Chapitre 432
[Traducteur – Nuit]
[Relecteur – Pistolet]
Chapitre 432 : Ennemi public du continent (2)
Deux principes devaient être scrupuleusement respectés au cours de cette « opération de sauvetage du commandant ».
Premièrement.
Ne jamais laisser découvrir son identité.
Deuxièmement.
Quoi qu’il arrive, respecter le premier principe.
« …… »
On aurait pu se demander si, en pratique, cela ne revenait pas à n’avoir qu’un seul principe.
Mais c’était ainsi qu’on donnait du panache à ses principes.
En général, tous ceux qui prétendaient sortir des citations célèbres faisaient exactement la même chose.
« Hmm. »
Bien sûr, il ne devait pas laisser découvrir son identité, mais il s’en inquiétait moins qu’on aurait pu le croire.
Pour l’instant, personne ne sait au moins que le commandant est ici.
Il n’était venu que parce que le vieil empereur le lui avait demandé ; d’ordinaire, on ne commençait pas les recherches dans un endroit aussi reculé.
Le vieil empereur lui avait aussi dit que les groupes de recherche élargiraient leur périmètre à partir des grandes villes.
Autrement dit, ils ne viendraient pas dans la Forêt des Ombres avant un bon moment.
Au pire, je tomberai sur quelques mercenaires doués pour flairer l’argent.
Pour me vanter un peu, il n’en était plus au point de trembler de peur devant quelques mercenaires.
Il était sûr de pouvoir maîtriser n’importe qui, mettre le commandant dans son sous-espace et disparaître tranquillement.
Frrt ! Frrt !
« Hmm. Elle me va parfaitement en main. »
Oscar balança légèrement la lance qu’il tenait.
Pour la petite histoire, il n’avait pas du tout l’intention d’utiliser la magie aujourd’hui.
De toute façon, si je veux vraiment cacher mon identité, difficile d’employer la magie spatiale ou la Magie du vent.
Dans ce cas, puisqu’il n’avait pas besoin de se faire passer pour un Mage, il s’était contenté de préparer une lance convenable.
Comme il savait manier la plupart des armes, c’était la façon la plus simple de se déguiser.
Voyons voir……
Oscar balaya lentement les environs du regard.
Cela ne faisait qu’environ cinq minutes qu’il était entré dans la forêt.
À un moment, un brouillard d’un blanc immaculé avait commencé à recouvrir toute la forêt, lui bouchant la vue.
Comme on pouvait s’y attendre de la Forêt des Ombres.
L’endroit rêvé pour se perdre.
De plus, le flux de mana lui-même y était instable, ce qui rendait impossible de s’orienter en s’y fiant.
Quant à essayer de se faire une idée du terrain……
« C’est vraiment pas facile. »
Les arbres secs et tordus se ressemblaient tous à s’y méprendre ; impossible de les distinguer facilement.
Oscar sortit une boussole de sa poche intérieure.
Vroum ! Vroum, vroum !
L’aiguille semblait incapable de trouver le nord et tournait sans arrêt.
Les méthodes habituelles ne serviront à rien.
Il savait seulement que le commandant se trouvait ici.
Ce n’était pas comme s’il avait fixé avec lui une heure ou un lieu de rendez-vous précis.
Il allait donc devoir errer dans toute la forêt pour le retrouver.
Et si je me mettais en route ?
Tout en avançant, Oscar examina soigneusement les arbres.
Dans une forêt, les gens gravaient souvent des marques sur les arbres, reconnaissables d’eux seuls.
En outre, Oscar avait vu la marque de la Brigade Violette qu’Oran et Kaya avaient utilisée en traversant la Chaîne de montagnes Rouges.
Mais il ne l’aurait pas reprise telle quelle.
D’après Oran Quill, les membres de la Brigade Violette étaient actuellement divisés, même en interne.
S’il gravait par erreur l’emblème de la brigade, il révélerait sa position à ceux qui convoitaient la récompense.
Le commandant n’était pas assez stupide pour ça ; il y avait donc de fortes chances qu’il ait eu recours à une autre méthode.
Attends.
Oscar, perdu dans ses réflexions, s’arrêta brusquement.
Si retrouver l’autre était difficile, ne serait-il pas plus rapide de le faire venir à lui ?
……Et si je faisais le fou en abattant au mana tous les arbres alentour ?
Il y renonça après y avoir sérieusement réfléchi et conclu que cela risquait d’attirer une attention inutile.
Croutch, croutch.
Des pas. Quatre personnes.
Il entendit quatre personnes marcher dans la neige.
Leurs pas n’étaient pas particulièrement réguliers.
Oscar relâcha sa tension et laissa sa lance pendre mollement.
Un instant plus tard, quatre hommes armés surgirent du brouillard.
« …… »
« …… »
En le voyant planté là sans bouger, ils affichèrent une mine surprise.
Il avait entendu leurs pas, mais eux n’avaient sans doute pas entendu les siens.
Oscar les passa rapidement en revue.
Ils portent tous des armures et des armes différentes. À moins qu’ils ne me ciblent délibérément, ce sont des mercenaires.
