Chapitre 255
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 254 : L’éclosion de la fleur (5)
« …… J’aurais pu gagner. »
Dans le bureau du Maître de la Tour, restée seule avec lui, Sasha grommela en faisant la moue.
Elle semblait mécontente d’avoir été éliminée de la sélection sans avoir eu une réelle chance de concourir.
« Bien sûr, le Maître doit avoir ses raisons. Alors, quelle est la raison ? »
« N’as-tu rien ressenti en voyant le monde de Lloyd ? »
« Hmm…… »
Alors que Sasha tombait dans ses pensées, ses sourcils se froncèrent de plus en plus.
Il appuya sur ce point avec son doigt pour lisser sa peau.
« Ne fronce pas les sourcils. Tu vas avoir des rides. »
« Oui, hum. Eh bien, le monde semblait assez désolé ? Aride ? C’était quelque chose comme ça. »
« Ça ne lui ressemble pas, n’est-ce pas ? »
« Ça ne colle pas avec la magie, mais… si on pense à son passé… ça pourrait un peu coller ? »
Comme elle l’avait dit, la jeunesse de Lloyd fut malheureuse.
Il avait été poussé dans ses retranchements, seul, désespéré.
Son monde actuel semblait refléter ces sentiments.
« Mais il ne doit pas en être ainsi. »
Un monde n’est pas une boîte sous le lit où l’on cache ses défauts.
Bien sûr, il existe d’innombrables théories sur la libération du monde, avec autant d’articles écrits à ce sujet.
Mais un certain archimage qui a atteint le niveau 9 dans sa vie passée le sait :
Fondamentalement, un monde libéré prend forme pour satisfaire les désirs et les aspirations de celui qui le lance.
En ce sens, le monde de Lloyd était étrange.
« Éclosion Éternelle, c’était ça. »
Un monde contenant une floraison infinie, où des fleurs fermées s’ouvrent encore et encore, sans fin.
Mais contrairement aux milliers de fleurs prêtes à éclore, le monde lui-même était totalement stérile.
Un sol rempli de sable sec, un ciel sans la moindre lueur, une chaleur torride, aucun vent pour souffler.
Chaque condition était semblable à du poison.
« Même si vous dites qu’il ne doit pas en être ainsi… que pouvez-vous y faire ? »
Sasha inclina la tête.
« Un monde déjà complet ne peut pas être simplement échangé. Même si vous allez voir le Sage des Étoiles, je suis presque sûre que c’est impossible. »
« On ne peut pas l’échanger, mais on peut le changer. »
Les gens comparent souvent le cœur humain à des roseaux.
Certains se moquent de cette idée en y voyant un manque de caractère, mais Oscar pensait le contraire.
« Cela signifie qu’il est flexible. »
Le cœur est souple et sans forme.
C’est pourquoi il peut devenir n’importe quoi, si l’on en a la volonté.
« Comme le vent. »
« Vous voulez dire… que selon la façon dont on oriente son esprit, le monde lui-même peut changer ? »
« Dans une certaine mesure, oui. »
Bien sûr, même un tel changement a ses limites.
C’est-à-dire qu’une fois qu’un monde est libéré, son arrière-plan et sa structure fondamentaux ne peuvent plus être altérés.
« Par exemple, mon ciel ne peut pas devenir une mer, et ta prairie ne peut pas devenir un ciel. »
« Hmm… je ne comprends pas vraiment. Si c’est le cas, n’est-ce pas inutile ? »
« Normalement, oui. Mais si le sujet est Lloyd, c’est différent. »
Les fleurs dont il s’occupe sont extrêmement sensibles.
Le vent, la lumière, le sol, la température.
Ce n’est que lorsque toutes les conditions sont parfaitement réunies que les plus belles fleurs éclosent.
« Plus qu’une semaine. »
Durant ce laps de temps, aider Lloyd à faire éclore la fleur parfaite.
C’était l’objectif d’Oscar.
* * *
Avant l’entraînement de Lloyd, il y avait quelque chose à régler.
Renvoyer l’Oncle Empereur à la capitale.
La situation était urgente, alors il l’avait fait venir ici, mais l’homme ne pouvait pas rester loin de son poste pendant dix jours.
« Je suis vraiment reconnaissant pour cette fois. »
« Pour personne d’autre que toi, comment aurais-je pu ne pas venir ? »
Son regard sur lui était le même que toujours.
Des yeux remplis de confiance.
Être digne de la confiance d’autrui est toujours à la fois un fardeau et une source de force.
