Chapitre 55
[Traducteur - Clara]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 54 : Le Chasseur de mages (4)
Le Chasseur de mages.
À l'évocation de ce nom, Oscar plissa les yeux et demanda :
« J'ai entendu dire qu'il ne s'en prenait qu'aux mages isolés ? »
« …Nous le pensions aussi. Même l'avis de la Tour indiquait que les mages voyageant dans la région nord devaient toujours se déplacer par deux, et que cela suffirait à les protéger. »
Mais la règle que le Chasseur de mages s'était fixée venait d'être brisée.
C'était probablement dû à un excès de confiance.
Il n'aurait jamais pris un tel risque s'il n'avait pas cru être capable de gérer deux mages à la fois.
« Expliquez-moi la situation en détail. »
« Après nous être séparés de vous, nous avons pris un taxi. En chemin, le chauffeur a dit que quelqu'un arrivait devant nous. Nous avons eu un mauvais pressentiment, alors nous lui avons demandé de s'arrêter et nous sommes sortis de la voiture. »
Le visage de Bern devint livide alors qu'il se remémorait cet instant.
« L'homme a comblé la distance en un clin d'œil et a abattu son épée sans dire un mot. Il ne nous a rien demandé. »
« À quoi ressemblait-il ? »
« Il était plus grand que Jonathan. Il m'a regardé de haut avec des yeux enfoncés dans leurs orbites... comme un monstre. »
« Qu'en est-il de son escrime ? Qu'en as-tu pensé ? »
« C'était exceptionnel, au-delà des mots. »
L'issue était donc évidente.
« ... Jonathan a réussi à transpercer le cœur de l'homme avec une lance de foudre, mais le type n'est pas mort. Au lieu de ça, il a tranché le bras gauche de Jonathan. Quand Jonathan a perdu connaissance, c'était mon tour. »
À leur réveil, ils se sont retrouvés dans le sous-sol d'une cabane inconnue.
Bern tremblait en se rappelant ce moment.
« Il faisait un froid insupportable. La seule source de chaleur était un fer rouge. Tu as peut-être entendu les rumeurs, mais cet homme torture les mages sans pitié avant de les tuer. C'était probablement ce qui nous attendait aussi. »
« Comment avez-vous réussi à vous échapper d'un tel endroit ? »
« Le Chasseur de mages n’était pas non plus en grande forme. Lorsqu’il est venu nous torturer, il transpirait abondamment et haletait avant même de repartir. Jonathan a rapidement mordu le manche du fer rouge et l’a utilisé pour faire fondre les menottes magiques qui entravaient mes bras et mes jambes. »
Clac, clac.
Bern montra les marques laissées sur ses poignets.
« Quand j’ai essayé de libérer les menottes de Jonathan ensuite, nous avons entendu le chasseur revenir. Il m’a dit de fuir, d’aller chercher des renforts et de revenir le sauver. Je… j’ai couru sans regarder en arrière. »
Bern enfouit son visage dans ses mains tremblantes, son expression empreinte d’une émotion indescriptible.
« S’il vous plaît, je vous en supplie, sauvez Jonathan. Je vous le jure, le Chasseur de mages n’est pas en état de combattre non plus. »
« … »
Après avoir entendu toute l’histoire, Killian se tourna vers Oscar, ses yeux demandant silencieusement ce qu’il fallait faire.
Oscar jeta un coup d’œil à l’air autour de Bern, notant une fois de plus qu’il restait parfaitement immobile, puis il prit la parole.
« Conduisez-nous à la cabane. »
* * *
La cabane abandonnée à flanc de montagne ne montrait aucun signe de vie, aucune lumière ne s’échappait de ses fenêtres.
Observant depuis derrière un rocher, Killian fit remarquer :
« Je ne sens aucune présence. Ils sont peut-être déjà partis. »
« Ah… »
Alors que Bern se mordait la lèvre, le visage marqué par le désespoir —
-Aaaaaaah !
Un cri perçant résonna depuis l'intérieur de la cabane.
Le visage de Bern s'illumina.
« C-c'est la voix de Jonathan ! »
« Tu en es sûr ? »
« Oui ! J'en suis certain ! »
« …Il est donc en vie, au moins. »
Oscar et Killian échangèrent un regard avant de s'approcher silencieusement du mur extérieur de la cabane.
Bien que terrifié, Bern les suivit résolument.
« Oscar, tu as un bon plan ? »
« D'abord, on entre, on trouve ce salaud et on le tabasse jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de lui. »
« … »
Après un moment de réflexion, Killian hocha la tête.