Eux aussi s’arrêtèrent, le détaillèrent de la tête aux pieds, puis se mirent à chuchoter entre eux.
Un peu plus tard, un homme aux cheveux courts, qui avait l’air d’être leur chef, s’avança et demanda :
« Vous êtes seul ? »
Oscar baissa un peu plus la voix que d’habitude et répondit :
« Comme vous le voyez. »
« C’est une forêt dangereuse pour s’y promener seul… Les monstres sont féroces, en plus. »
Comme il n’avait rien de particulier à répondre, il hocha simplement la tête.
« …… Je vois. Enfin, chacun a ses raisons, après tout. »
À sa grande surprise, l’homme s’écarta docilement sans poser d’autres questions.
Sur son geste, ses compagnons reculèrent de chaque côté sans protester et lui ouvrirent le passage.
« Passez. La forêt devient dangereuse quand la nuit tombe ; je vous conseille d’en sortir avant. »
« Je m’en souviendrai. »
Oscar passa devant les mercenaires.
Autant que possible, il n’avait pas besoin de faire couler le sang.
Un pas, puis un autre.
Oscar avançait tranquillement entre eux quand, soudain, il claqua la langue.
« Tss. »
Frrt !
Au même instant, les hommes qui l’encerclaient dégainèrent leurs armes.
« Tuez-le ! »
Ils rassuraient leur proie, la laissaient entrer d’elle-même dans leur piège, puis l’abattaient par surprise.
Quel manque de classe.
Et leurs gestes ne trahissent pas la moindre hésitation.
La première fois qu’une personne ordinaire faisait ça, ses yeux vacillaient forcément ou ses doigts tremblaient.
Mais dans leurs yeux, il ne lisait qu’une soif de meurtre poisseuse.
Autrement dit, ils n’en étaient pas à leur coup d’essai.
Ils ont déjà chassé des hommes.
Le regard glacé, Oscar lança le manche de sa lance vers l’arrière sans même se retourner.
Frrt !
Le manche, qui balaya en un instant le sol couvert de neige, frappa le tendon d’Achille d’un des hommes.
« Keugh ! »
Au moment où la douleur foudroyante fit plier le genou de l’homme,
Oscar pivota autour de sa taille et lui envoya un coup de pied au visage.
« Keheok ! »
L’homme, projeté en arrière et le nez en sang, s’écroula. Oscar s’engouffra dans l’espace qu’il avait libéré et sortit de l’encerclement.
« A-Attendez…… »
Crac !
Alors, tandis que l’homme à terre tendait la main vers lui pour évaluer la situation, Oscar lui écrasa le cou sous son pied.
Il en reste trois.
À gauche se trouvait le chef aux cheveux courts.
Il tenait une épée.
À droite, un homme de petite taille brandissait deux hachettes.
Et derrière eux, un homme pointait déjà le canon d’un pistolet sur lui.
« Getos ! Espèce d’ordure ! »
L’homme à l’arrière, les yeux injectés de sang, appuya sur la détente.
Boum !
Oscar vit la balle filer vers lui en tournoyant.
Ce n’est pas un pistolet enchanté.
La balle était assez lente pour qu’il la voie nettement, même avec sa vision renforcée par le mana.
Après avoir rapidement tiré sa conclusion, Oscar trancha l’air horizontalement avec sa lance.
Clang ! La lance frappa le côté de la balle et la dévia vers un coin de la forêt.
À cette vue, les yeux du tireur s’écarquillèrent lentement.
« Hup ! »
Oscar avait rapidement pris position et lancé sa lance ; elle traversa la poitrine de l’homme.
« Keok, keugh ! »
L’homme baissa les yeux vers sa poitrine, incrédule, puis son corps s’effondra lentement.
[Traducteur – Nuit]
[Relecteur – Pistolet]
« Bayron ! »
« Ne perdez pas votre sang-froid ! C’est un adversaire coriace ! Attaquons ensemble ! »
Furieux de la mort de leur compagnon, les deux hommes chargèrent de concert.
Mais…… ils sont maladroits.
Ce n’étaient pas de vrais professionnels.
Ils prétendaient attaquer simultanément, mais leurs vitesses différaient d’une demi-seconde environ.
Et quand on laisse une demi-seconde à quelqu’un comme moi…
C’était largement assez pour se débarrasser de deux mercenaires de cette trempe.
La première hachette vola vers lui.
Fouish ! 𝐟𝕣𝕖𝐞𝐰𝕖𝚋𝐧𝗼𝚟𝐞𝕝.𝗰𝐨𝐦
Une attaque différée : il lançait une hachette en premier et, pendant que son adversaire l’esquivait, l’abattait avec celle qu’il tenait encore.
Oscar n’esquiva pourtant pas la hachette.
Clac !
Il attrapa avec précision le manche de l’arme qui tournoyait dans les airs.
« …… ! »
Puis il la renvoya à l’homme de petite taille, les yeux exorbités.
Floc !
La hachette plantée dans le front, l’homme glissa sur la neige à la même vitesse que celle à laquelle il avait couru.
Pendant ce temps,
l’épée que le chef avait brandie de toutes ses forces fendit l’air en direction de son cou.
