Chapitre 434
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Pistolet]
Chapitre 434 : L’ennemi public du continent (4)
Il voulait poser deux questions.
Comment ils étaient entrés dans l’Empire, et quel était leur objectif.
« Première question. Que fait un démon ici ? »
Sous le regard glacial d’Oscar, les yeux de la démone vacillèrent un instant.
« I-idiot d’humain. C’est pas parce que tu me le demandes que je vais te répondre comme ça… »
Tranch !
Un bras, sectionné à l’épaule, roula dans la neige.
Elle contempla son épaule mutilée, hébétée, puis poussa un cri avec un temps de retard.
« A-aah ! Mon bras ! Ça fait mal ! Ça fait mal, ça fait mal ! »
Oscar la regarda froidement se tordre au sol en gémissant, puis dit :
« Réponds-moi. Que fait un démon ici ? »
« Ké, kékik ! Qui sait ? »
Tranch !
Cette fois, ce fut une jambe.
« Aaaah ! »
Peu à peu, son cri se transforma en rire.
« Kuhu, kuhuhuk, huhut, huhuhuhu. »
« … Elle a perdu la tête ? »
Les démons d’autrefois n’étaient pas comme ça. Les démons d’aujourd’hui avaient-ils l’esprit un peu trop léger ?
Il fronça les sourcils, et elle releva brusquement la tête.
Ses yeux injectés de sang se braquèrent sur lui.
« Oui ! Coupe ! Coupe tout ! Je te dirai rien quand même ! »
Dans son regard, Oscar vit de la colère, de la douleur et de la peur.
Malgré tout, elle n’avait pas la moindre intention de parler, jusqu’au bout.
Ces salopards tiennent à leur vie plus qu’à tout, et pourtant, elle garde le silence même au prix de la sienne ?
Ça ne pouvait arriver que si parler lui faisait plus peur que mourir.
Le regard d’Oscar s’assombrit.
Au minimum, l’un des Quatre Grands Comtes. Sinon…
Le Grand Empereur était peut-être impliqué.
Oscar hocha sèchement la tête.
« C-crois pas que je vais mourir seule ! »
Avec un sourire sinistre, la démone déversa ses malédictions.
« Tu vas bientôt mourir. Tu mourras dans d’atroces souffrances. Et pas seulement toi. Les humains, l’Empire, tout le monde va mourir. »
« Ah oui ? »
Il laissa échapper un petit rire sans s’en rendre compte.
Il ne se moquait absolument pas d’elle ; c’était simplement agréable d’entendre une telle malédiction après tout ce temps.
« Hii… »
Ce n’était visiblement pas la réaction à laquelle la démone s’attendait.
Elle tremblait si fort que la chair de ses joues creuses en tressaillait, puis hurla :
« Toi aussi ! Et le démon que tu caches ! Vous allez mourir dans d’atroces souffrances ! »
« … »
Oscar prit un air légèrement plus grave.
Il ne pouvait pas balayer ces paroles d’un revers de main.
« Le démon que je cache ? Qu’est-ce que tu racontes ? »
Pour l’instant, il allait faire semblant de ne pas comprendre.
Mais la démone s’écria avec triomphe :
« Pff ! Pauvre humain ! Inutile d’essayer de nous tromper ! Nous sommes venus en sachant tout ! »
« Tout quoi ? »
« Hahah ! Huhahah ! »
Elle éclata de rire, comme si la situation l’amusait.
Le sang rouge imprégnait la neige. La démone rit longuement, puis esquissa un doux sourire.
« C’est amusant. Tu ne peux pas le cacher, humain. Nous pouvons le retrouver. »
« … Je suppose. »
Il n’avait probablement pas besoin de demander pourquoi ils étaient venus ici.
Cette conversation venait de lui en donner la certitude.
Ces types sont venus chercher le Capitaine.
La chose le mettait étrangement mal à l’aise.
Elle se contentait de proférer des malédictions, mais semblait fermement convaincue qu’il allait mourir.
Autrement dit, elle est certaine que quelqu’un viendra la sauver… ou, à défaut, me tuer.
Il ferait mieux de quitter les lieux au plus vite.
« Pour quelqu’un qui ne répond même pas aux questions, tu parles beaucoup. »
Il lui enfonça sa lance en plein cœur.