« C'est un plan solide. »
« … Pardon ? »
Bern affichait une mine incrédule, mais avant qu'il ne puisse en dire plus, les deux hommes défoncèrent la porte et s'engouffrèrent à l'intérieur.
« A-attendez une seconde ! »
La voix de Bern s'éteignit alors qu'ils atteignaient le sous-sol d'où provenait le cri.
Exactement comme Bern l'avait décrit, le sous-sol était glacial, à l'exception d'un fer à marquer chauffé à blanc qui diffusait une chaleur intense.
Un homme était affalé sur une chaise, la tête basse.
« … Il est mort. »
Le corps de l'homme portait les marques d'une torture brutale, mais il portait un uniforme de chauffeur.
Ce n'était pas Jonathan.
Alors que Killian fronçait les sourcils, Bern descendit au sous-sol avec un temps de retard.
« Huff… Huff… Tu ne peux pas foncer comme ça ! Pourquoi cours-tu si vite ? »
Killian se tourna vers lui, les yeux plissés.
« Tu n'as pas mentionné qu'un chauffeur avait été capturé avec toi. »
« Oh, eh bien… les gens oublient des choses quand ils parlent, n'est-ce pas ? »
Le Bern autrefois timoré parlait désormais avec une pointe d'assurance.
Le regard de Killian devint glacial.
« C'était un piège. Tu nous as trompés. »
« Hé, doucement, c'est un peu dur. Appelons ça… une invitation. »
Poum !
La lourde porte du sous-sol se referma violemment alors qu'une silhouette, tenant une torche, descendait les marches.
C'était Jonathan — son bras, pourtant censé avoir été tranché, était parfaitement intact.
« … C'est ridicule. »
Killian laissa échapper un rire creux en penchant légèrement la tête.
Son mécontentement face à l'exploitation de leur bonne volonté était évident.
« Tu pensais que nous traîner ici te donnerait une chance de gagner ? »
« Évidemment, »
répondit Jonathan avec un sourire en coin.
« Ça a fonctionné à chaque fois jusqu'ici. Bien que ce soit la première fois que j'invite deux convives. »
Tous deux affichèrent un large sourire.
[Traducteur - Clara]
[Correcteur - Gun]
Quelle assurance, venant de simples mages de Niveau 4.
Oscar, les bras croisés et observant la scène avec calme, mit en garde :
« Soyez prudents. Ils semblent cacher leur jeu. »
« Ne vous en faites pas, »
répondit Killian, ses yeux pourpres brillant comme le feu.
« Je ne suis pas si mal entraîné que pour perdre face à des petits joueurs comme eux. »
Sur ces mots, Killian activa ses tatouages d'« Accélération » deux fois de suite, rapidement.
L'air du sous-sol se mit à vibrer, et les expressions de Jonathan et Bern changèrent.
« … Vraiment le Saint de la Tour Blanche. Son aura seule est écrasante. »
« N'est-ce pas mieux ainsi ? Imaginez combien de mana nous pourrions voler et apprendre si nous le torturions. »
Alors que leur conversation répugnante révélait le véritable objectif des « Chasseurs de mages », un bruit de déchirure strident fendit l'air.
En un instant, Killian traversa la pièce comme un éclair.
« Waouh ! Bon sang… ouf, c'était dingue. »
Jonathan agrippa sa poitrine, surpris par le poing qui s'était arrêté à quelques centimètres de son visage.
« Une vitesse incroyable. J'étais à ça de mourir. »
« Heureusement qu'on s'est préparés à l'avance. »
« … Killian ? »
Oscar appela Killian, qui se tenait debout, le dos tourné.
Mais il n'y eut aucune réponse.
Figé comme une statue, Killian tremblait de tout son corps.
« Hé. »
Jonathan, satisfait, tapota légèrement la joue de Killian avec sa main gauche, un sourire aux lèvres.
« Curieux, n'est-ce pas ? De savoir pourquoi ton ami est dans cet état. »
« …Hmm. »
Il n’était pas nécessaire d’écouter les paroles d’un ennemi.
Cela pouvait être un piège, ou au mieux, une vérité partielle.
Oscar passa les événements récents au crible, assemblant les détails qui pourraient expliquer la situation.
« Votre carte de visite. »
« Ha ! C’est incroyable, vraiment. »
« Vous êtes le premier à comprendre aussi vite. La plupart ne s’en rendent même pas compte après être tombés dans le panneau. »
Jonathan et Bern semblaient sincèrement impressionnés.
Finalement, tout commençait à prendre sens.