« À vrai dire… »
Clang !
L’index et le majeur.
Les deux doigts qu’Oscar tendit pincèrent la lame en plein vol.
Il observa l’épée tremblante et marmonna :
« Je savais dès le départ que ça finirait comme ça. »
« K-Keuheuk ! »
Le chef empoigna l’épée à deux mains et déploya toutes ses forces.
Pourtant, la lame coincée entre les doigts d’Oscar ne bougea pas d’un pouce.
« Votre intention sautait aux yeux, à la façon dont vous me regardiez. »
Ting !
D’un léger mouvement des doigts, il brisa la lame net.
« …… ! »
Le chef contempla un instant, hébété, l’épée réduite à sa poignée.
Il la jeta et s’enfuit sans se retourner.
« Pourtant, si j’ai fait semblant de ne rien voir et que je vous ai laissé faire… »
Oscar se pencha lentement et retira la hachette plantée dans le front du cadavre.
Puis il la lança droit sur l’homme qui s’enfuyait, le dos tourné.
« C’était pour vous laisser une chance. »
Une chance de ne pas souffrir.
Une chance de rester dans les mémoires comme un inconnu qui lui avait donné un conseil par pure inquiétude.
C’était eux qui avaient gâché cette chance.
Floc !
Au loin, il vit le chef s’effondrer.
« …… »
Oscar jeta un regard aux hommes qui avaient perdu la vie après avoir gâché leur chance, puis quitta les lieux.
Après le combat, Oscar ne partit pas immédiatement.
Au contraire, il dissimula sa présence et décrivit un large cercle autour du lieu de l’affrontement.
La raison était simple.
Un coup de feu avait retenti.
Dans une forêt aussi silencieuse, un coup de feu de cette puissance portait très loin.
Et qu’on le veuille ou non, il ne manquerait pas d’attirer l’attention.
Si le commandant est dans les environs, il l’a forcément entendu.
Quand on était poursuivi, il fallait fuir dans la direction opposée dès qu’on entendait un coup de feu.
Mais si l’on était en fuite tout en ayant quelqu’un à retrouver, il y avait de fortes chances qu’on vienne vérifier ce qui s’était passé.
Le commandant sait aussi que quelqu’un arrive.
Lors de leur dernier échange, le vieil empereur lui avait dit qu’il enverrait quelqu’un.
Un peu plus tard,
Quelqu’un me suit.
Il sentit une présence dans son dos.
Aucun bruit de pas.
Son poursuivant avait donc l’habitude de dissimuler sa présence.
« …… »
Oscar s’arrêta un instant, puis partit aussitôt en courant dans une direction.
La silhouette qui le suivait se mit à son tour à courir, en adaptant son allure à la sienne.
Après avoir couru sans relâche pendant vingt minutes, Oscar déboucha sur une clairière où les arbres se faisaient rares.
Il n’y avait là aucun endroit convenable où s’enfuir ou se cacher.
Une fois dans la clairière, Oscar se retourna lentement.
« …… »
Son poursuivant le suivait de près. Il surveilla les environs avec vigilance, puis s’approcha lentement.
Le même manteau brun foncé que la dernière fois flottait dans le vent glacial.
Oscar demanda d’une voix très renfrognée :
« Vu les vêtements que tu portes, tu es le commandant de la Brigade Violette, pas vrai ? »
« …… C’est l’Empereur qui t’envoie ? »
Oscar haussa les épaules devant cette voix méfiante.
« Eh bien, c’est vrai qu’on n’est pas assez proches pour se reconnaître à la voix après une seule rencontre. »
Il abaissa légèrement la capuche qu’il portait, dévoilant son visage masqué.
Après avoir reconnu la forme de ses yeux, l’autre marmonna :
« …… Oscar ? C’est toi qu’il a dit qu’il enverrait ? »
« Ouais. Ça fait un bail. »
Oscar remit sa capuche en place et reprit :
« Je suis venu te sauver. »
« Si c’est toi qui es venu, je crois savoir où je vais me cacher. »
« L’endroit sera peut-être un peu étouffant, mais il sera plus sûr que n’importe où ailleurs sur le continent. »
« …… C’est vrai. Sans doute. »
Le commandant hocha la tête et s’approcha de lui.
« Y a-t-il quelque chose dont je devrais me méfier ? »
« Non. Pour la suite, on en parlera une fois sortis d’ici. »
« Compris. »
Après ces brèves salutations, Oscar ouvrit son sous-espace.
« Entre. Je te le dis au cas où, mais ne va pas toucher à tout juste parce que ça t’intrigue. »
« …… Je ne suis pas un enfant. »
Après cette réponse sèche, le commandant entra dans le sous-espace.
Avant de le refermer, Oscar jeta un coup d’œil à l’intérieur et dit :
« Il nous faudra deux heures au maximum pour sortir de la forêt. Reste là jusque-là. »
« Pas de problème. »
Peut-être était-il un peu épuisé, car il s’affala sur le sol vide du sous-espace et marmonna :
« Dans ce cas, je vais…… me reposer un peu. »
[Traducteur – Nuit]
[Relecteur – Pistolet]