« Keuh ! »
Avec les démons, mieux valait ne pas se croire tiré d’affaire après leur avoir transpercé le cœur ou tranché le cou.
Certains d’entre eux avaient des capacités de régénération exceptionnelles.
Vwooom !
Le mana accumulé à la pointe de la lance explosa, projetant du sang et des lambeaux de chair dans toutes les directions.
Oscar, qui avait dressé une barrière à l’avance, ne reçut bien sûr pas une seule goutte de sang.
« … »
Alors qu’il s’apprêtait à quitter les lieux, il aperçut une boussole tombée au sol.
C’était celle que la démone avait consultée sans cesse un peu plus tôt.
Elle avait dit que le mécanisme était différent ?
Oscar se pencha pour la ramasser.
Et, comme il s’y attendait, il le sentit dès qu’il la prit en main.
… Elle ne fonctionne pas au mana.
Un objet alimenté par l’énergie démoniaque.
Il en restait peut-être encore à l’intérieur, car l’aiguille pointait vers lui.
Elle pouvait donc retrouver la position du Capitaine même quand il était caché dans un sous-espace.
Crac !
Oscar écrasa la boussole sans la moindre hésitation.
Cette boussole pourrait elle-même servir de traceur.
Il releva la tête, comme il s’y attendait.
La lumière qui filtrait entre les branches de la forêt brumeuse s’affaiblissait.
« … »
La nuit n’allait pas tarder à tomber.
* * *
Une vaste salle sombre, où ne se trouvaient qu’une table de banquet vide et des chaises.
Un homme, les mains croisées derrière le dos, contemplait la cheminée.
Crépitement, crépitement.
En observant les braises rougeoyantes, il marmonna :
« Comme c’est inattendu. Je ne pensais pas que tu viendrais me trouver le premier. »
« … »
La seule réponse fut un crissement : la porte s’ouvrit, puis se referma.
Des pas réguliers résonnèrent ensuite dans la salle déserte.
L’homme poursuivit sans se retourner :
« Tu faisais semblant de ne pas m’entendre chaque fois que je t’appelais. Et voilà que tu viens maintenant que les enfants ont quitté leur place… »
Jetant un bref regard par-dessus son épaule, il sourit.
« Tu me défies enfin, Descartes ? »
« … »
Descartes, son visiteur, fixa le Grand Empereur en silence.
Ce regard impassible lui fit perdre tout intérêt. Le Grand Empereur soupira et reporta les yeux sur la cheminée.
« Pfiou, parler avec toi, c’est toujours aussi barbant. À chaque fois, je suis le seul à jacasser… »
« Parle. »
« … Ou alors tu me coupes la parole comme ça. »
Le Grand Empereur secoua la tête.
« Me dire de parler sans prévenir, qu’est-ce que tu veux entendre ? »
« Lapiros, Maxwell, Darwin. »
Descartes venait de citer les noms des Quatre Grands Comtes, à l’exception du sien. Il poursuivit d’un ton sec :
« Où les as-tu envoyés ? »
« Je leur ai confié une petite affaire personnelle. »
« Je t’avais clairement dit de ne pas le faire. »
« … »
La cheminée flambait de plus belle, mais ne parvenait pas à réchauffer l’air froid de la vaste salle désolée.
À vrai dire, celui-ci venait même de se glacer davantage.
Sans toujours se retourner, le Grand Empereur reprit :
« Descartes. Sais-tu pourquoi je t’ai laissé en vie aussi longtemps, alors que les enfants n’arrêtaient pas de me demander de te tuer ? »
« … »
« C’est parce que je te convoite. Je veux te posséder. Tu es un être trop précieux pour que je te tue comme ça. »
Une énergie démoniaque rouge sombre s’éleva du corps du Grand Empereur, bouillonnant comme un mirage de chaleur.
« Si seulement je pouvais m’approprier cette force et cette loyauté, j’aurais l’impression de gagner une armée de milliers d’hommes. »
« Laisse tomber. »
À cette réponse glaciale, le Grand Empereur reprit ses esprits et haussa les épaules.
« Je suppose que je ferais mieux de m’y mettre doucement. Puisque tu n’écoutes même pas ton supérieur. »
« Je ne t’ai jamais reconnu comme mon supérieur. »
« Hé, oui. Ça a toujours été comme ça. »
Le Grand Empereur gloussa en contemplant la cheminée.
