WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Potter
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 11 : Marigold, la guerrière. (6)
──────
12.
« Jeune maître. Tout est prêt, comme vous l’aviez demandé. »
Lancel suivit Hestie, qui affichait un grand sourire.
« Vous allez être surpris. »
« À quel point ? »
« Vous verrez bien. »
Hestie semblait étrangement enthousiaste.
« Mary, j’entre. »
« Ah, encore un instant ! »
« Trop tard. »
Hestie ouvrit la porte fermée.
« Oh. »
Lancel écarquilla les yeux.
Il vit d’abord le visage de Marigold, qu’elle s’empressa de cacher derrière ses mains. Elle portait un maquillage léger. Les petites cicatrices laissées par sa vie difficile de mercenaire avaient disparu.
Et puis, il y avait sa tenue.
Un voile transparent, une étoffe d’un blanc pur et des ornements dorés qui scintillaient au soleil. Une parure splendide et luxueuse, comme elle n’en avait encore jamais porté.
« Qu’en pensez-vous, jeune maître ? »
« Elle est jolie. Ça lui va bien. »
Il le pensait vraiment.
Une protagoniste était bien une protagoniste.
« Si vous continuez à me regarder comme ça… »
Marigold se tortillait, apparemment mal à l’aise, tout en évitant le regard de Lancel.
« Hum. J’aurais peut-être dû me concentrer sur la voie de la séduction. »
« Pardon ? »
« Rien. »
L’Empereur l’avait convoqué.
Dès qu’il l’avait appris, Lancel avait décidé d’emmener Marigold avec lui.
Pourquoi ?
Parce qu’il se rendait sur cette fameuse carte du Jardin secret.
Une retraite secrète réservée à la famille impériale. Un endroit où les événements de rencontre avec les princes étaient presque inévitables. Le lieu le plus secret de l’Empire… le Jardin secret.
Il n’avait jamais été question de s’y rendre sans Marigold.
Marigold trouvait inconfortable la « robe de noble du palais impérial (location) », mais, malheureusement, elle lui allait à merveille.
※ Charme, sex-appeal et élégance en forte hausse !!
« Même sur la voie de la guerrière, elle a cette allure… »
Lancel continua d’examiner sous tous les angles le visage rougissant de Marigold.
« Je crois comprendre pourquoi de plus en plus de mercenaires se précipitent pour demander Mary en mariage. Pas vrai, jeune maître ? »
« Quoi ? Ces salauds ? »
Lancel sursauta.
Ces mercenaires de bas étage osaient faire la cour à une femme qui deviendrait un jour Épouse impériale ?
Cette seule idée lui faisait bouillir le sang.
« Vous n’avez pas dit qu’il y en avait un hier encore ? »
« Si. Monsieur Godman. »
« Ce vieux fou. »
Lancel n’en revenait pas. Godman était un mercenaire qui avait largement dépassé la quarantaine. Il avait plus du double de l’âge de Marigold, qui n’en avait même pas vingt. Et cet homme l’avait demandée en mariage ?
« Godman. T’es fini. »
Lancel décida qu’il lui donnerait une bonne leçon dès son retour. Il devait en faire un exemple, pour que personne n’ose plus jamais y songer.
La voie de la guerrière comportait déjà cette maudite fin piège appelée « Mariage avec un mercenaire ».
« Alors, qu’est-ce que tu lui as fait, à Godman ? »
« Je l’ai mis à terre ! »
Ça, c’était rassurant.
Mais elle le détestait à ce point ?
« Monsieur Godman est quelqu’un de bien, mais ce n’est pas quelqu’un que j’aime. Le mariage, c’est pour les gens qui s’aiment. »
Marigold leva le poing comme pour le lui montrer, puis sourit.
« Toi aussi, tu le penses, maître, pas vrai ? »
« Eh bien, en général… oui. »
« Moi aussi. »
Prenant la réponse de Lancel pour un signe d’approbation, Marigold sourit des yeux.
Dans cette tenue de cour d’un blanc immaculé, son sourire était si éblouissant qu’il le laissa un instant sans voix.
« Marigold, tu vas devenir Épouse impériale, maintenant. Ta vie a vraiment pris un autre tournant, idiote. »
Quand il rencontrerait l’Empereur, Lancel comptait faire en sorte que l’occasion se présente.
Exactement. Il allait rendre indéniable le fait que le Cinquième Prince et Marigold étaient faits l’un pour l’autre.
« Il est temps de partir, jeune maître. Le Comte de la Cour vous attend. »
« Allons-y. »
Dehors, la voiture du Comte de la Cour était déjà arrivée.
« Pourquoi êtes-vous si en retard ? »
« Nous ne pouvons pas nous présenter devant Sa Majesté couverts de poussière, Votre Excellence. »
Sur l’insistance du Comte de la Cour, Lancel et Marigold montèrent rapidement dans la voiture.
