WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Potter
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 12 : Marigold la guerrière. (7)
──────
Lancel avait déjà deviné qui se cachait derrière tout ça. Au palais impérial, une seule personne pouvait se faire passer pour l’Empereur sans en subir les conséquences.
Quelqu’un de son passé.
Quelqu’un avec qui il avait failli nouer des liens très profonds.
Bien sûr, il n’avait pas l’intention d’en révéler davantage.
Aussi téméraire fût-il, désarmer complètement le « faux Empereur » n’aurait pas été différent d’un suicide.
« Êtes-vous audacieux, ou simplement idiot ? »
Derrière le voile, l’Empereur était tranquillement assis sur son trône.
« Les familles royales des États vassaux seraient prêtes à tout pour me rencontrer. À m’offrir jusqu’à leur cœur. Et vous, vous me demandez de vous offrir davantage. »
« Vous savez bien qu’ils ne font que parler. Ils ne vous offriraient jamais rien qui vienne du cœur, encore moins leur cœur. »
« … »
Au lieu de répondre, l’Empereur claqua la langue.
« Très bien. Vous n’êtes vraiment pas fait pour être Chevalier de la Cour. Je vais changer votre cadeau. »
« Votre Majesté… ! »
Les chevaliers étaient complètement abasourdis.
Visiblement, ils n’appréciaient guère qu’un homme ayant répondu à leur souverain obtienne ce qu’il désirait.
« Silence. »
L’Empereur avait déjà pris sa décision.
« Si vous refusez aussi ce cadeau, je ne vous le pardonnerai pas, Lancel Dante. »
« Bien entendu, Votre Majesté. »
Lancel esquissa un sourire.
L’Empereur lui retirait sa fonction de Chevalier de la Cour pour lui proposer un autre cadeau à la place. Celui-ci devait valoir au moins autant.
« Iceford. »
« Oui, Votre Majesté. »
À l’appel de son nom, le Comte de la Cour se redressa aussitôt.
« Si je me souviens bien, vous avez une fille qui célébrera bientôt sa majorité. »
« Oui. Elle est la bénédiction de ma vie, Votre Majesté. »
« Les demandes en mariage ne devraient pas tarder à affluer. »
« … C’est vrai, mais… »
L’inquiétude gagna peu à peu le visage du Comte de la Cour.
« J’ai entendu dire qu’elle comptait parmi les trois grandes beautés de l’Empire. Heureusement, elle ne tient pas de son père. »
« On me le dit souvent, Votre Majesté. Mais pourquoi en parler tout à coup… ? »
« Il ne doit pas être facile de trouver des hommes convenables de son âge. »
« N-non, ce n’est pas un problème, Votre Majesté. Ma fille ne semble pas encore songer au mariage… »
« J’en parle parce que cela me peine de voir la situation. Quelle ingratitude ! »
Des sueurs froides. Lancel vit des gouttes perler sur le visage du Comte de la Cour.
« Le comte Iceford est un vieil ami et un membre de ma famille. Je souhaite lui trouver moi-même un bon parti pour sa fille. »
« Et avec qui… ? »
« Avec qui, demandez-vous ? »
L’Empereur tourna brusquement la tête vers l’homme qui se tenait juste à côté du Comte de la Cour.
« Un homme assez audacieux pour écarter même un cadeau offert par l’Empereur, sous prétexte qu’il ne lui convient pas. »
Lancel sentit les regards se planter en lui.
« V-Votre Majesté, ne devrais-je pas d’abord demander à ma fille ce qu’elle en pense, avant de décider… ? »
« Non. Inutile de faire traîner les choses. Organisez les fiançailles dans quatre jours. Je leur offrirai une statue provenant de la collection impériale. »
Hum.
Qu’est-ce que c’était que ça ?
« Ne vous inquiétez pas. Je ne sais pas exactement quel genre d’homme il est, mais une chose est sûre : c’est un homme exceptionnel. »
Trois minutes ? Non, deux ? Le mariage avait été arrangé en un temps ridiculement court.
« Maître, de quoi parlent-ils en ce moment ? »
Marigold lui murmura à l’oreille.
« Ils me marient à la fille de cet homme. »
« Quoi ? »
Le visage de Marigold se figea.