Les livres sur les humains, qu’il étudiait avec tant d’assiduité jusque-là, y brûlaient de toutes leurs flammes.
« Tôt ou tard, mon frère mourra et je deviendrai complet. À ce moment-là… plus personne ne pourra m’arrêter. »
Le Grand Empereur tourna lentement la tête et sourit.
[Traducteur — Night]
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« À moins que tu veuilles essayer de m’arrêter ? Si c’est le cas, c’est ta dernière chance. »
« … »
Descartes ne réagit pas.
Il n’avait ni raison ni envie de répondre à une provocation aussi minable.
« La guerre est prématurée. Il faut d’abord consolider le pouvoir à l’intérieur du pays. »
« C’est déjà fait. Les opposants qui refusent de me reconnaître ne sont qu’une infime minorité. »
« … Le véritable souverain de cette terre reviendra bientôt. »
« Oui, oui, dis-lui de se dépêcher un peu, s’il compte revenir de toute façon. Comme ça, son cadet pourra lui rendre hommage. »
Face au Grand Empereur qui manquait de sincérité, Descartes pivota sans un mot et repartit par où il était venu.
Lorsque la porte se referma, le Grand Empereur ferma les yeux.
« Serons-nous ennemis la prochaine fois que nous nous verrons… »
Descartes. L’épée qu’il désirait le plus posséder.
Mais il semblait qu’il ne pourrait jamais la manier jusqu’au bout, dans cette vie.
Un instant plus tard, le Grand Empereur rouvrit les yeux et lança :
« Écoute. »
« Je vous écoute. »
Une masse d’ombre se détacha du plafond, et un démon posa un genou à terre.
Le Grand Empereur lui ordonna :
« Préviens tous ceux qui participent à l’opération. Dès que vous repérez un membre de l’opposition dans le Sud… »
Crépitement, crépitement.
En regardant le livre d’histoire de l’humanité se consumer en cendres d’un noir de jais, le Grand Empereur déclara :
« Vous avez la permission de les tuer à vue. »
La nuit finit par tomber.
Oscar courait dans la forêt sombre, où même la lumière des étoiles ne parvenait pas. freewebnovel.com
Quelque chose cloche.
Il était facile de se perdre dans la Forêt des Ombres.
Mais s’il continuait tout droit, comme il le faisait, il devait pouvoir sortir de la forêt, qu’il aille vers l’est, l’ouest, le sud ou le nord.
Pourtant, près d’une heure s’était écoulée depuis qu’il s’était mis à courir, et il n’y avait toujours pas le moindre signe de la lisière.
« Huu, huk. »
Oscar s’arrêta et leva les yeux.
Une forêt sombre, entièrement privée de la lumière des étoiles.
Il était temps de l’admettre.
… Je suis pris au piège.
À l’évidence, il ne s’était pas vraiment perdu.
Il avait plutôt l’impression que quelqu’un l’empêchait volontairement de s’échapper.
Ce n’est pas non plus un réseau de formation. Dans ce cas…
Il n’y avait qu’une façon de créer un phénomène aussi naturel.
La Libération du monde.
Oscar plissa les yeux.
Il se mit à scruter les environs, tournant vivement la tête d’un côté puis de l’autre.
Depuis quand ?
La Forêt des Ombres était constamment noyée dans le brouillard, et le flux de mana y était instable.
De ce fait, les perturbations du mana y étaient fréquentes.
Quelqu’un a libéré son monde en se dissimulant dans ces flux.
Une autre question se posait toutefois.
D’abord, les démons ne pouvaient pas utiliser la Libération du monde.
Si cela leur était possible, la guerre se serait achevée depuis longtemps par la défaite de l’humanité.
Le propriétaire de ce monde est donc humain. Dans ce cas…
Voici la deuxième question.
Pourquoi le propriétaire de ce monde s’en était-il pris à « lui » ?
Un monde de cette ampleur n’aurait pas pu englober tous ceux qui étaient entrés dans la forêt.
À en juger par la sensation qu’il suivait exactement le même chemin depuis un moment déjà,
son adversaire se contentait d’attendre que ses forces s’épuisent.
C’était ce qui rendait la chose encore plus incompréhensible.
Il ne savait pas pourquoi, ni pour quelle raison, on l’avait pris pour cible.
