Chapitre 33
[Traducteur - Clara]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 33 : Centrale de puissance magique (3)
Vroum !
Ce vol inattendu était loin d'être confortable.
« Argh ! »
Le Ver à soie céleste se débattait violemment, avec pour seule intention de le secouer pour le faire tomber.
Si la corde à laquelle il s'agrippait n'avait pas été faite de soie céleste, elle aurait déjà rompu au moins dix fois.
« Et j'ai l'impression que ma colonne vertébrale est sur le point de lâcher, elle aussi… ! Dès que je rentre, je triple mes exercices de renforcement du tronc. »
Même maintenant, les résultats de son entraînement musculaire intermittent prouvaient leur valeur.
S'il avait encore été dans le corps fragile avec lequel il s'était réveillé au début, il n'aurait jamais pu supporter cela.
-Skreeeech !
Le Ver à soie céleste lui jeta un bref coup d'œil, puis s'élança brusquement vers le haut.
Vroum !
Percé les nuages en un instant, Oscar plissa les yeux.
« ....... ! »
Les vagues de nuages cramoisis, teintées par le coucher du soleil, étaient à couper le souffle, mais il n'avait pas le temps d'apprécier la vue.
L'air glacial de la haute altitude engourdissait rapidement sa peau, et il avait l'impression que ses poumons étaient en train de geler.
« Mais c'est la même chose pour cette chose. Elle ne pourra pas tenir ici très longtemps. »
Comme pour confirmer ses pensées, le Ver à soie céleste pivota soudainement pour lui faire face.
-Skriiii !
Un rire victorieux s'échappa de sa gueule.
« Évidemment. Là-haut, Veronica ne peut pas intervenir, et je n'ai aucun espace pour esquiver ses attaques. »
-Skriii.
Son regard se fixa sur sa main droite.
Il tenait toujours le pistolet, mais à peine — se cramponnant par pure volonté, sans la force nécessaire pour presser la détente.
La créature rit avec suffisance, comme si elle le savait pertinemment.
Elle ouvrit alors grand sa gueule.
« La force de morsure du Ver à soie céleste peut broyer l'acier. »
Il n'avait aucun moyen d'esquiver ces dents serrées dans l'état où se trouvait son corps.
Alors qu'il acceptait cette vérité inconfortable, le fil tendu se relâcha.
Le Ver à soie céleste plongeait désormais vers lui à une vitesse terrifiante.
« ……Pff. »
Renversant la tête en arrière, Oscar contempla les nuages couleur coucher de soleil au-dessus de lui et laissa échapper un léger soupir.
Ses lèvres bougèrent.
« …On dit que les humains ont deux yeux pour pouvoir voir à la fois les forces et les faiblesses des autres. »
« Et deux oreilles pour écouter deux fois plus qu'ils ne parlent. »
Sans hésiter, il lâcha le fil dans sa main gauche — la ligne de vie qui le maintenait en vie.
-Skriiiiiii !
Le Ver à soie céleste poussa un cri strident, semblable à un rire, alors qu'il s'approchait de lui, la gueule grande ouverte.
Riait-il en voyant son adversaire se rendre à la mort, ou se réjouissait-il du succès de son plan ?
Alors que ses dents massives et acérées arrivaient à portée de contact, Oscar poursuivit.
« Et donc, la raison pour laquelle les humains ont deux mains est… »
La main gauche, désormais libre, saisit le pistolet de sa main droite défaillante.
Puis, il le pointa directement vers la gueule béante du Ver à soie céleste — à une distance où il ne pouvait absolument pas manquer sa cible.
« … c'est pour pouvoir porter un coup de plus. »
"....... !"
L'éclair de panique qui traversa les pupilles sombres de la créature fut tout ce qu'il avait besoin de voir.
L'index gauche d'Oscar pressa la détente avec détermination.
Pan !
Bien sûr, son épaule gauche encaissa également le plus gros du recul, se brisant dans un craquement douloureux.