« À quoi ressemble l’Empereur ? »
Les souvenirs de Lancel sur la Simulation de la jeune noble déchue lui étaient revenus assez clairement, mais les informations sur l’Empereur étaient limitées.
« C’était un personnage qui n’avait même pas une seule illustration. Tout était dit. »
Sa grande sœur, qui avait créé le jeu, ne s’était jamais beaucoup intéressée à l’Empereur. Pour elle, l’Empereur n’était que l’Empereur. Qu’y avait-il de plus à savoir ?
Résultat : le rôle et la présence de l’Empereur dans le jeu étaient si négligeables qu’il était difficile de le qualifier de personnage secondaire. Il n’était pas loin d’être un figurant.
Mais ce n’était qu’un jeu.
Ici, c’était la réalité.
Dans ce monde, l’Empereur était un souverain absolu.
Le dirigeant de l’Empire actuel, qui avait comblé le vide laissé par la chute de l’ancienne famille impériale.
« En route. »
« Oui ! »
La voiture s’élança sur la plus large avenue de la capitale.
13.
Ce ne fut qu’à la vue de l’immense palais impérial que Lancel eut vraiment l’impression d’avoir pénétré au cœur de l’Empire.
« Je vais vous bander les yeux. Moins il y aura de personnes qui connaissent le chemin vers le Jardin secret, mieux ce sera. »
« Je comprends. »
On leur couvrit les yeux d’un tissu noir, à Marigold et à Lancel.
Peut-être pour les désorienter, la voiture fit plusieurs fois le tour avant de se diriger enfin droit vers un endroit.
« J-J’ai mal au cœur. »
« Tiens bon. »
« Je crois que je vais vomir. »
« Fais juste attention à ne pas salir tes vêtements. »
« J-Je vais essayer. Beurk. »
Lancel sentait que Marigold pâlissait. C’était assurément le cadre idéal pour avoir le mal des transports.
« Nous sommes arrivés. »
Quand on leur ôta leurs bandeaux, la voiture se trouvait au milieu d’un jardin orné d’arbustes en fleurs.
« C’est… »
« Je ne vois que des fleurs, maître. »
Un petit cri d’émerveillement échappa à Marigold, qui gémissait encore quelques instants plus tôt. Des fleurs de toutes les couleurs s’étendaient devant elle, au point qu’elle avait l’impression d’être entrée dans un conte de fées.
Comme on pouvait s’y attendre de la royauté.
Ils avaient dépensé une fortune pour cet endroit.
« Dire qu’un Jardin secret, construit pour se livrer à des activités douteuses loin des regards indiscrets, serait aussi somptueux… »
« Des activités douteuses ? »
Marigold pencha la tête en entendant son murmure distrait.
« Arrête de rêvasser et suis-moi. »
« Ah, oui. »
Ils marchèrent un moment le long d’une allée bordée de parterres en pleine floraison. Bientôt, le paysage s’ouvrit brusquement devant eux.
Un lac.
Un jardin paisible.
Et quelqu’un qui se tenait au milieu.
« L’Empereur ? »
Un grand voile avait été dressé autour de l’Empereur. On ne distinguait qu’une silhouette floue.
« Toujours pas d’illustration, songea Lancel sans raison, avant de poser un genou à terre. »
Marigold s’en aperçut et l’imita à ses côtés.
« Votre Majesté, comme vous l’avez ordonné, j’ai amené Lancel Dante, de la famille du vicomte Dante. »
Lancel sentit la silhouette, derrière le voile, le dévisager. Un courant poisseux de mana le balaya en un instant. La famille impériale de cet Empire se méfiait vraiment de tout.
« Ainsi, vous êtes Lancel Dante. »
La voix semblait si âgée qu’elle aurait pu se briser à tout moment. Pourtant, Lancel sentait le mana s’agglutiner autour des lèvres de l’homme.
« Il a modifié sa voix par magie. »
À quel point tenait-il à se cacher ?
« On m’a dit que l’un de mes fils avait pris goût à votre compagnie. C’est aussi pour cela que vous êtes ici, Lancel Dante. »
Il savait de qui il s’agissait sans qu’on le lui dise.
« Ce ne peut être que le Troisième Prince. »
Cet homme avait vraiment la langue bien pendue.
« Je ne me souviens pas avoir rencontré celui qui m’apprécie, mais je suis honoré, Votre Majesté. »
Lancel s’inclina profondément et répondit d’un ton mécanique.
« Alors, soyez honoré. Si je vous ai convoqué aujourd’hui, c’est pour vous faire un présent en conséquence. »
Un présent ?
Comme ça, tout à coup ?
De l’argent ?
Alors que Lancel était déconcerté, le Comte de la Cour lui donna un coup de coude.