« Je vais vous escorter. »
« Hmm…… »
L’Empereur, Ludwig, joignit ses mains derrière son dos, observant l’espace béant.
Il jeta un coup d’œil autour de lui comme s’il cherchait à gagner du temps.
Après avoir attendu, Oscar cligna des yeux et demanda.
« Vous ne partez pas ? »
« Je devrais. Je le dois, mais…… »
Il fixa l’espace ouvert avec réticence.
« Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai quitté le palais comme ça. D’une certaine manière, je ressens un pincement au cœur…… »
Quoi ?
Que veut-il ?
Oscar suggéra.
« Alors, aimeriez-vous visiter la côte sud ? Ou peut-être la Grande Forêt des elfes ? »
« Hrmm. »
Apparemment, ce n’était pas la réponse qu’il attendait.
Plissant les yeux, Oscar parla.
« Ne me dites pas… que vous voulez rentrer en dirigeable ? »
« Oh, un dirigeable ? Puis-je rentrer avec ça ? Je n’y avais jamais pensé, mais oui, quel moyen ! »
L’Empereur s’anima immédiatement.
« Vous auriez pu le dire dès le début. »
« J’ai aussi une réputation à tenir. À mon âge, je ne peux pas me plaindre comme un enfant. »
« …Alors vous n’auriez pas dû faire d’allusion du tout. »
« Ne marmonne pas, je t’entends. Montre-moi simplement le chemin. »
Lorsqu’ils atteignirent l’atelier des nains au 13e étage, un vacarme remplit l’air.
Des nains, attachés à la taille, étaient suspendus au Nospelra pour effectuer la maintenance.
« Ohh, de près, c’est encore plus grandiose. »
Les yeux de l’Empereur brillaient comme ceux d’un enfant en regardant le dirigeable.
Remarquant leur présence, Hagor s’approcha.
« Ça fait un bail, Oscar. Et voici…… »
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Ses yeux s’agrandirent en voyant Ludwig.
« Attends, tu es Ludwig ? »
« Hagor ? Je le savais ! »
Les deux se connaissaient déjà, ayant travaillé sur le Projet Ciel par le passé.
L’Empereur montra une excitation rare en lui serrant la main.
« Dès l’instant où j’ai vu cette coque élégante au Festival de la Nuit Blanche, j’ai pensé à toi. Mes yeux ne m’avaient pas trompé. »
« Eh, ce n’est rien. »
Bien que Hagor ait balayé le compliment, le tressaillement au coin de ses lèvres trahissait son plaisir.
Tous les nains adoraient entendre des louanges sur leur travail.
« Alors, est-ce que quelque chose comme ça pourrait aussi être mis en place ? »
« Quel genre de chose ? »
Comme toujours, leur complicité était immédiate.
C’était naturel, puisqu’ils partageaient tous deux le rêve de s’envoler dans le ciel.
« Hmm, je vais y réfléchir autant que possible. C’est une occasion rare d’obtenir un tel retour. »
« Et j’ai moi aussi apprécié ce moment. »
Alors que la discussion touchait à sa fin, Oscar parla.
« Hagor, le dirigeable peut-il voler jusqu’à la capitale ? »
« Hmm. À présent, la maintenance est… ah, terminée. Aucun problème. »
« Alors, s’il vous plaît, escortez Sa Majesté jusqu’à la capitale. »
« Excellent. Plus on aura de données de vol, mieux ce sera. »
Jusqu’au Festival de la Nuit Blanche, le dirigeable était resté secret, ils n’avaient donc recueilli des données qu’en faisant du surplace à l’intérieur du 13e étage pour équilibrer la coque.
« Nospelra, préparez le décollage ! »
« Préparation au décollage ! »
Au cri de Hagor, les nains s’activèrent.
Bientôt, un mur de l’atelier s’ouvrit comme une porte.
Le dirigeable, reposant sur des rails, se déplaça lentement vers l’extérieur.
« Mon cœur bat la chamade. Plus que le jour où je suis monté sur le trône. »
« À ce point ? »
À quel point aimait-il les dirigeables ?
Oscar donna une brève explication sur le pont.
« Comme je l’ai dit plus tôt, le Nospelra est un prototype. »
« Et qu’est-ce qui va changer ? »
« L’objectif est de construire des sièges comme dans les croisières de luxe. »
Comme la construction d’aéroports dans chaque grande ville prendrait des mois, ils prévoyaient d’utiliser ce temps pour améliorer les installations à bord.