Ses deux épaules le lançaient de douleur et son visage était éclaboussé par les fluides corporels de la créature, mais Oscar afficha un sourire carnassier.
« Mais tu n'as toujours qu'une seule tête, n'est-ce pas ? Alors c'est ma victoire, espèce d'insecte. »
Splat !
La tête du Ver à soie céleste disparut complètement.
Son corps massif trembla violemment avant de devenir inerte.
Chutant rapidement, Oscar murmura pour lui-même alors qu'il contemplait le coucher de soleil éblouissant.
« … Sauve-moi, Veronica. »
Il avait déjà ajusté sa trajectoire pour tomber vers le toit de la centrale électrique.
Mais à partir de maintenant, il ne pouvait plus rien faire.
Son mana était totalement épuisé.
"......."
Alors que la centrale électrique se rapprochait à une vitesse alarmante, sa conscience commença à s'estomper.
Quelques instants plus tard, alors que son corps traversait le toit de la centrale, une voix aiguë retentit.
« Coussin d'air ! Mains de rafale ! »
Fwoooosh !
Le sort de Coussin d'air rattrapa Oscar en pleine chute, ralentissant considérablement sa descente.
Une paire de mains conjurées s'éleva et l'enveloppa doucement, comme des pétales.
Paf !
Un nuage de poussière s'éleva lorsqu'il atterrit.
Veronica, boitant légèrement, s'approcha de lui.
« Hé, hé ! Tu es en vie ? Ou bien… »
Sa voix tremblante se brisa alors qu'elle tendait la main pour saisir le tissu froid du col d'Oscar, le secouant avec précaution.
« Si cet idiot meurt comme ça, alors je… »
Alors qu'elle se mordait la lèvre et baissait la tête, Oscar, qui gisait immobile, ouvrit soudainement les yeux en grand.
Il jeta un coup d'œil autour de lui et expira bruyamment.
« Haah… haah. Je suis en vie ? »
« …Tu as vraiment besoin de poser la question, espèce de fou ?! »
Vlan !
Son poing s'abattit sur son épaule, arrachant un cri de douleur à Oscar.
S'ensuivit une longue salve de réprimandes inquiètes mêlées d'insultes.
« Oscar ! Veronica ! Vous êtes sains et saufs ?! »
« …Ancienne, je crois que je suis devenu sourd d'une oreille. »
Alors qu'il confirmait l'arrivée de l'équipe de secours de la Tour Blanche, menée par l'Ancienne Maxim…
Oscar finit par perdre connaissance.
* * *
« Maître de la Tour ! Maître de la Tour ! »
Debout au bord d'une falaise, fixant la forteresse cendrée au loin, Oscar tourna lentement la tête.
Le subordonné qui avait réussi à attirer son attention prit la parole.
« La dernière ligne de défense est tombée. »
« … Tu en es sûr ? »
« Voyez par vous-même. »
Majiro Wilson, l'un des deux mages de 8e niveau de la Tour Magique, connu pour être son cerveau, activa son sort unique : Œil du Ciel.
À des centaines de kilomètres de là, une image saisissante du champ de bataille apparut devant eux.
« … »
Pendant un instant, Oscar observa en silence ses alliés battre en retraite dans une unité parfaite.
Puis Majiro prit la parole.
« En voyant la taille écrasante de l'armée démoniaque, ils ont dû conclure que tenir la ligne était inutile. Ils vont probablement continuer à battre en retraite. »
« Jusqu'où ? »
« … Si j'étais à leur place, je me replierais vers les gorges de Simon, qui sont favorables à la défense. »
Les gorges de Simon.
Oscar se massa les tempes avec lassitude.
« Le pire scénario possible. »
« C'est certain. »
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Le chemin menant aux gorges de Simon traversait leur propre territoire, Sirin.
Majiro demanda prudemment :
« C'est une menace flagrante, mais que comptez-vous faire ? »
« L'ignorer. »
Celui qui répondit était l'autre mage de 8e niveau, Radan Lockwood, également connu sous le nom de Lion Blanc.