« N-ne devriez-vous pas refuser ? »
« Comment veux-tu que je refuse l’Empereur une deuxième fois ? »
« M-mais quand même, Maître… »
« S’il me l’ordonne, je le fais. Si je me plains encore, ma tête finira vraiment par rouler à terre. »
Ce n’était pas particulièrement inhabituel.
Dans ce monde, les mariages arrangés pour s’assurer la loyauté de quelqu’un étaient monnaie courante.
Après tout, c’était un monde médiéval.
De plus, le Comte de la Cour était un noble traditionnellement pro-empereur, qui occupait la fonction de grand chambellan.
Dès que Lancel serait lié à lui par mariage, il ferait lui aussi partie des nobles rangés parmi les pro-empereur, voire parmi la faction impériale.
À vrai dire, ce serait toute la Maison Dante qui le serait.
Hum, en fait, c’est peut-être une bonne chose.
Nouer des liens avec la famille impériale était avantageux pour lui, et c’était aussi une occasion de se réjouir pour la Maison Dante.
Leur fils avait fui à la capitale et s’était trouvé une épouse en la fille du grand chambellan. Pour une maison noble provinciale installée aux confins de l’Empire, c’était une véritable ascension sociale.
Et comme ça, Marigold et moi ne finirons pas par nous marier non plus.
Vu sous cet angle, c’était une bonne chose.
Une bonne chose.
Hum.
Oui.
Ça ne pouvait être que ça.
« Le mariage, ça devrait être avec quelqu’un qu’on aime… »
La voix ténue de Marigold fut étouffée par les paroles suivantes de l’Empereur.
« Êtes-vous satisfait, maintenant, Lancel Dante ? »
« Mon père et ma mère seront fous de joie, Votre Majesté. »
« Ils le devraient. Vous avez obtenu du jour au lendemain la main de Miss Iceford, l’une des trois grandes beautés de l’Empire, qui a passé sa vie à recevoir les avances de tous les hommes. Vous devriez naturellement vous en réjouir. »
L’Empereur mit un point final à l’affaire, comme s’il ne tolérerait aucune objection.
« Félicitations, Lancel Dante. Vous allez devenir le gendre du Comte de la Cour. Je présiderai moi-même la cérémonie au palais impérial. »
15.
Après l’audience.
Lancel emmena Marigold parcourir le Jardin secret pendant un bon moment, mais ils ne croisèrent jamais le prince.
Il n’en fut pas déçu. C’était sans doute mieux ainsi. Marigold se comportait de façon très étrange.
Elle le suivait sans mot dire, le regard dans le vague, comme si son esprit s’était envolé au loin.
À ses côtés, le grand chambellan, qui deviendrait bientôt son beau-père, ne valait pas mieux.
« Maître va se marier… »
« Ma fille… avec un homme comme ça… »
S’ils avaient croisé le prince dans cet état, quelque chose d’étrange se serait à coup sûr produit.
« Nous devrions y aller. Euh… je dois vous appeler beau-père ? »
« … »
Lorsqu’ils quittèrent le palais impérial, après avoir erré dans le Jardin secret jusqu’au coucher du soleil, le marché de la capitale apparut au loin.
« On fait un tour avant de partir ? »
Il fit arrêter la voiture à l’entrée.
Lancel s’enfonça en silence au milieu du marché. Marigold le suivit discrètement à un pas derrière lui.
Les cris des marchands, les beuglements des ivrognes, les enfants qui couraient dans tous les sens.
Après avoir marché un moment, Lancel s’arrêta soudain devant un étal.
« Pierres mystérieuses du continent de l’Est ! Une seule pièce d’argent ! On dit que ces pierres font fleurir votre vie, rien qu’en les portant sur vous ! »
Ces prétendues pierres précieuses n’étaient que des cailloux aux couleurs étranges, entassés sur un étal.
Lancel prit un collier orné de pierres bleues.
« Vous avez l’œil ! On dit que cette pierre porte bonheur et apporte la joie ! »
Avant que le marchand ne hausse encore la voix, Lancel lui lança une pièce d’argent pour le faire taire.
« Mary. »
Il s’approcha de Marigold, qui le suivait depuis tout à l’heure.
« Viens ici. »
Lancel lui passa lui-même le collier autour du cou. Son regard vacillant trembla.