« …Le stratagème a commencé quand vous les avez distribuées au marché noir. Vous n’êtes clairement pas des mages de la Tour Jaune. »
« Bien sûr que non. Les robes et les badges que nous portons ? Ils appartenaient à des mages que nous avons traqués. »
« Distribuer ces cartes faisait partie de votre processus pour identifier des proies faciles. »
Dès le départ, ils n'avaient ciblé que les mages qu'ils jugeaient faciles à manipuler.
La magie imprégnée sur ces cartes de visite incluait probablement des sorts de pistage et de paralysie.
« … »
Le corps de Killian continuait de trembler.
Sous cet angle, son visage restait invisible, mais Oscar en était certain : Killian bouillonnait de frustration, se retenant de justesse.
Ses yeux, déjà rouges, devaient être injectés de sang.
« … Je n'avais pas anticipé le coup des cartes de visite. C'était mon erreur. »
Les soupçons d'Oscar avaient été éveillés lorsque Bern lui avait expliqué la situation en larmes, un peu plus tôt.
L'air environnant était anormalement immobile.
« Lorsqu'un camarade est enlevé, il est normal que le chagrin ou la colère transparaissent. »
Mais même en pleurant, Bern gardait ses émotions sous un contrôle strict.
Une telle maîtrise de soi dans une telle situation était impossible, à moins qu'il ne s'agisse d'une mise en scène.
« Je devrai faire plus attention la prochaine fois. »
« Hein ? »
Bern inclina la tête face au murmure d'Oscar.
« La prochaine fois ? Tu crois vraiment que tu auras une autre chance ? C'est un peu ambitieux, non ? »
« Laisse-le rêver. Sans une once d'espoir, il s'effondrerait probablement face à cette situation. »
« C'est vrai, il y a de ça. »
Bern se passa la langue sur les lèvres et fit un pas en avant, s'exprimant sur un ton léger et désinvolte.
« Je dois avouer que mon cœur bat un peu plus vite. On n'a jamais chassé un mage de la Tour Blanche auparavant. On a toujours été curieux, pas vrai ? »
« Ouais. Certes, la Tour Blanche est techniquement toujours l'une des Quatre Grandes Tours, mais leurs performances sont lamentables. On a même fait des paris sur le degré de pathétisme de leurs mages. »
D'un claquement de doigts, une flamme se mit à flotter au-dessus de l'index de Bern — « Boule de feu », un sortilège intermédiaire de la Tour Rouge.
« J'ai parié qu'il ne tiendrait pas trois de mes attaques, alors que Jonathan pensait qu'il pourrait en encaisser cinq. Eh bien… il est temps de voir qui a gagné. »
Bern fit jouer son doigt, propulsant la boule de feu en direction d'Oscar.
L'orbe flamboyant engloutit le mage, le dévorant tout entier.
Kwoooom ! Fwoooosh !
« Quoi ? Il est resté figé sur place sans même essayer d'esquiver ? »
Bern cligna des yeux devant la scène, stupéfait.
Il tendit une main vers Jonathan.
« J'ai gagné. Paye. »
« … Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi faible. »
Jonathan fit claquer sa langue en fouillant dans sa poche, mais il plissa soudain les yeux.
« Attends une minute… pourquoi est-ce si calme ? »
Être consumé par les flammes est souvent décrit comme l'une des expériences les plus atroces qui soient.
Pourtant, pas le moindre gémissement ne s'échappait du mage enveloppé par le brasier.
« Hein ? Maintenant que tu le dis… »
Bern tourna la tête, sentant que quelque chose clochait.
Au cœur de l'enfer de flammes, une silhouette sombre murmura d'une voix basse.
« … Les mages de la Tour Rouge vivent avec le feu du moment où ils ouvrent les yeux jusqu'à celui où ils s'endorment. Ils répètent ce cycle sans fin, cherchant à s'unir aux flammes jusqu'à atteindre le Niveau 4. »
Ce n'était pas le ton tendu de quelqu'un qui réprime sa douleur, mais une voix calme, presque détachée.
« Il n'y a qu'une seule raison pour laquelle ils s'infligent de tels efforts épuisants. »
Vroum !
Les flammes massives entourant Oscar tourbillonnèrent violemment avant de se rassembler proprement dans le creux de sa main.
Son corps était totalement indemne lorsqu'il réapparut — pas la moindre brûlure ni trace de roussi sur ses vêtements ou ses cheveux.
« Pour éviter que leurs flammes ne soient volées par quelqu'un comme moi, un mage de l'harmonie de la Tour Blanche. »
Ses yeux bleu perçant fixèrent les deux hommes avec un dédain arrogant.
[Traducteur - Clara]
[Correcteur - Gun]