Portant la tête d'un lion blanc qu'il avait lui-même chassé, il parla avec résolution.
« Battre en retraite maintenant, c'est exactement ce qu'ils veulent. »
« … Tu es sérieux ? Si nous ne faisons pas demi-tour, les habitants et les mages de Sirin mourront tous. »
« Mais si nous n'avançons pas, l'occasion de tuer le Grand Empereur sera perdue à jamais. »
« Ça suffit. »
Oscar fit taire les deux hommes, qui s'affrontaient souvent en raison de leurs points de vue divergents.
Il jeta un coup d'œil autour de lui.
Plus d'une centaine de subordonnés n'attendaient que sa décision.
« …… »
La plupart d'entre eux voudraient probablement rentrer.
Retourner à la Tour, retrouver leur famille et leurs amis dans le fief.
Oscar ne faisait pas exception à la règle.
Son regard se tourna vers la forteresse cendrée, son expression empreinte d'une certaine mélancolie.
« Vous nous avez placés devant un dilemme cornélien, Empereur. »
Pendant des semaines, ils étaient restés sans nourriture ni repos, traversant ces terres désolées pour une seule raison : assassiner l'Empereur démoniaque, mortellement blessé au combat.
« Il se trouve dans cette forteresse en ce moment même. »
L'ennemi avait probablement senti sa présence et, par conséquent, il proférait des menaces et mobilisait ses forces.
En lui ordonnant de faire demi-tour.
S'il ne le faisait pas, il perdrait tout ce qui lui était cher avant la tombée de la nuit.
« Je... »
Oscar, perdu dans une profonde contemplation, se mordit la lèvre et lança un sort de communication.
Un visage familier apparut devant lui.
[Maître de la Tour ? Qu'est-ce qui vous amène ici à cette heure ?]
« Vice-maître Marlon, j'ai des ordres. »
[...Oui, je vous écoute.]
Sentant la gravité de la situation, le regard du vieil homme se fit d'acier.
« Évacuez immédiatement tous les résidents de la ville vers la Tour. Demandez des renforts au Palais Impérial et activez tous les dispositifs de défense magique installés au sein de la Tour. »
« ......Êtes-vous sérieux, Maître de la Tour ? »
À la question de Majiro, il répondit du ton le plus calme qu'il put trouver.
« Si je rentre maintenant, je peux sauver la Tour et mon peuple, oui. »
Mais pendant ce temps, l'Empereur guérirait de ses blessures, et l'occasion de le tuer disparaîtrait à jamais.
Et si cela arrivait, il ne faudrait pas trois ans à l'humanité pour faire face à sa fin.
Un sourire amer se dessina sur les lèvres d'Oscar.
« C'est un dilemme cruel. »
Cette situation avait été conçue avec une malice vicieuse, forçant à choisir entre le sacrifice de la Tour Blanche ou celui de l'humanité.
« ......Dans ce cas, plutôt qu'une survie temporaire, il vaut mieux ouvrir la voie vers un lendemain durable. »
C'était la réponse sur laquelle il s'était arrêté.
« Es-tu certain de ne pas regretter cette décision ? »
« ...... »
Des regrets.
Il en aurait probablement.
En fait, il en aurait certainement.
Comment pourrait-il en être autrement, alors qu'il sacrifiait tout ce qui lui était cher pour une cause plus grande ?
Cette décision allait mener à l'incendie et à la destruction des archives et des trésors inestimables de la Tour, accumulés au fil des siècles.
Les habitants du fief allaient mourir.
Il porterait sans aucun doute ce regret et se blâmerait sans fin pour ce choix.
« Mais... »
Quelqu'un devait être sacrifié.
Ce n'était pas nécessairement lui ou la Tour Blanche, mais ils étaient ceux qui avaient le plus de chances de réussir.
Avec un sourire douloureux, Oscar répondit.