« Qu’est-ce que vous faites ? Sa Majesté dit qu’elle va vous offrir un présent. »
« Je ne savais pas que j’étais venu ici pour recevoir un présent aujourd’hui. »
« Il dit qu’il va vous en offrir un, alors acceptez-le, tout simplement. »
« C’est gratuit, alors je devrais accepter ? »
« Vous comptiez refuser ? »
« Vous deux, on vous entend. »
L’échange chuchoté entre Lancel, le Comte de la Cour et Marigold ne dura qu’un instant. Finalement, Lancel baissa encore davantage la tête.
« La grâce de Votre Majesté est aussi vaste que la mer. Je vous en suis profondément reconnaissant. »
Après une brève pause, l’Empereur prit la parole.
« Je vous nomme Chevalier de la Cour, Lancel Dante. Voilà le présent que j’ai préparé pour vous. »
C’était plus important qu’il ne l’avait imaginé.
Pour une famille de chevaliers, voir son fils nommé Chevalier de la Cour était assurément un honneur.
Ce n’était pas une mauvaise nouvelle pour Lancel non plus. Cela revenait pratiquement à lui accorder le droit d’entrer au palais impérial.
« Je souhaite récompenser les bons chevaliers et les garder à mes côtés. Soyez-en fier. »
Mais…
Hum.
« Votre Majesté. »
Lancel désirait encore autre chose.
« Seriez-vous disposé à investir un peu plus en moi ? »
Le Comte de la Cour et Marigold, ainsi que la servante et les chevaliers qui accompagnaient l’Empereur, le dévisagèrent tous avec stupeur.
14.
« … Quoi ? »
Lancel répéta sans ciller :
« Je vous ai demandé si Votre Majesté serait disposée à investir un peu plus en moi. »
« J’avais donc bien entendu. »
Apparemment, il avait cru rêver. Peut-être que tous les autres aussi, y compris l’Empereur.
L’un des chevaliers qui se tenaient à côté de l’Empereur se mit à trembler de tout son corps.
« Comment osez-vous… parler à Sa Majesté avec une telle insolence… »
En effet. Au cours des deux cents dernières années, après être mort, avoir été blessé et même traîné sur un échafaud pour y être brûlé, Lancel avait fini par se distinguer nettement de tous les autres sur un point.
Il n’avait plus aucune peur.
« Vous osez… »
Derrière le voile, l’Empereur semblait figé. Il avait l’air tout à fait surpris.
Lancel poursuivit sans marquer de pause.
« Vous avez dit que vous m’offriez un présent, mais, honnêtement, je ne comprends pas pourquoi, Votre Majesté. »
« … Que voulez-vous dire ? »
À sa droite, le Comte de la Cour n’arrêtait pas de lui donner des coups d’épaule, en marmonnant avec urgence des paroles où les jurons se mêlaient surtout aux supplications lui intimant de s’arrêter.
À sa gauche, Marigold, livide, tirait sur son col. Elle marmonnait elle aussi, mais ses paroles étaient trop confuses pour qu’il les comprenne.
Lancel les ignora tous avec application.
« Je ne me souviens pas avoir fait quoi que ce soit qui mérite un présent de Votre Majesté. »
« J’ai souvent fait des présents sans raison, mais vous êtes le premier à le remettre en question, Lancel Dante. »
L’Empereur était non seulement choqué, mais complètement déconcerté.
« Peut-être que les gens qui les acceptent sans poser de questions sont les plus étranges, Votre Majesté. »
« Peut-être. Mais vos paroles sont contradictoires. Vous prétendez n’avoir rien fait pour mériter un présent, et pourtant, vous en réclamez davantage. Qu’est-ce que cela signifie ? »
Le Comte de la Cour et Marigold, qui avaient essayé d’arrêter Lancel, se surprirent un instant à donner raison à l’Empereur. À bien y réfléchir, c’était contradictoire.
« J’ai compris ce présent comme le signe que Votre Majesté compte beaucoup me demander à l’avenir. »
« Cela vous déplaît ? De devenir l’homme de l’Empereur ? Que j’attende quelque chose de vous ? »
« Si Votre Majesté souhaite faire de moi son homme, il faudra payer davantage. »
Un silence stupéfait s’ensuivit.
« Vous osez négocier avec moi, Lancel Dante. »
« Tout, en ce monde, se pèse sur une balance, Votre Majesté. »
« Même si je vous faisais trancher la tête sur-le-champ ? »
La voix de l’Empereur trembla de colère contenue. Il avait dû penser que cela ferait reculer Lancel.
« Si tel est le souhait de Votre Majesté. »
L’Empereur se figea de nouveau, la bouche bêtement entrouverte.
Il n’y avait rien à craindre.
Parce que…
« Après tout, cet homme n’est même pas l’Empereur. »
Lancel connaissait déjà son identité.
Jusqu’ici, il n’avait fait que la soupçonner, mais, après cette réaction, il en était certain.
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>