« Tu suggères qu’on mette une doublure à la place de la mariée ? »
Lancel eut un rire sans joie, mais son sourire s’effaça soudain.
Il regarda le Comte de la Cour. L’homme fit aussitôt la grimace.
« Ne va pas prendre au sérieux ces idées stupides. Sa Majesté va assister à la cérémonie. Qu’est-ce que tu racontes ? »
« J’en prendrai la responsabilité. »
Lancel ne s’inquiétait pas outre mesure. Il leur suffisait de ne pas se faire prendre. Non, même s’ils étaient découverts, ce serait sans importance. Lancel savait déjà qui était l’actuel Empereur, celui qui usurpait le trône. Ce n’était pas le genre de personne à se soucier d’une chose pareille. À vrai dire, elle serait probablement ravie d’assister à un spectacle amusant.
À force d’insister, Lancel finit par arracher un soupir au Comte de la Cour.
« Je ne veux rien savoir. Si les choses tournent mal, tu en prendras l’entière responsabilité. »
« Bien sûr. »
Il avait déjà tranché la tête d’un prince. Qu’avait-il à craindre ?
17.
« Entrez. »
La salle de cérémonie était bondée de nobles.
Un mariage célébré au Palais impérial était un événement rare. Et la fille du grand chambellan allait se marier ? La plupart avaient même mis de côté leurs affaires urgentes pour y assister.
« Au nom de Dieu, moi, Freesia, bénis l’union de ces deux personnes. »
L’Empereur qui célébrait le mariage se tenait derrière un rideau.
« Que ceux qui vont devenir mari et femme s’avancent devant l’estrade et se tournent l’un vers l’autre. »
Ni le décor intérieur éblouissant ni les innombrables regards posés sur lui ne troublaient particulièrement Lancel.
Il était trop occupé à ressentir une impression de déjà-vu en voyant la mariée déguisée, Hestie, marcher à ses côtés.
Ils ne lui ont pas mis des chaussures trop hautes ?
Les nobles réagirent à peu près de la même façon.
« Elle a toujours été aussi grande ? »
« Elle était déjà plutôt grande pour une femme, non ? Il fallait bien ça pour faire partie des trois grandes beautés de l’Empire. »
« Quand même, elle a l’air plus grande que d’habitude. »
« Ma femme… Celle qui aurait dû être à moi… Snif… »
Quelques sanglots se firent entendre. Mademoiselle Iceford avait ensorcelé plus d’un noble.
Hestie n’avait pas prononcé un seul mot depuis qu’elle avait paru sous le voile.
Ma première épouse dans cette vie, c’est Hestie.
À strictement parler, Marigold était passée avant elle, mais Lancel n’en avait aucun souvenir. Pour lui, du moins, c’était son premier mariage.
Lancel et Hestie se firent face sous une pluie de pétales jaune vif.
« Silence. Que tous écoutent. »
L’Empereur, derrière le rideau, leva la main.
« D’innombrables épreuves attendent peut-être ceux qui s’unissent aujourd’hui. Des jours de déchirements et de souffrances viendront sans cesse barrer leur chemin. Mais s’ils s’appuient l’un sur l’autre et s’entraident, je suis convaincu qu’ils surmonteront tout. »
C’est alors que Lancel comprit qui se tenait devant lui.
Comment aurait-il pu ne pas la reconnaître ? La silhouette de son visage sous le voile appartenait à la personne qu’il connaissait le mieux au monde.
Marigold ?
Il parvint de justesse à ravaler les mots : « Qu’est-ce que tu fais là ? »
La cérémonie se poursuivit.
C’était Hestie qui avait organisé ça ?
Il n’y avait pas d’autre explication.
Lancel vit les épaules de Marigold trembler légèrement. Elle était tendue sous le poids de tous ces regards.
Il posa doucement une main sur son épaule et chercha ses yeux à travers le voile. Il sentit peu à peu ses tremblements s’apaiser.
« Dieu, sous ce ciel béni, ces deux personnes sont enfin devenues mari et femme. »
L’Archevêque impérial commença enfin la déclaration officielle.
« Que ni le bien ni le mal, ni la mort, ni le temps, ni l’éternité ne séparent jamais ces deux êtres ! »
Marigold se retrouva à nouveau au même endroit que l’homme de ses souvenirs. Elle sentit intuitivement, comme si le destin le lui soufflait, que le lien qui les unissait était si tenace que même une lame ne pourrait le trancher.
※ L’affinité avec le jeune noble Lancel Dante a augmenté.
※ 300 points ont été ajoutés au score de l’Album des souvenirs. Lorsque celui-ci atteindra 1 500 points, « Héritage des souvenirs » sera débloqué.
Lancel aperçut le visage de Marigold à travers les pétales qui tombaient. Un sourire amer effleura ses lèvres.
Encore raté, hein ?
Mais pourquoi ?
Ce n’était pas si désagréable.
C’était presque un soulagement.
Après tout, il lui restait un temps infini.
« Embrassez-vous. »
Lancel s’approcha de Marigold et l’embrassa.
ASTUCE : Une fois l’Héritage des souvenirs débloqué, vous pourrez consulter tous les souvenirs. Vous pourrez également commencer la partie avec toutes les statistiques déjà obtenues.
Hum ?
La pensée « Qu’est-ce que c’était ? » s’évanouit bientôt, engloutie par la chaleur qu’il sentait contre ses lèvres.
18.
« Votre Majesté. »
Ce soir-là, un serviteur entra dans la chambre de l’Empereur.
« Le Cinquième Prince, parti à la guerre, a envoyé un message urgent. Il demande des renforts. »
« … Il a insisté pour aller se vautrer dans une zone de guerre, et voilà qu’il s’attire des ennuis. »
La voix de l’Empereur, derrière le rideau, n’avait plus rien de celle d’un homme mûr à la voix grave.
C’était tout le contraire.
La voix d’une jeune femme.
« Rassemblez les troupes et envoyez-les avec le Sixième Prince d’ici demain. »
« Oui, Votre Majesté. »
« Attendez. »
La voix arrêta le serviteur.
« Envoyez aussi Lancel Dante. »
« On pourrait jaser si nous envoyons sur le champ de bataille quelqu’un qui vient tout juste de se marier. Vous en êtes certaine ? »
Un rire discret s’éleva derrière le rideau.
« On dit que c’est un chevalier assez doué pour avoir été recommandé en personne par le Troisième Prince. Ce ne serait pas une mauvaise idée de lui faire confiance, pour une fois. »
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