« Transport de marchandises, transport de passagers, et mixte. Ces trois types seront produits. »
« Est-ce que ça varie autant ? »
« Les coques axées sur les passagers seront plus luxueuses. »
« Hmm. Mais n’est-ce pas une perte de transporter beaucoup de passagers ? Le fret des guildes ne rapporterait-il pas plus de profit ? »
« C’est pour cela que nous allons classer les sièges. »
Des sièges économiques de base, des sièges affaires plus chers, et des sièges de première classe si coûteux que seuls ceux d’un certain statut pourraient en rêver.
En entendant cela, l’Empereur lui lança un regard entendu.
« Très ressemblant à toi. C’est presque effrayant, on dirait que tu prévois de rafler toute la richesse du continent. »
« Les impôts seront payés fidèlement, ne vous inquiétez pas. »
Oscar fit un clin d’œil.
« Et bien sûr, pour Votre Majesté et la famille impériale, la première classe sera toujours gratuite. »
« Hrmm. »
Qui n’aime pas être bien traité ?
L’Empereur rit comme un enfant alors que le dirigeable s’élevait doucement.
* * *
Quelques heures plus tard, un Empereur surexcité appela à nouveau, volant une heure de plus.
Une fois qu’Oscar eut conclu cette conversation, il se dirigea naturellement vers la salle d’entraînement.
Lloyd s’y tenait, immobile.
Edna n’était pas encore arrivée.
« …… »
Alors qu’Oscar s’approchait, Lloyd le fixa et parla.
« Si l’entraînement était votre but, vous seriez allé dans une salle vide. Si c’était pour me parler, vous l’auriez déjà fait. »
« C’est vrai. Je ne me suis pas trompé de salle, et je ne suis pas venu pour vous demander quelque chose de précis. »
Oscar haussa les épaules.
« N’avez-vous pas entendu le Maître de la Tour ? À partir d’aujourd’hui, Edna et moi allons vous aider dans votre entraînement. »
« …… »
Après une pause, Lloyd dit.
« Personnellement, je pense que vous deviendrez un excellent mage. Votre progression est rapide, votre talent remarquable. Mais pour l’instant, de quelle manière pouvez-vous m’aider ? »
Venant de Lloyd — ou d’un mage de 8e niveau — c’était doux.
N’importe qui d’autre aurait dit : « Connaissez votre place et disparaissez. »
« Vous avez déjà vu à quel point mes connaissances théoriques sont approfondies, n’est-ce pas ? »
Lui et Lloyd avaient débattu longuement tout en étudiant la Graine.
Sans vouloir se vanter, la plupart de ces débats s’étaient terminés avec Oscar ayant raison.
« Bien sûr que je m’en souviens. Mais cela se limitait à l’alchimie. Je vous ai fait venir parce que mes connaissances en alchimie étaient insuffisantes. »
« Ah, donc en résumé, vous acceptez mon alchimie, mais pas ma théorie magique ? »
« …Puisque vous insistez pour le formuler ainsi, je ne le nierai pas. »
Lloyd expira doucement.
« Oscar Crucian. En ce moment, chaque jour, chaque minute, chaque seconde compte pour moi. Le Maître de la Tour Rouge n’est pas un adversaire indulgent. Je souhaite me concentrer sur les riches enseignements d’Edna. »
« Très bien. »
Oscar répondit joyeusement en pointant son menton.
« Posez-moi une question. »
« …Que voulez-vous dire ? »
« Une question. N’importe quoi sur la théorie magique. Je répondrai. Si je ne peux pas, je m’écarterai proprement. »
« Hoo. »
Lloyd soupira doucement, pensant que ce n’était pas un mauvais marché.
« S’il ne peut même pas comprendre la question, il abandonnera de lui-même. »
En même temps, si c’était une question méritant une longue réflexion, cela pourrait aider sa croissance.
Après une brève réflexion, Lloyd en posa une avec générosité.
« Il existe deux points de vue opposés sur le bref délai entre le mana contrôlé d’un lanceur et sa manifestation en tant que magie. Pensez-vous qu’il s’agisse d’une limitation physique des circuits de mana, ou d’un manque de capacité du mage ? »
« Facile. »
Oscar répondit instantanément, moins d’une seconde après la question.
« La plupart des gens se trompent. En vérité, il n’y a aucun délai dans la manifestation de la magie. »
« …… »
Les yeux de Lloyd s’agrandirent face à cette réponse inattendue.
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]