Ses yeux étaient toujours d’un vert émeraude éclatant, comme lorsqu’il les avait vus pour la première fois.
« Maître. »
« Qu’y a-t-il ? »
Sa voix était basse et rauque.
« Est-ce que… beaucoup de gens se marient sans s’aimer ? »
« Pourquoi t’inquiéter de ça ? »
En voyant les lèvres fines de Marigold trembler, Lancel reprit :
« Rien n’est inévitable. Certaines relations se nouent du jour au lendemain. Moi non plus, je n’ai pas demandé ça. »
Marigold, c’était pareil.
Sa vie n’avait rien d’inéluctable. C’était un personnage dont les fins changeaient radicalement au gré des moindres événements.
Cette fois ne faisait pas exception. Elle était devenue mercenaire simplement parce qu’elle avait appris l’épée. Pouvait-on vraiment dire que c’était inévitable ?
Si elle avait appris à lire et à écrire, elle aurait peut-être pu devenir érudite. Si elle avait appris à chanter, elle aurait peut-être pu devenir ménestrelle. Si elle avait appris à cuisiner, elle aurait peut-être pu ouvrir un restaurant.
Est-ce que tout cela était vraiment inévitable ?
Devenir Épouse impériale était l’objectif du jeu, mais il ignorait encore si c’était la bonne réponse.
S’il avait de la chance, cette régression épuisante finirait par s’arrêter. Sinon, il continuerait d’errer dans une éternité de dix ans, sans jamais cesser de sombrer dans la folie.
Voilà tout.
« Alors, laisse-moi au moins rester à tes côtés, Maître. »
Lancel sentit les bras de Marigold s’enrouler autour de sa taille.
Elle avait tellement grandi, et lorsqu’elle se pressa contre lui, il ne put que rester figé.
« Laisse-moi continuer à vivre à tes côtés. Ça ne te dérange pas, n’est-ce pas ? »
« Tu me laisses quand même pas mal de petits problèmes à régler. »
« Je ne plaisante pas. »
La voix de Marigold tremblait de larmes, mais Lancel sourit de plus belle.
« Fais de moi ta servante, Maître. Je me contenterai de te suivre partout. »
« Ce serait du gâchis d’employer une personne aussi bien formée comme servante. Quel dommage pour tes talents. »
« Je ne trouve pas. »
Tout en caressant la tête de la jeune fille qui s’accrochait fermement à lui, Lancel se sentit secrètement soulagé.
Si je la laissais comme ça, elle finirait peut-être encore par m’épouser.
Ce n’était pas de la vanité ni du narcissisme. Il s’était parfois demandé s’il ne se prenait pas un peu trop au sérieux, mais à présent, il en était certain.
Nous avons déjà passé beaucoup de temps ensemble comme mercenaires.
Lancel ne réussit pas à faire lâcher prise à Marigold avant que la soirée ne fût entièrement passée.
Le jour du mariage arriva en un clin d’œil.
* * *
« Bouhouhou, je vais épouser un homme aussi minable… un noble pathétique qui ne fait que gérer une guilde de mercenaires… Bouhouhou ! »
« … »
Le sourcil de Lancel tressaillit tandis qu’il regardait la jeune noble fondre en larmes.
« Ma vie est finie. Complètement finie ! Je viens tout juste d’atteindre l’âge adulte ! Et voilà que je suis fiancée à un noble d’une famille pauvre que je n’aime même pas… Bouhouhou, mon Dieu, comment avez-vous pu me faire ça ? »
Il ne restait plus qu’environ deux heures avant le mariage.
Iri Wiz Iceford. Une femme que l’on comptait parmi les trois grandes beautés de l’Empire.
Autrement dit, la fiancée de Lancel désespérait de tout au monde.
« … Comment ose-t-elle parler de Maître comme ça… »
« Arrête. Ne fais pas ça, Mary. »
Lancel calma Marigold, qui grondait juste à côté de lui. Sa main avait même commencé à se diriger vers la poignée d’une épée d’apparat.
« Maître, je méprise les gens trop gâtés pour reconnaître leur chance. »
« Calme-toi. Qu’est-ce que tu racontes ? »
C’était la première fois qu’il voyait Marigold arborer une expression aussi froide.
« Oh, mon Dieu ! »
« … Je la tue, Maître ? »
« Retiens-toi. »
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>