« Peut-être. Mais je n'exprimerai jamais ce regret. »
« Ah, je ne saurais dire. »
Voyant que Majiro, qui connaissait sa nature, acceptait à contrecœur, sa voix parvint à travers le communicateur.
[Moi aussi, je ne ferai que suivre la décision du Maître de la Tour.]
« Merci, Marlon. Je compte sur toi. »
[C'est un honneur. Enfin, ce vieil homme reçoit une tâche à sa hauteur... Oh, Maître de la Tour, vos disciples réclament de vous parler. Dois-je les passer ?]
En pensant à ses disciples, aussi agités que des lapins, il hocha la tête.
« Mettez-les. »
À peine eut-il parlé qu'un visage doux et potelé apparut sur l'écran : sa plus jeune disciple, Sasha, âgée de seulement cinq ans.
[Maître ! Quand revenez-vous ?]
« Ma chère Sasha, je reviendrai après quelques nuits de plus. »
[Combien de nuits dois-je encore attendre ?]
« Hmm, disons une centaine, par sécurité. »
[C'est un peu trop... Vous ne pouvez pas revenir demain ?]
Son cœur vacilla en voyant les yeux de Sasha commencer à s'embuer.
« Il y a tout simplement trop de travail, mais je reviendrai dès que possible. »
[Maître ! Alors, est-ce que je devrais venir là-bas ? Vous dites toujours qu'il faut unir nos forces quand la tâche est difficile !]
À ce moment-là, son second disciple, Gilliot, appuya sur la tête de Sasha et s'imposa devant l'écran.
[Hé, ne m'écrase pas la tête ! Espèce d'idiot !]
[Ah, vraiment ? Regarde un peu tes manières. Qui est l'idiot ici ? Tu n'as même plus tes dents de devant.]
[Waaah !]
Mais assez rapidement, son disciple aîné, Lloyd, apparut pour jouer les médiateurs, avec une attitude bien plus mature que ses neuf ans.
[Qu'est-ce que vous faites, tous les deux ? Le Maître nous regarde. Gilliot, excuse-toi le premier. Pourquoi l'as-tu fait pleurer ?]
[Elle pleure pour un rien ; tu le sais très bien, toi aussi. Pourquoi tu fais ça ?]
[Mais cette fois, c'est toi qui lui as appuyé sur la tête en premier.]
[Ce n'était même pas si fort que ça…]
[Waaaaah ! Ça a fait mal !]
Il ne savait pas dire si c'était la Tour Blanche ou une garderie, tant le chaos régnait.
Après avoir finalement réglé la querelle, Lloyd prit la parole avec un air inhabituellement digne pour son âge.
[Maître. Ne vous inquiétez pas pour nous ici. Je suis là, après tout.]
"Oui, comme je le dis toujours..."
[Quand tu n'es pas là, je dois m'occuper des plus jeunes. Pas vrai ?]
Il le savait déjà, même sans qu'on le lui rappelle.
Alors qu'il le regardait avec fierté, Lloyd tendit prudemment son auriculaire.
« Encore une promesse ? »
[Promets-moi que tu reviendras après cent nuits de sommeil.]
Cette nature portée sur les promesses, la sienne.
Quand Oscar entremêla leurs auriculaires, le visage de Lloyd s'illumina.
[C'est une promesse. Tu reviendras, c'est certain.]
« Oui, je l'ai promis. »
Il reviendrait, c'était une certitude.
Alors qu'un léger sourire apparaissait sur ses lèvres, il entendit soudain—
[...Alors pourquoi n'as-tu pas tenu ta promesse ?]
Une vision choquante se déroula sous ses yeux : des larmes rouge sang s'écoulèrent des grands yeux ronds de Lloyd.
Oscar sentit son cœur se serrer un instant, stupéfait.
Le sang suinta à travers l'écran de communication et, en un instant, macula sa main.
[Traducteur - Clara]
[Correcteur - Gun]