« Hmm, on dirait qu’il a enfin compris ? »
« Ben, c’est normal de finir par sortir de la forêt après avoir couru autant. »
« En tout cas, on a récolté toutes les informations utiles. »
« Ce type n’est pas le plus important, de toute façon. »
Des voix retentirent de toutes parts.
Oscar promena un regard méfiant autour de lui. Un homme sortit bientôt de derrière un arbre.
Il avait l’air très doux, le genre de visage qui n’aurait éveillé aucun soupçon dans la rue.
« … »
De tous côtés, des hommes qui lui ressemblaient trait pour trait sortirent à leur tour de derrière les arbres.
Des illusions ? Ou des clones avec un corps physique ?
Tout en les observant, Oscar demanda :
« Qui diable êtes-vous ? »
« J’ai l’impression que c’est plutôt moi qui devrais poser la question. »
L’homme se gratta la tête d’un air embarrassé.
« Hé, écoute. Tu sais où est notre Capitaine, pas vrai ? »
« … »
Notre Capitaine ?
Ce seul mot suffit à Oscar pour comprendre.
Ce type fait partie de la Brigade Violette.
Cependant, il ignorait qu’Oscar était Oscar Crucian et qu’il transportait le Capitaine dans un sous-espace.
S’il l’avait su, il ne se serait pas présenté avec autant de désinvolture pour tâter le terrain.
Un peu plus serein, Oscar demanda :
« Toi aussi, tu fais partie de la Brigade Violette ? »
« C’est ça ! On dirait qu’on peut se comprendre ! »
Les hommes hochèrent la tête à l’unisson en souriant avec affabilité.
« Le Capitaine est poursuivi parce qu’on l’a piégé, tu vois ? On s’enfuyait avec lui, mais on s’est séparés un moment et on a perdu sa trace. Si tu nous dis juste où il est, on te récompensera généreusement. Alors ? »
« Ce n’est pas une demande difficile, mais… »
« Pas vrai ? »
« Avant ça, j’aimerais te poser une question. »
« J’aime vraiment pas quand les conversations s’éternisent… Bon, d’accord. Qu’est-ce que tu veux savoir ? »
« Comment as-tu su que le Capitaine était entré en contact avec moi ? »
« Hé hé. Ça t’intriguait ? »
L’homme sortit une petite fiole de sa poche.
Il la secoua et expliqua :
« C’est l’Encens pisteur des dix mille li, qu’on a obtenu au royaume de Yan. Il suffit de déposer son parfum sur la cible pour la retrouver où qu’elle soit sur le continent. »
« … Je vois. Vous en avez donc imprégné le Capitaine. »
« Exactement. Tu as eu ta réponse, non ? Alors dépêche-toi de me dire où est le Capitaine. »
« J’ai encore une question. »
Le sourire affable de l’homme s’effaça.
« Non. Tu n’avais droit qu’à une seule question. Donne-moi simplement l’emplacement du Capitaine. »
« Tu es le seul à pouvoir le retrouver avec cet encens ? »
« … Pourquoi tu veux savoir ça ? »
« Réponds-moi et je te dirai tout de suite où est le Capitaine. Moi aussi, je veux l’aider. »
Le visage de l’homme se déforma.
Il hésitait visiblement à le neutraliser d’abord et à réfléchir ensuite.
« … C’est vraiment la dernière. »
Tap, tap.
Il donna de légers coups de pied dans le sol.
« Bien sûr que non. Il y a plusieurs personnes qui l’aident, comme moi. On a fini, maintenant ? Je veillerai à ce que tu sois généreusement récompensé. Dis-moi où il est. »
« Tss, la situation s’est vraiment compliquée. »
Après les démons, voilà qu’il devait se faire poursuivre par la Brigade Violette.
Oscar fit claquer doucement sa langue et reprit :
« Le Capitaine se trouve… »
Naturellement, il n’avait aucune intention de répondre honnêtement.
Il comptait maîtriser rapidement son adversaire et sortir de la forêt.
Mais à cet instant…
Crac ! Craaaac !
L’espace se déforma et le Capitaine, qui aurait dû se trouver dans le sous-espace, en jaillit de lui-même.
« Heuk, keohuk. »
Il haletait, à bout de souffle, les veines bleues saillant de partout sur son corps.
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